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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 22:01

Cette chanson est apparue en occident au début des années soixante. Un 45 tours circulait : sur l’une des  faces on pouvait entendre « Camarade Staline »  sur l’autre « J’ai traversé la Sibérie » L’enregistrement était de mauvaise qualité.

Il existe nombre de variantes de cette chanson de prisonnier dont l’auteur n’est pas connu. Souvent sous le titre, «Приморили гады Primorili, gady - ils m’ont détruits, les salauds.» dont la version de V. Vissotski, celle de C. Nikitine ou encore celle-ci. Dans les années 90, cette chanson fut reprisse par Mikhaïl Kroug.

kroug.jpgMikhaïl Kroug [1962 – 2002] de son vrai nom, Mikahaïl Vorobiov, était un barde. Il a commencé sa carrière en participant en  1987, à un concours de chansons d’auteur. Il  gagna alors la première place avec sa chanson «Про Афганистан  - Pro Afghanistane - sur l’Afganistan 

Mikhaïl Kroug avait une prédilection pour les chansons de truands et ses chansons étaient très appréciés par « le milieu «  avec lequel il se lia par la force des choses.
Il fut assassiné à son domicile, dans la nuit du 30 juin au 1° juillet 2002. 

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Я прошел Сибирь / J’ai traversé la Sibérie

Mikhaïl Kroug

J’ai traversé la Sibérie chaussé de lapties,
Ecoutant les chants de vieux bergers.
S’avançaient les lueurs crépusculaires,
Des bords de la Caspienne, le vent soufflait.

Tu es entrée, comme dans un indicible conte;
Tu t’es enfuie, m’ayant oublié.
Avec ma guitare je suis resté à cafarder,
Parce qu'avec un autre, tu t’en es allée.

Peut être, ne devrai-je pas m’attrister,
Lorsque les roses commencent à fleurir ?
Les roses de ce jardin printanier,
Je n’ai plus personne à qui les offrir.

Ils m'ont détruits, les salauds, ils m’ont annihilés,
Ils ont pris ma petite liberté,
Mes boucles d’or ont blanchis,
Au bord du précipice, me suis assis.

Traduction Sarah P. Struve

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:07

khorenkoLe Khorenko orchestre est un groupe musical de Saint Petersburg crée par Dmitri Khorenko. Khorenko, créa son premier programme musical en 1995 alors qu’il était étudiant à l’Académie nationale des arts du théâtre de Saint-Pétersbourg. A cette époque, il travaillait parallèlement comme animateur radio. À partir de 1997, autour de lui, se forme un collectif musical avec comme dominante une musique jazzy qui donne naissance au « Khorenko orchestre». Voici donc, par le Khorenko orchestre, l’interprétation jazzy d’une chanson de truands datant d’avant la révolution russe et dont les auteurs ne  sont pas connus ; « Чубчик – tchubtchik – Le toupet » cette chanson, dans sa version classique fut notamment interprétée par Piotr Lechtchenko et l'est également, d'une façon flamboyante, par Jeanna Bitchevskaïa.

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Чубчик / Le toupet

Chanson de voleurs

Toupet,  petit toupet, toupet frisé,
Flottes, toupet, au vent !
Avant, toupet, je t’aimai,
Je ne peux t’oublier maintenant.

Parfois, je mets sur la nuque mon galurin,
Je vais m’balader de minuit jusqu’au matin !
Et de dessous le chapeau, le toupet s’échappant,
Il se met à flotter au vent !

Toupet, petit toupet, toupet frisé,
Mais tu ne flottes plus au vent !
Et toi, ma poche, petite poche trouée,
Toi, tu ne plais, tu ne plais pas au truand !

Lhiver passera, Viendra l'été,
Les fleurs refleuriront abondamment dans le jardin.
Quant à moi, pauvre gamin,
Mes pieds et mes mains, de fer seront enchaînés.

Mais, la Sibérie, la Sibérie je n’en ai pas peur, moi,
La Sibérie, n’est-ce pas une terre russe également.
Toupet frisé, Déploie-toi,
Accompagne-moi, en flottant au vent.

Toupet,  petit toupet, toupet frisé,
Mais tu ne flottes plus au vent !
Et toi, ma poche, petite poche trouée,
Toi, tu ne plais, tu ne plais pas au truand !

Traduction ; Sarah P. Struve

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:40

La chanson "Le vagabond" devint très populaire au début des années 1900, cependant elle était déjà largement rependue dans les milieux carcéraux de Sibérie et, cela dès 1880. Cette chanson populaire semble ne pas avoir d’auteurs connus. Elle fut interpreté par nombre d’artistes populaire russes, telle Lidia Rouslanova.

baikalIci le choix s'est porté sur deux interprètations: Dans le premier vidéogramme, c’est le Chœur Piatnitski qui l’interprète d’une façon magnifique. Le deuxième vidéogramme est issue du beau film "Сказание о земле Сибирской – Skazanïa o zemlie Sibirskoï - Légende de la terre Sibérienne" datant de 1947. Dans cet extrait c’est l’acteur Vladimir Druzhnikov qui l’interprète.

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Бродяга  / Le vagabond

Chanson populaire

De par les steppes sauvages de Transbaïkalie
Où, des montagnes, l’or est extrait,
Un vagabond, maudissant le destin,
Une besace sur l’épaule, Se trainait. 

À travers la taïga épaisse, Il avançait
Où, seuls des oiselais chantaient,
Sa gamelle battant son côté,
Des bottes de feutre, ses jambes, blessaient.

Par une nuit sombre, il s’est enfuit de prison,
En prison, il avait souffert pour la vérité
Fuir plus loin il ne le  pouvait ;
Devant lui, le Baïkal s’étalait.

Du Baïkal, s’approche le vagabond,
Il empreinte une barcasse de pécheur
Et se met à chanter une triste chanson,
Il chante quelque chose à propos de sa terre.

Le Baïkal, le vagabond a traversée,
A sa rencontre, sa propre mère.
Ah, bonjour, bonjour la mère,
Mon frère et mon père sont-ils en bonne santé ?

" Depuis longtemps, dans sa bière,
Ton père est couché dans l’humide terre,
Depuis longtemps, en Sibérie, ton frère
Depuis longtemps, résonnent de ses fers"

Traduction : Sarah P. Struve

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 13:25

Cette chanson, parle de ceux qui formaient ce que l’on appelait lors de la guerre civile « la troisième force » les insurgés verts ou partisans verts, noms que se donnaient des détachements irréguliers composés principalement de paysans et de cosaques opposés aux exactions tant des  bolcheviks, que des blancs. leur objectif principal était la convocation d’une nouvelle Assemblée constituante. Deux tendances se détachaient chez ces « paysans – anarchistes » les rouge-verts, plus proches du mouvement bolchevik et  les blancs-verts, restant opposés aux idées collectivistes et dont l’un des slogans était « La terre aux paysans ! ».  Ce mouvement est né dans le sud de la Russie, dans la région de Krasnodar , il a inclus les villageois de Razdolnoïe, d’Izmaïlovka et d'autres villages du territoire de Krasnodar. l'armée populaire de Makhno et les rebelles de Tambov se désignaient comme faisant partie de la mouvance des « Verts ». Boris Savinkov essaya de s‘auto-désigné leader du mouvement vert en soutenant  les partisans des détachements  de Stanislaw Boulak-Balakhovich .

tchizh olbum o lioubvi

«Voila qu’une balle siffla » est interprété par le groupe Tchizh & co de Sergueï Tchigrakov, groupe créé en 1990. Cette chanson anarcho-populaire est issue de l’album « «...О Любви - …O Lioubvi - …De l’amour » enregistré et publié en 1995. 

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Вот пуля просвистела ....  / Voila qu’une balle siffla....

Tchizh & co

Voilà qu’une balle siffla, droit dans ma poitrine, entra,
Dans la steppe, sur mon étalon hardi, me suis sauvé.
Mais d’un coup de sabre, le commissaire me rattrapa,
Chavirant de mon étalon, suis tombé.

Eh, oh, moreau est mon étalon !
Eh, et la lame est en acier !
Eh, et le brouillard est épais !
Eh, oh, et le petit père, l’ataman, et le petit père, l’ataman !

Sur une seule jambe, suis revenu de la guerre,
J’attache mon étalon et m’attable auprés de ma femme,
Pas une heure ne se passe, qu’arrive le commissaire,
Il détache mon étalon et enlève ma femme.

Eh, oh, moreau est mon étalon !
Eh, et la lame est en acier !
Eh, et le brouillard est épais !
Eh, oh, et le petit père, l’ataman, et le petit père, l’ataman !

Du mur, j’ai décroché le sauveur et, sous ma chemise, l’ai caché,
Prenant mon fusil, ma maison, j’ai incendié,
Vivre sous les soviets, c’est marchander sa croix !
Nombre d’entre nous, dans la forêt, se sont enfoncés.

Eh, oh, moreau est mon étalon !
Eh, et la lame est en acier !
Eh, et le brouillard est épais !
Eh, oh, et le petit père, l’ataman, et le petit père, l’ataman !

Traduction : Sarah P. Struve 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 13:33

"Напилася я пьяна – Napilas’ ïa piano - J’ai bue jusqu’à l’ivresse" est une chanson populaire russe dont les auteurs ne sont pas connus. En 2000, cette chanson est chantée dans le beau film de Pavel Lounguine « La noce » par les deux solistes - Valérie Siomine & Lena Vassiliok - du groupe "Белый день – Belyi den’ " crée en 1990. dans le film ils jouent le rôle d'un prêtre accordéoniste et de son épouse.

Le groupe "Bely den" publia en 2002 dans son album "Песни о любви - Pésni o lubvi - chansons d'amour", une chanson – Le coucou chantait - construite autours du  premier couplet de «  J’ai bu jusqu’a l’ivresse » et s’inspirant librement pour le reste du texte des autres couplets de celle-ci.

Voici donc le vidéogramme où le groupe "bely den" reprend sa, plus que magnifique, version avec en incrustation, l’extrait en question du film  de Lounguine. 


Bely-den.jpg

Le coucou chantait / Куковала кукушка

Valérie Siomine & Lena Vassiliok

Le coucou chantait
Au loin, au-dessus de la rivière.
Emportes coucou,
Mon chagrin avec toi.
Où donc se promène mon aimé,
Et de quel côté,
Comme mon âme est amère, coucou,
Comme mon âme est amère.
Où donc se promène mon aimé,
Et de quel côté.
Comme mon âme est amère, coucou,
Comme mon âme est amère.

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le lointain sentier
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le lointain sentier
Jusqu'à la cerisaie.

Peut être quelque chose est arrivé,
Peut être que je ne le sais,
Aide-le, mon Dieu,
Je t’en conjure.
Et si, tout de même, une autre
L’a embrassée,
Punie-le, mon Dieu,
Punie-le.

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.

Il faut me tresser une couronne,
Que l’emporte la rivière,
Je tresserais avec cette couronne
Un petit cœur zélé.
Pleurera le petit cœur
Sur la rive étrangère.
Le petit cœur, il entendra,
De moi, il se souviendra.

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie. 

J’ai bu jusqu'à l’ivresse,
Je n’arriverais pas jusqu'à la maison,
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.
M’emmena, le sentier lointain
Jusqu'à la cerisaie.

Traduction Sarah P. Struve

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 10:33

L’ensemble "Гостя - Gostia - La convive" qui interprète ici "La sigogne de Vologda" est un groupe qui s’est donné comme but de faire revivre la chanson populaire russe ainsi que les traditions locales de la région de la ville de Vologda, ville dont parle si bien Varlam Chalamov dans "La quatrième Vologda" (Éditions Verdier) Il faut lire et relire ce livre, afin de ressentir cette Russie provinciale mais non moins éclairée, d'avant guerre civile, Dans ce récit de la jeunesse de Chalamov, on voit resurgir comme par miracle, celle ci, pure de cœur qui, plus tard, sombrera un temps pour enfin renaitre peu à peu de nos jours.

Vologda

"Играй, гармонь - Igraï garmon' - Joue accordéon" est une émission de télévision diffusée par le 1° kanal tous les dimanches matin et ce, depuis plus de vingt ans. Consacrée à l’accordéon ainsi qu’a la chanson populaire. Les animateurs de l’émission voyagent de semaine en semaine à travers les provinces de la Fédération de Russie et rencontrent des musiciens amateurs. C’est dans ce cadre qu’a été filmé L’ensemble "Gostia" interprétant cette chanson.

 

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La cigogne de Vologda Вологодский журавль

Chanson populaire

 

Vers son rivage russe natal,
A l’ombre des bouleaux argentés
Dans ses plumes, notre cigogne de Vologda,
Une flèche d 'Afrique, rapporta.

Je ne suis ni une cigogne, ni un cygne,
Mais, juste une simple grue cendrée
Et je reste dans le ciel russe,
Tout en volant à travers
de lointaines contrées..

Le morceau de flèches est en bois
Avec une pointe en acier,
Qu’en se grattant le cou, un palefrenier aviné,
Se penchant au dessus d’elle, extirpa.

Je ne suis ni une cigogne, ni un cygne,
Mais, juste une simple grue cendrée
Et je reste dans le ciel de Russie,
Tout en volant à travers de lointaines contrées.

Et combien les vents ne m’emporteraient
Vers des terres d'outre-mer,
La flèche Russie, de mes ailes,
Restera mon amour, mon regret.

Je ne suis ni une cigogne, ni un cygne,
Mais, juste une simple grue cendrée
Et je reste dans le ciel de Russie,
Tout en volant à travers
de lointaines contrées.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 11:27

nekrasov_b.jpgAppelée familièrement “Korobouchka – la petite boite“, cette chanson est basée sur le poème « Korobeïniki, - Les Colporteurs » écrit en 1861 par Nikolaï Nekrassov, poètes de la Russie paysanne du XIX siècle, et publiée peu de temps après dans le magazine Sovremennik. Les “ korobeïniki“ étaient des marchands ambulants dans la Russie pré-révolutionnaire.

La chanson reprend plusieurs strophes du poème de Nicolaï Nekrassov entre les quelles, parfois, sont insérées un ou deux couplets de ce que l’on appel en Russie des « Честушки - Tchestouchki » sorte d’improvisation populaire de courtes histoires plus où moins humoristiques. Voici la traduction de l’une de ces tchestouchki : Un rossignol chantait chez ma belle mère ! / Le rossignole, de dormir, l’en empêchait, / J’ai pris mon fusil, le rossignol, je l’ai tué. / Dors paisiblement ma belle mère !

la musique de cette chanson, dont l’auteur n’est pas connu, a acquis rapidement le statut de musique folklorique russe. Elle a, entre autre, été utilisée comme bande son dans le film “Voyage au bout de l’enfer“ Elle est également merveilleusement interprété par le quartet “Bond“.

colporteur chat statue.jpg

- Dans le premier videogramme, la chanson est interprétée par Mikhail Smirnov et son groupe Barynya, groupe de folk russe basé à New-York.
- Le second vidéogramme reprend l’interpretation de Nadezhda Kadychéva et de son groupe « L’anneau d’or »

colporteur dessein

O, elle est pleine, elle est pleine ma petite boite
Y a de l’indienne et du brocard,
Aie pitié, ma petite âme chérie,
De l’épaule du gaillard !

Viens ! Viens dans les hauts blés !
Là, jusqu'à la nuit, je t’attendrai,
Et si j’aperçois tes yeux noirs,
Tous mes articles, j’étalerai.

Leurs prix élevés, moi-seul, les ai payés,
Ne soit pas avare, ne marchandes pas :
Approche
tes lévres vermeilles
Plus prés de ton chéri, assieds-toi.

Voila qu’est tombée une nuit embrumée,
Le fier gaillard attend,
Quoi, elle vient ! - Elle est venue, la désirée,
Le camelot, ses marchandises, étalant.

Katia marchande délicatement,
Elle a peur de céder.
Le gars, embrassant la fille,
Demande un prix plus élevé.

Seule la nuit profonde sait
Comme ils se sont aimés!
Redressez-vous, hauts blés
Gardez pieusement ce secret !

O, elle est pleine, elle est pleine ma petite boite
Y a de l’indienne et du brocard,
Aie pitié, ma petite âme chérie,
De l’épaule du gaillard !

Traduction : Sarah P. Struve

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:18

« Là-bas, au loin, de l'autre côté du fleuve » est surtout connue comme l’un des plus beaux chants bolchevik. Il existe plusieurs versions sur l’origine de ce chant, ainsi que différentes paroles.

Dans la biographie de l’auteur de la version bolchevik, Nicolaï Martynovich Kool (1902/3 -1974), il est dit que Kool aurait écrit ce texte en 1924 dans la ville de Koursk, Les fenêtres de son logement donnaient sur le fleuve « Seïm » et se serait la vue sur la Seïm qui l’aurait inspirée pour les premières strophes du chant.

N KoolKool est né à Belgorod de père Estonien. Durant la guerre civile, Il fut membre de la Tcheka et plus particulièrement des TchON (ЧОН) «Части Особого Назначения - Unités à destination spécial » crées pour éliminer les contre-révolutionnaires. Ces unités étaient réputées pour leur cruauté et les façons expéditives qu’elles utilisaient contre toute personne considérée comme « contre-révolutionnaire », et la liste en était longue. Mais Kool est plus particulièrement connu pour sa traduction en russe de l’épopée estonienne appelée : « Kalevipoeg », Kool fit la traduction de « Kalevipoeg » essentiellement durant les années de la Grande Guerre Patriotique, où il fut d’abord commandant de compagnie, puis, plus tard, commissaire de bataillon dans le corps d'armée Estonien. Kool racontait qu’il traduisait l’épopée de nuit, à la lueur d’une lampe à mèche fabriquée avec une douille d’obus. Cette Traduction publiée dans l’après-guerre (1949), fut en URSS, un important évènement littéraire.

En fait, à ce que l’on sait maintenant, la mélodie de « Là-bas de l'autre côté du fleuve », avait déjà eu une existence autonome des paroles de Kool, pendant plus d’un siècle et avait servie à nombre de textes. Il existait par exemple sur cet air, une chanson de bagnards dont l’un des couplets disait à peu prés ceci : « C’est seulement en Sibérie / Que s'active l'aube, / Dans le village le peuple s'éveille. / Sur la cour d'étape / On entend le tintement des fers / Ce sont les déportés qui se rassemblent pour la route... »

Quand à la thèse disant que Kool fut inspiré pour les premières strophes de son texte par le fleuve « Seïm », celle-ci est contredite par une version antérieure datant de la guerre russo-japonaise (1904 – 1905) guerre que la Russie perdit et dont – d’après nombre d’historiens et comme le raconte Oleg Pagoudine - la conséquence principale fut la révolution russe, la guerre civile et le cortège de terreur et de famines qui s’en suivit.

Durant cette guerre, alors que la marine russe coulait le Variag pour qu’il ne tombe aux mains des Japonais, les troupes russes se bâtaient en Mandchourie contre les troupes du soleil levant: Décembre 1904 en Mandchourie. La chance militaire est du côté des Japonais. La Russie ne compte aucune victoire depuis le début des combats. Une mauvaise nouvelle brise les espoirs de l’armée Russe de Mandchourie - Port-Artur est tombé. Port-Artur a capitulé ! Les Japonais transfèrent leurs troupes de Port-Artur vers le nord, afin de défaire définitivement l’armée russe. C’est justement durant ces jours tragiques que le commandant de la brigade des cosaques de Transbaïkalie, le major général Pavel Michtchenko reçoit l'ordre d’organiser un raide de cavalerie à l'arrière de l'ennemi, de prendre la ville maritime d’Yingkou et de mettre hors service la voie ferrée sur le tronçon Liáo hé - Port-Artur.

guerre du japon

Michtchenko ne prend que des cosaques qui se portent volontaires, les prévenant que : "les blessés et les malades, en dérogation à la règle, seront abandonnés sur place pour ne pas ralentir inutilement le détachement(…)".

Le 26 décembre (9 janvier selon le calendrier grégorien) les Cosaques volontaires de Michtchenko, ayant enfoncés le flanc gauche des japonais, traversèrent le fleuve Liáo hé ( le nom exacte est Liào, hé voulant dire "fleuve"). Au soir du 31 décembre 1904 (13 janvier 1905 N.C.) les cosaques s’approchent d'Yingkou à l'embouchure du fleuve. Les fantassins japonais attendent déjà au fond de leurs tranchées. Pour ne pas s'égarer dans la nuit, le commandement ordonne d'allumer des feux de camps repères dans les villages des environs de Yingkou. ; Finalement ces feux de camps eurent un rôle fatal dans cette nuit du nouvel an russe. Ne connaissant pas le terrain, les troupes cosaques font fausse route, ne sachant vers quels feux se diriger.

Les Japonais derrière leurs fortifications, fusillent calmement les cosaques à une distance de cent pas. Les sabres sont impuissantsgeneral.jpg face au feu roulant des mitrailleuses japonaises. Trois fois de suite les détachements cosaques partirent à l’attaque, trois fois de suite, ils furent repoussés. Yingkou ne fut pas prise par les cosaques.

Voici donc les traductions de ces deux chants ; l’un, celui de Kool datant de 1924 , et l'autre celui sur la bataille de Yingkou, à l'embouchure du Liáo hé, la nuit du nouvel an russe. L’auteur de ce dernier chant n’est pas connu, mais c’est bien ces paroles là et le fleuve Liáo hé, qui inspirairent Nicolaï Kool.

Reste que dans la mémoire collective, et non seulement en Russie, la très belle version de Kool est la seule qui soit connue et reconnue.

Voici deux vidéogrammes où on peut entendre ces deux chants:

- Le premier vidéogramme glanée sur la toile, reprend « De l’autre côté du fleuve Liáo hé » sur des photos et des dessins d’archives de la guerre russo-japoonaise.

- Le second vidéogramme extrait du film : « Как закалялась сталь – Et l’acier fut trempé », d’après une nouvelle éponyme de Nikolaï Ostrovski. reprend l’extrait du film où la version de Nikolaï Kool est chantée à deux voix à peine portées par le son d'un accordéon.

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De l’autre côté du fleuve Liáo hé
За рекой Ляохэ

De l’autre côté du fleuve Liáo hé, s’allumaient des feux
Grondait menaçant le canon
Une centaine d'aigles vaillants
Des régiments cosaques
Au gallot partaient à l’attaque de Yingkou.

Les cosaques avançaient nuit et jour,
Dépassant montagnes et steppes.
Soudain au loin, près du fleuve,
Se mirent à briller des baïonnettes,
C'était les chaînes japonaises.

Et sans peur le détachement galopa vers l'ennemi,
Vers une bataille terrible et sanglante,
Et, de ses mains, le sergent,
Soudain laissa tomber sa lance:
Le cœur du fier gaillard était transpercé.

Il tomba sous les sabots, dans cette attaque audacieuse,
Inondant la neige de son sang chaud
Toi, mon petit cheval moreau,
Transmets, mon ami,
À ma Cosaque, qu’elle ne m'attende plus.

De l’autre côté du fleuve Liáo hé s’éteignaient les feux
Là-bas, dans la nuit, Yingkou finissait de brûler.
S’en retournant de l’attaque
Revenait le détachement
Seulement, de cosaques, il en restait peu.

Traduction : Sarah P. Struve

____________________

Там вдали за рекой
La bas au loin, de l’autre côté du fleuve

Nikolaï. Kool

La bas au loin, de l’autre côté du fleuve, se mirent à briller des lumières,
Dans le ciel clair, le crépuscule finissait de se consumer.
Une centaine de jeunes combattants des troupes de Boudionnov
Partaient en reconnaissance, galopant à travers champs.

Ils avancèrent longuement dans le silence nocturne
A travers la large steppe ukrainienne.
Soudain au loin, prés du fleuve, se mirent à briller les baïonnettes
S’étaient les chaines de la garde blanche.

Et sans peur, la compagnie galopa à la rencontre de l’ennemie,
S’engagea un combat sanglant.
Et le jeune combattant, inclina sa tête brusquement:
Un cœur komsomol était transpercé.

Il tombât auprès des sabots du cheval moreau,
Et ferma ses yeux bruns,
Toi mon petit cheval moreau, transmet mon ami,
Que j’ai périe honnêtement pour les travailleurs…

La bas au loin de l’autre côté du fleuve, s’étaient déjà éteintes les lumières,
Dans le ciel clair l’aurore s’enflammait.
Des goutes de sang épais, de la jeune poitrine,
Dans l’herbe verte, s’échappaient.

Traduction : Sarah P. Struve

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 15:14

 Ludmilla Zykinas’est éteinte ce 1° juillet, alors qu’elle venait de fêter son 80° anniversaire, entourée de ses amis et proches, le 10 juin dernier. zykina

Voici une chanson, d’Ochanine ; « Течет река Волга – Tétchiot réka Volga – Coule le fleuve Volga » qu’elle interpréta en 64 dans le film « Tetchiot Volga – Coule la Volga », et qui fut l’une des chansons qui la représenta le mieux. dans ce vidéogramme, trouvé sur la toile, elle interprète la chanson sur des d’images de paysages russes et des alentours du fleuve. Ludmilla Zykina

~~~~~~~~~~~~~~~~

Течет река Волга /Coule le fleuve Volga

Parole : L. Ochanine ~ Musique : M ; Fradkine

De loin, longuement
Coule le fleuve Volga
Coule le fleuve Volga
Il n'y a ni limites, ni bords
Parmi les blés mûrs
Parmi les neiges blanches
Coule ma Volga
Et moi j’ai dix-sept ans

Ma mère a dit : "tout peut arriver, fiston
Peut être que, des routes, tu te fatigueras
Quand, à la fin de ce chemin, tu reviendras à la maison
Laisses aller tes paumes dans la Volga"
  

De loin, longuement
Coule le fleuve Volga
Coule le fleuve Volga
Il n’y a ni limites, ni bords
Parmi les blés mûrs
Parmi les neiges blanches
Coule ma Volga
Et moi j’ai déjà trente ans

Ton premier regard et le premier clapotis des rames
Il y eu tout, seulement la rivière l’emporta
Je ne regrette pas ce printemps ancien
En
lieu et place ton amour est avec moi

De loin, longuement
Coule le fleuve Volga
Coule le fleuve Volga
Il n’y a ni limites, ni bords
Parmi les blés mûrs
Parmi les neiges blanches
Je regarde en toi, Volga
C’est ma septième décade

Ici est mon attache, ici sont mes amis
Tout ce sans quoi vivre au monde est impossible
Du lointain cours du fleuve, dans le silence étoilé
Un
autre gamin me fredonne

De loin, longuement
Coule le fleuve Volga
Coule le fleuve Volga
Il n’y a ni limites, ni bords
Parmi les blés mûrs
Parmi les neiges blanches
Coule ma Volga
Et moi j’ai dix-sept ans

Traduction : Sarah P. Struve

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 16:22

Comme le lait maternel, ce chant, par delà sa beauté, je l’ai absorbée dans le Paris de l’émigration russe, Il me semble, le temps passant, qu’il m’a irrigué bien avant la première parole qui fut russe.

L’auteur du poéme est Ivan Zakharovitch Sourikov (1841 – 1880) poète russe né dans la région d’Iaroslavl, dans la famille d’un serf affranchi. La poésie d’Ivan Sourikov est dans la continuation de poètes tels que Nekrassov ou Nikitine. Sa poésie reflète les états d’âme et les ressentis des pauvres des villes ainsi que de la paysannerie. Nombres de ses poèmes sont devenus des chansons populaires. Plusieurs compositeurs, dont Tchaïkovski, mirent en musique certains de ses textes. Le compositeur de « La steppe s’étend alentour » n’est pas connu.

Sourikov Ivan.jpg

Le premier vidéogramme, reprend la version du Cœur Populaire de Voronezh datant des années quarante du siècle passé  qui est l'un des plus beau et intense. Il à été glané sur le beau site d’une Moscovite, amoureuse de son pays, de sa nature et de ses romances. Elle est par ailleurs, créatrice de belles vidéos.

Dans le second vidéogramme, Jeanna Bitchevskaïa nous donne sa belle interprétation stylisée de cette chanson populaire.


Степь да степь кругом

La steppe s’étend alentour

Chanson populaire russe


La steppe s’étend alentour,
Enlisant le cœur de tristesse.
A propos de la large steppe,
Chante le cocher

Comme dans cette steppe
Mourait un cocher
Et, à son camarade, il donnait
Ses dernieres volontés.

« Toi, mon camarade !
Ne te souviens pas en mal,
Ne te souviens pas en mal,
Enterres
-moi.

Enterres-moi,
Ici, dans la steppe profonde;
Mes chevaux moreaux
Ramènes-les à la maison.

Ramènes-les à la maison,
Rends-les au père,
Apporte à la mère
Mon salut profond.

Et à ma jeune épouse,
Transmets, mon ami,
Qu’à la maison,
elle ne m’attende plus
.

Et encore, en guise
D’un petit mot d’adieu:
Transmets-lui, de nos fiançailles,
L'anneau.

Celui qui pour son cœur sera bon,
Qu'avec lui, elle se marie
Qu’ils se fiancent,
Avec mon anneau.

La steppe s’étend alentour,
Enlisant le cœur de tristesse.
A propos de la large steppe,
Chante le cocher.

Traduction: Sarah P. Struve

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