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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 19:18

Le journaliste russe, Andreï Babitski, est décédé à l'age de 57 ans dans la nuit du 31 mars au 1° avril, à Donetsk, où il vivait et travaillait depuis le début de la guerre civile ukrainienne. Voici la traduction de l'un de ses articles, qu'il publia en 2017 et qui parle de ce qui s'est passé le 2 mai 2014 à Odessa.

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UNE MÉMOIRE NON APAISÉ
par Andreï babitski

 

Dans mon enfance, parfois je commençai à soupçonner, que le monde autour de moi, était une décoration créée par une force invisible, afin de tester je-ne-sais quelles de mes réactions. Je ne sais par quoi était provoqué un tel manque de confiance vis-à-vis de la réalité, mais je me sentais réellement tel un rat de laboratoire, que quelqu'un étudiait à travers une vitre, j'avais de la suspicion envers le téléviseur et la fenêtre de ma chambre, qui avaient une vue complète sur mon espace de vie et, par moment, même ma maman, m'apparaissait irréelle.

Avec les années, les suspicions se sont dissipées, s’étant changées en des représentations plus compliquées du monde mais, le 2 mai 2014, j'ai ressenti cette suspicion connue de manque de confiance vis-à-vis de ce que je voyais. Il se passait quelque chose à la maison des syndicats d'Odessa, quelque chose qui ne pouvait être, mais, ce quelque chose, d'un rien du tout, a brutalement commencé à exister. J'ai déjà fait face à diverses circonstances tragiques, mais ces histoires avaient une sorte de schéma de développement compréhensible. Les gens se déshumanisaient dans le processus, perdant leur famille et leurs proches, brûlant de l'intérieur jusqu'à n'être plus qu'enveloppe motivée par la haine seule.

Alors que le 2 mai 2014, à Odessa, l'atrocité est apparue comme de nulle part : d'un trou soudainement formé dans la réalité, une véritable "Banderavchtchina" avec des membres coupés, des ventres éventrés et des enfants pendus. Nous connaissions toutes ces horreurs par les livres, mais nous pensions que c'était une histoire de bêtes inconnues vers laquelle il n'y avait pas de retour. Et, dans tous les cas, nous ne croyions pas que cette espèce d'animaux pourrait soudainement apparaître dans notre âme, car la foi dans le progrès est inépuisable.

Cela est arrivé : les filles et les garçons, qui hier encore nourrissaient des poupées et faisaient du surf dans les déferlantes d'Odessa, aujourd'hui, versaient du kérosène dans des bouteilles et achevaient les brûlés, qui s'étaient jetés par les fenêtres de la Maison des syndicats sur l'asphalte d'Odessa.

En un seul instant et sans aucun passage, ils ont organisé un sabbat d'homicide — dévorant des personnes semblables à eux, les habitants de leur propre ville, leurs pairs pour la plupart. Ils ont bu leur sang, puis, avec des larmes de joie dans les yeux, ils ont supplié que l'on soit fier de leur exploit : - Jetez au moins un regard qui, et comment nous avons brûlé, ici. Nous ne voulons pas vous déranger sans raison, mais vous n'avez encore jamais vu une telle horreur magnifique !

On entend souvent dire que ce ne sont pas des nazis, car ils n'avaient nulle part où se faire recruter, mais simplement des enfants malheureux et défavorisés de la dévastation post-soviétique. D'où cette cruauté bestiale que l'autre partie aurait certainement manifestée, si elle en avait eu l'occasion. Mais, ce n'est pas le cas.

Le nazisme est une idéologie, qui n'est pas nécessairement introduite dans la conscience sous la forme d'une doctrine finie, finie et logiquement cohérente. En général, elle n'affecte que légèrement la conscience et se manifeste sous la forme d'une humeur générale. L'homme sourit du fait que le soleil lui murmure quelque chose. Et la conscience elle-même, dans la plupart des cas, est représentée par une vague capacité d'acheter des saucisses dans un magasin, de s'assurer qu'on a bien payé la bonne somme au marché, ainsi que des bribes de mots de la chanson sur « laissez-les courir maladroitement...»

L'infiltration du nazisme dans la société dure des années et une personne ajoute simplement des informations inactives dans un placard, pour le moment, lointain . Il ne lutte pas avec elles, ne cherche pas à les neutraliser, elles l'aident au contraire à survivre, donnant l'espoir qu'il fait partie d'une grande communauté, qui, à travers toutes ses tribulations personnelles et ses circonstances difficiles, dédaigne la parenté avec le peuple choisi pour la grande cause. Il croit et ne croit pas, mais en général, il ne pense pas particulièrement à justifier ou, au contraire, à détruire la doctrine décousue et bestiale qui s'empare progressivement de son être. Il s'y sent à l’aise parce que quelque part dans les réserves du subconscient repose une idée qui réchauffe l'âme dans les moments les plus sombres de la vie.

Il est absolument normal, socialement adapté : a un ami, un frère, étudie, travaille, dit des bons mots, se réjouit, se lamente et se fâche comme tout le monde. Mais, le poison du nazisme retravaille déjà imperceptiblement, pour lui-même et les autres, sa nature spirituelle.

Et puis, Bang - le 2 mai. Et, il est l'instant d’après un soldat prêt et dévoué de la Wehrmacht. Il brûle des gens et est fier d'avoir participé à la construction d'un monde meilleur.

Ces événements sont devenus une frontière entre le passé et le présent. Dans ce passé, il y avait des sourires dédaigneux de nos partisans nationaux de l'Ukraine Euro-Atlantique du camp libéral. Ils haussaient les épaules et regardaient l'interlocuteur avec un sentiment de légère pitié et de mépris. "Où avez-vous vu des nazis là-bas ?"demandaient-ils. Après aussi, ils continuaient à s'interroger, mais leurs yeux glissaient obstinément par-dessus et à côté de la maison des syndicats incendiée et les corps carbonisés dans son hall. Ils n'ont pas accepté cette horreur comme argument prouvant que Bandera est revenu dans toute sa forme bestiale et a commencé à cravacher l'Ukraine comme un cocher son cheval.

Cependant, leur opinion a cessé d'être importante. Auparavant, nous pensions qu'ils conversaient de façon honnête et impartiale avec nous, simplement en raison de certaines de leurs préférences, ils avaient tendance à minimiser le danger du nationalisme ukrainien. Après le pogrom d'Odessa, il est devenu clair qu'ils n'allaient pas nous parler du tout. L'avance qu'ils ont accordée à l'Ukraine s'est avérée être un ausweis autorisant toutes formes d'actions. Selon eux, il était possible de brûler des personnes, de tirer à coup de canons et de chars sur les villes et villages du Donbass, de mener des processions aux flambeaux avec des portraits de Bandera et de Chukhevich, de fusiller des prisonniers sans procès ainsi que de les torturer de la manière la plus brutale, dans des prisons improvisées des bataillons territoriaux nazis.

Ce mois de mai Odessite, est étroitement enveloppé dans un linceul de désespoir et de haine. Aucun des auteurs de la tragédie n'a été arrêté, ni condamné. Et seulement une rumeur populaire, et les réseaux sociaux partagent des rumeurs selon lesquelles les filles et les garçons qui ont mis du kérosène dans des bouteilles, meurent les uns après les autres de la manière la plus surprenante. Quelqu'un s'est noyé, un autre a été poignardé en Russie, un autre a été jeté d'un toit. Honnêtement, je ne suis pas du tout sûr que ce soit vrai ; c'est plutôt ainsi que l'angoisse de représailles s'exprime. Ni Odessa, ni tous ceux qui ont vécu ces terribles événements comme un chagrin personnel, ne sont prêts à oublier et à pardonner. Et cette attention intense aux destins de ces petits bestiaux, dont le nom de chacun est bien connu, est une sorte de garantie que, tôt ou tard, tous répondront de ce qui a été fait.

Source ~ Life

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 18:53

La chanson « minute de silence » est issue du film « Батальоны просят огня – Batalionny prossïat ognïa – les bataillons demandent un appuie d’artillerie » film en quatre parties datant de 1985, inédit en France, (comme d’ailleurs la majorité du cinéma russe, censuré par les distributeurs audiovisuels occidentaux ?)

Ce film aborde l’histoire de la reprise, en 1943, par les troupes soviétiques du fleuve Dniepr. Deux bataillons de fusiliers-voltigeurs doivent traverser le Dniepr en concentrant le feu de l’ennemi sur eux. Tant-dis que Le gros des forces soviétiques, traversera le fleuve à un endroit libre des troupes d’occupation allemandes.

Dans ce film, les principaux rôles sont interprétés par plusieurs acteurs connus du cinéma soviétique et russe, dont, entre autre, Alexandre Zbrouev, Alexandre Pankratov-Tcherny, ainsi que NikolaÏ Karatchentsov qui interprète la chanson du film « Minutes de silence. »

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Минуты тишины

Les minutes de silence

Paroles M. Matoussovski / Musique A. Petrov

Aussi étrange que cela soit, durant les jours de guerre,
Il y a des minutes de silence,
Lorsque le combat s’apaise fatigué,
Et que les déflagrations ne s’entendent presque plus,
Nous restons dans ces jours de guerre,
Assourdis de silence.

C’est ainsi parfois durant les jours de guerre,
Nous faisons des rêves dans les tranchées,
Nous rêvons de villages d’avant guerre,
Derrière les fenêtres des quels, brûlent des lumières.
Et dans les gourbis, les jours de guerre,
Nos rêves respirent la paix.

Comment prévoir à l’avance
Le difficile chemin
Des compagnies de fantassins,
Qui arrivera jusqu’au boyau prochain,
Qui arrivera jusqu'à la victoire.
Comment prévoir à l’avance,
Où te mènera ton destin?...

Traduction : Sarah P. Struve

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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 06:01

 

Dmitri Stechine, est un journaliste russe, travaillant pour le journal « Kosomolskaia pravda. » il y est, entre autre, correspondant de guerre et a couvert différents théâtres de guerres, tels que la Libye, la Syrie, l'Ossétie du sud. Ces derniers jours, il était à Marioupol, c'est de là-bas qu'il envoie des notes sur sa page Telegram. Voici la traduction de l'un de ses postes.

 

Note de Marioupol

La guerre a des détails terribles, que le témoin ne réalise qu'après. Le psychisme sépare ce qui est vu : sang / intestin et horreur infernale, séparément. Sinon, la conscience et l'esprit ne le supporteront pas. Aujourd'hui, j'ai retravaillé dans ma tête ce que j'ai vu à Marioupol. La première image provoque une sorte de tristesse implacable : un corps d'enfant dans un sac de linge de lit, juste à l'échangeur à l'entrée de la ville. Un magasin "O'stin," Une exposition de jouets pour enfants près d'un passage. Une sorte de cabinet psy de débriefing. Pour comprendre, à une dizaine de mètres de ce cabinet, sous une couverture, se trouve une vieille dame morte avec une cane brisée par des éclats d'obus. Comme tous les morts à la guerre, les personnes âgées n'ont tout simplement pas eu le temps de s'abriter. Et la troisième chose, la pire, qui m'afflige jusqu'à présent... J'enregistrai une vidéo et une femme avec un garçon de 15 ans est venue me voir. Ils avaient sur leur tête des bandanas blancs éblouissants faits de draps. La femme m'a pris pour un officiel et a commencé à me torturer avec des questions :
- Notre grand-mère a la maladie de Parkinson, où prendre les médicaments ? Vous n'en avez pas ?
- Non, je n'ai pas de médicaments.
- C'est un médicament rare, on n'en trouve pas partout. Il y a l'hôpital N°17 à côté. D'après vous, on peut y aller ?
J'ai jeté un regard sur les côtés. Il ne se passait rien autour, bien sûr, mais en temps de guerre, les gens grouillaient devant l'hôpital. Je me suis décidé à lui donner un conseil :
- Allez y, bien sûr, vous voyez, les gens tout autour. Si le médicament est rare, peut-être que personne n'en a besoin.
- On peut y aller, sûr?
Je haussai les épaules, je voulais terminer cette conversation, elle était douloureuse et je ne savais pas encore ce qui me stressait.
- Allez-y, vous voyez, je suis là sur la place !
La femme a remercié et est partie. Je me souviens encore que dans les coins des yeux, elle avait des traces de sel, comme des larmes séchées.
Exactement cinq minutes plus tard, suffisamment de temps pour que mon interlocutrice et son fils atteignent cet hôpital, les "Azov"* l'ont couvert d'un paquet de "Grad."
J'ai envoyé à la mort mon interlocutrice, je lui ai donné mon assurance. Je n'ai aucun moyen de savoir si elle est en vie, si son fils est en vie, et que cela s'agrippe à moi tel un lourd péché. De toute façon, à la guerre, on ne peut l'éviter.

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* "Azov" ~ Bataillon nazi intégré à l'armée ukrainienne.

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 09:58

Voici une chanson historique des cosaques du Don, datant de la première guerre mondiale ~ 1914 ~ 1916.
Le vidéogramme ci-dessous, fut enregistrée en septembre 2020 pour Vek (Le siècle,) un site qui présente de la musique folklorique des cultures traditionnelles des différentes régions de la Russie.

les interprètes en sont : Nikolaï Sakharov, Ilia Tchekounov, Alexandre pereslepine, Aleksei Prokhorov, Nikolaï Chantarenkov, Rostislav Kononenko, Vladimir Iakimov, Maxime Sassov, Evgueni Bagrintsev, Ivan Sakharov, Mikhail Tchilakhsaev, Serguei Sterlikov, Ivan Lapine, Nikolai Kozlov, Mikhail Zamorine, Nikolaï Triphilov, Dmitri Matveenko, Alexei Mikhaltsov, Fedor belooussov.

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По горам Карпатским ~ Par les monts des Carpates

Par les monts des Carpates, la neige tourbillonnante,
L'hiver, crépitent les froids puissants,
Nous attaque, le maudit allemand,
Sur la croix d'or, sur notre nation,
Et mon beau brun, brun, aux sourcils bruns
Se bat pour sa foi contre les Germains
les Germains voulaient que nos cosaques
Aillent servir leur trône,
Mais nos Cosaques, glorieux sabreurs,
Ne sont pas allés servir leur trône,
Se mirent à jouer les trompettes, les trompettes, les tambours,
les portes s'ouvrirent, est sorti l’infidèle,
La bataille s'est enflammée, une bataille sans pitié,
S'est mis à couler en rivière, le sang brûlant,
Le Cosaque demande à Dieu, prie et pleure,
Que nos têtes ne soient pas, sur ce tertre, couchées,
sur ce tertre, de gais oisillons,
Pour leur foi, jouent joyeusement !

Traduction: Sarah P. Struve

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 13:57

Vladimir Skobtsov est né en 1959 à Donetsk. Il est l'un des poètes et bardes, vivant et travaillant à Donetsk, consacrant ses créations à sa ville et à toute la Novorussie. Skobtsov raconte dans son œuvre, comme dans un Donetsk déserté, renaît une nouvelle vie culturelle et, comme la poésie acquière, en temps de guerre, une nouvelle respiration. Le poème "Le quatrième cavalier" date de 2015.

 

 

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Четвёртый всадник ~ Le quatrième cavalier

Vladimir Skobtsov

 

Sans godaille, ni oraison
Derrière le barrage routier, l'été a éclaté
Vers le sud.

À Noël, la crèche est déserte
Et il n'est pas clair de ce qui adviendra,
Vraiment pas.

Quelque part l'été s'amuse
Et quelque part, le bonheur rit,
Mais pas, ici.

Et, ce n'est pas que je n'ai pas de blé,
j'ai fichu mon billet à la destinée,
Question de dignité.

Au-dessus de la toile de mines tissée,
Dans un ciel, une meute de grues cendrée,
Le soupir de quelqu'un.

Si tu existes, alors écoute,
Comme t’appellent
Nos âmes, Mon Dieu.

L'océan de vie n'est pas sans fin,
Est-ce juste, ou péché,
Je n'ai pas vécu ainsi.

Si on me fourre un couteau dans le dos,
A la douane, je donnerai à Charon,
Une pièce non monnayable de cinq sous.

L'automne mordoré,
Un maraudeur, dans un sac, l'emporte
Vers nul-part.

Derrière la vitre, tremble une feuille jaunie
Dans le viseur se couche l'astre du jour
Pour toujours.

Dans l’immensité bleutée, un coup de feu éclatera...
Je t'ai cherché toute ma vie,
Mais pas au bon endroit.

Pieds nus, tu cours vers moi,
Un pâle cavalier derrière toi,
Te suit pas à pas.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 06:19

Vladimir Vissotski rencontra Marina Vlady en 1968, au théâtre de la Taganka, à Moscou, quinze ans après avoir été fasciné à l'age de dix huit an par celle-ci à travers le film « La sorcière » où Vlady, âgée alors de seize ans, jouait.

Voila comment Marina Vlady raconte sa rencontre avec Vissotski : "je vois un jeune homme de petite taille, mal habillé, qui se dirige vers nous. Je le regarde brièvement, et seuls ses yeux gris clair, attirent mon attention. Mais, les cris dans le public me font interrompre l’histoire et je me tourne vers lui. Il se lève, prend ma main furtivement et l’embrasse, s’assoit devant moi, et ne me quitte plus des yeux. Son silence ne me dérange pas, nous nous regardons, comme si nous nous connaissions depuis toujours. « Je sais que c’est toi,» c’est comme ça que j’ai rencontré Vissotski."

Il fait la cour à la jeune femme durant deux ans. C’est une histoire d'amour fracassante, tout Moscou sait que Vissotski consacre désormais ses chansons seulement à elle. Ils se marient en 1969, année où Vissotski enregistre la chanson « "Poème lyrique (Лирическая)" dans la quelle apparaît la forêt ensorcelée du film "la sorcière."

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Лирическая ~ Poème lyrique
Vladimir Vissotski

Ici, les branches des pins tremblent sous leur poids,
Ici, le pépiement des oiseaux est inquiet.
Tu vis dans une forêt sauvage et ensorcelée,
D’où il est impossible de s’en aller.

Que tel du linge au vent, sèchent les merisiers,
Que les lilas s’affaissent sous la pluie ;
De toute façon, je t’emmènerai d’ici,
Dans un palais, entendre les roseaux chanter.

Pour mille ans, ton univers est dissimulé
De moi et de la lumière, Par les sorciers,
Et, tu penses qu’il n’y a pas plus merveilleux,
Que cette forêt ensorcelée.

Que sur les feuilles, il n’y ait pas de rosée,
Que la lune se querelle avec le ciel nuageux,
De toute façon d’ici, je t’emporterai
Dans une claire tour, au balcon donnant sur la mer.

Quel jour de la semaine, à quelle heure
Sortiras-tu précautionneusement, vers moi ?
Quand donc, t’emporterai-je dans mes bras,
Là-bas, où il est impossible de te retrouver ?

Si ce larcin est à ton goût, je te volerai;
Est-ce pour rien, que tant de force, j’ai dépensé ?
Sois d’accord au moins pour un paradis dans une chaumière,
Si quelqu’un occupe déjà la tour du palais.

Traduction : Sarah P. Struve

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 08:15

À la suite de la percée des Allemands, le front de Leningrad, qui défendait la ville, a été coupé en deux. Le lien entre les forces de l'armée rouge fut perdu. C'est pourquoi, au début de décembre 1941,les commandements des corps qui combattaient dans l'est de la région de Leningrad ont organisé un nouveau front : Le front de Volkov. Sa mission principale était de briser le blocus de Leningrad et de se joindre au front de Leningrad. La première offensive du Front a eu lieu à la fin de 1941. À la suite de cette offensive, l'Armée rouge a libéré la ville de Tikhvin. À cette époque, peu de villes étaient libérées, de sorte que l'offensive de Tikhvin (10 novembre-30 décembre 1941) a été un succès remarquable et, non seulement pour le front de Volkhov. Bien que la distance entre les deux fronts soit faible - pas plus de 16 km - dans cet espace, il n'y avait presque que des marais. "Qu'est-ce que la guerre dans le marais ? Une bagarre pour chaque motte de terre. Et même si cette motte de terre était prise, il fallait encore la tenir. L'ennemi te balayait tellement à coups de mortier, que bonne chance. Personne n'a pu mieux exprimer ce qui se passait là, à part Alexandre Tvardovski, qui a vécu cela" :

Combat dans les bois, dans les buissons, dans les marais,
Où la guerre a fait son chemin,
Où l'eau montait jusqu'aux genoux de l'infanterie, de la boue jusqu'à la poitrine ;
Là où les combattants erraient
Et, en glissant d'un tronc, dans la nuit,
l'artillerie coulait, le tracteur s'embourbaient.

La lutte pour briser le siège de Leningrad durera encore plus d'un an ; Il fut brisé officiellement le 18 janvier 1943. Lorsque les troupes soviétiques de Léningrad et celles du front de Volkhov réussirent après des combats acharnés à ouvrir un corridor au sud du lac Ladoga, par lequel pouvait passer le ravitaillement.

En tout, près de vingt-sept millions de Soviétiques périrent durant la seconde guerre mondiale, dont 17 millions de civiles.

Voici une chanson de Boris Grebenchikov abordant ce thème. Grebenchikov la chanta pour la première fois en septembre 1997. Dans la dernière strophe, il remplaça le mot "résurrection"  par le mot "pardon."

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Болота Невы ~ Les marais de la Neva

Boris Grebenchikov

Mes veines sont des filins, ma mémoire, de la glace,
Mon cœur est un diesel et, semblable à du miel, est mon sang,
Mais, le sort m'a fait vivre, ici, parmi l'herbe grise,
Dans l'évanouissement pénombral des marais de la Neva.

Les maisons, ne sont que façades et, les mots, qu'absence,
Et, cette perspective est la trace de l'étoile calcinée,
Je voulais être tel le soleil, suis devenu une ombre sur un mur,
Et, s'est cramponné à mon dos, un mort endiablé.

Depuis lors, je me suis mis à voir, que nous sommes tous comme enchaînés,
Et, sur les branches des pins, les âmes des soldats trépassés,
Regardaient silencieux, comme nous valsions en rond, par des cierges éclairés,
Chacun avec de la cendre dans la main et un mort sur le dos.

Viendra le jour de la résurrection ; ainsi soit-il, je ne l’attendrai pas,
J'ai trouvé comment m'en aller et, je m'en irai et reviendrai,
Je reviendrai avec cette parole, comme avec la clef de l'empyrée.
Laissez-les rentrer dans leur foyer,
Eux tous, qui dorment dans les marais.

Traduction : Sarah P. Struve

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 11:43

Du 23 mars au 10 juin 1999, l'OTAN bombarda pendant onze semaines, la Yougoslavie.

"Югославия ~ Yougoslavie," Cette simple chanson est issue d'un poème d'Olga Jouravliova et, mis en musique par Alexandre Voïtinski en réaction à l'agression de la Yougoslavie par l'OTAN. Elle est interprétée par Lena Katina.

Dans le premier vidéogramme Léna katina interprète la chanson.
Le second vidéogramme reprend l'interprétation de celle-ci, sur des images de l'agression de l'Otan, vidéogramme qui, malheureusement, ne peut être vue que sur YouTube, en raison d'une certaine politique de censure pratiquée par YouTube.

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Югославия ~ Yougoslavie

Olga Jouravliova ~ Alexandre Voïtinski

 

Au-dessus du Danube vespéral
Blanches lumières, blanches lumières, blanches lumières.
Et, en souvenir s'invite une mélodie
Des années passées, des années passées, des années passées...
Mais, ont fondus en bandes d'oiseaux
Les mots simples de notre chanson.
Tu t'enfonces dans le feu, Yougoslavie !
Sans moi ! Sans moi ! Sans moi !

Pour la nuit sous cette grêle de plomb,
Parce que, je ne suis pas à tes côtés,
Pardonne-moi, ma sœur : Yougoslavie !
Pour la mort sous la pluie printanière,
De ce que je ne fus pas ton secours,
Pardonne-moi, ma sœur : Yougoslavie !

Gamine éperdue, aux yeux noirs,
Tu te tiens sur l'autre berge.
Mais atteindre cette berge
Je ne peux, je ne peux, je ne peux.
Au-dessus du Danube vespéral
Blanches lumières, blanches lumières, blanches lumières,
Et, s'invite une mélodie en mémoire,
Des années passées, des années passées, des années passées...

Pour la nuit sous cette grêle de plomb,
Parce que, je ne suis pas à tes côtés
Pardonne-moi ma sœur : Yougoslavie !
Pour la mort sous cette pluie de plomb
De ce que je ne fus pas ton secours,
Pardonne-moi ma sœur : Yougoslavie !

Traduction : Sarah P. Struve

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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 09:29

Il y a 30 ans de cela, disparaissait l'Union Soviétique. Voici, en mémoire, une traduction de la chanson "Слишком короток век ~ Slichkom korotok vek ~ Ce siècle est trop court"  écrite en 1987 par Andrei Makarevitch. Elle est, ici, interprété par Jeanna Bitchevskaia.

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Ce siècle est trop court... / Слишком короток век...

Texte & musique : A. Makarevitch

Ce siècle est trop court.
De ce qui fut il n'y a rien à regretter,
Le gel n'était pas vraiment glacé
Et les frissons ne nous ont pas fait vraiment frissonner,
Seulement avec chaque printemps,
Plus aiguë était la sensation de la fin de cette petite pièce
Que, visiblement, je n'avais pas écrit.

C'est comme au cinéma
lorsqu'on est dans la salle et en même temps sur l'écran.
À tous est promis un envol
Et, brillent des traits lumineux.
Seulement le temps est venu,
On déverrouille les portes, résonnent les clefs
Et, tout est détruit.
Avec angoisse, tu regardes ta montre.

Qui, ici, à raison, qui a tort.
Je vous en prie, oubliez, n'en discutez pas...
Ce siècle est trop court,
Qu'il ne passe en reproches mutuels.

Nous nous reverrons tous,
Dans un aéroport à l'abandon,
Dans l'espoir d'arriver à temps,
Pour un vol annoncé pour on ne sait quand.

Ce siècle est trop court,
               Ce siècle est trop court...

Traduction : Sarah P. Struve

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 09:22

Sergueï Starostine est né le 1° janvier 1956 dans une famille de musicien. À sept ans il entre dans une école de chant a cappella, puis, il entreprend des études de musique où il étudie les instruments à vent. Il a été clarinettiste. Lors de sa première année d'étude, Starostine a participé à une expédition ethnographique, durant la quelle, il fut fasciné par le chant d'une paysanne de Riazan ; c'est ainsi que commença sa passion pour le folklore russe.

Sergueï Starostine est parti nombre de fois en expédition à la recherche de chants folkloriques ; Il interprète en concert solo ainsi qu'avec des groupes, certains d'entre eux. Starostine écrit également ses propres chansons. La plus célèbre d'entre elles, est "Глубоко ~Glouboko ~ Profondément" que, nous présentons, ici.

Parlant de cette chanson alors qu'il était l'invité de l'émission"Zelionka" que produit le groupe "Otava Yo," Sergueï Starotine, raconte : "Cette chanson n'est pas tant triste, qu'existentielle. J'ai eu une période de vie particulièrement difficile ; pas tant dépressive que difficile. Ceux qui connaissent la station de métro « Plochchad Rtevolioutsii  » à Moscou... lors d'une correspondance, je me tiens sur l’escalier mécanique et descends. Et je pense : « Comme est profonde l'eau sous la terre... Plus profonde est ma désolation » et dix minutes plus tard à l'arrivée de l'escalier mécanique, le texte était composé. Je suis rentré à la maison, ai pris mes gousli et, j'ai composé la mélodie. (…) et cette chanson ; merci certainement au Créateur ! Lorsqu'elle m'est tombée dessus, quand elle s'est déversée en moi, elle m'a permis de dépasser cette période difficile, elle a remplis le rôle d'un médicament contre mes doutes, ma tristesse... "

Sur le vidéogramme ci-après, extrait de l'émission « Zelionka, » Sergueï Starostine, interprète cette chanson, accompagnée par le groupe « Otava Yo »

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Глубоко ~ Profondément
Sergueï Starostine ~ Сергей Старостин

Profonde, profonde
Dans le puits, l'eau
Profond, profond
Sous la terre, le gisement
Plus profonde est ma désolation
Plus profonde est mon affliction
Plus profonde,

Largement, largement
La rivière s'est déversé
Largement, largement
Les près se sont dispersés
Largement, largement
les champs se sont étalés
La lumière de la grâce, bien plus largement.

Loin, loin
S'est sauvé mon étalon
Loin, loin
S'en est allé au galop mon étalon
Loin, loin
le rattraper, je ne le pourrai
Loin, loin
le rattrapé, je ne le pourrai
Plus loin de là, ma désolation
Plus loin de là, mon affliction
Plus loin de là.

Haut, haut
S'est élevé, le faucon
Haut, derrière les nuages,
s’est envolé, le faucon
Plus haut encore, ma joie
Plus haut encore, mon amour
Plus haut.

Traduction : Sarah P. Struve

 

 

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  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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