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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 11:29

En Fédération de Russie, le 30 octobre est la journée de la mémoire des victimes des répressions politiques. Voici un extrait de la vidéo intervention que le Président Medvedev a posté sur son blog:

« (…) Je suis convaincu que la mémoire des tragédies nationales est autant sacrée que la mémoire des victoires. Et il est particulièrement important que les jeunes aient non seulement des connaissances historiques, mais aussi des sentiments civiques. Qu’ils soient capables d'une manière émotionnelle de compatir à l’une des plus grandes tragédies de l'histoire de la Russie. Et tout n’est pas ci simple.

Il y a deux ans des sociologues ont menez un audit : Prés de 90% de nos citoyens, de nos jeunes citoyens de 18 à 24 ans, n’on pas sut nommer les noms de gens célèbres ayant soufferts ou ayant péris durant ces années de répressions. Et cela, bien sur, ne peut pas ne pas inquiéter.

On ne peut pas se représenter l’envergure de la terreur de la quelle ont soufferts tous les peuples du pays. Son pic a été les années 1937–38. Alexandre Soljénitsyne appelait «Volga du malheur du peuple» "le flux" infini des gens réprimés à cette époque-là. Durant les vingt ans d'avant-guerre, furent supprimés des couches et classes entières de notre peuple. On a liquidé pratiquement tous les cosaques. On a « dékoulakisé » et saigné à blanc la paysannerie. Les poursuites politiques ont atteints et les intellectuels, et les ouvriers, et les militaires. Les représentants d’absolument toutes les confessions religieuses ont étés persécutés.

Le 30 octobre, c’est la journée de la mémoire de millions de destins brisés, de gens fusillés sans jugement ni instruction, de gens envoyés dans des camps et en déportation, privés de leurs droits civiques en raison de leurs « mauvaise » profession ou pour leurs « origines sociales ». La flétrissure « ennemi du peuple » et « complices » recouvrit alors, des familles entières.(…) »

_____________

 
 

Pour mieux comprendre cette époque, il faut, bien sur lire Soljenitsyne mais également Varlam Chalamov et plus particulièrement les « Récits de la Kalyma ».

KolymaBien sur ce qui interroge le plus dans ce cas là, comme dans les cas équivalents, telle la terreur qui suivie la révolution française, ou toute autre forme de dictature et/ou de révolution, de droite ou de gauche, laïque ou religieuse, c’est l’effet de groupe et de masse et cette capacité qu’a l’animal humain à se soumettre, car toute dictature ne pourrait être si les gens ne se soumettaient pas et n’avait pas cette redoutable peur de penser autrement que ce que « l’air du temps » ordonnait, si les gens n’avaient la coupable peur de ce fameux « quand dira-t-on ». Il n’est pas inutile à cet effet, de lire et relire « Tout passe » de Vassili Grossman.

L’une des chansons signifiantes sur les camps gouvernementaux soviétiques s’appelle « Camarade Staline » de Iouz (Iosif) Alechkovski. né en 1929 à Krasnoïarsk (Sibérie); Les années d’études de Iouz Alechkovski se passent à Moscou où sa famille déménage. En 1947 il est appelé sous les drapeaux et sert dans la marine. Il sera condamné à quatre ans d’enfermement pour « manquement à la discipline » et passera 3 ans en camps.

Après sa libération en 1953, il travaille comme chauffeur. En 1955 il revient à Moscou et commence à gagner sa vie en écrivant. A partir de 1959, il se met à écrire des chansons (d’après certains, il écrivait déjà ses textes des 1953). Après la publication de certains de ses textes dans l’almanach « Métropole » il est contraint à l’exile. Il part en Autriche puis aux États-Unis. En 1995 il enregistre avec Andreï Makarevitch un disque «Окурочек –Okourotchek –Le petit mégot »

- Voici donc un vidéogramme de Iouz Alechkovski interprétant " Camarade Staline ".


Товарищ Сталин
Camarade Staline

Юз Алешковский / Iouz Alechkovski


Camarade Staline vous êtes un grand savant,
Un immense spécialiste en dialectique.
Moi, je ne suis qu'un simple prisonnier soviétique
Et mon seul camarade est le loup gris de Briansk.

Pourquoi suis-je ici ? Honnêtement je ne le sais
Mais, apparamment les procureurs ont eu raison.
Ainsi donc, dans cette région de Touroukhan, je suis enfermé
Où, du temps des tsars, vous même résidiez.

Toute notre vie nous avouions nos péchés spontanément
D’étape en étape nous allions à la rencontre de notre destin cruel,
Nous avons tant cru en vous Camarade Staline
Comme, peut être, nous ne croyons en nous-même.

Ainsi donc, je suis dans la région de Touroukhan
Où les surveillants sont sévères et brutaux.
Bien sur, tout cela, je le comprends
Comme l'accentuation de la lutte des classes.

La pluie, la neige, les moustiques...
Nous nous traînons du matin au soir dans la taïga.
Ici, de "l'Etincelle"* vous rallumiez la flamme.
Désormais je m'y réchauffe, merci à vous !

Camarade Staline vous ne dormez pas la nuit,
A l’écoute du bruissement de la pluie,
Et nous, nous restons empilés sur nos châlits,
Et nous reste étrangère, la nocturne insomnie.

Je vous imagine en képi du parti
vous rendant à la parade, habillés d'une vareuse,
Et nous, nous abattons des arbres et les copeaux staliniens
Volent en tout sens, comme auparavant.

Toute votre poitrine est recouverte de médailles,
Et vos cheveux, de tant de soucis, ont blanchis,
Il est vrai que de relégation, six fois vous vous êtes enfuis,
Et moi, l’idiot, pas une seule fois n’y suis arrivé !

Hier, nous avons enterrés deux marxistes,
Ne les avons pas recouverts de l'étendard pourpre.
L’un d'eux était droitiste,
L’autre, comme on s'en aperçut plus tard, n'y était pour rien.

Variante
Hier, nous avons enterrés deux marxistes,
Ne les avons pas recouverts de l'étendard pourpre.
L’un d'eux était gauchiste,
L’autre
était, comme on s'en aperçut plus tard, une balance.

Et, avant de décéder pour toujours,
Il vous a légué
sa blague à tabac ainsi que ces quelques mots,
Il vous a demandé, dans tout cela, d’y voir plus clair,
Et doucement, il a poussé un cri : "Staline, c’est une lumière !"

Camarade Staline vivez mille ans !
Et même, si parfois c'est dur pour moi,
Je sais qu'il y aura
De plus en plus d'acier par tête d'habitant.

Traduction : Sarah P. Struve.

 

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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