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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 13:29

Voici une chanson de Boris Grebenshikov et de son groupe Akvarium : « Train en feu » Ce texte a été pour la première fois édité en unions soviétique en 1987 avec l’album « Хрестоматия (Morceaux choisis) » Il prélude aux événements qui renversèrent le cours de l’histoire russe à travers l’exaltation, l’espoir, la destruction et la guerre vers cette étonnante renaissance, cette résurrection que connaît la Russie à l’aurore de ce nouveau siècle.

Train en flamme / Поезд в огне

Le colonel Vassine et arrivé au front
Avec sa jeune épouse.
Le colonel Vassine a rassemblé son régiment
Et il a dit : rentrons à la maison.
Nous faisons la guerre depuis déjà soixante dix ans,
On nous a enseigné que la vie est un combat,
Mais d’après de nouveaux éléments du renseignement
Nous avons faits la guerre qu'avec nous même.

J’ai vu des généraux,
Ils boivent et mangent notre mort,
Leurs enfants deviennent fous
De n’avoir plus rien à désirer.
Et la terre s’enlise de rouille,
Les cendres se mêlent aux églises,
Et si nous voulons qu’il y ait quelque part où revenir,
Il est temps de rentrer chez nous.
Ce train est en feu,
Et il n’y a plus moyen de freiner.
Ce train est en feu,
Et nous n’avons plus où aller.
Cette terre fut notre,
Avant que nous ne nous enlisions au combat,
Elle mourra si elle n’est plus à personne.
Il est temps de nous la réapproprier.

Tout autour brûlent des flambeaux,
C’est l’assemblée des troupes ayant péris.
Et des gens ayant tirés sur nos pères,
Construisent des plans sur nos enfants.
On nous a mis au monde au son de marches,
On nous a effrayait avec la prison.
Il est assez de ramper sur le ventre,
Nous sommes enfin revenus chez nous.

Ce train est en feu,
Et il n’y a plus moyen de freiner.
Ce train est en feu,
Et nous n’avons plus où aller.
Cette terre fut notre,
Avant que nous ne nous enlisions au combat,
Si elle n’est plus à personne, Elle mourra.
Il est temps de nous la réapproprier.

traduction: Sarah P. Struve

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 20:44

 

deb36a070b76d2ae86628f3400e95d0f.jpgRue Taitbout - Joinville-le-pont - rue des Abbesses - tu es fraction d'un tissement de toile - le chauffeur volontaire/involontaire t'accompagne au creux de cette nuit de brouillard - d'une encoignure cervicale s'extirpe - presque timide - Babouchka Katia. - Elle coupe aux ciseaux - du coins de ses lunettes rosée de jeune fille presque timide - des Gauloises vertes... - "Da niet ! Da niet ... Niëékhatchïou !" avec le "nië" bien appuyé et le "tchïou" comme presque boudé - l'abat-jour diffuse un touffementjaune/or/orangé. - Max Meynier signale qu'une Mércèdés bleu...nuit métallisée s'est enfuie dans les bras d'un voleur de grand chemin - 12 BAM 75 - A qui l'aurait aperçue prière de me téléphoner - ainsi qu'à nos amis les FLiiiiiiiiiiiiiiiiKs ! - Des chauffeurs routiers - jaunes - cire fondue - se sont penchés d'un sourire cruel sur l'opalescence verdâtre de "Blau punkt" riant sous cape - les taxis ont relâchés l'accélérateur - leurs phares tournent doucement de gauche à droite - de droite à gauche - et leur conversation est devenue comme presque lente - distraite - aux aguets - quelque part quelqu'un s'est arrêté - sortant lentement un Mauser de son étui - il scrute la lune et attend... - Yvette Horner chante " les routiers sont sympas" sur l'air d'une vielle marche nazi - "Paris Berlin" se termine . - A Strasbourg une année passa d'oubli - certains regards perçoivent encore - se reflétant en trompe-l'oeil sur les murs de la cité - trente mille gardes mobiles - un vieux monsieur digne murmurait: - "Freihat.... Vous connaissez ?"


Extrait de; "Axane" Sarah P. Struve

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 13:36

В тот вечер я не пил, не пел : « Ce soir là, je ne buvais pas, je ne chantais pas » est l’une des chansons de Vladimir Vissotski parlant de la vie des bas quartiers de Moscou ou de Saint Petersbourg, Cette chanson est interprétée, ici, par Diana Arbenina.

Ce soir là je ne buvais pas, je ne chantais pas
Je la fixai aveuglément
Comme regardent les enfants, comme regardent les enfants.
Mais celui qui était avec elle avant
M’a dit que je m’en aille
M’a dit que je m’en aille
Que ce n’était pas pour moi.


Et celui qui était avec elle avant
Il m’insultait, il me menaçait,
Moi je me souviens de tout, je n’étai pas saoul.
Et lorsque j’ai décidé de m’en aller
Elle m’a dit - Te dépêches pas !
Elle m’a dit - Te dépêches pas !
Il est encore trop tôt.


Mais, celui qui était avec elle avant,
Ne m’a, semble t’il, pas oublié
Et par hasard un jours d’automne, et par hasard un jours d’automne,
je m’baladais avec un pote et que ce que je vois,
Ils étaient là, alignés et silencieux,
Ils étaient là, alignés et silencieux,
Ils étaient huit.


J’avais un couteau et me suis dis : - Bon.
On ne m’attrape pas si facilement
Tenez vous bien fumiers ! Tenez vous bien fumiers !
Pourquoi disparaître gratuitement ?
Alors, j’ai frappé le premier,
Alors, j’ai frappé le premier,
C’est ainsi qu’il le fallait.


Mais, celui qui était avec elle avant
cette mayonnaise, c’est lui qui l’a monté
très sérieusement, très sérieusement.
Quelqu’un s’est accroché à mes épaules,
Valioukha criât : - Attention à toi !
Valioukha criât : - Attention à toi !
Mais il était trop tard.

Pour huit malheurs - une seule réponse.
y a également une infirmerie en prison,
J’y ai traîné, J’y ai traîné,
de long en large, le médecin m’a charcuté,
Il me disait – Tiens l’coup, frérot !
Il me disait – Tiens l’coup, frérot !
Et je tenais.


La séparation s’est faite en coup de vent,
Elle ne m’a pas attendue,
Mais je pardonne, je la pardonne,
Bien sur que je lui ai pardonné,
Mais, celui qui était avec elle avant,
Je ne l'ai pas excusé.


Bien sur que je lui ai pardonné,
Mais, celui qui était avec elle avant,
celui qui était avec elle avant,
Je le retrouverai !


Traduction Sarah P. Struve

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 22:31
3c9a1073d8e40209481af0505f148d80.jpgS'il est un principe voltairien clair, c'est que la torture est absolument contraire aux Droits de l'homme et à l'idéal démocratique. Pourtant, il existe en France une association de défense des Droits de l'homme, Reporters sans frontières, qui légitime l'usage de la torture prétendument pour défendre la démocratie face au terrorisme. Cela n'est malheureusement pas surprenant : comme le souligne Salim Lamrani, le discours de cette organisation n'est qu'une rhétorique de façade qui masque mal son alignement sur son bailleur de fonds, la NED-CIA.
Robert Ménard, le secrétaire général de l'organisation parisienne Reporters sans frontières (RSF) depuis 1985, est un personnage extrêmement médiatique qui prétend défendre la « liberté de la presse » et qui se drape dans un discours humaniste plutôt apprécié de l'opinion publique. Grâce à la collusion des médias, Ménard est devenu un homme incontournable dans le monde de la presse.
Pourtant, ses actions sont loin de faire l'unanimité. Le manque flagrant d'impartialité dont fait preuve RSF a souvent été stigmatisé. L'organisation française, financée par les conglomérats économiques et financiers ainsi que par les États-Unis, comme l'a publiquement reconnu son secrétaire général, a mené des campagnes médiatiques curieusement similaires à l'agenda politique de la Maison-Blanche. Ainsi RSF, sous prétexte de défendre la liberté de la presse, s'en est pris respectivement à Cuba, a soutenu le coup d'État contre le président vénézuelien Hugo Chávez en avril 2002, a implicitement approuvé l'invasion sanglante de l'Irak en 2003 et a légitimé le coup d'État contre le président Jean-Bertrand Aristide à Haïti. Désormais, RSF mène une campagne médiatique spectaculaire contre la Chine et les jeux olympiques de Pékin de 2008 .
La proximité idéologique entre RSF et l'administration Bush est évidente à tel point que l'on se demande quels sont réellement les véritables objectifs de Robert Ménard. Les scandales de Guantanamo, d'Abou Ghraïb et des prisons secrètes tenues par la CIA à travers le monde ont démontré que les troupes étasuniennes n'hésitaient pas à utiliser la torture pour arriver à leurs fins. Ces méthodes inhumaines et injustifiables ont été unanimement condamnées par l'ensemble de la communauté internationale.
En octobre 2006, le Congrès étasunien a franchi le pas et a approuvé un projet de loi légalisant la torture, en flagrante violation des principes même de la démocratie. La majorité républicaine ainsi que plusieurs élus démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat ont autorisé l'utilisation des preuves obtenues sous la torture contre le « combattant ennemi illégal ». Le texte, intitulé Loi des commissions militaires, 2006 , reconnaît l'existence de tribunaux secrets pour juger tout ressortissant étranger soupçonné de porter atteinte aux intérêts des États-Unis. L'accusé ne pourra pas prétendre au choix de son avocat, ni connaître les charges qui pèsent contre lui. De plus, les preuves présentées contre lui pourront rester secrètes. Bien évidemment, il pourra également être détenu sans pouvoir réclamer d'être présenté devant un juge, et ce indéfiniment. Il ne pourra pas contester la légalité de sa détention, ni les tortures dont il aura été victime.
La loi confère également au président étasunien « l'autorité [pour] interpréter la signification et l'application des conventions de Genève » prohibant la torture. Ces dernières ne pourront pas être invoquées « comme source de droit devant aucun tribunal des États-Unis ». La section V de la législation stipule que « personne ne pourra invoquer les conventions de Genève ni aucun de leurs protocoles dans une quelconque action d'habeas corpus ou tout autre acte civil ou toute poursuite judiciaire dans lesquels les États-Unis, un fonctionnaire en activité ou non, un employé, un membre des forces armées ou tout autre agent des États-Unis est partie en tant que source de droit ». En outre, « aucun tribunal, aucun juge n'aura le pouvoir d'entendre ou de prendre en considération une demande en assignation d'habeas corpus introduite par un ressortissant étranger (ou en son nom) qui est ou qui a été détenu par les États-Unis et qui a été considéré comme étant correctement détenu comme combattant ennemi ou en instance de cette qualification ».
Non seulement cette loi liberticide, d'essence totalitaire, représente une menace pour n'importe quel citoyen du monde ne bénéficiant pas de la nationalité étasunienne, mais elle octroie une impunité totale aux responsables des traitements cruels, inhumains et dégradants. L'Union européenne et la France en particulier ont maintenu un silence scandaleux au sujet de cette législation. Que se serait-il passé si la Chine, Cuba, l'Iran, la Russie ou le Venezuela avaient adopté une loi similaire ? Qui peut encore parler, en référence aux États-Unis, de modèle de démocratie ?
Lors de l'émission de radio « Contre-expertise » présentée par Xavier de la Porte sur France Culture le 16 août 2007 de 12h45 à 13h30, Robert Ménard, s'exprimant au nom de Reporters ans frontières, a suivi les pas de son mécène et a légitimé l'utilisation de la torture, tenant des propos extrêmement préoccupants. Évoquant l'assassinat du journaliste étasunien Daniel Pearl, il a souligné qu'il était légitime de torturer des suspects pour sauver la vie d'innocents, reprenant l'argumentation des plus effroyables dictatures et bien-sûr de l'administration Bush.
Ménard va encore plus loin puisqu'il légitime même la torture contre les membres des familles des preneurs d'otages, c'est-à-dire contre des innocents. « Si c'était ma fille que l'on prenait en otage, il n'y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis, il n'y aurait aucune limite pour la torture ». Voici un extrait des propos tenus par le secrétaire général de RSF :
« La police pakistanaise va prendre les familles, vous entendez bien, les familles des preneurs d'otages en otage et va torturer ces familles de preneurs d'otages pour obtenir les renseignements.
Ils vont obtenir des renseignements. Ils arriveront trop tard pour sauver Daniel. Vous savez comment il a été égorgé et dans quelles conditions....
Où on arrête ? Est-ce que on accepte cette logique qui consiste à... puisqu'on pourrait le faire dans un certain nombre de cas "vous le prenez en otage, on le prend en otage ; vous les malmenez, on les malmène ; vous torturez, on torture..."
Qu'est ce qui justifie... Est-ce que pour libérer quelqu'un, on peut aller jusque là ? C'est une vraie question.
Et ça c'est la vie réelle, c'est ça, ce que dit à l'instant François : on n'est plus dans les idées, c'est plus des combats, c'est plus des principes. Moi je sais plus quoi penser. Parce que ça, ça arrive à Marianne Pearl, je ne dis pas, je ne dirai pas qu'ils ont eu tort de le faire parce que elle, elle a pensé que c'était bien de le faire, qu'il fallait faire ça, qu'il fallait sauver son mari ; elle était enceinte... pour le petit qui allait naître, tout était permis.
Et il fallait absolument le sauver et s'il fallait s'en prendre à un certain nombre de gens, on s'en prenait à un certain nombre de gens ; s'en prendre physiquement, vous avez compris, en les menaçant et en en torturant, quitte à en tuer un certain nombre.
Je sais plus, je suis perdu, parce qu'à un moment donné je ne sais plus où il faut arrêter, où il faut mettre le curseur. Qu'est-ce qui est acceptable et qu'est ce qui n'est pas acceptable ? Et en même temps, pour les familles de ceux qui ont été pris en otage, parce que ce sont souvent nos premiers interlocuteurs, à Reporters Sans Frontières ; légitimement, moi, si c'était ma fille que l'on prenait en otage, il n'y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis, il n'y aurait aucune limite pour la torture ».
Comment peut-on prétendre défendre les droits de l'homme dès lors que l'on justifie une pratique aussi abominable et inhumaine que la torture ? Que reste-t-il de la crédibilité de Robert Ménard et de Reporters sans frontières - les deux étant tellement liés qu'il est de fait impossible de les dissocier - lorsqu'ils légitiment l'injustifiable ? Le secrétaire général de RSF a montré son vrai visage. Il ne défend pas la liberté de la presse mais les pratiques odieuses de la CIA. Mais est-ce bien surprenant sachant qu'il est financé par la National Endowment for Democracy qui n'est rien d'autre que l'officine écran de l'agence selon le New York Times.
Source;IRIB
_______________________

Transcription de "Contre Expertise", sur France Culture:
(émisson du 16 février 2007, extraits vers la 33e minute du podcast)

Intervenants :

  • Xavier de la Porte, animateur de l’émission.
  • Laurent Combalbert, directeur de la négociation de crise du groupe GEOS.
  • François Sergent, chef du service Monde à Libération.
  • Robert Ménard, Secrétaire général de Reporter sans Frontières


Robert Ménard:
Sur la face noire de l’État, il y a pire que ça. Va sortir sur les écrans le film tiré du livre de Mariane Pearl, sur la prise d’otage de Daniel Pearl, du Wall Street Journal.

A un moment donné, et c’est pas un film romancé, c’est dans le livre de Mariane et tout… J’en ai parlé avec elle quand je suis allé aux Etats-Unis pour le lancement du film, il y a quelques semaines. A un moment donné, les Américains savent qui tient Daniel Pearl.

Qu’est ce qu’ils font? Qu’est ce qu’ils font faire ou sur quoi ils ferment les yeux? La police pakistanaise va prendre les familles, vous entendez bien, les familles des preneurs d’otages en otage et vont torturer ces familles de preneurs d’otages pour obtenir les renseignements.

Ils vont obtenir des renseignements. Ils arriveront trop tard pour sauver Daniel. Vous savez comment il a été égorgé et dans quelles conditions…

Où on arrête? Est-ce que on accepte cette logique qui consiste à... puisqu'on pourrait le faire dans un certain nombre de cas "vous le prenez en otage, on le prend en otage; vous les malmenez, on les malmène; vous torturez, on torture…"

Qu'est ce qui justifie… Est-ce que pour libérer quelqu'un, on peut aller jusque là? C'est une vraie question.

Et ça c'est la vie réelle, c'est ça , ce que dit à l'instant François: on n'est plus dans les idées, c'est plus des combats, c'est plus des principes. Moi je sais plus quoi penser. Parce que ça, ça arrive à Marianne Pearl, je ne dis pas, je ne dirai pas qu'ils ont eu tort de le faire parce que elle, elle a pensé que c'était bien de le faire, qu'il fallait faire ça, qu'il fallait sauver son mari; elle était enceinte… pour le petit qui allait naître, tout était permis.

Et il fallait absolument le sauver et s'il fallait s'en prendre à un certain nombre de gens, on s'en prenait à un certain nombre de gens; s'en prendre physiquement, vous avez compris, en les menaçant et en en torturant, quitte à en en tuer un certain nombre.

Je sais plus, je suis perdu, parce qu'à un moment donné je ne sais plus où il faut arrêter, où il faut mettre le curseur. Qu'est-ce qui est acceptable et qu'est ce qui n'est pas acceptable? Et en même temps, pour les familles de ceux qui ont été pris en otage, parce que ce sont souvent nos premiers interlocuteurs, à Reporters Sans Frontières; légitimement, moi, si c'était ma fille que l'on prenait en otage, il n'y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis (bis), il n'y aurait aucune limite pour (inaudible)...

Xavier de la Porte:
Donc, autant ne pas savoir vraiment ce qui se passe.

Robert Ménard:
Autant ne pas le dire, parce que, qu’est ce que vous voulez ? Qu’on vous raconte des choses comme ça. Vous imaginez les gens qui pensent que… et ils ont raison ; nous on les mobilise à longueur de temps, mais s’ils se disaient : la mobilisation, certes, c’est ça, mais ça passe aussi par des choses aussi cauchemardesque que ce que je viens de vous décrire… On ne sait plus où on en est -le bien, le mal- là dedans...

Source: Rue89
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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 22:27

860893ec9a9f1c0950b77a93200b2427.jpgPetr Nikolaïvitch Mamonov est né à Moscou en 1951. Il a toujours écrit de la poésie. A partir 1980 il se met à mettre en musique ses textes, au même moment il crée le groupe rock « Звуки Му – (Zvuki Mu) » Parallèlement à ses activités musicales, Piotr Mamonov à fait du théâtre et plus particulièrement des on man show. Il a également joué dans plusieurs films dont « Taxi-blues »1990 et « l’Ile » en 2006, deux films de Pavel Lounguine. Petr Mamonov vit à 50km de Moscou, depuis quelque temps Mamonov s’est tourné vers la foi orthodoxe et n’apparaît que rarement en publique.

 

 

 

Le Factionnaire ~ Постовой

Petr Mamonov

Etroit carrefour, le vieux Moscou

Des gants blancs et dans les yeux le cafard

Tramways rouges, manteau bleu

Personne ne t’aime et personne ne t’attend

A la maison !

Factionnaire !

Tu n’as pas vu la mer, n’as jamais été en forêt

C’est pourquoi tu es si calme debout à ton poste

Comme si il n’y avait pas de mer, que toute la forêt ai brûlée

Arrache ta cocarde, casse ton sceptre blanc

Pour moi !

Factionnaire !

Mais qui surveillera la circulation ?

Qui évitera les accrochages ?

Qui arrêtera les enfants traversants la rue en courant ?

Qui donnera le signale au bon moment ?

Etroit carrefour, main impérieuse

Gants blancs et derrière lui Moscou

Papiers peints jaunes, plafond bas

Il était toujours calme – autrement, il ne pouvait pas

Factionnaire – héro du quotidien

traduction: sarah P. Struve
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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 14:42

 

Ce que je dois dire
То, что я должен сказать

Alexandre Vertinski

(1917)

Je ne sais pourquoi et à qui est-ce utile,
Qui donc les a envoyés à la mort d’une main ne tremblant pas
Sans pitié aucune, avec tant de méchanceté et d’inutilité,
Les laissant choir dans la paix éternelle

Des spectateurs précautionneux s’emmitouflaient muets dans leurs pelisses
Et une femme d’on ne sait où, au visage déformé,
Embrassait les lèvres bleuies du défunt,
Jetant au visage du prêtre, son alliance

On les recouvrit de branches de pin, on les pétri de boue
Et les gens s’en retournèrent discuter sous l'auvent,
Qu’il était temps de mettre fin à cette horreur,
Que même sans cela, bientôt, nous commencerions à souffrir de la faim.

Mais personne n’a eu l’idée de se mettre simplement à genoux
Et de dire à ces gamins, que dans un pays sans talant
Même les exploits lumineux, ce ne sont que les marches
De précipices sans fond menant à un inaccessible printemps

Je ne sais pourquoi et à qui est-ce utile
Qui donc les a envoyés à la mort d’une main ne tremblant pas
Sans pitié aucune, avec tant de méchanceté et d’inutilité,
Les laissant choir dans la paix éternelle

   Traduction Sarah P. Struve
Ecouter « Ce que je doit dire » interprété par Alexandre Vertinski. 
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 15:17

En Russie, Boris Grebenchikov et Aquarium sont une légende comparable à celle de Pink Floyd. A St Petersbourg, les simples initiales B.G., vert sur fond blanc, suffisent à drainer au concert plusieurs milliers de personnes. Le groupe est né dans l’obscurantisme des années 70 et connut son apogée dans la quasi clandestinité entre 1981 et 1986. Il ne fut reconnu officiellement qu’après 1987.

 

Quand il crée son groupe, Aquarium, en 1972, Boris Grebenchikov est étudiant de maths appliquées à l’université de Leningrad et le rock est interdit par la culture officielle.

Aquarium se produit clandestinement, souvent dans des appartements privés. Aquarium devient un ’mode de vie’ en Russie.

Devant l’ampleur croissante de la culture underground, le pouvoir soviétique finit par autoriser quelques concerts - une manière aussi de mieux surveiller cette culture rock qui foisonne dans les sous-sols et sur des cassettes enregistrées sous le manteau (magnitizdat).

Les tournées s’enchaînent, la première compilation officielle paraît sur le label étatique Melodia en 1987 et ’se vend à plusieurs millions d’exemplaires..Deux ans plus tard, il est l’un des premiers Russes à voyager hors du pays. Aux Etats-Unis, il enregistre en solo Radio Silence avec Dave Stewart du groupe Eurythmics, puis un deuxième album à Londres, avant de revenir en Russie. Depuis, sa musique reflète les ruptures et les changements d’une Russie entre passé et avenir. Aquarium continue de représenter la possibilité d’une alternative à tous les conformismes.

(Source : Russie.TV)


Capitaine Voronine / Капитан Воронин

Boris Grebenchikov

Lorsque le détachement entra en ville, ce fut le temps de la bonté
La population était partie en congé, sur les places les fleurs s’épuisaient.
Tout était irréel et paisible, comme au cinéma, lorsque le piège apparait imminent.
L’horloge de la tour indiquait la demie d’une journée passée depuis longtemps.

Le capitaine Voronine mâchait un brin d'herbe regardant alentour d'un air pensif.
Il savait que tous voyaient le reflet dans la vitre, que tous entendaient un son irréel
Mais les gens croyaient en lui comme en leur père, ils savaient qui devait décider.
Il était connu comme celui qui, lorsqu’il n’y a plus de raisons pour se dépècher, jamais ne se pressait,

Je me souviens qui se portât volontaire, je vais vous dire leurs noms,
Le matelot Igor Troubnikov, l’indien Rondin aiguisé.
Le troisième n’avait pas de nom mais une expérience de plus de mille ans.
Plissant les yeux tel Clint Eastwood, le capitaine Voronine, de son regard, les suivait.

Il ne fallut pas attendre longtemps, pas plus que d'attendre en hiver le printemps,
Les mauvaises nouvelles sautent comme des puces et les bonnes sont évidentes simplement
Et quand apparut un nuage de poussière là où s'estompaient les maisons,
Le vieux Vassili dit définitivement allumé : Nous avons tous, enfin, perdus la raison !  
 

Le cavalier sauta de sa monture, chancela et tomba en arrière
On l’amena voir le capitaine et tous sentaient que Voronine était content
Le cavalier dit : à propos de ce que j’ai vu, je pourrai en parler une année entière
La raison en était que personne excepté nous ne savait où était la sortie et nous-même ne savions pas où était l'entrée...

Pour chacun qui danse avec les ondines il y a celui-là qui marche sur l'eau.
Chacun est tel un arbre, il est d'ici et de nulle part ailleurs
Et si l'arbre grandit, il grandit vers le haut, et personne n’a le pouvoir de changer cela.
La lune et le soleil dans le ciel ne sont pas en guerre et maintenant, je comprends aussi cela.  
 

Bien sur, seuls les oiseaux dans le ciel et les poissons en mer savent qui a raison.
Mais nous savons aussi qu’à propos de l’essentiel personne n'écrit dans les journaux, que le télégraphe n’en dit mot
il est possible que la ville s'appelait Matrionine Possad où peut être bien Malpasso
Mais de ceux- qui se retrouvèrent là-bas, encore aucun n’en revint  
 

Aussi, il n’y a pas de raison de pleurer, pas plus que d’avoir de tristes pensées
Maintenant, la raison n’ayant pu le faire, seul le cœur peut nous sauver,
Et lui, il ne peut vivre sans ciel, sans racines, il ne peut survivre asséché.
- À partir de maintenant nous ne serons plus jamais les mêmes - dit un gamin qui, par hasard, passait…  

Traduction; Sarah P. Struve.

 

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 23:06

Je me suis souvenue très clairement de ton numéro,
à l’instant, presque mot à mot,
le cœur déborde, s’inquiète,

je sens que je suis tombée fatalement amoureuse

De toi. Tu es étrange avec tes pommettes saillantes
Et tu crois en toi follement
Tu es – loup, je suis – loup, nous sommes
Ensevelis du sang de nos larmes.

O, si seulement, tu étais réel
Je serai devenue ton amie,
J
e t’aurai murmurée tendrement des nuits entières:
« Yugo, mon Yugo, Yugo »

Mais, voila - De part le monde, je cours de plus en plus,
Je me noie
de mon secret,
Me jettant à la rencontre, abandonnant les autres
Et j’écoute le chant du vent
.

Après nous restions épaule contre épaule
Après nous volions main dans la main
Après nous nous endormions nous poursuivant l’un, l’autre
Et à nouveau volions et dans les rêves, nous tombions, aï.

C’est tellement étrange que je ne sois pas jalouse de toi,
Qu’il y ai pu avoir quelqu’un avant, me surprend

nous courions de par les bois, solitaires – nous sommes
des animaux, des animaux amoureux
.

O, si seulement tu étais réel,
Je serai devenue ton amie

je t’aurai murmurée tendrement des nuits:
« Yugo, mon Yugo, Yugo »

Mais, voila - je cours de plus en plus de part le monde,
Je me noie d
e mon secret,
me
jettant à la rencontre, abandonnant les autres
Et j’écoute le chant

O, ci seulement tu étais réel,
Je serai devenue ton amie,
je t’aurai murmurée tendrement des nuis entières

« Yugo, Yugo, Yugo, Yugo, Yugo, Yugo »


Mais, voila - De plus en plus, de part le monde,
Je me noie de mon secret,
Me jett
ant à la rencontre, abandonnant les autres
Et j’écoute le chant, le chant, le chant,
le chant, le chant, le chant du vent.
le chant du vent,

j’écoute le chant du vent.

Je me suis souvenue très clairement de ton numéro
A l’instant, presque mot à mot,
Le cœur déborde, s’inquiète,
je sens que je suis tombée fatalement amoureuse ...

Traduction: Sarah P. Struve
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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 21:42

16e1b6d34e2a6dd6e3b861b171b6cc6f.jpg

5° mouvement.


Mâchonnement durant toute une nuit - lune d'argent translucide - désir de faire quelque chose - n'importe quoi ! - Lumière en perception instinctive - luciole des largeurs cosmiques - la main gratouille des méandres... - De la colombienne sur le balcon - météo négative - la plante ne sait plus à quel saint se vouer - farandole de sons blonds - enchaînement - torpeur... - FLATCH...

Entre deux vies

                              Un fleuve.

Entre deux clichés

                                                Obturateur fermé.


La ligne veuve chemine solitaire, triste et jalouse de sa comparse inférieure - désespérance d'après l'orgasme - incapacité de transcrire les diamants musicaux - détonateur sous pression - la tête dans des poumons de sable mouvant - rien n'est éternel... - Brusque aperçu - chaire de poule - de ta ridicule solitude - fuite étoile file raclante - courts circuit enchaînés

Sans fumée

                 Sans feux



Reste cinq minutes d'avant les huit heures manquantes à la mi-nuit - le contacte est coupé - l'autre moitié - j'ai essayé de la réintégrer - d'avant la fumée - quelque part - quelqu'un a arraché les fils - le contact s'est consumé dans un lent râle inutile.


Extrait de: " Indianité" S.P. Struve

 

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 16:08

arbenina1.jpgDiana Sergueèvna Arbenina (Koulatchenko) et née le 8 juin 1974 à Vologine (Belarus). A l’age de trois ans sa famille déménage en extrême orient dans la région de la Kolyma, en Tchoukotka puis à Magadan.

Elle termine ses études à La faculté de lettres de Sankt-Petersburg. Diana a commencée à écrire ses premiers textes a partir de 1991. En 1993, à Sankt-Petersburg, elle constitue son groupe « Les snipers nocturnes. » (Ночные Снайперы) À ce jour, elle est l’auteur de plus de 150 textes.

Parallèlement à son groupe, Diana Arbenina interprète régulièrement des auteurs tels que Vladimir Vissotski et Boulat Okoudjava.

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Ты дарила мне розы
Tu m'offrais des roses

Tu m'offrais des roses,
Les roses sentaient l'absinthe.
Tu connaissais toutes mes chansons,
Du bout des lèvres tu les murmurais.

Tu disparaissais Instantanément,
Jamais, tu n’étais en embuscade,
Jamais, je n’entendais
Ton souffle au téléphone.

Nous, nous cachions dans des voitures
De chauffeurs de taxis indifférents,
Le long d’autoroutes nocturnes
Nous découpions des cercles.

Tu aimais le whisky
Glacé et Brûlant,
Et tu m'effleurais légèrement
de ta main brûlante.
O !...

Après ce fut l’été,
Nous, nous balancions et savions,
Que toi et moi, étions du même sang,
De sangs célestes, nous venions.

Tes jeans déchirés
Et tes pommettes mongoles,
Tu étais mon secret,
Ma bien-aimée.

Tes jeans déchirés
Et tes pommettes mongoles,
Tu étais mon secret,
Ma bien-aimée.

Traduction : Sarah P. Struve

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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