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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 10:40

Voici l’un des derniers poèmes de Sergueï Essenine (1895 – 1925)

Essenine datait rarement ses poèmes, cependant il data celui-ci, qu’il écrivit le 28 novembre 1925, un mois avant son suicide. Le jour où il écrivit « Mon érable effeuillé » il se trouvait en hôpital psychiatrique où il s’était réfugié de sa propre volonté pour se cacher de poursuites judiciaires et de la Tcheka, qui le recherchait. L’un de ses biographes s’était renseigné auprès du service météo pour connaitre le temps qu’il faisait à Moscou les jours entourant l'écriture de ce poème. De fait, ces jours là, une tempête de neige soufflait sur la ville.  Il faisait un temps froid et humide.

Essenine.jpg

Ce poème fut mis en musique par le compositeur Vassili Lepatov (1897 – 1965). Lepatov  mit en musique d’autres poèmes d’Essenine dont « Lettre à ma mère ». Qui résonne dans le film de Choukchine : « L’obier rouge ».

- Sur le vidéogramme ci-après, « Mon érable effeuillé » est interprété par Vladimir Charine du groupe Tchaïf

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Клен ты мой опавший  / Mon érable effeuillé

Sergueï Essenine

Mon érable effeuillé, érable, de glace, noyé,
Pourquoi, sous les tourbillons de neige, te tiens-tu penchés ?

Qu’as-tu donc vu ? Qu’as-tu écouté ?
Hors du village, tu sembles avoir glissé.

Et, comme un gardien saoul, sortant dans l’allée,
Tu t’es pris dans les congères, te gelant le pied.

Hélas, je ne tiens plus vraiment debout, enivré,
Revenant de godaille, jusqu’à la maison, je n’arriverai.

Là-bas j’ai rencontré un saule, là-bas, un pin, j’ai enlacé,
Sous la blanche tempête, je leur chantais l’été.

Semblable à cet érable, je me voyais,
Érable encore feuillu, pareille à un vert palais diapré.

Et, ivre mort, toute modestie épuisée,
Un bouleau, telle la femme d’un autre, j’enlaçais.


Traduction : Sarah P. Struve

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 11:16

Vladimir Vissotski disparaissait il y a 31 ans de cela, le 25 juillet 1980. Voici l’un de ses plus beaux textes : "банька по-белому – Ban'ka po-belamu - La bania blanche" chanson datant de 1968.

vissotski.jpgDans cette chanson Vissotski parle d’un tatouage d’une certaine « Marinka » il fait ici référence à sa dernière épouse ; l’actrice Marina Vlady.
La bania blanche dont il est question ici, est la forme de bania la plus rependue en Russie.

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Банька по-белому / La bania blanche

Vladimir Vissotski 

Patronne ; chauffe-moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Patronne ; chauffe-moi une bania,
Je m'enfivrerai, m'enflammerai,
Sur le bord même du banc,
En moi, le doute, j’extirperai.

De chaleur jusqu’à l’inconvenance, je me griserai,
Un seau d’eau froide ; et au loin, tout s’estompera,
Et le tatouage de l’époque du culte de la personnalité,
Sur la poitrine gauche, bleuira.

Chauffe moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Combien de fois et de forêts furent abattus,
Combien de malheurs et de chemins furent connus !
Sur la poitrine gauche : Le profil de Staline
Et sur la droite : Le portrait de Marinka

Oh, pour ma foi de charbonnier,
Combien d’années me suis-je reposé au paradis !
Pour une vie sans issue, j’ai échangé
Mon insondable idiotie.

Chauffe moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et à moi, le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Je me souviens comme tôt, au petit matin,
J’ai eu le temps de crier - aide-moi, frère !
Et deux beaux gardiens,
De Sibérie en Sibérie, m’emmenèrent.

Et après dans les carrières ou les marais,
Ayant avalé des larmes et de l’humidité
Nous tatouions son profil plus près du cœur
Afin qu’il entende comment se déchirent nos cœurs.

Chauffe moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Oh, mon corps s’enfièvre de ce récit jusqu’à la nausée,
La vapeur chasse de l’esprit, les pensées,
Du froid brouillard du passé
Je m’engloutis dans un brouillard surchauffé.

Les pensées se mettent à cogner sous mon crane,
Il s’avère, que par elles je fus marqué inutilement,
Et, avec des branches de bouleau, je fouette,
L’héritage des sombres temps.

Chauffe moi une bania blanche
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Traduction : Sarah P. Struve

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 17:23

Boris Grebenchikov écrivit cette chanson  en 1991. Elle fut publiée pour la première fois en 1992 dans l’album « Русский альбом - Ruskii albom –L’album russe » puis rééditée dans l’album CD-DVD «Визит в Москву - Visit v moskvou – Viste à Moscou »  reprenant un concert donné à Moscou en octobre 93.

Dans son poème, Grebenchikov fait référence à trois personnages : Sirin est un  être mythologique slave oriental, à tête et buste de femme et au corps d’oiseau. Quand au père Serge et au père Séraphin, ce sont des saints russes ; respectivement Serge de Radonège et  Séraphin de Sarov.


akvarium vizit v moskvu

Кони беспредела  / Les chevaux endiablés

Boris Grebenchikov

Nous avancions, colline après colline,
Puis, nous cassâmes un essieu ;
Nous nous extirpâmes à croupetons, l’uniforme voletant
Petits soldats de l’amour – yeux bleus...

Comme cela leur pris, ils nous emmenèrent par d’étranges sentiers
Nous emmenèrent, nous amenèrent et, alors que je regardai,
Je vis un oiseau pâle aux yeux damnés;
Chante-moi donc, l’oiseau, Peut être que je vais danser...

Chante-moi l’oiseau, est ce doux à l’âme d’être sans corps ?
Est-ce aisé d’être un oiseau, mais sans chanter ?
Attelle-moi, Seigneur, des chevaux endiablés;
Je voulais aller à pied, mais apparemment, à temps, je n’y arriverai...

Avec quoi donc les nourrir, si les chevaux ne sont pas rassasiés ?
Ils ne boivent pas d’eau, comment les abreuver ?
Les crinières soyeuses sont parfumées, tressées;
Sabots pointus, traces vermeilles.

Voici donc mes seuls camarades: De la vodka sans pain,
L’un des frères est Sirin et l’autre frère, le Sauveur.
Le troisième voulait atteindre le ciel à pied,
Mais il a bue, s’est saoulé  et, voilà tout.

Oh, l’oiselet s’élança, mais ne s’envola ;
À cœur, le vautour, le béqueta.
Les chevaux endiablés, on me les attela, on les brida
Et les chevaux  m’emportèrent,  toujours plus loin de toi...

Nous cherchions à gagner, mais, à côté de la bonne carte, sommes passés,
D’une façon ou d’une autre, tous les atouts, dans la boue, sont restés.
Père Serge, père Séraphin !
Les étoiles sont en haut et nous, là – en chemin...

Traduction : Sarah P. Struve

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 14:20

guouckov-zoom-copier.jpgL’auteur de ce poème, Mikhaïl Guskov, est un journaliste, poète et écrivain contemporain. Ses chansons sont interprétées par des interprètes tels Lev Leshchenko, Tamara Gverdtsireli et nombre d’autres. Son poème «Белый конь – Bélyi kon’ - Le coursier blanc » est, ici, interprété, sur une musique d’Elena Vanina, par Alexandre Malinine. Le vidéogramme ci-après fut enregistré lors d’une série de concerts « Bal – Romance » donnés à la maison internationale de la musique de Moscou. en 2007.

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Белый конь   / Le coursier blanc

Parole : Mikhaïl Guskov / Musique : Elena Vanina

Je voulais aller en ville sur mon blanc coursier,
Mais la maitresse d’une auberge m’a sourie.
Sur le pont, le meunier, un regard de travers, m’a jeté
Avec la maitresse, pour la nuit, je suis resté.
Tirant la bride de mes mains, le coursier, reprendre la route, demandait,
Mais les amoureux n’entendent pas leurs meilleurs amis.
Toute la nuit, jusqu’au matin, dans cette auberge, j’ai festoyé,
Attaché à sa longe, le coursier se languissait.

Coursier blanc, coursier blanc je t’ai perdu.
Le coursier blanc dans la steppe s’est sauvé.
Coursier blanc, coursier blanc, je t’ai perdu,
Seule la neige, la neige blanche m’a enveloppée.

Au matin, la tête douloureuse, je me suis réveillé,
Je ne peux comprendre ce qui m’est arrivé.
Où est donc ma maitresse que toute la nuit j’avais enlacé ?
En plein champ, sur la neige, j’étais allongé…
Où sont donc ma besace et mes deniers ?
Aujourd’hui c’est l’hiver alors qu’hier c’était l’été.
Je voulais entrer en ville sur mon blanc coursier,
Mais la maitresse d’une auberge me souriait.

Coursier blanc, coursier blanc je t’ai perdu.
Le coursier blanc dans la steppe s’est sauvé.
Coursier blanc, coursier blanc, je t’ai perdu,
Seule la neige, la neige blanche m’a enveloppée.

Traduction : Sarah P. Struve

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 17:12

"Та, Которую Я Люблю – Ta kotoruiu ïa liubliu - Celle que j’aime" fut édité pour la première fois en 1996 dans le double album " Сезон для змей – Sésone dlïa zmeï – saison à serpent" album enregistré durant un concert donné par Boris Grebenchikov et son groupe Akvarium, le 25 septembre 1996 au Palais de la culture Gorbounov de Moszcou. Le vidéogramme ci-après a été enregistré lors d’un concert donné en janvier 2010 au club « SDK maÏ – СДК маи »

sezon-dlia-zmei.jpg

Та, которую я люблю / Celle que jaime 

Boris Grebenchikov

Je rêvai d’une route vers le nord,
Je rêvai de plats pays et de silence.
Et ce fut comme si le ciel s’ouvrait,
Comme si tu regardais.
Les anges sont tous rayonnants
Et avec eux dans le rang
A côté de toi, la seule,
Celle que j’aime.

Et moi je dis – Ecoute,
Que voudrais-tu, réponds ;
Mon âme et mon corps,
Ma vie et ma mort,
Tout ce qui n’a pas été chanté déjà,
Une place dans ton paradis :
Seulement, rends-moi
Celle que j’aime.

Au fond du cœur, il y a un peu de lumière,
Une ampoule de trente watts.
Elle finira aussi par brûler.
En chercher une nouvelle, c’est, descendre en enfer :
Et moi, toujours, je danse sans regarder,
Sur une arête glacée,
Et seule me retient,
Celle que j’aime.

Ce qu’il y a devant moi, je ne sais,
Mais je connais ma destinée,
Voilà qu’elle m’attend seule,
Celle que j’aime.

Traduction : Sarah P. Struve

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 18:31

Cette chanson populaire russe n’a pas d’auteur connue. Le mode de chant, la structure de sa mélodie, la fait remonter, sans doute, vers la deuxième partie du XVIII° siècle où, au plus tard, au tout début du XIX°. Elle est ici interprétée par Pélaguéïa et le folk-théâtre « Zabaïkalié – Transbaïralie » folk-théâtre créé en 2002 à Tchita. Comme d’habitude Pélaguéïa nous donne à visiter un folklore russe qui remonte aux sources profondes de la musique première de la terre russe. L’apport de sonorités  contemporaines ne faisant que souligner la rigueur et la pureté  de cette ancienne musique populaire russe  peu connue en occident.

pelahura sibirski

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Ой, да ты, калинушка.  / Oh,  toi, Petit obier.

Chanson populaire

Oh,  toi, Petit obier,
Toi, rouge baie!
Oh,  toi ne te tiens pas, ne te tiens pas
Sur la montagne escarpée.

Oh,  toi ne te tiens pas, ne te tiens pas
Sur la montagne escarpée.
Oh, ne laisse pas, même une feuille, aller
Dans la mer bleutée.

Oh, ne laisse pas, même une feuille, aller
Dans la mer bleutée.
Oh, dans la mer bleutée
Un navire file.

Oh, dans la mer bleutée
Un navire file,
Oh, un navire file
Au point que l’eau rugie.

Oh, un navire file
Au point que l’eau rugie.
Oh, sur ce navire
Deux régiments de soldats

Oh, sur ce navire
Deux régiments de soldats
Oh, deux régiments de soldats,
De jeunes gars.

Traduction : Sarah P. Struve

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Published by Sarah. P. Struve - dans Pélaguéia - Пелагея
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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 11:00

 Cette chanson d'éléna Vaènga " Реснички - Resnitchki - Les cils " a été publiée dans son premier album " Портрет - Portait " paru en 2003. Eléna Vaènga dont les textes naviguent avec bonheur entre rock-romances et chansons populaires, nous donne à visiter cette fois-ci, une chanson aux tonalités purement populaire et, comme toujours, à la beauté ciselée.

    vaenga    

    Реснички / Les cils

Parole & musique Eléna Vaènga

Et moi, je peindrai mes lèvres
Et recourberai mes cils
Et mes petits yeux deviendront,
Comme ceux de la renarde, malicieux
Et, j’irai me promener
Le long de ta ruelle
Et, près de ta maison,
Voilà que je m’arrêterai.

Voilà que je m’arrêterai
Et, sévèrement, je regarderai,
- Pourquoi donc - Je te demanderai-
Ne tiens tu pas parole ?
Tu ne tiens pas parole
Et, jusqu'à moi tu ne viens,
Tu regardes une autre
Et t’affiches avec elle.

Je ne verserai pas même une petite larme,
Même si le cœur aura mal.
Et, de moi on se moque,
Elle est contente, la rivale,
Vas donc jusqu’'à sa maison,
Pavanes toi avec elle,
Mais, saches que je t’aimerai
Plus fort, d’année en année.

Et moi je peindrai mes lèvres
Et recourberai mes cils,
Et mes petits yeux deviendront,
Comme ceux de la renarde, malicieux
Et j’irai me promener
Le long de ta ruelle
Et près de ta maison
Voilà que je m’arrêterai.

Traduction : Sarah P. Struve.

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 13:41
Эх дороги... / Les chemins...

Oh, Les chemins ...
Poussière, brouillard,
Froids et effrois
Et toujours la steppe tempétueuse.
Tu ne peux connaître
Ta destinée.
Peut être, au milieu de la steppe,
replieras tu tes ailes.

Sous les bottes tourbillonne la poussière,
Le long de la steppe,
à travers les champs.
Tout autour dansent les flammes,
sifflent les balles.

Oh, Les chemins...
Poussière, brouillard,
Froids et effrois.
Et toujours la steppe tempétueuse.
Un coup de feu éclate,
Un corbeau s’envole,
Dans les herbes folles,
Ton frère gît mort.

Et la route s’en va plus loin,
S’empoussière,
Tourneboule,
Et tout autour, la terre fume,
Une terre étrangère.

Oh, les chemins...
Poussière, brouillard,
Froids et effrois.
Et toujours la steppe tempétueuse.
Une pinède familière
Le soleil se lève,
Au perron de la maison,
Une mère attend son enfant.

De part les routes sans fin,
Les steppes,
Les champs,
regardent Toujours à notre suite,
Les yeux maternels

Oh, Les chemins…
Poussière, brouillard,
Froid et effroi,
Et toujours la steppe tempétueuse.
La neige ou le vent,
Souvenons nous amis,
Pour nous autres,
Ces routes là,
Ne peuvent être oubliées.

Traduction Sarah P.Struve.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 19:44

 "Три окна - Tri okna –Trois fenêtres" fut interprété pour la première fois par Andreï Makarevitch et son groupe "Mащина времени - Machina vremeni – La machine à explorer le temps" en 1980 dans le rock Opéra "Маленький принц – Malénkyi prints – Le petit prince" d’après l’œuvre de Saint Exupéry.

Malenki-prints.jpgDans ce rock opéra les chansons du groupe entrelacent des extraits du texte de Saint Exupéry. De ce rock opéra un double album éponyme, fut édité.

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Три окна / Trois fenêtres

Paroles & musique : A. Makarevitch 

J’ai oublié les tempêtes et le tonnerre,
Maintenant, le silence m’est plus cher,
Et je vis dans une très, très vieille maison
D’où s’ouvrent trois fenêtres.

La première fenêtre donne dans un champ,
Dans le champ de nos meilleures années,
Dans ce champ, de douleur, il n’y en a jamais,
Et toute question trouve sa réponse.

Là-bas le soleil brille jours et nuits,
Été comme Hiver, la terre fleurie,
Sans jamais grandir, des enfants jouent, là-bas
Et, l’un d’entre eux, est certainement moi.

Et la seconde fenêtre s’ouvrit sur la forêt,
La sombre forêt s’éleva jusqu’aux cieux,
Pour se protéger du soleil, la forêt érigea un rideau.
Des interrogations, la forêt cacha les réponses.

La vie, là-bas, se passe selon les lois de la forêt
Moi, de chaque buisson, je m’effrayai,
Passant par des sentiers ignorés,
A l’heure où descendait l’obscurité.

La troisième fenêtre s’ouvre sur l’océan,
D’un souffle régulier respire l’océan,
Derrière lui, de sauvages pays
Et personne n’a vu ces pays.

L’océan et immense telle l’éternité,
Et la vague est puissante de tant de paix,
Quant dans la vieille maison, je me sens à l’étroit,
Au prés de la troisième fenêtre, je m’assois.

En eau vive, la neige se transformera,
La fumée, en un nuage argenté, se métamorphosera,
Ta maison deviendra ton propre toit,
De ruines, un temple, on vous érigera.

Tout combat, un jour doit cesser,
Il n’y a pas de raison de douter de gagner,
Un bouquet de mots-fleurs, j’attraperais,
À vous mes amis, je l'offrirai.

Traduction : Sarah P.Struve

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 13:06

par Komla Kpogli

 

A l'avènement de Barack Obama au pouvoir, des milliards de personnes sur la terre avaient manifesté leur optimisme. Parmi celles-ci, c'est peu dire qu'il y a eu la quasi-totalité des africains. Tous étaient persuadés que la couleur de peau du nouveau président augurait un changement de la politique internationale. Il faut en convenir et insister qu'ils n'étaient pas les seuls. Les quelques rares voix qui avaient émis des réserves furent sévèrement critiquées et taxées d'antiaméricanisme primaire .

ObamaSarkozyStrasbourg20090403-3b797.jpg

Lorsque le futur prix Nobel de la paix fit son périple ghanéen, il fut applaudi chaleureusement. Son discours fut quasi-unanimement salué particulièrement par les africains qui ne virent là qu'un excellent discours à l'opposé de celui injurieux et crasse de Sarkozy à Dakar. Les rares commentaires critiques qui osèrent mettre le discours d'Accra en perspective furent voués aux gémonies]. Ils furent traités de conservateurs haineux qui n'avaient pas vu le vent du changement soufflé. 

Aujourd'hui, avec le recul, peut-être qu'en Afrique, tout au moins, les plus enthousiastes d'hier commencent par comprendre deux ou trois choses. Le sourire et l'image du « Mister President » et de sa famille étaient certes rafraîchissants pour un monde mis à feu et à sang par G.W Bush et ses lieutenants ; ces criminels de guerre qui, librement, vivent dans leurs ranchs, font du jardinage, écrivent leur mémoire et engrangent des droits d'auteur, boivent du petit lait, animent des conférences un peu partout et offrent leurs conseils pour d'autres guerres en cours ou à venir. Leur impunité est garantie d'office car, ils appartiennent au monde occidental excessivement ivre de force et détenteur des clés de la cour pénale dite internationale du bidonnant Moreno Ocampo, si prompt à harponner des fretins. Mais on a trop vite fait d'oublier que la politique reste ce qu'elle est et que l'Oncle « Barry » Obama, n'allait pas troquer sa belle image mondialement acceptée contre les intérêts des Etats-Unis d'Amérique. On ne mange pas l'image. Cela peut servir, oui. Mais, cela seul n'ouvre pas des marchés aux entreprises, pas plus qu'elle n'apporte des points de croissance à l'économie. Si le monde économico-financier a misé sur ce cheval noir, c'est pour que son sourire et sa belle image servent à quelque chose. Il doit gagner des courses. Le pragmatisme, pour utiliser un terme bien connu, doit être de son apanage. ...Passons !

Chose curieuse, alors même qu'il était sur deux fronts de guerre ouverte : Irak, avec un retrait qui n'en est pas un et Afghanistan, un prix Nobel lui a été décerné.  Son pays n'avait de cesse de provoquer en toute finesse des pays comme l'Iran, la Corée du Nord, le Cuba et le Venezuela. Oncle Barry a tenté de hausser le ton devant Israël et ses incessants massacres en Palestine. Sommé d'abandonner son antisémitisme] - puisque toute critique à l'égard de cet Etat est identifiée à ce mal terrifiant - il a été vite et sévèrement redressé et ainsi a-t-il laissé la main libre à la colonisation et à la répression. A chaque fois qu'un téméraire avance au sein de la boîte à outils occidentale qu'est l'ONU et surtout son Conseil de sécurité un texte visant à contraindre Israël à faire un geste si minime soit-il dans ce qui est ironiquement appelé « les territoires », l'Oncle Barry via sa Susan Rice – car Bush n'était pas le seul à avoir une Rice de même couleur – dégaine son véto. Et pourtant cette Rice là, c'est elle qui a failli lever les deux mains en faveur du texte de Sarkozy présenté par l'ex-délinquant qui avait « trahi la confiance du peuple français » Alain Juppé pour agresser la Libye]. Tellement la Rice était comblée.

Sans en donner l'air, le prix de Nobel de la paix fait des guerres. Mais, ces guerres là elles sont – ne souriez pas - « justes et humanitaires ». Elles sont nécessaires et utiles pour l'humanité. Exactement comme celles menées par Bush et ses « freedom fighters » au motif de libérer la planète de « l'Axe du mal ». La seule différence c'est que le prix Nobel de la paix 2009 évite autant que possible de rentrer treillis et de revêtir les attributs et le ton martial d'un chef de guerre. Redoutable communicateur, Obama agit autrement que son prédécesseur. Il sait ne pas y aller seul. Il sait éviter d'apparaître en première ligne. Cette stratégie de mener la guerre sans se faire trop voir, est tellement visible sur la Libye. Dans cette agression, il a su s'effacer pour mener la bataille via des sous-lieutenants qui n'ont rien à envier à Tony Blair. Ces sous-lieutenants à savoir les zélés Sarkozy et Cameron sont aux avant-postes. Ils sont pour la cause, accompagnés de leurs frères d'armes du Canada, d'Italie, de Pologne, du Danemark, d'Espagne, du Portugal et bien d'autres, pour la plupart rompus depuis des millénaires à une culture guerrière et de rapines à travers le monde. Ces pays, en meute si possible, en loup solitaire si besoin, agressent les pays qui ont le malheur d'être pourvus par dame nature de matières premières convoitées, enflamment la terre, tuent des populations civiles, soumettent des peuples affaiblis, saignent aux quatre veines des territoires à l'issue des opérations de braquage à mains armées cyniquement qualifiées d'opérations « humanitaires ». Quasiment tous les pays arabes, africains et latino-américains ont goûté ou goûte régulièrement à ce plat « humanitaire ». Lequel a déjà fait empoisonné et englouti des civilisations entières.

Obama ne fait pas la guerre, dit-on. Ah oui ?? « Il a rencontré des guerres qui étaient créées avant son avènement ». « Il ne peut pas les éteindre ». « Il est obligé de les gérer ». « Il fait des guerres justes ». « Ce sont des guerres qui s'imposent à lui, il n'y peut rien ». La vérité face à toutes à ces argumentations sophistiquées, est que le prix Nobel de la paix fait des guerres. Il les fait en souriant, renvoyant ainsi à une opinion tétanisée la belle image qui est la sienne. Or, la guerre dans le concret, est ignoble et horrible. Obama lui les mène les mots d'une douceur à faire dormir debout, à la bouche.

Aujourd'hui, c'est la Libye qui est prise. Elle est étranglée par la meute. Elle est bombardée sous le fallacieux prétexte que son dirigeant, Muammar Kadhafi « massacre des populations civiles » qui manifestent pacifiquement. Curieuse présentation des faits qui pourtant montrent des rebelles lourdement armés qui s'emparent des villes et confisquent des ressources. Face à ces faits, le prix Nobel de la paix des « guerres humanitaires » et ses amis demandent au pouvoir libyen de ne pas réagir, de laisser les rebelles avancer jusqu'à prendre la capitale du pays et mettre à la place du khalife, un nouveau khalife plus docile. On demande au pouvoir libyen de ne pas riposter et d'assister les bras croisés au déchirement de son territoire. On lui intime l'ordre de cessez-le-feu et de laisser le passage aux rebelles. On voit des scènes de guerre et on demande à une seule partie de désarmer. Or pendant la guerre, il est évident que chaque camp tue. Mais, lorsqu'à deux reprises, Kadhafi proclame un cessez-le-feu, s'est-on demandé au moins ce que les « insurgés » font pendant ce temps ? On se contente juste de nous dire qu'il décrète le cessez-le-feu pour mieux le violer]. La conclusion serait donc de l'attaquer.

Visiblement, ces « insurgés » ont d'importantes missions à accomplir. C'est pour cela que leur protection est si prompte. Non seulement, ils feront des gouvernants plus dociles qui offrent et offriront du pétrole et gaz quasi-gratuitement, mais aussi ils sont appelés à éloigner des côtes européennes, les immigrés retenus en Libye. Comme pour livrer au lynchage ces immigrés africains stockés en Libye par Kadhafi sur recommandation des Européens, et les éloigner davantage des frontières de l'Europe, on a répété sans coup férir que Kadhafi avaient importé des mercenaires des pays subsahariens. Ce refrain propagé par les médias propagandistes pro-guerre, à l'analyse, avait visiblement pour but de faire massacrer par les rebelles[10] une partie de ces africains et par ricochet, semer la terreur parmi ces migrants parqués par Kadhafi dont la chute pourrait entraîner une arrivée massive sur le sol européen. Délibérément la vie de ces africains a été sacrifiée sur l'autel d'une politique migratoire.  Ces actes là sont des crimes. De ces crimes là, on n'en parle pas. Ou si on en parle c'est pour les justifier en présentant les personnes tuées comme des mercenaires. Le prix Nobel de la paix s'est-il prononcé sur ces exactions sur les africains ? Où est Moreno Ocampo ?

Et comme c'est toujours le cas, le modus operandi n'a guère varié. On couvre les crimes des amis, on révèle voire fabrique ceux de l'ennemi à abattre. On passe par les instruments de l'éternelle boîte à outils occidentale : l'ONU et le fameux Conseil de sécurité dominé par les cousins occidentaux, si ce n'est pas elle, on sollicite l'OTAN, on parle de coalitions par-ci et d'alliance par là. Si ces instruments de légitimation de l'agression ne suffisent pas, on fait appel à des ensembles régionaux tels l'Union Européenne, l'Union Africaine, la Ligue Arabe et quoi encore ? Les médias, eux, n'ont jamais accompli leur meilleur rôle qu'en ces moments de guerre. Pendant que les « frappes chirurgicales » terrorisent les populations sur le terrain des opérations, ils font de la césarienne à l'information dans les salles de rédaction, propagent les pires mensonges, suppriment des images et convoquent sans discontinuité des experts autoproclamés, nourris à la mamelle du complexe militaro-industriel et de milieu du business de la guerre pour asséner leur évangile à tous ceux qui veulent les écouter. Le cas typique est celui de cet avion abattu au-dessus de Benghazi, présenté dans un premier temps unanimement comme celui de Kadhafi et comme la preuve de la violation du cessez-le-feu déclaré la veille. Plus tard, les rebelles avaient fait savoir que cet avion était le leur. Réaction : une ou deux phrases ici et là. Résultat : un peu passé inaperçu... Passons !

Le prix Nobel de la paix est donc un fauteur de guerre au même titre que son prédécesseur. La seule divergence entre eux est que le premier joue plus finement. Il avait eu la même attitude sur la Côte d'Ivoire jusqu'au jour où Sarkozy, toujours plus zélé et souvent plus royaliste plus que le roi a gaffé avec l'ultimatum lancé contre Gbagbo depuis Bruxelles]. Ce qui a eu le « malheureux » mérite de réveiller beaucoup d'africains qui dormaient encore. Sarkozy aurait eu l'intelligence d'inverser les rôles et laisser aux avant-postes l'Oncle Barry qu'une « opération humanitaire » serait déjà réalisée dans ce pays qui au demeurant, sera le prochain sur la liste après la Libye. Il suffit d'écouter l'ex-délinquant français Alain Juppé qui utilise la même rhétorique que sur la Libye en appelant l'ONU, toujours elle, à " jouer son rôle plus efficacement", rappelant que son mandat "permet d'utiliser la force" contre les crimes contre l'humanité commis par Laurent Gbagbo. Là encore, on ferme les yeux sur les exactions des rebelles et du « commando invisible » du couple Ouattara-Soro. Ce sont des amis.

Alors, une prochaine résolution issue de la case du sorcier nommée Conseil de sécurité de l'ONU contre la Côte d'Ivoire avec la même meute, et Obama en « cool attitude », sourire aux lèvres fera cette nouvelle guerre humanitaire à laquelle le destin l'a obligée.

Salut l'artiste !

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Published by Sarah. P. Struve - dans Opinion
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