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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 13:06

par Komla Kpogli

 

A l'avènement de Barack Obama au pouvoir, des milliards de personnes sur la terre avaient manifesté leur optimisme. Parmi celles-ci, c'est peu dire qu'il y a eu la quasi-totalité des africains. Tous étaient persuadés que la couleur de peau du nouveau président augurait un changement de la politique internationale. Il faut en convenir et insister qu'ils n'étaient pas les seuls. Les quelques rares voix qui avaient émis des réserves furent sévèrement critiquées et taxées d'antiaméricanisme primaire .

ObamaSarkozyStrasbourg20090403-3b797.jpg

Lorsque le futur prix Nobel de la paix fit son périple ghanéen, il fut applaudi chaleureusement. Son discours fut quasi-unanimement salué particulièrement par les africains qui ne virent là qu'un excellent discours à l'opposé de celui injurieux et crasse de Sarkozy à Dakar. Les rares commentaires critiques qui osèrent mettre le discours d'Accra en perspective furent voués aux gémonies]. Ils furent traités de conservateurs haineux qui n'avaient pas vu le vent du changement soufflé. 

Aujourd'hui, avec le recul, peut-être qu'en Afrique, tout au moins, les plus enthousiastes d'hier commencent par comprendre deux ou trois choses. Le sourire et l'image du « Mister President » et de sa famille étaient certes rafraîchissants pour un monde mis à feu et à sang par G.W Bush et ses lieutenants ; ces criminels de guerre qui, librement, vivent dans leurs ranchs, font du jardinage, écrivent leur mémoire et engrangent des droits d'auteur, boivent du petit lait, animent des conférences un peu partout et offrent leurs conseils pour d'autres guerres en cours ou à venir. Leur impunité est garantie d'office car, ils appartiennent au monde occidental excessivement ivre de force et détenteur des clés de la cour pénale dite internationale du bidonnant Moreno Ocampo, si prompt à harponner des fretins. Mais on a trop vite fait d'oublier que la politique reste ce qu'elle est et que l'Oncle « Barry » Obama, n'allait pas troquer sa belle image mondialement acceptée contre les intérêts des Etats-Unis d'Amérique. On ne mange pas l'image. Cela peut servir, oui. Mais, cela seul n'ouvre pas des marchés aux entreprises, pas plus qu'elle n'apporte des points de croissance à l'économie. Si le monde économico-financier a misé sur ce cheval noir, c'est pour que son sourire et sa belle image servent à quelque chose. Il doit gagner des courses. Le pragmatisme, pour utiliser un terme bien connu, doit être de son apanage. ...Passons !

Chose curieuse, alors même qu'il était sur deux fronts de guerre ouverte : Irak, avec un retrait qui n'en est pas un et Afghanistan, un prix Nobel lui a été décerné.  Son pays n'avait de cesse de provoquer en toute finesse des pays comme l'Iran, la Corée du Nord, le Cuba et le Venezuela. Oncle Barry a tenté de hausser le ton devant Israël et ses incessants massacres en Palestine. Sommé d'abandonner son antisémitisme] - puisque toute critique à l'égard de cet Etat est identifiée à ce mal terrifiant - il a été vite et sévèrement redressé et ainsi a-t-il laissé la main libre à la colonisation et à la répression. A chaque fois qu'un téméraire avance au sein de la boîte à outils occidentale qu'est l'ONU et surtout son Conseil de sécurité un texte visant à contraindre Israël à faire un geste si minime soit-il dans ce qui est ironiquement appelé « les territoires », l'Oncle Barry via sa Susan Rice – car Bush n'était pas le seul à avoir une Rice de même couleur – dégaine son véto. Et pourtant cette Rice là, c'est elle qui a failli lever les deux mains en faveur du texte de Sarkozy présenté par l'ex-délinquant qui avait « trahi la confiance du peuple français » Alain Juppé pour agresser la Libye]. Tellement la Rice était comblée.

Sans en donner l'air, le prix de Nobel de la paix fait des guerres. Mais, ces guerres là elles sont – ne souriez pas - « justes et humanitaires ». Elles sont nécessaires et utiles pour l'humanité. Exactement comme celles menées par Bush et ses « freedom fighters » au motif de libérer la planète de « l'Axe du mal ». La seule différence c'est que le prix Nobel de la paix 2009 évite autant que possible de rentrer treillis et de revêtir les attributs et le ton martial d'un chef de guerre. Redoutable communicateur, Obama agit autrement que son prédécesseur. Il sait ne pas y aller seul. Il sait éviter d'apparaître en première ligne. Cette stratégie de mener la guerre sans se faire trop voir, est tellement visible sur la Libye. Dans cette agression, il a su s'effacer pour mener la bataille via des sous-lieutenants qui n'ont rien à envier à Tony Blair. Ces sous-lieutenants à savoir les zélés Sarkozy et Cameron sont aux avant-postes. Ils sont pour la cause, accompagnés de leurs frères d'armes du Canada, d'Italie, de Pologne, du Danemark, d'Espagne, du Portugal et bien d'autres, pour la plupart rompus depuis des millénaires à une culture guerrière et de rapines à travers le monde. Ces pays, en meute si possible, en loup solitaire si besoin, agressent les pays qui ont le malheur d'être pourvus par dame nature de matières premières convoitées, enflamment la terre, tuent des populations civiles, soumettent des peuples affaiblis, saignent aux quatre veines des territoires à l'issue des opérations de braquage à mains armées cyniquement qualifiées d'opérations « humanitaires ». Quasiment tous les pays arabes, africains et latino-américains ont goûté ou goûte régulièrement à ce plat « humanitaire ». Lequel a déjà fait empoisonné et englouti des civilisations entières.

Obama ne fait pas la guerre, dit-on. Ah oui ?? « Il a rencontré des guerres qui étaient créées avant son avènement ». « Il ne peut pas les éteindre ». « Il est obligé de les gérer ». « Il fait des guerres justes ». « Ce sont des guerres qui s'imposent à lui, il n'y peut rien ». La vérité face à toutes à ces argumentations sophistiquées, est que le prix Nobel de la paix fait des guerres. Il les fait en souriant, renvoyant ainsi à une opinion tétanisée la belle image qui est la sienne. Or, la guerre dans le concret, est ignoble et horrible. Obama lui les mène les mots d'une douceur à faire dormir debout, à la bouche.

Aujourd'hui, c'est la Libye qui est prise. Elle est étranglée par la meute. Elle est bombardée sous le fallacieux prétexte que son dirigeant, Muammar Kadhafi « massacre des populations civiles » qui manifestent pacifiquement. Curieuse présentation des faits qui pourtant montrent des rebelles lourdement armés qui s'emparent des villes et confisquent des ressources. Face à ces faits, le prix Nobel de la paix des « guerres humanitaires » et ses amis demandent au pouvoir libyen de ne pas réagir, de laisser les rebelles avancer jusqu'à prendre la capitale du pays et mettre à la place du khalife, un nouveau khalife plus docile. On demande au pouvoir libyen de ne pas riposter et d'assister les bras croisés au déchirement de son territoire. On lui intime l'ordre de cessez-le-feu et de laisser le passage aux rebelles. On voit des scènes de guerre et on demande à une seule partie de désarmer. Or pendant la guerre, il est évident que chaque camp tue. Mais, lorsqu'à deux reprises, Kadhafi proclame un cessez-le-feu, s'est-on demandé au moins ce que les « insurgés » font pendant ce temps ? On se contente juste de nous dire qu'il décrète le cessez-le-feu pour mieux le violer]. La conclusion serait donc de l'attaquer.

Visiblement, ces « insurgés » ont d'importantes missions à accomplir. C'est pour cela que leur protection est si prompte. Non seulement, ils feront des gouvernants plus dociles qui offrent et offriront du pétrole et gaz quasi-gratuitement, mais aussi ils sont appelés à éloigner des côtes européennes, les immigrés retenus en Libye. Comme pour livrer au lynchage ces immigrés africains stockés en Libye par Kadhafi sur recommandation des Européens, et les éloigner davantage des frontières de l'Europe, on a répété sans coup férir que Kadhafi avaient importé des mercenaires des pays subsahariens. Ce refrain propagé par les médias propagandistes pro-guerre, à l'analyse, avait visiblement pour but de faire massacrer par les rebelles[10] une partie de ces africains et par ricochet, semer la terreur parmi ces migrants parqués par Kadhafi dont la chute pourrait entraîner une arrivée massive sur le sol européen. Délibérément la vie de ces africains a été sacrifiée sur l'autel d'une politique migratoire.  Ces actes là sont des crimes. De ces crimes là, on n'en parle pas. Ou si on en parle c'est pour les justifier en présentant les personnes tuées comme des mercenaires. Le prix Nobel de la paix s'est-il prononcé sur ces exactions sur les africains ? Où est Moreno Ocampo ?

Et comme c'est toujours le cas, le modus operandi n'a guère varié. On couvre les crimes des amis, on révèle voire fabrique ceux de l'ennemi à abattre. On passe par les instruments de l'éternelle boîte à outils occidentale : l'ONU et le fameux Conseil de sécurité dominé par les cousins occidentaux, si ce n'est pas elle, on sollicite l'OTAN, on parle de coalitions par-ci et d'alliance par là. Si ces instruments de légitimation de l'agression ne suffisent pas, on fait appel à des ensembles régionaux tels l'Union Européenne, l'Union Africaine, la Ligue Arabe et quoi encore ? Les médias, eux, n'ont jamais accompli leur meilleur rôle qu'en ces moments de guerre. Pendant que les « frappes chirurgicales » terrorisent les populations sur le terrain des opérations, ils font de la césarienne à l'information dans les salles de rédaction, propagent les pires mensonges, suppriment des images et convoquent sans discontinuité des experts autoproclamés, nourris à la mamelle du complexe militaro-industriel et de milieu du business de la guerre pour asséner leur évangile à tous ceux qui veulent les écouter. Le cas typique est celui de cet avion abattu au-dessus de Benghazi, présenté dans un premier temps unanimement comme celui de Kadhafi et comme la preuve de la violation du cessez-le-feu déclaré la veille. Plus tard, les rebelles avaient fait savoir que cet avion était le leur. Réaction : une ou deux phrases ici et là. Résultat : un peu passé inaperçu... Passons !

Le prix Nobel de la paix est donc un fauteur de guerre au même titre que son prédécesseur. La seule divergence entre eux est que le premier joue plus finement. Il avait eu la même attitude sur la Côte d'Ivoire jusqu'au jour où Sarkozy, toujours plus zélé et souvent plus royaliste plus que le roi a gaffé avec l'ultimatum lancé contre Gbagbo depuis Bruxelles]. Ce qui a eu le « malheureux » mérite de réveiller beaucoup d'africains qui dormaient encore. Sarkozy aurait eu l'intelligence d'inverser les rôles et laisser aux avant-postes l'Oncle Barry qu'une « opération humanitaire » serait déjà réalisée dans ce pays qui au demeurant, sera le prochain sur la liste après la Libye. Il suffit d'écouter l'ex-délinquant français Alain Juppé qui utilise la même rhétorique que sur la Libye en appelant l'ONU, toujours elle, à " jouer son rôle plus efficacement", rappelant que son mandat "permet d'utiliser la force" contre les crimes contre l'humanité commis par Laurent Gbagbo. Là encore, on ferme les yeux sur les exactions des rebelles et du « commando invisible » du couple Ouattara-Soro. Ce sont des amis.

Alors, une prochaine résolution issue de la case du sorcier nommée Conseil de sécurité de l'ONU contre la Côte d'Ivoire avec la même meute, et Obama en « cool attitude », sourire aux lèvres fera cette nouvelle guerre humanitaire à laquelle le destin l'a obligée.

Salut l'artiste !

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:07

khorenkoLe Khorenko orchestre est un groupe musical de Saint Petersburg crée par Dmitri Khorenko. Khorenko, créa son premier programme musical en 1995 alors qu’il était étudiant à l’Académie nationale des arts du théâtre de Saint-Pétersbourg. A cette époque, il travaillait parallèlement comme animateur radio. À partir de 1997, autour de lui, se forme un collectif musical avec comme dominante une musique jazzy qui donne naissance au « Khorenko orchestre». Voici donc, par le Khorenko orchestre, l’interprétation jazzy d’une chanson de truands datant d’avant la révolution russe et dont les auteurs ne  sont pas connus ; « Чубчик – tchubtchik – Le toupet » cette chanson, dans sa version classique fut notamment interprétée par Piotr Lechtchenko et l'est également, d'une façon flamboyante, par Jeanna Bitchevskaïa.

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Чубчик / Le toupet

Chanson de voleurs 

Toupet,  petit toupet, toupet frisé,
Flottes, toupet, au vent !
Avant, toupet, je t’aimai,
Je ne peux t’oublier maintenant.

Parfois, je mets sur la nuque mon galurin,
Je vais m’balader de minuit jusqu’au matin !
Et de dessous le chapeau, le toupet s’échappant,
Il se met à flotter au vent !

Toupet, petit toupet, toupet frisé,
Mais tu ne flottes plus au vent !
Et toi, ma poche, petite poche trouée,
Toi, tu ne plais, tu ne plais pas au truand !

Lhiver passera, Viendra l'été,
Les fleurs refleuriront abondamment dans le jardin.
Quant à moi, pauvre gamin,
Mes pieds et mes mains, de fer seront enchaînés.

Mais, la Sibérie, la Sibérie je n’en ai pas peur, moi,
La Sibérie, n’est-ce pas une terre russe également.
Toupet frisé, Déploie-toi,
Accompagne-moi, en flottant au vent.

Toupet,  petit toupet, toupet frisé,
Mais tu ne flottes plus au vent !
Et toi, ma poche, petite poche trouée,
Toi, tu ne plais, tu ne plais pas au truand !

Traduction ; Sarah P. Struve

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:31

Annensky-copier.jpgInnokenti F. Annenski (1856 – 1909), l’auteur de ce poème, est un poète symboliste. Il fut également critique et traducteur prolixe. Il traduisit, entre autre, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Il enseigna les langues anciennes et le russe d’abord à Kiev puis à Saint-Pétersbourg,. Alexandre Soukhanov, barde et mathématicien, mit ce poème en musique en 1976.

 

 

Mon étoile – Моя звезда 

Innokenti Annenski (1901)

Dans le scintillement des astres, parmi les mondes.
D'une étoile je répète le nom...
Non pas afin de pouvoir l’aimer,
Mais parce qu’auprès des autres règne l’obscurité.

Et si mon cœur est accablé,
Une réponse, auprès d’elle seule, je rechercherai …
Non pas parce qu’auprès d’elle il fait clair,
Mais parce qu’avec elle, il n’y a nul besoin de lumière.

Dans le scintillement des astres, parmi les mondes,
D'une étoile je répète le nom...
Pas pour que je puisse l’aimer,
Mais parce qu’auprès des autres, règne l’obscurité.

Traduction : Sarah P. Struve

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 22:52

Cette chanson  du groupe DTT, a été dédiée par Iouri Chevtchouk aux combattants des forces spéciales qui défendent la Fédération de Russie des agressions tant de l’intérieur que de l’extérieur. Elle est issue de l’album homonyme paru en 1999.

prosvistela.jpg

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Просвистела / Elle siffla

Iouri Chevtchou

Elle siffla et, sur la table, tomba,
Juste érafla et puis, roula dans la cendre
Des chansons tuées, mais, je n’ai rien à perdre.
Le monde est si petit, laisse-moi, frère, t’enlacer.

Partout des diables, appuis, frère, sur le champignon.
Une heure avant la mort, mais pas de pitié pour ce qui est parti en fumée,
Et en plein champs, des bleuets, des angelots,
Et il n’y a pas d’amertume, ni de cafard; nous on est en liberté.

Et, au ciel, Sachka et Ilia, nous accueillerons,
Cent grammes et du pain, sans cela on ne peut, mais il y en aura assez.
Ici ce n’est pas la honte, pourquoi souffrir, Pourquoi pleurer.
Le paradis ce n’est pas de la boue, la tempête est notre félicité.

Nous raconterons tout à propos de l’aurore et du coucher,
Des montagnes de suie et, de la marmelade amère,
Les restes que nous avalâmes, lorsque nous finîmes la guerre.
Et comme dans notre patrie, nous nous retrouvâmes en captivité.

Elle siffla et, sur la table, tomba,
Juste érafla et puis, roula dans la cendre
Des chansons tués, mais, je n’ai rien à perdre.
Le monde est si petit, laisse-moi, frère, t’enlacer.

Traduction ; Sarah P. Struve

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:40

La chanson "Le vagabond" devint très populaire au début des années 1900, cependant elle était déjà largement rependue dans les milieux carcéraux de Sibérie et, cela dès 1880. Cette chanson populaire semble ne pas avoir d’auteurs connus. Elle fut interpreté par nombre d’artistes populaire russes, telle Lidia Rouslanova.

baikalIci le choix s'est porté sur deux interprètations: Dans le premier vidéogramme, c’est le Chœur Piatnitski qui l’interprète d’une façon magnifique. Le deuxième vidéogramme est issue du beau film "Сказание о земле Сибирской – Skazanïa o zemlie Sibirskoï - Légende de la terre Sibérienne" datant de 1947. Dans cet extrait c’est l’acteur Vladimir Druzhnikov qui l’interprète.

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Бродяга  / Le vagabond

Chanson populaire

 

De par les steppes sauvages de Transbaïkalie
Où, des montagnes, l’or est extrait,
Un vagabond, maudissant le destin,
Une besace sur l’épaule, Se trainait. 

À travers la taïga épaisse, Il avançait
Où, seuls des oiselais chantaient,
Sa gamelle battant son côté,
Des bottes de feutre, ses jambes, blessaient.

Par une nuit sombre, il s’est enfuit de prison,
En prison, il avait souffert pour la vérité
Fuir plus loin il ne le  pouvait ;
Devant lui, le Baïkal s’étalait.

Du Baïkal, s’approche le vagabond,
Il empreinte une barcasse de pécheur
Et se met à chanter une triste chanson,
Il chante quelque chose à propos de sa terre.

Le Baïkal, le vagabond a traversée,
A sa rencontre, sa propre mère.
Ah, bonjour, bonjour la mère,
Mon frère et mon père sont-ils en bonne santé ?

" Depuis longtemps, dans sa bière,
Ton père est couché dans l’humide terre,
Depuis longtemps, en Sibérie, ton frère
Depuis longtemps, résonnent de ses fers"

Traduction : Sarah P. Struve

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 16:42

Elena Vaènga est née en 1977 à Severomorsk dans la région de Mourmansk. Elena de son vrai nom Elena  Khrulyova a pris comme pseudonyme le premier nom de sa ville natale, devenue Severomorsk en 1955. Le nord et ses étendus sont l’un des leitmotivs des créations d’Elena Vaènga. Elle écrit sa première chanson à l’âge de 9 ans et, reçoit une éducation musicale classique. A la fin de sa scolarité elle part pour Saint-Pétersbourg où elle termine l’institut musical Rimski-Korsakov, obtenant un diplôme de professeur de piano. Elena Vaïenga donne des concerts depuis qu’elle a 19 ans.

zhilaiu-solntsa.jpg

Dans ce videogramme Elena Vaènga interprète la chanson Taïga lors du concert « Желаю солнца – Zhelaïu solntsa – Je désire du soleil » concert qui a eu lieu en 2009  au club KZ MIR  à Moscou. Il est édité en deux DVD.

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Тайга / Taïga

Elena Vaènga

À l’aube, je m’en irai.
Je reviendrai lorsque je pourrai.
C’est le vent au creux de ma liberté,
Mais l’attraper à temps, je ne pourrais.

Sur des kilomètres, la taïga,
À peine, l’étoile luit.
Sibérie. Qui te répondra
Si jamais tu cris ?

Les neiges et les blizzards,
Les tempêtes et Les gelées
Il n’est ni trop tôt, ni trop tard,
Mais, l’un vers l’autre, n’avons su aller.

Sur des kilomètres, la taïga,
À peine, l’étoile luit.
Sibérie. Qui te répondra
Si jamais tu cris ?

La neige jusqu’au genou,
Et, en s’enfonçant, jusqu’au cou.
Je m’en vais en visite  chez Dieu ;
M’entendre, lui seul, le peut.

Sur des kilomètres, la taïga,
À peine, l’étoile luit.
Sibérie. Qui te répondra
Si jamais tu cris ?

À l’aube,  je men irais.
Jamais plus, je ne te jalouserai.
Personne ne pourra  t’aider.
Au creux de la Sibérie, me noierai.

Traduction : Sarah P. Struve  

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 13:25

Cette chanson, parle de ceux qui formaient ce que l’on appelait lors de la guerre civile « la troisième force » les insurgés verts ou partisans verts, noms que se donnaient des détachements irréguliers composés principalement de paysans et de cosaques opposés aux exactions tant des  bolcheviks, que des blancs. leur objectif principal était la convocation d’une nouvelle Assemblée constituante. Deux tendances se détachaient chez ces « paysans – anarchistes » les rouge-verts, plus proches du mouvement bolchevik et  les blancs-verts, restant opposés aux idées collectivistes et dont l’un des slogans était « La terre aux paysans ! ».  Ce mouvement est né dans le sud de la Russie, dans la région de Krasnodar , il a inclus les villageois de Razdolnoïe, d’Izmaïlovka et d'autres villages du territoire de Krasnodar. l'armée populaire de Makhno et les rebelles de Tambov se désignaient comme faisant partie de la mouvance des « Verts ». Boris Savinkov essaya de s‘auto-désigné leader du mouvement vert en soutenant  les partisans des détachements  de Stanislaw Boulak-Balakhovich .

tchizh olbum o lioubvi

«Voila qu’une balle siffla » est interprété par le groupe Tchizh & co de Sergueï Tchigrakov, groupe créé en 1990. Cette chanson anarcho-populaire est issue de l’album « «...О Любви - …O Lioubvi - …De l’amour » enregistré et publié en 1995. 

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Вот пуля просвистела ....  / Voila qu’une balle siffla....

Tchizh & co

Voilà qu’une balle siffla, droit dans ma poitrine, entra,
Dans la steppe, sur mon étalon hardi, me suis sauvé.
Mais d’un coup de sabre, le commissaire me rattrapa,
Chavirant de mon étalon, suis tombé.

Eh, oh, moreau est mon étalon !
Eh, et la lame est en acier !
Eh, et le brouillard est épais !
Eh, oh, et le petit père, l’ataman, et le petit père, l’ataman !

Sur une seule jambe, suis revenu de la guerre,
J’attache mon étalon et m’attable auprés de ma femme,
Pas une heure ne se passe, qu’arrive le commissaire,
Il détache mon étalon et enlève ma femme.

Eh, oh, moreau est mon étalon !
Eh, et la lame est en acier !
Eh, et le brouillard est épais !
Eh, oh, et le petit père, l’ataman, et le petit père, l’ataman !

Du mur, j’ai décroché le sauveur et, sous ma chemise, l’ai caché,
Prenant mon fusil, ma maison, j’ai incendié,
Vivre sous les soviets, c’est marchander sa croix !
Nombre d’entre nous, dans la forêt, se sont enfoncés.

Eh, oh, moreau est mon étalon !
Eh, et la lame est en acier !
Eh, et le brouillard est épais !
Eh, oh, et le petit père, l’ataman, et le petit père, l’ataman !

Traduction : Sarah P. Struve  

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 22:13

Cette chanson est issue de l’album "Poetica" paru en 2003. À propos de cette chanson, Garik Sukatchev raconte : D'abord, il y eut simplement des vers. j'ai écrit un poème et non une chanson, poème que j’avais intitulé "les conscrits". Puis, avec le temps, il y eut un murissement ; les vers se sont transformés en une  chanson sur les gamins que l’on prend à l'armée.

 Колечки / Les anneaux
Garik Sukatchev
 

Les années sont tellement injustes,
Les années sont tellement épaisses,
Pour certains les anneaux sont à gauche,
Pour d’autres les anneaux sont à droite.
           

Les gamines, de larmes, se laveront,
Les gamins vite, s’en vieilliront,
Et les bonnes femmes, n’aurons pas assez de l’éternité, pour prier,
Et les petites mères, n’aurons pas assez de l’éternité, pour s’accabler,

Dans de verts wagons, ils s’assoiront,
Seules, des verstes mouvantes, les accompagnerons
De regards amoureux, ils se souviendront,
De regards qui pour l’éternité, ne s’en reviendront.

Et, à la maison tout sera comme avant,
Les mêmes camarades, les mêmes amis, Seulement,
Déjà, se souviennent d’eux, inéluctablement,
De métalliques embrasements.

Seulement, à ceux qui, vivants, sont restés,
Du regard, il faut ratisser les localités.
Appelant la forêt, zelionka*,
En voyant les alentours familiers.
Surnommant la forêt, zelionka,
En voyant les alentours familiers.

Les années sont tellement épaisses,
Les années sont tellement injustes,
Pour certains les anneaux sont à gauche,
Pour d’autres les anneaux sont à droite.

Traduction ; Sarah P. Struve

* Zélеnка зелёнка, est une teinture antiseptique utilisée dans tous les pays de l’ex URSS et qui est l’équivalent du mercurochrome en France, cet antiseptique est d’un vert brillant, d’où son nom qui dérive du mot « vert » « zelionyï – зелёный (ru) ». Dans le texte il y a donc jeu de mots entre la forêt, la couleur et le soin et la guérison de blessures « En voyant les alentours familiers » 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 11:19

Les Varègues - des scandinaves commerçants et guerriers ayant découverts  la route du sud menant à Byzance, route passant du golf de Finlande à la mer noire en suivant les cours d’eau de la Neva au Dniepr - sont à l’origine de la création du premier Etat Rus’, qui fut gouvernés par des princes Varégues, dont le premier fut Riourik (Rørik), prince de Novgorod et fondateur de la dynastie Riourikide qui régna sur la Rus’ Kievienne, la principauté de Rostov-Souzdal-Vladimir, puis la principauté de Moscou  et ce, jusqu’au milieu du XVI° siècle. Nombre de mots et de noms russes sont originaires de la langue parlée par ce peuple, le vieux norrois.

variagi2

La chanson  "На север – Na sever - Vers le nord" est issue de l’album "Дорога сна - Doroga sna – La route du songe" du groupe de rock – folk  "Мельница - Melnitsa".  Édité en 2003, l’album revisite la mythologie de ces peuples Norrois.

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На север / Vers le nord

Texte : Natalia O'Shea / Musique: Ruslan Kamliakov

En des contrées étrangères, de l’acier et du ciel, entrelacement,
Dans des yeux, de la douleur et de la fureur, entrelacement.
Eh –oh ! Les arabesques des ailes, transperçant l’air tourbillonnant,
Nous entendions les chants des dernières walkyries, dans les hurlements des vents,

Par la gueule du dragon, le ciel est fendu et les vagues éventrées  
De lumière et de vent, vibrent les cordages, à présent transpercés,
Et la lune – Je l’attendais et l’aimai telle une fiancée.
Rien à faire du sommeilles, nous sommes les enfants des dieux; claire est notre destinée.

Au creux de nos pupilles, de la glace éternelle, les limites acérées
Et sur nos crocs, l’eau a l’odeur du sang frais.
Tu vois le scintillement des lames d’entre les gémissements de la nuit déchiqueté,
L’adieu des dieux à la vie qui devient, à l’instant, écourtée.

Eternelle poursuite, au-dessus de la mer; vole, immuable, notre foi,
De pâles nornes chuchotent : vers le nord, vous êtes incultes, vous êtes des animaux,
Mais, quand le premier rayon du soleil glissera sur les froides eaux,
Venez à notre rencontre, fidèles - nous sommes revenus sous notre toit.

Nous sommes revenus sous notre toit, nous sommes revenus sous notre toit,
Vien
à la rencontre de tes soldats, Odin; nous sommes revenus sous notre toit

Mais sur ces rivages
Du ciel et de l’acier, l’entrelacement
Mais chez les morts, de la douleur et de la fureur, l’entrelacement,
Du ciel et de l’acier… de la douleur et de la fureur…par la lumière et le vent.

Traduction : Sarah P. Struve

 

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Published by Sarah. P. Struve - dans Мельница – Melnitsa
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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 23:41

brodsky.jpgNé à Leningrad en 1940, Iossif Brodsky est considéré comme l’un des plus grands poètes russes contemporains. Arrêté en 1964 pour « parasitisme social », il est condamné à cinq ans de camps. Libéré au bout d’un an, il  sera expulsé de son pays en 1972. Brodsky décédera en 1996, à New-York. Voici l’un de ses poèmes "Je rapporterai du futur, une larme versée..." Proposée et traduit par et avec Helène de la plume-de-loin. Ce poème a été mis en musique par Victor Berkovsky (1932 – 2005).

- Dans le vidéogramme qui suit, extrait d’une série télévisée, cette romance est interprétée par l’actrice Polina Agureeva.

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Пролитую слезу /  Une larme versée…

Iossif Brodsky / Victor Berkovsky

Je rapporterai du futur,
Une larme versée,
Dans un petit anneau, je l’enchâsserai.
Si tu te promènes seule,
Passe-le sur...
Sur ton annulaire, bien sûr. 

Et les autres, elles ont leurs maris,
Des anneaux jaunets,
Des boucles d'oreille nacrées.
Et moi, j’ai une larme,
Une turquoise liquide,
Qui sèche au petit matin. 

Tant qu’il est visible de loin,
Porte l’anneau.
Après, il s’en trouvera un autre.
Et si tu te lasses de le porter,
Tu auras quelque chose à laisser tomber
Au fond d’un puits, dans la nuit.

Traduction: Sarah P. Struve

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Published by Sarah. P. Struve - dans Romances russes
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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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