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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:38

 

Cette chanson-là, Boulat  Okoudjava l’écrivit pour le film "Белорусский вокзал – Biélarusskii vokzal –La gare de Biélorussie" sortie sur les écrans soviétiques en 1970 ; Histoire de quatre anciens camarades de front et de régiment, de divers milieux sociaux, qui en 1945, s’étaient séparés gare de Biélorussie,  et se retrouvent au même endroit, 25 ans après, pour l’enterrement de l’un d’entre eux.

Belorusskiy-vokzal - plakatDans le premier vidéogramme, extrait du film, la chanson est chantée par Nina Ourgant dans le rôle d’une infirmière, qui, 25 ans plus tôt avait soignée les blessures de ces quatre soldats.

Sur le deuxième vidéogramme extrait de la vidéothèque de Trabantoslaw, c’est Boulat Okoudjava  qui interprète, ici, sa propre chanson.

~~~~~~~~~~~~~

Здесь птицы не поют / Ici, les oiseaux ne chantent pas

Boulate Okoudjava

Ici, les oiseaux ne chantent pas,
Les arbres ne poussent pas,
Et nous seuls, épaule contre épaule,
Nous nous enracinons dans cette terre.
Brûle et tourne la planète,
Au-dessus de notre patrie s'élève de la fumée,
Et cela veut dire qu’il nous faut une victoire,
Une seule pour tous, nous ne regarderons pas au prix.

Un feu mortel nous attend,
Mais il reste  impuissant.
Loin le doute, s’en va seul dans la nuit,
Notre dixième bataillon de débarquement.

A peine le feu se tait,
Un nouvel ordre résonne
Et le facteur devient fou,
Nous recherchant partout.
S’envole une fusée  rouge,
Infatigable, la mitrailleuse cogne…
Et, cela veut dire, qu’il nous faut une victoire,
Une seule pour tous, nous ne regarderons pas  au prix.

Un feu mortel nous attend,
Mais il reste  impuissant.
Loin le doute, s’en va seul dans la nuit
Notre dixième bataillon de débarquement.

Depuis Koursk et Orel
La guerre nous amena
Jusqu’aux portes même de l’ennemi ;
Telles sont les  affaires, frère.
Un jour nous nous en souviendrons,
Et nous-mêmes, n’arriverons pas à y croire…
Seulement, maintenant, il nous faut une victoire,
Une seule pour tous, nous ne regarderons pas au prix.

Traduction : Sarah P. Struve

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 14:11

"Рябиновый вальс – Riabinovyi vals - Valse du sorbier" est une chanson du barde et écrivain, Boris Almazov, dont StengazetA a déjà parlé. Almazov, originaire d’une vieille famille Cosaque, fut très marqué, tant par les répressions staliniennes que par la grande guerre patriotique, qui touchèrent sa famille. 

Sur le vidéogramme ci-après, la chanson est interprétée par Alexandre Khotchinski .Né en 1944 à Leningrad, Khotchinski  fut un barde et un acteur. Il a surtout travaillé au "Théâtre des jeunes spectateurs" (ТЮЗ- TIOuZ) de Leningrad, puis au "Театре Сатиры на Васильевском – Teatr Satiry na Vassileskom -  Théâtre de la satire sur l'île Vassilevski".  À partir de 1991, il fut acteur pour les studios "Lenfilm'. Alexandre Khtchinski décédera en 1998 à  Saint Petersburg. 

da7153b1aa79.jpg

Рябиновый вальс / Valse du sorbier

Boris Almazov

Cet automne tout fut inondé comme par le feu.
Les vieux disent : "les temps semblent à la guerre".
Le long des chemins s’est enflammé, flamboie le sorbier,
Ah, comme me brûle mon cœur,
Ah, comme me  brûlent mes yeux,
Simplement, je n’ai pas de sauveur.

Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Gronde l’orchestre à travers tout le jardin d’été.
Offrez-moi une valse, cédez au moins une fois,
Cette valse pour les fiancées des soldats.

Et elle vous dit : « Mon bon, au fond de mes yeux, l’automne !
Et mes mains, d’un baiser, on ne peut réchauffer ! »
Et vous, vous dites ; « regarde mes tempes, elles grisonnent…
Le sorbier flamboie, mais ne saura se consumer ».

Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Comme le cri des grues, le sanglot des trompettes,
De sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Le gout sorbier-amer de vos lèvres.

Cet automne tout fut inondé comme par le feu.
Ah, toutes les prémices mènent à la guerre, les vieux ont raison.
Le long des chemins de soldats, Tels des cierges, flamboient les sorbiers,
Ah, comme ils me brûlent le cœur,
Ah, comme ils me brûlent les yeux,
Et  je n’ai pas de sauveur.

Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Comme le cri des grues, le sanglot des trompettes,
De sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Le gout sorbier-amer  de vos lèvres.

Traduction: Sarah P. Struve

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 13:55

V.g-Zakharov.jpgVladimir G. Zakharov (1901 – 1956) a dirigé de 1932 et jusqu’à la fin de sa vie le Chœur Piatnitski. Il écrivit  sa première chanson pour ce Chœur durant l'automne 1933. C’était une chanson sur des paroles de Mikhaïl Issakovski. Puis, de nombreuses autres chansons issues de cette collaboration et amitié fructueuse, suivirent, toujours pour le chœur Piatnitski. La chanson, ici présenté : "И кто его знает – I kto ievo znaiet – Qui donc le connait" écrite en 1938, reçut un accueil exceptionnel toujours sur des paroles d'Issakovski. En envoyant son poème à V. Zakharov,Mikhaïl  Issakovski lui avait écrit :

"Si cette chanson vous plaît et vous décidez d'en écrire la musique, ce serait très bien. JeIssakovski.jpg voulais seulement pour que cette chanson ne soit pas « volubile », et que la musique soit harmonieuse, ralentir son rythme. Quant au refrain, il doit avoir un côté, me semble-t-il, quelque peut « malicieux » parce que la jeune fille, elle, elle sait ce qui se passe, mais en partie par modestie, mais aussi par malice et coquetterie, elle fait semblant de ne pas comprendre.". Zakharov entendit ce que le poète lui disait; il apportât à la mélodie de nouvelles sonorités. Dans la chanson est alors apparu un léger reflet de chagrin tendre, donnant à celle-ci un charme tout particulier.

Cette chanson est devenue tout de suite une chanson populaire. Ecrite peu de temps avant la guerre d’abord pour le chœur Piatnitski,, elle devint vite une très populaire, tout le monde la chantait, y compris à l’étranger où tout émigré blanc et enfant d’émigré blanc entonnait lors de réunions de famille ou de feux de camps. Sans doute fut-elle apportée durant la guerre par des prisonniers et des travailleurs déportés, ayant pu rejoindre les diverses résistances actives dans les pays européens. En Union Soviétique puis en Russie de nombreux artistes la reprirent, tels que; Lydia Rouslanova, Marina Diviatova, Alïona Petrovskaïa, Irina Krutova ou encore  le groupe cubanaty @ radiocity, la chanteuse rock-folk Matrïochka et nombre d’autres. Il existe une version chinoise et même une autre anglaise.

Le vidéogramme ci-après reprend l’interprétation du Chœur Piatnitski sur un montage étrange & lancinent de pustinnik50's channel "  avec les solistes  Alexandra  Prokoshyna et Valentina Klodnina.

 

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И кто его знает / Qui donc, le connait

Musique : V. Zakharov – Paroles : M. Issakovski

Au couchant, un gars se balade près de ma maison,
Il me cligne des yeux et ne dit rien.
Qui donc  le connaît, pourquoi cligne-t-il,
Pourquoi cligne-t-il et qui le connaît.

Dès que j’apparais sur la promenade, il se met à danser et à chanter,
Mais soupire et se détourne lorsque nous nous quittons, aux portillons,  
Mais qui le connait, pourquoi soupire-t-il,
Pourquoi soupire-t-il et qui le connaît.

Je lui ai demandée,
Pourquoi as-tu l’air chagriné ?
Est-ce la vie qui t’a attristé ?
Il m’a répondu – c’est mon pauvre cœur que j’ai égaré,
Mais qui le connait, pourquoi égare-t-il,
Pourquoi égare-t-il et qui le connaît.

Hier, il m’a envoyé par la poste, deux lettres énigmatiques,
Chaque ligne n’est que points de suspension,
Devines donc, toute seule.
Mais qui le connait, que sous entent-il,
Que sous entent-il et qui le connaît.

Je n’ai pas essayée de deviner, n’attends rien et n’espère rien,
Seulement, je ne sais pourquoi, dans la poitrine, mon cœur, doucement, fondait.
Mais qui le connait, pourquoi fond-il,
Pourquoi fond-il et qui le connaît ?

Traduction : Sarah P. Struve.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 10:00

Bella_Akhmadulina_3.jpgBella Akhmadoulina est la poétesse lyrique russe signifiante de la seconde moitié du XX° siècle. Née en 1937 à Moscou d’un père Tatar, haut fonctionnaire d’Etat et d’une mère russe d’origine italienne, elle commence à écrire de la poésie alors qu’elle est encore collégienne. A l’âge de 15 ans, elle est remarquée par des critiques littéraires.

En 1959, agée de 22 ans, elle écrit le plus célèbre de ses poèmes « По улице моей – Po oulitsy moïei – Le long de ma rue ». la même année elle est exclue momentanément de l’université, car elle refuse de soutenir la campagne de diffamation contre le poète Boris Pasternak.

Bella Akhmadoulina fut également actrice, scénariste ainsi que traductrice. Elle est décédée en novembre 2010 à Peredelkino, village d’écrivains près de Moscou.

En 1975, le compositeur russe d’origine arménienne, Mikaël Tariverdiev (1931 – 1996) mit une partie de ce poème en musique et la romance résonna dans le film d’Eldar Riazanov (1927 - 2015) « L’ironie du sort » Dans ce film la chanteuse Alla Pougatcheva prête sa voix à l’actrice polonaise Barbara Brylska dans le rôle de "Nadia", pour interpréter « Le long de ma rue ». Malheureusement l’extrait du film où est chanté le poème d’Akhmadoulina n’est pas intégrable sur un blog ; aussi, ce vidéogramme est visible ici et celui où Bella Akhmadoulina récite, elle-même, son poème, ici.Akhmadoulina 2

Le vidéogramme ci-aprés reprend l’interprétation de la romance par Alla Pougatcheva.

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По улице моей / Le long de ma rue

Bella Akhmadoulina - Eldar Tariverdiev

 Le long de ma rue, cette année-là, 
 Résonnent des pas, mes amis s'en vont. 
 L'absurde départ de mes amis 
 À cette obscurité derrière les fenêtres, correspond. 
   
 O solitude ! Comme est dur ton caractère, 
 Etincelant tel un compas de fer, 
 Comme tu clos froidement le cercle, 
 De certitudes vaines, ne t'encombrant pas. 
   
 Laisse-moi me mettre sur la pointe des pieds dans ta forêt, 
 À cette extrémité du geste ralenti. 
 Trouver le feuillage et, du visage, le rapprocher, 
 Et ressentir l'abandon tel une félicité. 
   
 Accorde-moi le calme de tes bibliothèques, 
 De tes concerts, les motifs sévères 
 Et, sage, j'oublierai ceux 
 Qui sont morts ou ont terminés leur temps, vivants. 
   
 Et la sagesse et la tristesse, je connaîtrai. 
 Leur sens secret, me confieront, les objets, 
 La nature, sur mes épaules, s’épanchant,  
 Découvrira ses secrets d'enfant. 
   
 Et puis là, des larmes, de l’obscurité, 
 De la pauvre ignorance du temps passé, 
 De mes amis, de merveilleux traits  
 Apparaîtront et se dissolveront à nouveau.

 Traduction : Sarah P. Struve. 
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 10:46

J’avais écouté et aimée les sœurs Fedorov alors que j’étais encore enfant, leurs voix m’avaient envoutés et m’avaient accompagnées durant toute mon enfance, puis les vieux microsillons 25cm de Melodia, s’étaient abimés ou perdus dans les déménagements et je ne les avais plus entendues.  Elles restaient présentes dans mon esprit avec  leur chant polyphonique issu plus particulièrement de la région de Pskov, je les ai redécouvertes avec un grand bonheur, l’année dernière sur la toile.soeur fedorov disque

La chanson russe vivait depuis longtemps dans la famille Fedorov. Elle résonnait dans le village natal, Staryi Borok dans la région de Pskov, elle résonnait dans la rue Baltiskoïa, où les  Fedorov se sont installés depuis qu’ils étaient partis de Leningrad. Dans la famille tout le monde chantaient: le père, la mère, les enfants. Ivan Fiodorovitch et Daria Iakovlevna chantaient souvent ensemble. Les sœurs étaient assises à cette époque sur un vieux coffre, en écoutant les voix de leurs parents. Déjà, Il ne passait pas de jour sans que la mère, Daria Iakovlevna, n'entende la même chanson  sur ses filles. « Apprenez aux filles, la musique – lui conseillait-on – il sortira toujours quelque chose d’elles ». À Leningrad, les sœurs travaillaient à l’usine Kirov. Mais la guerre, le siège de Leningrad, ont chamboulés  leur  vie. Le père est parti au  front. La famille fut évacuée dans l'Oural, à Sverdlovsk (Ekaterinbourg)    Nous travaillerons tous, excepté Galia– elle est trop petite encore – avait décidé la mère. Katia est allée à l'atelier de couture, Nastia est devenu cordonnier, Ninel’,  constructeur,  Nina était tourneuse. Elles travaillaient beaucoup, mais la chanson n'était pas oubliée dans les conditions difficiles de la guerre.
Voici un premier vidéogramme des sœurs Fedorov : «  При народе, в хороводе - pri norodie, V khorovodie - Devant les gens, dans la ronde »

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При народе, в хороводе / Devant les gens, dans la ronde

Chanson populaire

Devant les gens, dans la ronde,
Un gars, une fille a enlacée,
Et la gamine a eu honte,
Elle s’est mise à pleurer, à sangloter.

Frappe, frappe, frappe, bats,
Danse sans pitié pour tes pieds.

Comment irai-je à la maison, maintenant,
Chez moi, on va me tancer.
Tes baisers enflammés,
Sur mes lèvres, sont brûlants.

Frappe, frappe, frappe, bats,
Danse sans pitié pour tes pieds.

Qu’est-ce donc que ce luron,
Tellement badin,
Qu’est-ce donc que ce gamin,
Tellement mignon.

Frappe, frappe, frappe, bats,
Danse sans pitié pour tes pieds.

Devant les gens, dans la ronde,
Un gars, une fille  a enlacé,
Et la gamine a eu honte,
Elle s’est mise à pleurer, à sangloter.

Traduction : Sarah P. Struve

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:19

Le Billy’s Band est un groupe de Saint Petersburg créé en 2001 par Billy (Vadim) Novikov et Andreï Reznikov. Le Band enregistre, édite et distribue lui-même ses disques, il a toujours refusé de travailler avec des majors.
Les musiciens du groupe disent d’eux-mêmes, qu’ils sont des "marginaux romantiques" jouant de "l’alcojazz". La voix grave de Billy Novikov porte naturellement cette sorte de blues, qu’une oreille avertie et entraînée, trouvera toujours au fond d’une bouteille.Billys-Band.jpg

Sur le vidéogramme ci-après, Le Billy’s Band interprète en compagnie de Garik Soukhatchev, "Кладбище девичьих сердец – Kladbichtche devitchikh serdеts – Le cimetière des cœurs de jeunes filles"

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Кладбище девичьих сердец / Le cimetière des cœurs de jeunes filles
Billy Novikov

"C’est une sorte de saga en trois parties et  trois issus létales, ce qui ne l’empêche pas d’avoir l’habituel happy end."

Les étoiles me chantaient "bonne nuit",
Lorsque, de tes portes, je suis tombé.
Je m’assoirai dans un bar, je boirai un p'ti verre
Au repos de ton âme...
Je m’assoirai dans un bar, je boirai un p'ti verre
Au repos de ton âme...

Les voitures chassèrent des boulevards, le matin,
Dans ma poche, de tes bagues, à poignée.
Je boirai  et je parlerai au gardien,
Du chemin qui mène au cimetière des cœurs de jeunes filles
Nous boirons, nous serons joyeux ensemble, avec le gardien,
Tous les deux, au cimetière des cœurs de jeunes filles.

J’allai voir, un soir de février,
Comme, joyeusement, ta maison brulait,
Après, toute la nuit, j’ai fait la fête avec les pompiers
Parce qu’ils n’ont pas pu t’aider...
Je fumai avec les pompiers et, tout compte fait,
Au cimetière des cœurs de jeunes filles, me suis évaporé.

Traduction : Sarah P. Struve

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 12:11

"Чайф - Tchaïf" est un groupe créé par Vladimir Chakhrine et Vladimir bégounov, en 1985. A cette date le groupe enregistra son premier album, l’enregistrement se fit sur bande magnétique et circula ainsi, comme  il était souvent de coutume en union-Soviétique, avant que ne vienne le premier disque. Pour Tchaïf, ce fut en 1987, après trois albums sur bande magnétique.

La chanson "Поплачь о нём - Poplatch o niom - pleure-le" est issue de l’album "Не беда - Ne béda" publier en 1989. Vladimir Chakhrine, qui est L’auteur et le compositeur de cette  chanson,  est également soliste du groupe.

tchaif - nebedaA propos du nom du groupe, Chakhrine raconte : "L’auteur du néologisme « « tchaïf » est le poète et musicien, Vadim Koukouchkine, membre de la première mouture du groupe. Pour ce faire il a utilisé deux mots « tchaï – thé » et « kaïf – planer, être bien »  - c’est ainsi que nous appelions le thé noir préparé à la façon « tchefir » que nous consommions en grande quantité durant les répétitions. Au débutь ce n’était pas vraiment sérieux, cela ressemblait plus à des soirées thé/guitares et « aller aux répétitions » avait la connotation comme « aller boire le thé » et lorsqu’est venu le moment compliqué, où il fallait donner un nom au groupe, nous nous rappelâmes le mot « Tchaïf »".

___________

Поплачь о нём / Pleure-le

Vladimir Chakhrine (1989)

Pourquoi devrais-tu savoir quand il va s’en aller,
Pourquoi devrais-tu savoir, ce qu’il veut chanter.
Pourquoi devrais-tu savoir ce que lui-même ne sait.
Pourquoi devrais-tu savoir ce qu’il demandait.
Pourquoi devrais-tu savoir qui il a aimé,
Pourquoi devrais-tu savoir ce qu’il tait.

Pleure-le, tant qu’il est vivant.
Aime-le, tel qu’il est.

Sur un dessin d’enfant, une maison avec une cheminée.
Fidel de sa main, fait signe à Mikhaïl.
Nous n’arrivons vraiment pas à vivre sans guerre.
Dans le cosmos des vols communs et monnayés.
La nuit c’est la foule – une procession religieuse.
Elle se voit déjà dans le rôle de la veuve.

Pleure-le tant qu’il est vivant.
Aime-le tel qu’il est.
Pleure-le tant qu’il est vivant.
Aime-le tel qu’il est.

Tu as, pour lui, quelques mots,
Tu as même pour lui, certainement, de l’amour.
Tu attends le moment pour lui rendre tout.
Le marbre froid, tes fleurs.
Tu as l’estomac noué et  une boule dans la gorge.
Ces rides abîment tellement ton visage.

Matin calme, smog sur la ville,
Verdure du mois de mai - encéphalite.
Là-bas, il fait bon, là où toi et moi ne sommes pas.
Un bidon de bière, que vient faire l’eau, ici ?
Des protéines synthétiques, Que vient faire le peuple, ici.
Si tu meurs aujourd’hui, demain on dira – C’était un poète.

Pleure-le tant qu’il est vivant.
Aime-le tel qu’il est.
Pleure-le tant qu’il est vivant.
Aime-le tel qu’il est.

Traduction : Sarah P. Struve

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:14

matiouchyne.jpg"Уже вечер – Uzhe vetcher - C’est  déjà le soir" est une chanson/prière du Hiéromoine Roman de son premier nom Alexandre Matiouchyne. Matiouchyne est né en 1954, dans la famille d’un professeur de village. Après avoir fait des études et avoir été, lui-même, un temps, instituteur, il devient novice en 1983. En 1985 il est ordonné Hiéromoine.

Le nom de l’Hiéromoine Roman est bien connu de millions de gens en Russie. Auteur de poèmes spirituels et de chansons, il est membre de l’union des écrivains de Russie. Les enregistrements de ses chansons, sont vendus dans les églises de toute la Russie. Nombreux sont les chanteurs qui reprennent ses textes et mélodies ; cependant, c’est Jeanna Bitchevskaia  qui réussit le mieux à transmettre de sa voix, cette spiritualité des chemins et des terres de Russie dont sont imprégnés les textes de Matiouchyne. C’est sa voix qui accompagne la vidéo ci-après.

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Уже вечер / C’est  déjà le soir

Hiéromoine Roman (Matiouchyne) 

 C’est déjà le soir, mes amis, c’est déjà le soir,
 Et la lune a allumé sa lampe,, 
 Laissons donc les paroles vaines, 
 Abandonnons la table un instant. 
 La table a été recouverte d’une nappe blanche,  
 On y a déposé des mets  et du vin, 
 Toute la journée les gens se sont réjouis et bu 
 Et personne n’a même jeté un regard par la fenêtre. 
 Derrière la fenêtre le temps semble calme, 
 Les feuilles mortes ne bruissent pas à cette heure, 
 Comme-si la nature avait ouvert  
 En grand, son âme automnale. 
 Et peut-être que, mais je ne devrais pas prophétiser, 
 Quelque part, un voyageur en une route peu facile, 
 Sous la claire confession de la nuit, 
 Espère, malgré tout, arriver. 
 Les ombres sont pleines de félicités, 
 L’étang noyé de brouillard, encense. 
 Paix à toi, marcheur solitaire, 
 Et à celui qui te recueillera. 
 Aussi donc, levons nos verres 
 À la vie riche de sa quotidienne simplicité,  
 Pour qu’une âme compatissante, 
 De sa chaleur, le caresse.  
 Qui es-tu donc, passant inconnus, 
 Ta route s’en va-t-elle loin ? 
        Pourquoi donc m’a tant interpellé 
 Ton regard bienheureux et pensif ? 
 Dans ton cœur la prière est sainte 
 Elle disperse, de l’âme, l’obscurité. 
 Peut être que bientôt, moi-même, abandonnant tout, 
 Ayant prié, je prendrai mon bâton de pèlerin 
 Et me recouvrant de croix, 
 Je m’en irai, je ne sais où, errer, 
 Passant dans les proches localités, 
 Contournant les cités.
 
 Traduction : Sarah P. Struve 
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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 22:20

  La chanson "Весна – Vesna – Printemps" est publiée sur le dernier album de Igor Rasteriaev ; "Zvonar’ – Le carillonneur » paru le 20 octobre 2012.

rasteriaev---vesna-zvonar.jpgVoilà ce que dit I. Rasteriaev à propos de ce nouvel album :
 "Cet album a été enregistré au studio" Добролет - Dobrolet "à Saint-Pétersbourg.  C'est le premier album, que j'ai réalisé dans le style de mon écriture, J’y ai ajouté en annexe, un livret avec des photos et des commentaires des étapes principales de la création de ce nouveau CD, ainsi que des photos des héros de mes chansons. L'album inclut six chansons, dont  « Route russe », l’édition du premier disque étant épuisée depuis longtemps. Les cinq autres chansons n’ont jamais encore été publiées"

  Le vidéogramme s’y après, tourné à Makhovka, village d’où est originaire I. Rasteriaev, reprend le travail sur mobile de Liokha Liakhov, amis de Rasteriaev et réalisateur de tous ses clips.  la chanson Vesna est parue sur You Tube, fin mars 2012. Le troisième protagoniste de cette vidéo, outre Rasteriaev, et Liakhov, est l’oncle Vova, qui danse.

- Vidéo-interview d’I. Rastereav.

_________________

Весна / Printemps 
Igor Rasteriaev

Les eaux se sont libérées, dispersées, déversées à travers la Terre entière;
Oh, crues d'avril, comme vous me plaisez!
Soleil, boue, moineaux, saison des mauvaises routes, le chat miaule sur le toit de  la resserre.
De ma morgue printanière, je chancelle à travers les rues détrempées.

Droit du sud, dans les flaques d’herbes éparses, la flèche des grues s’est posée,
Elles ne chantent pas l'Italie, mais comme il fait bon au pays!
Comme, de longs mois en exil, elles attendaient seulement avril,
Comme sous les palmiers, les chansons rêvent  de la bourrasque des  blés.

Surexcité,  je suis à cran!!!  Oh, aujourd'hui, je ne dormirai pas!
J’échangerai pour le printemps, tous les tourments et toutes les malédictions
Je crierai l'amour non rencontré : « tu n'es pas venue et, tant pis pour toi!»
J’appellerais les gars et le soir nous irons attraper le gardon!

Traduction : Sarah P. Struve

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 17:53

Le groupe Splin  (également Spleen) tire son nom d’un poème de Sacha Tcherny datant de 1909 "Под сурдинку  – En sourdine" que le groupe enregistre, en 1994, sur son premier album "Пыльная быль - Pylnaïa Byl' - Sale histoire"

"Comme par des mites, Je suis mangé de  spleen…
Saupoudrez-moi de naphtaline,
Rangez-moi dans une malle et mettez-moi au grenier
En attendant que le printemps ne soit arrivé."

SpleenSur le même disque, est enregistrée également, la chanson "Романс – Romance" dont l’auteur compositeur est Alexandre Vassiliev, également leader du groupe. L’album, rien qu’a Saint Petersburg, se vendra à prés de 10 000 exemplaires et sera réédité deux fois. Le groupe devient vite populaire dans tout le pays, différentes radios le diffusent. En 1997, il lui est proposé de participer au deuxième rock-festival "Maxidrom" C’est à cette époque que le groupe donnera son premier concert au palais des sports "Ioubileïny" à Saint Petersburg. En 2004, le groupe attirera l'attention grâce à l’une de ses chansons qui résonne dans le film Night Watch.

En 2006 "Romance" sera sur la bande son du  film "Живой - Zhyvoï – Vivant" d’Alexandre Velidinski, qui raconte l’histoire de Kir, jeune soldat blessé en Tchétchénie, revenant au pays. 
La vidéo, ci-après, reprend des extraits de ce film.

_____________

Романс / Romance
Alexandre Vassiliev

La lampe ne brille plus et les calendriers mentent,
Et si toi, il y a longtemps,
Me dire quelque chose, tu voulais,
Alors parle.

N’importe quel bruit trompeur,
Le silence est plus effrayant,
Quant au plus fort de la gaité,
Tombe des mains, la coupe de vin.

Le cabinet noir,
La cartouche patiente dans le canon.
Le silence est tellement fort, que j’entends,
Comme passent dans les profondeurs,
Les wagons du métro.

Sur la place, il y a des régiments,
Il fait sombre au bout de la ligne,
Et dans le combiné du téléphone,
De ces nombreuses années passées, 
Seul reste le son de la tonalité.

Quelque part, une porte claquera,
Et les fils élèctriques tressailliront.
Salut!
Nous serons heureux maintenant
Et pour toujours.
Salut !

Traduction : Sarah P. Struve

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Présentation

  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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