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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:23

Stengazeta avait déjà présenté un premier texte d’Andreï Tchernichev dont les chansons portent sur sa guerre d’Afghanistan " Двацать лет - Dvatsat’ let - Vingt ans"

Tchernichev-guitara.jpgQue ce soit Brejnev, Bush ou Sarkozy, ces guerres des Unions (qu’elles soient, Soviétique et maintenant Européenne ou celle des Etats Américains) ne semblent être que le présage en creux de leur effondrement.

C’est le soldat que le politique sacrifie sur l’autel des idéologismes sclérosés et totalisants et le civil tombant sous le bonheur des bombes messagères des bienfaits des meilleurs des mondes finissant, qui apparaitront dans les ténèbres, comme les derniers fanaux de l’anthropophagie catharsistique de l'humanité s’immolant.

Mais, bien sûr, ce sont toujours à ceux qui restent, estropiés de l’âme et du corps, qu’il faut porter le fardeau de la douleur obérant à jamais leur vie et, par delà, reconstruire un monde semblable à l’odeur paisible de la terre d’après l’orage.

S.P.S

______________

Может быть… / Peut être…

Andreï Tchernichev – Bagram 1986

Peut être quelque part, quelque part à côté, une méchante mine explosera,
Peut être quelque part, quelque part à côté, la mort s’est déjà promenée derrière moi.
Silencieuse, elle observe; silencieuse, elle choisira,
Juste un pas hors du sentier – Elle est là – tu comprendras.
Brusquement ma mitraillette s’enraillera, la mort, dans les yeux, je la regarderai,
De la dernière grenade, j’arracherais la goupille du destin.
Peut être que ce combat est le dernier, si quelqu’un à déjà tout prédit,
Jusqu'à ce jour, je choisissais, sans douter,  mon chemin.
Peut être que la balle, celle qui s’est perdu, vole déjà vers moi,
Et passant à côté des autres, en plein dans mon crâne, s’enfoncera,
Tressaillant, la mère verra le cercueil de zinc, se mettant à pleurer, elle criera,
Les larmes, les larmes, j’en ai peur, moi; il serait étonnant qu’elles me soient pardonnées.
Le tableau est plutôt sombre, mais il y a la chance, il y le destin,
Pour qui donc doit-on prier, mais c’est seulement pour soi qu’il  faut prier,
Seulement si tu es avec des amis, ce sera toujours plus aisé,
Que cela soit dans les montagnes, ou au restaurant, ils ne t’abandonneront jamais.
Seulement si tu es avec des amis, ce sera toujours plus aisé,
Que cela soit dans les montagnes, ou au restaurant, ils ne t’abandonneront jamais.

Traduction: Sarah P. Struve

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 18:24
Oleg Gazmanov est né le 22 juin 1951 à Gusev, dans l’oblast de Kaliningrad. Il est un chanteur, compositeur et poète populaire, déjà connu à l’époque soviétique. Ses textes et chansons reflètent un amour douloureux de sa patrie russe, et une certaine nostalgie de la fraternité internationaliste propre aux peuples de l’U.R.S.S.
« Officiers » est un texte magnifique sur la guerre en Afghanistan, sur l’honneur des officiers, de leur responsabilité envers leurs hommes ainsi que leurs sacrifices au nom de la Russie.
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Officiers ! - Офицеры !  

Messieurs les officiers, avec les accords de la foi,
Sur des nerfs tendus, je chante cette chanson,
A ceux qui, oubliant de faire carrière, ne s´émurent pas de leur sort,
En offrant leurs poitrines pour la défense de la Russie

A vous qui avez survécu à l´Afghanistan sans salir votre honneur,
Qui n´avez pas fait carrière sur le sang des soldats
Je chante pour les officiers, ayant eu pitié des mères,
Leurs rendant vivants, leurs enfants.

Officiers, officiers, votre coeur est en joue
Pour la Russie et la liberté jusqu´au bout,
Officiers, Russiens, que rayonne à nouveau la liberté,
Obligeant les coeurs à battre à l´unisson

Messieurs les officiers, comment épargner votre foi ?
Au-dessus des tombes ouvertes, vos âmes râlent
- Frères, qu´avons-nous fait, nous n´avons su les protéger,
Maintenant, leurs regards nous poursuivent à jamais.

De nouveau des gamins s´en vont, se dissolvant dans le couchant
La Russie les appelle, comme elle le fit souvent
De nouveau vous partez, peut-être, droit vers le ciel,
Du haut duquel vous nous pardonnez.

Où donc allez vous, peut-être, droit vers le ciel,
Du haut duquel vous nous pardonnez.

Officiers, officiers, votre coeur est en joue
Pour la Russie et la liberté jusqu´au bout,
Officiers, Russiens, que rayonne à nouveau la liberté,
Obligeant les coeurs à battre à l´unisson

Officiers, officiers, votre coeur est en joue
Pour la Russie et la liberté jusqu´au bout,
Officiers, Russiens, que rayonne à nouveau la liberté,
Obligeant les coeurs à battre à l’unisson

Traduction : Sarah P. Struve

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 20:56

Le 27 décembre 1979, il y a tout juste 29 ans, débutait la première guerre d’Afghanistan. A l’appel du présidant afghan, Babrack Karmal, les troupes soviétiques entraient en Afghanistan pour « accomplir leur devoir internationaliste. » Plus de 900 000 jeunes Soviétiques servirent en Afghanistan, 14 000 d’entre eux furent tués et 75 000 blessés, victimes d’armes fournit par l’Occident. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller pour la sécurité de Jimmy Carter, a affirmé en janvier 1998 que c'est « le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul », six mois avant l'intervention des Soviétiques (Le Nouvel Observateur, 15-21 janvier 1998, p.76) avec pour objectif d'entrainer l'Armée rouge dans le « piège afghan ».

Soldat français, ceux qui, aujourd’hui, vous envoient mourir en Afghanistan, sont les mêmes qui armèrent la guérilla afghane pour tuer vos camarades de l’armée rouge, se sont également les gentils «French doctors » qui à l’époque, sous couvert d’aide humanitaire, faisaient passer des lances roquettes « Stingers ,» et qui, maintenant au pouvoir, vous sacrifient sur l’hôtel de l’atlantisme, c’est la même presse qui à l’époque, faisait des reportages à la gloire de la résistance afghane et des villes pakistanaises frontalières accueillant les combattants afghans et servant de relais pour le transport d’armes et de munitions, qui maintenant justifient l’intervention otanusienne, sous couvert de « guerre contre le terrorisme », et de « défense des droits de l’homme ?! » ce sont les même fabricants d’armes qui armèrent les afghans, et qui maintenant fabrique les bombes qui massacres ce même peuple.

Soldats français, qu’êtes-vous allés donc faire là-bas ?

Pour vous, et en mémoire de tous ceux tombés en Afghanistan, Voici une chanson : « двацать лет - Dvatsat’ let - 20 ans » écrite par Andreï Tchernichev, simple soldat russe en Afghanistan de 1986 à 87. Il a servit au 345°ОПДП (345° Régiments autonome de Débarquement Parachutiste »

En souhaitant aux Etats-Unis d’Amérique ainsi qu’a l’Union Européenne, pour cette année 2009 qui s’annonce merveilleuse, le même sort que celui fait à l’Union Soviétique

S.P.S.

Андрей Чернишев.jpg

"Mes chansons, Je les ai écrites pour mes camarades ainsi que pour mes amis proches. Je suis fière de ce qu’elles vous intéressent. Elles n’ont pas été écrites par un auteur professionnel, mais par un soldat qui a tenté d’exprimer tout ce qu’il a pu ressentir durant cette guerre." Andreï Tchernichev

ДВАДЦАТЬ ЛЕТ
VINGT ANS

Андрей Чернышев / Andreï Tchrnichev 

Celui qui ne croit pas, n’a qu’à pas y croire,
Celui qui a été là-bas, celui-là comprendra,
Un homme dans une toile de tente
Que l’on hisse dans l'hélicoptère.
20 ans, comme c'est peu,
Un p'tit gars dans une toile de tente,
Du moins, ce qu'il en reste,
Tout cela, on le mettra dans un cercueil.
Et dans du zinc on l'emballera,
On effacera les goutes de sang des mains,
A l’autre bout, on ne le sait pas,
Là-bas, on l’attend toujours vivant,
Remplir l’adresse des destinataires,
Puis dans l’avion, et direction l’Union,
On les appelle les « Tulipes, »
Couleur noire, « chargement 200 »
Celui qui dans cette vallée ensoleillée,
Dans ce combat pour un col,
Qui sur son propre BMP
de son corps, faisait blindage,
Les montagnes semblent inoffensives,
Tout est calme, et dans le silence,
Soudain, un coup sourd se fige,
Avec un M16 dans le dos.
Ici on meurt dans les bras,
Ici dans les bras on les porte,
Couvrant la terre d’injure,
Peut être bien qu’on va le sauver.
Avec cette chanson, je chante les années 80,
Ici je les ai compris comme il le faut,
Ceux qui ont traversés toute la guerre.
Et comme il est effrayant de comprendre le bonheur,
De notre temps, dans ces montagnes,
Combien de vies cela peut couter,
Sur les pierres, le sang s’est coagulé.
Et sur le gris monument,
Il y a, à nouveau, des fleurs fraiches,
A tout ceux, qui dans le lointain contingent,
Ont enterré dans le sable leurs vingt ans.
Quelque part il y a le soleil, des rires et des enfants,
Le ballon s’envole vers les cieux,
On dirait que sur la planète,
La vie est claire et merveilleuse.
Alors que, quelque part, quelqu’un,
Assume son dernier combat,
La où le soleil brûlant brille,
Là, où il y a encore la guerre.
Celui qui ne croit pas, n’a qu’à pas y croire,
Celui qui a été là-bas, celui-là, sait tout.

traduction: Sarah P. Struve

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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