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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 13:33

"Напилася я пьяна – Napilas’ ïa piano - J’ai bue jusqu’à l’ivresse" est une chanson populaire russe dont les auteurs ne sont pas connus. En 2000, cette chanson est chantée dans le beau film de Pavel Lounguine « La noce » par les deux solistes - Valérie Siomine & Lena Vassiliok - du groupe "Белый день – Belyi den’ " crée en 1990. dans le film ils jouent le rôle d'un prêtre accordéoniste et de son épouse.

Le groupe "Bely den" publia en 2002 dans son album "Песни о любви - Pésni o lubvi - chansons d'amour", une chanson – Le coucou chantait - construite autours du  premier couplet de «  J’ai bu jusqu’a l’ivresse » et s’inspirant librement pour le reste du texte des autres couplets de celle-ci.

Voici donc le vidéogramme où le groupe "bely den" reprend sa, plus que magnifique, version avec en incrustation, l’extrait en question du film  de Lounguine. 


Bely-den.jpg

Le coucou chantait / Куковала кукушка

Valérie Siomine & Lena Vassiliok

Le coucou chantait
Au loin, au-dessus de la rivière.
Emportes coucou,
Mon chagrin avec toi.
Où donc se promène mon aimé,
Et de quel côté,
Comme mon âme est amère, coucou,
Comme mon âme est amère.
Où donc se promène mon aimé,
Et de quel côté.
Comme mon âme est amère, coucou,
Comme mon âme est amère.

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le lointain sentier
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le lointain sentier
Jusqu'à la cerisaie.

Peut être quelque chose est arrivé,
Peut être que je ne le sais,
Aide-le, mon Dieu,
Je t’en conjure.
Et si, tout de même, une autre
L’a embrassée,
Punie-le, mon Dieu,
Punie-le.

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.

Il faut me tresser une couronne,
Que l’emporte la rivière,
Je tresserais avec cette couronne
Un petit cœur zélé.
Pleurera le petit cœur
Sur la rive étrangère.
Le petit cœur, il entendra,
De moi, il se souviendra.

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie. 

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.

Traduction Sarah P. Struve

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Published by Sarah. P. Struve - dans Chansons populaires russes
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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 09:51

Zabolotskyможжевеловый куст  - Mozhevelovyi koust – Le buisson de genévrier a été écrit par le poète Nikolaï Zabolotsky (1903 – 1958) et a été mis en musique par Alexandre Soukhanov qui l’interprète dans le vidéogramme ci-après. A. Soukhanov est un barde et un mathématicien. Il  est né en 1952 à Saratov, dans l’enfance Soukhanov a étudié la musique et plus particulièrement le violon. En 1974 il termine des études de mathématiques mécaniques; depuis 1981 il travaille à l’Université d’Eta Lomonossov. À partir de 1969, Alexandre Soukhanov commence à mettre en musique tant ses propres poèmes que ceux d’autres auteurs, de Pouchkine à Vertinski.

 

____________________________ 

Можжевеловый куст  / Buisson de genévrier

Un poème de Nikolaï Zabolotsky (1957)

J’ai vu en rêve un buisson de genévrier,
Au loin, un craquement métallique, J’ai discerné,

Le son de baies améthyste,  j’ai entendu
Et dans mon rêve, au creux du silence, il m’a plu.

Au creux de mon rêve, l’odeur de la sève, J’ai humé
Ecartant les branches peu élevées
Dans l'obscurité broussailleuse, j’ai remarqué
Le semblant de ton sourire, à peine, il vivait.

Buisson de genévrier, buisson de genévrier,
Le murmure figé de lèvres trompeuses,
Le murmure léger, à peine audible, de ta sève,
Qui, pareil à une aiguille mortelle,  m’a transpercé!

Derrière ma fenêtre, dans les cieux dorés,
Les nuages, l’un après l’autre, s’en vont,
Survolant mon jardin sans vie,  à l’abandon …
Que Dieu te pardonne, buisson de genévrier !

Traduction : Sarah P. Struve 

 

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 18:20

Petersbursk orchestrei"Утомленноесолнце – Outomlionoïé solntce - Soleil trompeur"- est une chanson russe dont les paroles furent écrites par Iossif Alveka sur la musique d’un tango polonais ("Tо ostatnia niedziela  - " dont le compositeur est Jerzy  Petersburski -  tango très populaire en Pologne dans la période de l’entre deux guerres. - Soleil trompeur fut joué Pour la première fois en Union Soviétique, en 1937, par l'orchestre de jazz d'Alexandre Tsfasman et le chanteur Pavel Mikhaïlov et  éditée la même année sous le titre "Расставание – Rastavaniè – Séparation". Par la suite la chanson fut interprétée par un grand nombre de chanteurs dont Léonid Outiossov et  Iossif Kobson,.

En Russie ce tango de Petersburski eut une grande popularité. À la fin des années trente, pas moins de trois versions de ce tango étaient joués à chaque fois avec des textes d’auteurs russes sans lien avec le texte de la version polonaise.

Cette chanson résonna dans nombres de film dont « trois couleurs – Blanc » de Kieslowski. Elle résonne également dans le film de Nikita Mikhalkov "Soleil  trompeur" auquel elle a donnée son nom.

 Soleil trompeur est, ici, magnifiquement interprété par la chanteuse lituanienne, Alina Orlova. soleil trompeur afiche

Утомленное солнце – Soleil trompeur

Musique J. Petersburski – Paroles : Iosif Alveka

Un soleil trompeur faisait à la mer, tendrement ses adieux
A cet instant là, tu m’avouais qu’il n’y avait plus d’amour.
Cela m’a légèrement attristé.
Sans chagrin, ni cafard.
Nous nous séparons, non, je ne me fâcherai pas,
Nous sommes fautifs tous les deux, en cela.
Un soleil trompeur faisait à la mer, tendrement ses adieux,
A cet instant là, tu m’avouais qu’il n’y avait plus d’amour.
Nous nous séparons, non, je ne me fâcherai pas,
Nous sommes fautifs, toi et moi.
Un soleil trompeur faisait à la mer, tendrement ses adieux,
A cet instant là tu m’avouais qu’il n’y avait plus d’amour.

Traduction: Sarah P. Struve.

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 23:10

Soukatchev.jpgGarik Sukatchev est né en 1959 dans le village de Mïakinino dans l’oblast’ de Moscou. En 1977 il crée le groupe «Закат Солнца вручную – Zakat solnsa vroutchnouïou – Couché de soleil à la main», ce groupe fut dissout en 1983, en 1986 il crée avec Sergueï Galanine le groupe «Бригада С – Brigada S » qui lui apportera la célébrité. En 93 il crée avec d’autres musicien un nouveau groupe : «Неприкасаемые – Neprikassamye – Les intouchables » Sukatchev est un auteur-compositeur-interprète. Il est, par ailleurs réalisateur et acteur. Il fut egalement animateur d’une émission de télévision sur le 1° kanal. La Iaouza dont il est question dans « Vol de nuit », est un affluant de la Moskova.

 

Iaouza.jpg

Ночной полет / Vol de nuit
Garik Sukatchev / Гарик Сукачёв

Sur la neige traînent des traces
Telles des pelades, telles des pelades.
Des poteaux encadrent ces traces,
Sur lesquels s’accroche la lumière,
Elle parait déchiquetée et épuisée,
Zébrée comme une marinière.
D’impuissance, la lumière s’est liquéfiée
Sur les perches des trolleys.

Seule la nuit, la nuit, la nuit…
Seule la nuit, la nuit, la nuit…
Seule la nuit, la nuit, la nuit…

Je suis comme un minuscule nain,
À peine visible, petit poucet,
Sur la route du magasin,
Vaguement éclairée,
Je m’avance, inutile,
Tel un spectre, Tel un spectre,
Je regarde dans le miroir des fenêtres,
Sans arriver à percevoir mon reflet.

Au cœur de cette nuit, cette nuit, cette nuit…
Au cœur de cette nuit, cette nuit, cette nuit…
Au cœur de cette nuit, cette nuit, cette nuit…

Où un feu de signalisation oubliés
S’agitera comme sous un rythme Reggae,
Et, à bout portant, me fusilleront
De méchantes pensées d'évasion,
Et, le whisky prendra la douleur
En tenaille, jusqu'à la démence.
Et, sans aucun doute et sans défiance,
De cafard, Je hurlerai.

Mais lorsque reculera la peur
Pour une seconde, un court instant,
Je m’élèverai comme sur des ailes
Au-dessus du boulevard et du gratte-ciel,
Et, survolant la Iaouza,
À tue-tête, sifflant,
Je m’élancerai en plaisantant,
M'élevant vers le ciel
Dans la nuit noire, évidement.

Au cœur de cette nuit, cette nuit, cette nuit…
Au cœur de cette nuit, cette nuit, cette nuit…
Au cœur de cette nuit, cette nuit, cette nuit…

Traduction : Sarah P. Struve

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 23:09

La chanson « Летели облака - Liétiéli oblaka -Voguaient les nuages » est issue de l’album « метель августа - Metel avgousta - Tempête de neige d'août », album sorti en 2000. Cette chanson a été reprise par Alina Orlova de son vrai nom Alina Orlovskaïa. Chanteuse née en 1988 en RSS de Lituanie où elle vie toujours. Orlova écrit ses textes aussi bien en lituanien, qu’en russe ou en anglais, mais ne dédaigne pas d’interpréter d’autres auteurs.

Alina-orlova

- Dans le premier vidéogramme Iouri Chevrchouk et son groupe « DDT » interprète cette chanson lors d’un concert en septembre 2008, au SKK de Petersburg.

- Le second clip reprend l’interprétation d’Alina Orlova.

Chagall cheval

Летели облака
Voguaient les nuages
Юрий Шевчук / Iouri Chevtchouk

Voguaient les nuages,
Voguaient au loin,
Comme la main de maman,
Comme le tricot de papa,

Comme des poissons-paquebots,
Comme les pensées d’un idiot,
Au-dessus des miroirs de la terre
Voguaient les nuages.

Voguaient les coupoles,
Les routes et les fleurs,
Sonnant les cloches à la volée
Insouciants comme tu l’es.

Comme des gouttes de lait,
Comme bonjour et adieu,
Comme un verre de thé oublié,
Voguaient les nuages.

Voguaient des parpaings,
Soldats des murs anciens,
Les dragons des changements,
La bohème et Les tourments.

Une paisible guerre,
Un vin non amer,
Un pays triste
Où s’ouvre ta fenêtre.

Voguaient sans se presser,
Voletaient des déshabillés,
Comme une âme adolescente
En parandja brûlée.

Vers le Tào et Jérusalem,
Aux frontières de la terre,
Faute à des théorèmes idiots,
Abandonnés dans la poussière.

J’allumerai à la cuisine, la lumière
D’une malle séculaire,
Où les ailes, de longues années,
Recherchèrent leur cavalier.

Je les sortirais et les déplierais,
Sur mon dot, les accrochant,
Je laisserai aller le printemps
Et les nuages, en moi.


Traduction : Sarah P. Struve

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 01:00

Alexis Plechtchéev.jpgLe poème « Звуки – Zvouki – Les sons » date de 1846. Son auteur en est Alexis Plechtchéev, (1825 – 1893) poète, traducteur, critique littéraire et théâtrale. Plechtchéev est né à Kostroma, dans une famille de nobles désargentés, dont la ligné comptait quelques écrivains. En 1848, Plechtchev, entiché d’idées socialistes, fréquenta un cercle, que fréquentait également Dostoïevski. Il fut arrêté en 1849 et déporté en Sibérie où il passa près de 10 ans. Après son retour d’exile, il continua son travail littéraire. Nombres de compositeurs connus créèrent plus d’une centaine de romances sur les paroles de ces poèmes. C’est Elena Orlowa qui composa la musique sur le poème « Zvouki », dans le vidéogramme qui suit, elle interprète cette belle romance.

Elena Orlowa est née à Grigoriopol, en Moldavie. En 1980 elle part pour l’Allemagne de l’ouest. Depuis 1990, elle passe la majeure partie de son temps à Las Palmas, aux îles Canaries où elle travaille à une fusion des sonorités russes et espagnoles avec des musiciens hispaniques. Elle est accompagnée sur ce vidéogramme par Charly Daicz : Guitare (Argentine), David Minguillon : Guitare (Espagne). Juan-Carlos Baeza Cardarello : Contrebasse (Uruguay). Cesar Cabrera : Clarinette (Espagne). Tomás Remón Percussion (Espagne).

 

Звуки / Les sons

A. Plechtcheev – E. Orlowa

 

Ne te tais pas, ne te tais pas !
A mon cœur, ces sons sont consolants,
Et même si cela n’est que pour un seul instant,
Dans ma douloureuse poitrine, s’endormiront ces tourments.

L’émotion des jours anciens, lointains
Ta chanson me souvient;
Et coulent de mes yeux, les pleurs,
Et défaille de douceur, mon cœur...

Et il me semble que j’entends,
Chère à mon cœur, une familière voix;
Il arriva, qu’elle m'entraîna
Vers elle, par quelque sortilège violent.

Et il semble qu’à nouveau devant moi,
Tranquille et calme, rayonne ton regard
Et l’âme, en un voluptueux cafard,
S’est emplie d’un enivrent émoi...

Chante donc ! Ma poitrine respire plus doucement,
Et, se sont apaisés les doutes et les tourments…
O, si un jour, je pouvais,
Sous ces sonorités, m’en aller !

Traduction : Sarah P. Struve.

- Le site d'Elena Orlowa

- la chaine musicale d'Elena Orlowa

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 23:08

« Новая жизнь - Novaya zhyzn’ – Nouvelle vie » a été publiée dans l’album « Прекрасная любовь - ‘Prekrasnaya lioubov’ - Amour merveilleux » sorti en avril 2007. cette chanson a reçut le prix de la poésie au hit-parade de la radio « Наше радио - Nache radio –Notre radio »

Новая жизнь.jpg

Les paroles chantées par Y. Chevtchouk ne correspondent pas obligatoirement au texte original qu’il a écrit, comme par exemple la deuxième strophe du premier couplet. Dans le texte original il écrit « Là, où il y a un temple sur le sang , sans-abri » alors qu’il chante sur la vidéo ci dessous « La mort n’est pas mon chemin ».

Le vidéogramme ci-après, a été enregistré lors du concert que le groupe donna le 26 septembre 2008, au musée de l’Ermitage, à Saint Petersburg, et dont la recette fut versée aux victimes de la guerre d’Ossétie du Sud.


Новая жизнь - Nouvelle vie
Iouri Chevtchouk

Je suis sorti du coma de nuit,
Là, où il y a le temple sur le sang, sans-abri,
Le goutte-à-goutte en lambeau,
Je recommence à vivre à nouveau.

L’eau, en neige, s'est métamorphosée
Je mâche de la viande, tel du coton blanc.
D’oracle de loup, je vis en courant,
Limpide, sera le ciel rougeoyant.

La nouvelle vie, en un ruisseau printanier, s’est déversée,
La nouvelle vie, le long des échoppes, des gares, s’est dispersée.
La nouvelle vie; nous nous assoirons, à propos de rien, nous taisant,
La nouvelle vie ne s’offre jamais gratuitement.

D’averses, l’étoile s’étouffa,
Déchirant d’une coudée le drap
Egratignant la taïga de ses bois,
Une armée de moineaux, elle dispersa.

Je m’envahis de mots oubliés
Sur un banc de terre, à coté d’une maison du temps passé.
Je m’envapeurs afin que les braconniers,
Une nouvelle trace fraîche, en moi, puissent flairer.

La nouvelle vie, en un ruisseau printanier, s’est déverée,
La nouvelle vie, le long des échoppes, des bazars, s’est dispersée.
La nouvelle vie; nous nous assoirons, à propos de rien, nous taisant,
La nouvelle vie en forme d’une gerbe de feuilles de bouleau mouillées.

Un peu d’eau froide, cela serait bien,
Il m’a tiré par la main,
Et moi – « Ca va pas, frère ? »
Et lui, il sort un noir révolver.

Le corbeau s’est mis à crier
Un blanc serment méchant et inconscient,
Oh, mon corps tué,
Tous mes grains de beautés.

La nouvelle vie, en un ruisseau printanier, s’est déversée
La nouvelle vie, le long des échoppes, des gares, s’est dispersée.
La nouvelle vie, nous nous assoirons, à propos de rien, nous taisant,
La nouvelle vie ne s’offre jamais gratuitement.

Traduction : Sarah P. Struve

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 01:07

 

Dans nombres de pays, en ces jours de commémoration et de souvenir de la victoire des forces alliées sur le nazisme, les gens viennent se recueillir sur les tombes de ceux qui ont sauvé l’Europe du fascisme. En France, des centaines de soldats soviétiques furent enterrés après la guerre. Des gens continuent à rechercher les noms de ces héros et tentent de se mettre en lien avec leurs proches et descendants.

Ils sont convaincus qu’il ne peut resté de tombes sans nom et font tout leur possible pour que les hauts faits de tous ces soldats s’inscrivent dans l’Histoire de cette grande victoire.

Cimetière militaire de la ville de Beauvais, à 90 kilomètres de Paris. Une modeste croix et une inscription en français : « Russe inconnu, mort pour la patrie » et à côté encore deux croix identiques, sans nom, sans date. Il est communément admis que plus à l’ouest de Berlin, il n’y a pas eu de combattants soviétiques et qu’il ne pouvait y en avoir. L’armée soviétique n’avançait-elle pas depuis l’est. Cependant, des tombes semblables à celles de Beauvais, il y en a en France non pas dix, ni même cent, mais des milliers jamais recensés, souvent sans nom et oubliés.

SOLDA RUSSE FRANCE1

Les historiens ne sont toujours pas d’accord entre eux, combien de soldats soviétiques furent faits prisonniers par les fascistes et combien de simples citoyens soviétiques furent déportés en tant que travailleurs forcés. On cite des chiffres de l’ordre de cinq, voire dix millions. Sergueï Dybov, dans le civil, ingénieur, recherche durant son temps libre, ses concitoyens couchés pour toujours dans la terre française. Dybov dit que les archives locales ressemblent à un champ en friche.

Sergueï Dybov est un prospecteur. « Après la guerre 150 mille citoyens soviétiques furent rapatrié de France en 1945, ces rapatriements ont continués assez activement jusqu’en 47, aussi, je pense que l’on peut parler au minimum de deux cent milles personnes ».

Deux cent mille, ce sont seulement ceux qui ont pu revenir dans leur patrie. Le bourg de Saint Sauveur. Une petite bute recouverte d’herbes folles : « Alexeï Derevenski, mort pour la lutte commune des alliés ». Dans les archives du ministère de la défense de la Fédération de Russie, cette tombe n’est pas mentionnée, pour ses proches il est considéré comme « disparu ».

Comme Andreï Belov, dont la tombe est au cimetière de Beauvais. Au Ministère de la Défense on ne connait, qu’à peut près 40 endroits en France, où reposent des combattants soviétiques. Dybov affirme qu’il n’y en a pas moins de trois cents. Il a vérifié personnellement.

Sergueï Dybov : « dans le camp de Boulogne ils étaient près de 200 à être utilisés aux travaux des fortifications, cassant la pierre, coulant le béton ».

Marceau Pillot a déjà 90 ans et sort rarement de chez lui. Mais, une fois par an, il vient obligatoirement faire un tour par là. Piotre Brage (né à Gorki en 1918) est mort dans ses bras. En 1944, ce sont des paysans français qui ont caché ce soldat russe qui s’était enfui d’un camp de concentration. Lorsque les fascistes se sont repliés d’ici, ils ont pris avec eux, deux personnes en otage.

Marceau Pillot : « Nous avons décidé de récupérer les nôtres, lui aussi s’est porté volontaire. Il s’est précipité en premier, une fusillade éclatât. Les nôtres, nous les avons récupérer, mais lui, on l’a perdus ».

Brage Piotre

 

Luc Redregoo, maire de Thiescourt : « Cette tombe est à la charge de la commune, nous l’entretenons, n’est-il pas mort en prenant la défense des nôtres. Ce serait bien de retrouver ses proches en Russie ».

 

Il y a aussi cette tombe sur le site de Sergeï Dybov, des centaines d’autres aussi, des tombes non répertoriées, inconnues. On s’adresse souvent à lui pour de l’aide : « aidez nous à le trouver, peut être que notre père (grand-père ou bien arrière grand-père) est enterré en France ».

En ce moment il recherche la tombe d’Alexeï Zoubov. Il n’y a aucune trace de lui dans les archives. Mais, sur le monument commémoratif de la ville de Boulogne-sur-Mer, son nom est gravé en lettres d’or à côté des noms des héros de la résistance française. Ce fut donc un héros, un héros méconnus pour sa patrie.

D’après 1°Kanal : Jeanna Agalakova

Le site de Sergueï Dybov

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 08:37

PetersburskiNombre de chansons soviétiques parlant de la Grande Guerre Patriotique, ont souvent été écrites dans l’après guerre. « Le fichu bleu » est une chanson qui accompagna vraiment, tant les soldats de l’armée rouge durant leur combat contre l’envahisseur nazi, que les gens de l’arrière, parents de soldats et travailleurs des usines produisant l’armement destiné au front.

L’auteur de la musique de cette chanson, Jerzy Petersburski (1895 - 1979) était un compositeur polonais, connu également comme l’auteur de la célèbre valse «Последнее воскресенье – le dernier dimanche» en polonais «Tо ostatnia niedziela», valse qui résonne dans le film de Mikhalkov, « Soleil trompeur ».

D’après une première version, après le partage de la Pologne en 1939, Jerzy Petersburski s’est retrouvée dans la ville de Bialystok rattachée à la République Socialiste Soviétique de Biélorussie et, vers la fin de la même année, il prit la direction de l’orchestre républicain biélorusse de jazz.

D’après une autre version, se sauvant de l’occupant nazi, en 1939, les musiciens du groupe musicale polonais « le jazz bleu ciel » ont rejoints l’Union Soviétique. Ce groupe était animé par Henri Gold et son cousin, Jerzy Petersburski.

En 1940 l’orchestre était en tournée à Moscou. Il joua notamment au théâtre de l’Ermitage. Parmi les différents morceaux que jouait l’orchestre, résonnait une valse composée par Jerzy Petersburski. Dans la salle du théâtre, se trouvait le poète et dramaturge Yakov Galitski. Il jeta là, sur une feuille, les premières strophes du poème « Le fichu bleu » Le texte plut particulièrement à Petersburski et, quelques jours plus tard, le poème de Galitski était interprété par le soliste de l’orchestre, Stanislav Landau.

Tu parts loin / Voilà le sifflet implacable / Et prés du wagon / une nuit sans sommeil / Tu es déjà étrangement loin / Nuitamment / Nous nous sommes dits adieu. / Ecrits moi, mon ami / au moins quelques lignes / mon doux, mon gentil, mon aimé…

Cette chanson est vite devenue un véritable tube à la mode. Nombre d’artistes connus, telle Lidia Rouslanova, l’interprétaient.

Durant cette même période la célèbre chanteuse Klavdia Chulzhenko et son accompagnateur, Vladimir Koralli, avec leur jazz-band, donnaient des concerts parmi les unités combattantes. En février 1942 ils étaient en tournée sur le front du Volkov, prés de Leningrad. Un jour l'artiste et son ensemble se produisaiten dans l'unité de la Garde du général N. Gaguen sur la légendaire « Route de la vie » qui traversait le lac Ladoga. Elle y fit connaissance avec le lieutenant Mikhaïl Maximov., collaborateur du journal de front de cette unité: “En un combat décisif“. Il décrivit plus tard cet événement : « Ayant appris que j'écrivais des vers, Chulzhenko m'a demandé d'écrire un nouveau texte sur la mélodie de Petersburski. Elle trouvait que la Chanson était populaire, la mélodie agréable, mais qu’il était nécessaire que les paroles reflètent notre combat contre le fascisme“.

route de la vie

Maximov, modifia une partie des strophes du poème déjà célèbres de Galitski. Son texte fut publié le 8 juin 42, en page deux du N°101 du journal de front “Pour la patrie ! “ Le texte était signé « Lieutenant M. Maximov ». C’est dans cette version que Klavdia Chulzhenko continua à interpréter cette valse. C’était, alors l’époque où l’armée rouge résistait sous les coups de boutoir de l’armée allemande. L’atmosphère était particulièrement angoissante, la situation extrême. La direction du pays appliquait des méthodes particulièrement dures. À l’époque il était facile d’accuser n’importe qui de lâcheté. Reculer était interdit. D’un côté du front tiraient l’ennemi, de l’autre, c’étaient les siens qui fusillaient : Staline avait donné cette directive devenue célèbre « Pas un pas en arrière ! » Et là, parmi les slogans patriotiques, les marches militaires, apparurent à tous ces soldats qui s’affrontaient au jour le jour avec la mort, les paroles simples et lyriques de cette valse/chanson. « Le fichu bleu » devin le symbole de la vie. Très vite elle fut gravée sur disque, ce qui lui permit d’être entendue sur les milliers de kilomètres de front, de la frontière finlandaise, jusqu’aux sommets du Caucase.

 

« Le fichu bleu » devint le symbole de la Grande Guerre Patriotique. Cette chanson accompagna l’armée rouge jusqu'au combat final, la bataille de Berlin, où au côté des soldats soviétiques se trouvaient, seules soldats étrangers, 155 000 soldats polonais qui participairent à cette bataille de Berlin qui mit un point finalf à la deuxième guerre mondiale en Europe.

Voici deux vidéogrammes de cette chanson.

- Le premier est extrait du film du cinéaste N. Slutski « Concert au front » datant de 1942, où Klavdia Chulzhenko l’interprète.

- Le second vidéogramme reprend un clip sur cette chanson d’Ani Lorak, une chanteuse populaire ukrainienne.

______________________

Синий, платочек
Le fichu bleu

Musique: Jerzy Petersburski - Paroles: Y Galitski / M. Maximov

 

 

Un discret fichu bleu
Tombait de tes épaules affaissées.
Tu disais que tu ne saurais oublier
Nos rencontres affectueuses et gaies.
Parfois de nuit
Nous nous disions adieu.
De ces nuits, Il n’y en a plus!
Où es-tu petit fichu,
Désiré, doux et tellement familier ?
Je me rappelle, comme un soir inoubliable
Le petit fichu, de tes épaules, tombait
Et me raccompagnant, tu me promettais
Que ce fichu bleu, tu saurais le conserver.
Et même si tu n’es pas,
Ma douce, mon aimée, avec moi,
Au chevet de ton lit, je sais,
Tu caches le fichu bleu.
Recevant tes lettres,
J’entends la présence de ta voix.
Et d’entre les lignes le fichu bleu
À nouveau, apparait devant moi,
Et souvent au combat
Ton visage est tout près de moi,
Je sens à côté, ce regard aimant,
Tu es avec moi tout le temps.
De doux propos,
Des épaules de jeunes filles
Je m’en souviens dans l’effroi du combat.
Pour eux, tellement proches,
Désirés et tant aimés,
Tiraille le mitrailleur, pour le petit fichu bleu,
Celui qui était sur les épaules adorées !

Traduction : Sarah P. Struve

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 08:45

Il existe également sur la mélodie de Petersburski, une première version écrite dans les premiers jours de la guerre par le poète Boris Kovynev s’intitulant « Le 22 juin, juste à quatre heure du matin ».

Kieev bombardé 1.jpg

- Dans le vidéogramme qui suit, le groupe « Tchibatoukha » interprète cette version.

____________________________________

Двадцать второго июня, Ровно в четыре часа
Le 22 juin, juste à quatre heure du matin

Musique: Jerzy Petersburski – Parole: Boris Kovynev

Le vingt deux juin,
Juste à quatre heures du matin,
Kiev fut bombardé,
Il nous fut annoncé,
Que la guerre avait commencée.

Finit le temps de paix,
Il est temps de nous séparer.
Je m’en vais,
Mais je te promets
Que jusqu'à la fin, fidèle, je te resterai.

Et toi, ménages moi,
Avec mes sentiments, ne joue pas !
Viens, mon amie,
Au train, ma mie,
Accompagner au front, ton ami.

S’ébranleront les roues du wagon,
Telle une flèche, s’élancera le train.
Et toi, du perron,
Moi, de l’échelon,
Tristement, nous nous ferons signe de la main.

Passerons les années,
À nouveau, je te reverrai.
Tu me souriras,
Contre mon cœur, te serreras,
Et aimante, tu m’embrasseras.

Traduction : Sarah P. Struve

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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