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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 13:18

"Glorieuse mer, Baïkal sacré ~ Славное море – священный Байкал, ~ Slavnoe morié, sviachtchenyi Baïkal," Est une chanson populaire, adaptée d'un poème du poète sibérien, Dmitri Davydov (1811 ~1888,) «Думы беглеца на Байкале ~ Doumy begletsa na baïkalié ~ Pensée d'un fugitif, sur le Baïkal.» Ethnographe, poète et enseignant et, par ailleurs, neveux du décembriste, Vassili Davydov. Ce poème de Dmitri Davydov, alors surveillant de l'école du chef lieu de Verkhneoudinsky, fut publié en 1858 dans le journal Pétersbourgeois, "Zolotoïе rouno," (la Toison d'or.)

Dmitri DavydovDmitry Davydov est venu à Irkoutsk à l'âge de dix-huit ans pour passer, en tant qu'externe, des examens, afin de devenir enseignant du secondaire. Montrant des connaissances brillantes, il obtient le titre de professeur. Ses capacités en mathématiques lui ouvraient l'entrée à l'université de la capitale, mais Davydov était attiré par la Sibérie profonde. Le poète dans ses notes écrira : «je me suis consacré à l'étude, de ce que je considérais comme ma vocation et, j'ose penser, que mes efforts pour la diffusion de l'instruction élémentaire, l'adoucissement des mœurs et le développement des esprits de mes élèves, ne sont pas restés vains.»

Dans un avant propos à son poème, toujours dans le journal "Zolotoïе rouno," l'auteur raconte l'origine de son texte : « Les fugitifs des usines et des établissements pénitenciers, sont, en général, connus sous le nom de "passants (prokhogie)" … ont un courage extraordinaire, lors de leur fuite, ils surmontent les embûches naturelles du terrain. Ils passent par les crêtes des montagnes, à travers marais, traversent des rivières immenses sur quelques troncs d'arbre et, il arrivait qu'ils prennent le risque de traverser le Baïkal sur des tonneaux, que l'on trouve parfois sur les bords de mer. »

On pense que se sont des bagnards des mines de Nertchinsk qui sont à l'origine de la mélodie – cette chanson est devenue en quelque sorte, l'hymne du lac Baïkal. Du texte original de Davydov, des longueurs, ainsi que des rimes inadaptés, furent enlevé. "Glorieuse mer, Baïkal sacré," fut classé en tant que chanson populaire. Le compositeur, Youri Arnold (1811 Saint-Pétersbourg ~ 1898 Karakach, Crimée,) formalisera en 1897, cet hymne au Baïkal.

http://www.baikaltur.com/fairytales#lightbox[]/6/

Dans le texte, il est question du Bargouzine; c'est un vent venant du nord, soufflant sur le baïkal. L'omoul est un poisson de la famille des salmonidés, une des principales ressources alimentaires pour les riverains de cette véritable mer intérieure.  Voici une extrait d'une fable venant tout droit du lac baïkal :

" Il y a très longtemps deux vents, des preux, le Koultouk et le Bargouzin étaient des amis intimes. Ces géants aimaient à se rendre mutuellement visite, s'amuser et jouer. Pour cela ils avaient un jouet préféré; un magnifique tonneau à Omouls. Ce tonneau avait un pouvoir extraordinaire : à l'endroit où il allait flotter, là, les Omouls se précipitaient, comme s'ils demandaient au tonneau la permission d'entrer dedans. Ce jouet amusait les géants et, dès que ces géant se rencontraient, ils jetaient leur tonneau à Omouls,  regardant, lequel de ces tonneaux attrapera le plus de poissons (...) "

Deux vidéogrammes illustrent ce chant. Dans le premier, "Glorieuse mer, Baïkal sacré" est interprété par Boris Grebenchikov; dans le second, par le cœur de la ville d'Odintsovo.

~~~~~~~~~~~~~~~~~

Славное море – священный Байкал /Glorieuse mer, Baïkal sacré.
Texte : Dmitri Davydov ~ Musique populaire

 

Glorieuse mer, Baïkal sacré,
Un brave navire, un tonneau d'Omoul.
Eh, Bargouzine, remue la haute vague,
Le gaillard n'a pas loin à voguer.

De lourdes chaînes, longtemps, j'ai remué,
Dans les monts Akatouï, longtemps, j'ai airé.
Un vieux camarade, à m'enfuir, m'a aidé,
j'ai repris vie, humant la liberté.

Chilka et Nertchinsk, maintenant, ne m'effraient plus ;
La garde de montagne, ne m'a pas attrapé,
les bêtes voraces, dans l’impénétrable forêt, ne m'ont pas touché,
La balle du tireur ne m'a pas même effleuré.

En plein jour, au cœur de la nuit, J'ai marché,
Contournant les villes ; de tous les côtés, je regardais.
les paysannes, de pain, me nourrissaient,
Les gars, en tabac, m'approvisionnaient.

Glorieuse mer, Baïkal sacré,
Un brave navire, un tonneau d'Omoul.
Eh, Bargouzine, remue la haute vague,
Le gaillard n'a pas loin à voguer.

Traduction : Sarah P. Struve

 

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 12:13

"Летят утки ~ letiat outki ~ Volent les canards," est une chanson populaire de Russie centrale. Elle n'a pas d'auteurs connues. En voici deux interprétations.

Oblast' de Voronej

Dans le premier vidéogramme, la chanson est interprétée par le Chœur populaire russe de Voronej.
Le second vidéogramme reprend une audio rare, où cette chanson est interprétée par Boulat Okoudjava.

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Летят утки ~ Volent les canards

Chanson populaire

Volent les canards, volent les canards, ainsi que deux oies.
Oh, celui que j'aime, celui que j'aime, je ne l'attendrai pas

Toute jeune, me suis énamourée, me suis énamourée,
Oh, à savoir, ma destinée, à savoir, ma destinée est là …

De Voronej, mon aimé est parti, mon aimé est parti, loin.
Oh, maintenant, maintenant rien ne le fera s'en retourner.

Quand donc, mon aimé, quand donc, mon aimé, laisseras-tu tomber,
Oh, les contes … ne conte pas ce que tu sais.

Oh, comme c'est difficile, oh, comme c'est difficile de se séparer ;
Oh, les yeux regardent, les yeux regardent, laissant les larmes couler.

Fleurit l'épi, fleurit l'épi, vers la terre, s'est penché,
Oh, pensant à mon aimé, à mon aimé, mon cœur geint.

Traduction:  Sarah P. Struve.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 14:52

Durant la Grande guerre patriotique, dans la Région de Briansk, ou Brianchtchina, sous l'occupation des troupes nazies, un important mouvement partisan composé principalement de jeune, vit le jour. Voici un extrait de l'article illustrant le projet du site officiel de la Région de Briansk sur la résistance dans cette région durant cette période. ~ Le mouvement partisan dans la régions de Briansk (1941 ~1942) ~

Ce sont 139 détachements de partisans, réunis en 27 brigades comptant soixante mille combattants et commandants rassemblés à la jonction de trois République ; la République socialiste fédérative soviétique de Russie, la République socialiste soviétique d'Ukraine et la République socialiste soviétique de Biélorussie. Les territoires de la Brianchtchina, tenus par les partisans ont fortement contribué au renforcement de la fraternité des peuples, Russes, Ukrainiens et Biélorusses, de toutes les ethnies et nations de l'Union Soviétique, dans la lutte contre l'ennemi commun, le nazisme.

Durant les années de la grande Guerre Patriotique, dans la Briantchina, épaule contre épaule, combattaient des patriotes soviétiques de quarante-deux nationalités différentes, ainsi que des antifascistes, Hongrois, Autrichiens, Allemands, Roumains, Polonais, Tchèques, Slovaques, Bulgares, Espagnoles.

Dans les rangs des partisans de la Bryanchtchina, la grande union de la jeunesse représentait 80% et plus, des combattants. Les partisans komsomols et toute la jeunesse, que commandaient Vladimir Ryabok (Diatkovo), Philippe Strelets (circonscription de Navlinski,) Mikhaïl Belov (circonscription de Souzemski,) Luttaient courageusement. Des détachements semblables se trouvaient à Troubtchevski ainsi que dans d'autres circonscriptions.

Le rétablissement du pouvoir soviétique dans les régions libérées par les partisans, aidait à maintenir parmi la population s'étant momentanément retrouvé en territoire occupé et qui ne vivaient pas seulement dans les circonscriptions libérées, mais également par delà celles-ci, un haut niveau de force morale et de mobilisation. D'octobre 41 à septembre 43, suite aux actions des partisans de Briansk : plus de 100 000 soldats et officiers hitlériens furent mis hors d'état de nuire, dans la région. 1040 trains militaires furent plastiqué, 226 tank et blindés, 120 avions, furent détruits. Quatre-vingt-dix-neuf ponts de chemins de fer ainsi que 4226 ponts en bois, furent plastiqués. Près de trois cents kilomètres de voix ferrées furent mis hors service, etc.

Sous le commandement de Markian Popov les partisans de Briansk ont pris une part active dans le cadre du Front de Briansk, à la libération de leurs villes et villages natals.

Après la libération de la région, près de vingt mille partisans de Briansk, intégrèrent les rangs de l'armée rouge et continuèrent le combat jusqu'à la victoire. D 'autres, nombreux, se sont joints au travail de reconstruction de la région ravagée par la guerre; ce qui a cet instant, était particulièrement urgent et important.

« La chanson du jeune partisan ~ Песня Брянских партизан ~ Pesnia Brianskovo partisan » dont la musique fut écrite par Dmitri Kabalski et les paroles par Lebedev-Koumatch, relate le difficile combat et les faits d'armes de ces jeunes partisans.

Voici deux vidéogrammes de ce chant. Le premier est interprété par Evgueni Beliaev et Alexeï Sergueiev. Les interprètes du second vidéogramme ne sont pas connus.

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Chanson des partisans de Briansk ~ Песня брянских партизан

Musique : D. Kabalevski ~ Texte : V. Lebedev-Koumatch

Dans les bois sombres et profonds,
Un jeune partisan
S'est embusqué avec son détachement.
Sous la pluie d’automne
L'ennemi, nous l'attendrons,
La vermine fasciste, nous l'écraserons !

Ni nos sœurs, ni nos femmes,
Près de la fenêtre, ne nous attendent,
Nos mères ne dresseront pas le couvert
Nos familles sont parties,
Nos maisons ont été incendiées,
Seul hurle le vent dans les ruines...

Vole, au-dessus du pays,
Ce vent familier,
Comptant les blessures et les larmes,
Afin que durant la nuit,
Aux bourreaux, on puisse faire payer,
Pour les enfants et les pères des partisans.

Dans les bois sombres et profond,
La lune ne brillait pas,
Dans le ciel clair, l'aube s'effaçait
Le convoi fasciste, Là-bas,
Dérailla, se renversa,
Sur ses propres mines, sauta.

Dans les bois sombres et profonds,
Un jeune partisan
S'est embusqué avec son détachement.
Sous la pluie d’automne,
L'ennemi, nous l'attendrons,

La vermine fasciste, nous l'écraserons !
(1943)

 

Traduction : Sarah P. Struve.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 08:05

"Златые горы ~ Zlatyé gory ~ Montagnes d'or" un chanson populaire dont l'auteur n'est pas connu. Cette chanson semble dater de la fin du XIX, ou du début du XX°. Elle fut rendue célèbre par l’interprétation de la chanteuse Lidia Rouslanova (1900 ~ 1973)

Igor semionov. (Когда б имел златые горы. 1993 )Voici donc deux vidéogrammes de cette chanson :

- Le premier reprend sur des images d'un film muet de 1907, "le cochon danseur," l'interpretation de Lidia Rouslanova. C'est une vidéo étonnante, qui semble parfaitement illustrer cette danse fatale entre l'oligarchie politico-économique ukrainienne et les peuples de ce pays multiple.

- Le second vidéogramme est une interprétation du cœur académique Populaire Russe de Sibérie, enregistré en 2005, lors du jubilé des 25 ans de travail de Viatcheslav Motchalov, en tant que chef de ce cœur.

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Златые горы / Les montagnes d'or

Chanson populaire russe


«Même si j’avais des montagnes en or
Et des rivières pleines de vin.
Je les donnerais pour tes caresses, tes regards,
Afin que toi seule me possède ».

«Ne me harcèle pas injustement,
Dis toute la vérité à mon père.
Alors heureux et librement
Nous irons vers la couronne nuptiale, en priant».

« Oh, ma douce,  ta main,
Plus d’une fois, Je là lui ai demandé.
Mais, il n’a pas compris mes tourments
Un cruel refus, il m’a donné.

Demande un conseil à ton cœur,
Toi qui es touché par ma douleur.
Et, croyant en la sacralité du
vœu...
Cours rejoindre ton amoureux.»


"Comment, mon doux, pourrai-je abandonner
Ma famille et mon pays natal ?
Car tu m’emmèneras à l'étranger
Et, toute seule, là-bas, tu m’abandonneras.»

Nous avons filé dans un pays étranger,
Et au bout d'un an, il m'a trompé,
Oubliant son fatal serment,
Lorsque, d'une autre, il s'est énamouré.

Et il m'a dit, honteux de son mensonge:
«retourne chez ton père, à la maison.
abandonne mes murs, Maria !»
Et jusqu'au perron, il m’accompagna.

Traduction: Sarah P. Struve.
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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 10:40

"Позабыт-позаброшен ~ Pozabyt pozabrochen ~ Oublié, abandonné" est une chanson populaire russe dont les auteurs sont inconnus. La chanson a de multiples versions, chacun chantant sa version sur des mots oubliés.  Il est vrai, qu’une source dit que l'écrivain Vadim Saphonov affirme dans son livre "Гранит и синь ~ Granit i Sin' " publié en 1979,  qu'il a écrit cette chanson durant les années de guerre civile, lorsque enfant, il vagabondait de par la Russie. Il semble impossible d'affirmer ou non la véracité des dires de Saphonov. Cependant il semble que cette chanson soit apparue un peu avant, encore dans la Russie impériale, que sa popularité est venue peu à peu en lien avec les évènements révolutionnaires et surtout la guerre civile qui s’ensuivie. Elle était particulièrement rependue dans ses différentes variantes parmi les enfants-vagabonds les "Bezprizorniki" littéralement "sans surveillance" durant les années 20 et 30 du siècle dernier. Ces enfants-vagabonds se comptaient par centaines de milliers, sinon par millions, à travers toute la Russie ravagée par la guerre civile.

" Oublié, abandonné" a été chantée dans le premier film sonore fait en U.R.S.S.  "Le chemin de la vie" (1931) contribuant aussi à sa popularité. Pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, la chanson est revenue de nouveau dans la rue. À cette époque il y avait beaucoup d'orphelins sans foyer  - leurs maisons ayant brûlé, leurs parents, morts ou disparus - ces adolescents errants faisaient  l’aumône, en chantant des chansons.
Sans titre - 3 copierPour ma part j’ai entendu cette chanson dès mon plus jeune âge ; le beau-père de ma mère, pour moi c'était mon grand-père ; Guèorgui Pavlovitch Sleptsov, un autodidacte musical de génie, la jouait au piano et la chantait de sa voix de velours. Cette chanson était pour lui de l’ordre du vécu : Lui-même, enfant originaire du kraï de Stavropol, s’était retrouvé à l’âge de huit ans,
durant la guerre civile, à vagabonder à travers le sud de la Russie, jusqu'à ce qu’un officier « l’adopte » et qu’il rejoigne l’Europe avec les restes de l’armée blanche, pour s’installer finalement à Paris où il rencontra ma grand-mère maternelle de beaucoup plus âgée que lui. Il vécut avec elle jusqu’à la mort de celle-ci. De cette voix magnifique, malheureusement, il n’a été fait aucun enregistrement.

    - La première vidéo est celle de l’interprétation d’Oleg Pogoudine. Je l’ai choisie car la voix de Pagoudine semble la plus proche de celle de Gueorgui Sleptsov, bien que pour moi, la voix de mon grand père fut incomparable.

  - Le deuxième vidéogramme est issu de ce premier film sonore soviétique : «Путевка в жизень ~ Poutiovka v jyzen’ ~ Le chemin de la vie »

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Позабыт-позаброшен / Oublié, abandonné

Chanson de rue   

Là-bas, dans le jardin, auprès de la vallée,
Un rossignol assourdissant chantait,
Et moi, le gamin perdu à l'étranger,

Des gens, j’ai été oublié.

Oublié, abandonné,
Depuis mes jeunes années

Et moi, le gamin, l’orphelin,
De bonheur, je n’en ai point.

Je ne suis pas des leurs, à l'étranger
Et je vis sans famille,

Et de coin familier,
Nulle part, je ne trouverai.

Voilà que j’ai trouvé un abri
Mais, ce n’est pas plus mon pays,

Derrière les barreaux d’une maison de correction,
Derrière des murs de briques.

Ils m’ont amené, ils m’ont enfermé,
Et moi je pensai qu’ils plaisantaient

Et au matin ils m’ont annoncé :
Tu seras fusillé.

Voila qu’ils me tueront, je serai enterré,
Et je disparaîtrai,

Et personne ne saura,
Où ma tombe se trouvera.

Sur la tombe, sur la mienne,
Personne ne viendra,

Seule annonçant le printemps,
Le
rossignol chantera.

Il chantera, gazouillera,
Et de nouveau s’envolera,

Et ma pauvre petite tombe,
Solitaire
restera.

Chez les autres, sur leurs tombes
Il y a toujours des fleurs et des couronnes;

Chez moi, chez l’orphelin,
Que des souches desséchées.

Là-bas, dans le jardin, dans la vallée,
Un rossignol assourdissant chantait,

Et moi, le gamin, perdu à l'étranger,
Des gens, je suis oublié.

 Traduction: Sarah P. Struve
Памяти Георгия Павловича Слепцова.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 10:46

J’avais écouté et aimée les sœurs Fedorov alors que j’étais encore enfant, leurs voix m’avaient envoutés et m’avaient accompagnées durant toute mon enfance, puis les vieux microsillons 25cm de Melodia, s’étaient abimés ou perdus dans les déménagements et je ne les avais plus entendues.  Elles restaient présentes dans mon esprit avec  leur chant polyphonique issu plus particulièrement de la région de Pskov, je les ai redécouvertes avec un grand bonheur, l’année dernière sur la toile.soeur fedorov disque

La chanson russe vivait depuis longtemps dans la famille Fedorov. Elle résonnait dans le village natal, Staryi Borok dans la région de Pskov, elle résonnait dans la rue Baltiskoïa, où les  Fedorov se sont installés depuis qu’ils étaient partis de Leningrad. Dans la famille tout le monde chantaient: le père, la mère, les enfants. Ivan Fiodorovitch et Daria Iakovlevna chantaient souvent ensemble. Les sœurs étaient assises à cette époque sur un vieux coffre, en écoutant les voix de leurs parents. Déjà, Il ne passait pas de jour sans que la mère, Daria Iakovlevna, n'entende la même chanson  sur ses filles. « Apprenez aux filles, la musique – lui conseillait-on – il sortira toujours quelque chose d’elles ». À Leningrad, les sœurs travaillaient à l’usine Kirov. Mais la guerre, le siège de Leningrad, ont chamboulés  leur  vie. Le père est parti au  front. La famille fut évacuée dans l'Oural, à Sverdlovsk (Ekaterinbourg)    Nous travaillerons tous, excepté Galia– elle est trop petite encore – avait décidé la mère. Katia est allée à l'atelier de couture, Nastia est devenu cordonnier, Ninel’,  constructeur,  Nina était tourneuse. Elles travaillaient beaucoup, mais la chanson n'était pas oubliée dans les conditions difficiles de la guerre.
Voici un premier vidéogramme des sœurs Fedorov : «  При народе, в хороводе - pri norodie, V khorovodie - Devant les gens, dans la ronde »

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При народе, в хороводе / Devant les gens, dans la ronde

Chanson populaire

Devant les gens, dans la ronde,
Un gars, une fille a enlacée,
Et la gamine a eu honte,
Elle s’est mise à pleurer, à sangloter.

Frappe, frappe, frappe, bats,
Danse sans pitié pour tes pieds.

Comment irai-je à la maison, maintenant,
Chez moi, on va me tancer.
Tes baisers enflammés,
Sur mes lèvres, sont brûlants.

Frappe, frappe, frappe, bats,
Danse sans pitié pour tes pieds.

Qu’est-ce donc que ce luron,
Tellement badin,
Qu’est-ce donc que ce gamin,
Tellement mignon.

Frappe, frappe, frappe, bats,
Danse sans pitié pour tes pieds.

Devant les gens, dans la ronde,
Un gars, une fille  a enlacé,
Et la gamine a eu honte,
Elle s’est mise à pleurer, à sangloter.

Traduction : Sarah P. Struve

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 10:14

Timofeev"За окном черемуха колышется – Za oknom tcherïomoukha kolychytsa - Sous la fenêtre, le merisier bruit" est une  romance dont le texte original fut écrit en 1926 par Boris Timofeev (1899-1963)  plus connu  comme un « poète – satiriste. » il est, cependant, l’auteur de nombre de poèmes qui devinrent des romances. Le texte  même de cette chanson, est une variation de l’auteur autour de son poème.

  Le nom du compositeur de la musique n’apparaît dans aucun recueil de chansons soviétique où fut publiée cette romance. Il Prozorovski soldat zoomest plus que probable, que l’auteur en soit Boris Prozorovski, dont Stengazeta a déjà parlé et qui travailla souvent avec Timofeiev. 

La vidéo ci-après,  trouvée sur le net, reprend l’une des plus belles interprétations de cette chanson, celle du cœur académique populaire russe de l’Oural.

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За окном черемуха колышется / Sous la fenêtre, le merisier bruit

Paroles : Boris Timofeev – Musique Boris Prozorovski

Sous la fenêtre, le merisier bruit,
Ses pétales, répandant.
De derrière la rivière, une voix familière s’entend,
Là-bas, les rossignols chantent toute la nuit.

Mon cœur de jeune fille s'est mis à battre joyeusement …
Comme il fait  doux, comme il fait bon dans le jardin!
Attends-moi, mon joyeux, mon aimant,
À l'heure intime je viendrai à toi.

O, pourquoi mon  cœur, par toi, fut arraché ?
Pour qui donc, maintenant, brille ton regard ?
Je ne regrette pas que tu m'aies quitté,
Je regrette seulement que les gens parlent trop.

Droit vers la rivière, s’enfonce, le sentier,
Le gamin dort, il n’y est pour rien.
Je ne vais ni pleurer, ni m’attrister,
Le passé ne reviendra jamais.

Sous la fenêtre, le merisier bruit,
Ses pétales, répandant.
De derrière la rivière, la voix familière ne résonne plus,
Là-bas, les rossignols ne chantent plus.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 12:49

"На улице дождик - Na oulitsé dozhdik - Dans la rue, la pluie" est une chanson populaire russe datant certainement, au plus tard du début du XIX° siècle. Le nom des  auteurs de cette chanson, reste inconnu.

Sarah-P-Struve-na-ulitse-dozhdik.jpgL’une des plus belles interprétations, est celle de Lidia Rouslanova, (1900 – 1973) Lidia Rouslanova est  une célèbre chanteuse populaire russe. Originaire d’une famille de vieux croyants, elle était avec Clavdia Shulchenko, le prototype de ces chanteuses russes qui ponctuèrent le XX° siècle soviétique.

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На улице дождик / Dans la rue, la pluie
Chanson populaire

Dans la rue, la pluie
Tombe à verse
Tombe à verse
Rabattant la terre
Rabattant la terre
Un frère, berce sa sœur
Oï, liuchenki lïuli
Un frère berce sa sœur
Un frère berce sa sœur
Il lui dit
Dépêche toi de grandir,
Et sois plus sage.
Tu deviendras grande
En mariage, on te donnera
Oï, liuchenki lïuli
En mariage, on te donnera
En mariage, on te donnera
Dans un village étranger
Oï, liuchenki lïuli
Dans une famille ne voulant pas de toi.
Dans la rue la pluie
Tombe à verse
Rabattant la terre
Rabattant la terre
Un frère berce sa sœur.

Traduction ; Sarah P. Struve

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 14:52

David-Samoilov.jpgCette chanson qui est souvent présentée comme une chanson populaire, est en fait, un poème de David Samoïlov mis en musique par le barde Victor Stolïarov, poème, qui à l’origine portait le nom de « La chanson du hussard.» Voici ce qu’en raconte Victor Stolïarov : 

« J’ai lu le poème de David Samoïlov « La chanson du hussard » dans le journal « Ogonïok » les mots simples, expressifs, m’ont, si l’on peut dire, accrochés. Tout de suite j’ai ressenti l’intonation d’où est née spontanément une mélodie. Cela se passait vers le milieu des années 80. Je ne m’en rappelle pas exactement, mais il semble que pour la première fois la chanson fut interprétée par notre ensemble « Talisman » au festival de la ville de Pouchtchino sur le fleuve Oka. C’est alors que Ada Iakoucheva (poétesse et animatrice radio) parlant du festival à la radio « Iunost » a fait passer à l’antenne cette chanson. L’ensemble faisait des représentations dans les grandes et petites salles de différentes villes, (….) il était connu que d’un cercle étroit d’amateurs de la chanson d’auteur. C’était d’autant plus étonnant que l’on demandait souvent d’interpréter la chanson « Lorsque nous étions à la guerre ». On me racontait après, que l’on avait entendu cette chanson dans des endroits les plus inattendus, par exemple, des touristes l’avaient chanté dans les montagnes du Tien Shan. Il n' y a pas longtemps des amis m’ont racontés que Pélaguéia, interprète de chansons populaires cosaques, la chantait d ‘une façon « très ressemblante». 

Sur le premier vidéogramme ci-après, « Lorsque nous étions à la guerre » est interprétée par Alexeï Efimov, consacré en 2009 comme étant le premier des dix meilleurs joueurs amateurs d’accordéon de Russie par l’émission du 1° kanal: « играй гармонь – Igraï garmon’ - Joue accordéon »

Le second videogramme est interprété et joué par le Théâtre de Transbaïkalie.


______________________

Когда мы были на войне  / Lorsque nous étions à la guerre

Paroles: David Samoïlov – Musique: Victor Stolïarov


Lorsque nous étions à la guerre
Lorsque nous étions à la guerre
Là-bas, chacun pensait
A sa femme ou à son aimée.

Et moi aussi, j’aurai pu y penser,
Et moi aussi, j’aurai pu y penser,
Lorsque ma bouffarde, je regardai,
Et sa petite fumée bleutée.

Comme, il fut un temps, tu me mentais,
Comme, il fut un temps, tu me mentais,
Comme ton cœur si léger,
A un autre ami, tu as donné.

Mais, à personne, je ne pensai,
Mais, à personne, je ne pensai,
Ma bouffarde, je ne faisais que fumer,
Avec son tabac turc plein d’âcreté.

Lorsque nous serons à la guerre,
Lorsque nous serons à la guerre,
A la rencontre des balles, je m’envolerai,
Sur un jeune coursier
.

Je ne fais qu’attendre la balle fidèle,
Je ne fais qu’attendre la balle fidèle,
Celle qui, ma tristesse, apaisera,
Et, ma colère, abattra.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 07:11

"stïojki-dorojki -  les sentiers" est une chanson populaire dont les auteurs ne sont pas connus. Cette chanson fait partie de celle, qu’inévitablement, entonnent quelques convives d’une fête finissante, lorsque la gaité et l’excitation laisse place à la nostalgie.

im 6Nombre d’interprètes l’ont chantée et la chantent, telle Olga Voronets ou encore Pélaguia, mais peut-être, la plus belle, la plus envoutante version, est celle qui ici, est interprétée par le cœur académique populaire russe de l’Oural, ensemble musicale basé à Ekaterinbourg dans l’oblast’ de Sverdlovsk. L’enregistrement, retrouvé presque miraculeusement, date de la fin des années 50.

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Cтежки-дорожки /  Les sentiers
Chanson populaire
 

Se sont enfouis, les sentiers,
Là où sont passées  les jambes de mon aimé,
Se sont recouverts de mousse, se sont embroussaillés,
Là où nous nous promenions avec toi, mon aimé.

Pleurant nos adieux, nous nous enlacions,
De ne pas nous oublier, nous nous le promettions.
Depuis ce temps, je n’ai plus de tranquillité,
Avec une autre, certainement, se promène mon aimé.

S’il ne m’aime plus, s’il m’a oublié
Si une autre, il a enlacé,
Je jure que de lui, je me vengerai,
Dans une rivière profonde, je m’enfoncerai.

Oiselets chanteurs, dites-moi la vérité,
Apportez-moi des nouvelles de mon bien-aimé.
Où donc, mon aimé s’est évanoui, où s’est-il caché ?
Mon pauvre cœur souffre et est éploré.

Se sont enfouis, les sentiers,
Là où sont passées  les jambes de mon aimé,
Se sont recouverts de mousse, se sont embroussaillés,
Là où nous nous promenions avec toi, mon aimé.

Traduction: Sarah P. Struve

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Published by Sarah. P. Struve - dans Chansons populaires russes
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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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