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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 08:33

"Утро туманое ~ Outro toumanoie ~ Matin brumeux," est une romance composée par Erast Abaza sur le texte d'un poème d'Ivan tourguniev (1818, Orel – 1883, Bougival - France) "В дороге ~ V dorogué ~ En chemin."

Les frères Abaza étaient des officiers de la garde impériale du régiment de hussard cantonné à Tsarskoe Selo. Tous les trois possédaient parfaitement la guitare, étaient des admirateurs passionnés de chants tziganes, alors à la mode. On racontait que chez les Abaza, toutes les nuits, résonnaient des chansons, le plancher tremblait de danses endiablées et, lors des silences, résonnaient les guitares. Tourgueniev qui fréquentait la maison des frères Abaza, a décrit la création de la romance « (...) Et, il a commencé doucement à chanter les lignes familières. Un accord remplaçait l'autre. Naissait la mélodie. D'abord, à mi-voix, puis de plus en plus fort, tout le chœur Tzigane faisait écho au chanteur. Ainsi, à l'aube d'un matin gelé, est née la mélodie de la romance“ Matin brumeux .” Lorsque a débuté la guerre de Crimée, nombres d'officiers du régiment de la garde, ont intégrés les régiments d'infanterie, afin de pouvoir aller au front. Erast Abaza en faisait partie. Il est tombé au combat lors de la défense de la baie de Sébastopol, le 6 juin 1855.

Voici deux vidéogrammes de cette romance. Sur le premier, elle est interprétée par Boris Chtokolov; sur le second, par Valentina Ponomareva.

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Утро туманое  ~ Matin brumeux
I.Tourgueniev / E. Abaza

Matin brumeux, matin argenté,
Étendues tristes, de neige, enveloppées
Sans le vouloir, tu te souviendras des temps passés,
Tu te souviendras des visages depuis longtemps oubliés...

Tu te rappelleras les propos volubiles, passionnées,
Les regards, si avidement, si humblement saisi,
Les premières rencontres, les derniers instants,
De la douce voix, les sons aimés.

Tu te souviendras de la séparation au sourire étrange,
tu te souviendras tant de ce qui est familier, maintenant éloigné,
En écoutant, des roues, le murmure incessant,
En regardant, d'un air pensif, vers le ciel insensé.
Novembre 1843

Traduction : Sarah P. Struve.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 21:06

L’été, l’hiver me manque toujours, aussi voici une romance sur cette saison, saison terrestre, saison de la vie. "Королева зима ~ Koroleva zima ~ La reine hiver," est un poème de Vladimir Baranov sur une musique d’Andreï Savtchenko. Cette romance est habituellement interprétée par Alexandre Malinine dont vous prouver voir le vidéogramme, ici.  la reine hiverLe poète & chanteur, Vladimir Baranov est né en 1962 à Moscou, il écrit ses premiers poèmes à l’école et publie dans le journal de celle-ci, une première poésie.A l'age de douze ans, il écrit sa première chanson. À quinze ans, Baranov intègre l’école de l’usine Khrounichev où il crée son premier groupe musical. Il a enregistré une interview où il parle de sa vie et qui est visible ici.
Le compositeur de la romance, Andreï Savtchenko, se décrit dans sa page de Vkontakte, comme un "compositeur pour soi-même: « parce que la musique me vient, parfois. »
Sur le vidéogramme ci-après, cette romance est interprétée d'une façon éclatante par Lisa Strambrant, dont Stengazeta a déjà parlé .

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Королева зима / La reine hiver
Texte : V. Baranov ~ Musique A. Savtchenko

Blanche, oh, tellement blanche,
En une seule nuit ayant recouvert de dentelle le cristal des places.
Courageuse, oh, tellement courageuse,

Pour l’éternité, sur mon âme, ayant reçu le pouvoir. 

Neigeuse, oh, tellement neigeuse, 
Les soirs tempétueux sous la froide lune tournoyante. 
Tendre, oh, tellement tendre, 
Se dissimulant du souffle par le velours fragile du givre, seulement. 

Je me souviens les chandelles se consumant, 
Par la merveilleuse musique de la salle, L’émerveillement. 
Je me souviens comme ce soir là 
La reine hiver au bal, m’invita. 

Sonore, oh, tellement sonore  
Le silence des sombres pièces de cette demeure à l’abandon. 
Fin, oh, tellement fin,
Le fil des mots soufflés par la mémoire, trouvé tardivement

Brûlante, oh, tellement brûlante,
Dans le vent froid, méchante larme brillante.
Ma vie, tu me brûles tant,
Pareille à la tempête de neige, mais même elle, tu ne la remèneras pas.

Je me souviens les chandelles se consumant,
Par la merveilleuse musique de la salle, L’émerveillement.
Je me souviens comme ce soir-là
La reine hiver au bal, m’invita.

Brûlante, oh, tellement brûlante,
Dans le vent froid, méchante larme brillante.
Ma vie, tu me brules tellement,
Pareille à la tempête de neige, mais même elle, tu ne la ramèneras pas.

Traduction: Sarah P. Struve.

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Published by Sarah. P. Struve - Струве Сара Петр - dans Romances russes Lisa Strambrand
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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 10:00

Bella_Akhmadulina_3.jpgBella Akhmadoulina est la poétesse lyrique russe signifiante de la seconde moitié du XX° siècle. Née en 1937 à Moscou d’un père Tatar, haut fonctionnaire d’Etat et d’une mère russe d’origine italienne, elle commence à écrire de la poésie alors qu’elle est encore collégienne. A l’âge de 15 ans, elle est remarquée par des critiques littéraires.

En 1959, agée de 22 ans, elle écrit le plus célèbre de ses poèmes « По улице моей – Po oulitsy moïei – Le long de ma rue ». la même année elle est exclue momentanément de l’université, car elle refuse de soutenir la campagne de diffamation contre le poète Boris Pasternak.

Bella Akhmadoulina fut également actrice, scénariste ainsi que traductrice. Elle est décédée en novembre 2010 à Peredelkino, village d’écrivains près de Moscou.

En 1975, le compositeur russe d’origine arménienne, Mikaël Tariverdiev (1931 – 1996) mit une partie de ce poème en musique et la romance résonna dans le film d’Eldar Riazanov (1927 - 2015) « L’ironie du sort » Dans ce film la chanteuse Alla Pougatcheva prête sa voix à l’actrice polonaise Barbara Brylska dans le rôle de "Nadia", pour interpréter « Le long de ma rue ». Malheureusement l’extrait du film où est chanté le poème d’Akhmadoulina n’est pas intégrable sur un blog ; aussi, ce vidéogramme est visible ici et celui où Bella Akhmadoulina récite, elle-même, son poème, ici.Akhmadoulina 2

Le vidéogramme ci-aprés reprend l’interprétation de la romance par Alla Pougatcheva.

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По улице моей / Le long de ma rue

Bella Akhmadoulina - Eldar Tariverdiev

Le long de ma rue, cette année-là, 
 Résonnent des pas, mes amis s'en vont. 
 L'absurde départ de mes amis 
 À cette obscurité derrière les fenêtres, correspond. 
   
 O solitude ! Comme est dur ton caractère, 
 Etincelant tel un compas de fer, 
 Comme tu clos froidement le cercle, 
 De certitudes vaines, ne t'encombrant pas. 
   
 Laisse-moi me mettre sur la pointe des pieds dans ta forêt, 
 À cette extrémité du geste ralenti. 
 Trouver le feuillage et, du visage, le rapprocher, 
 Et ressentir l'abandon tel une félicité. 
   
 Accorde-moi le calme de tes bibliothèques, 
 De tes concerts, les motifs sévères 
 Et, sage, j'oublierai ceux 
 Qui sont morts ou ont terminés leur temps, vivants. 
   
 Et la sagesse et la tristesse, je connaîtrai. 
 Leur sens secret, me confieront, les objets, 
 La nature, sur mes épaules, s’épanchant,  
 Découvrira ses secrets d'enfant.   

 

 Et puis là, des larmes, de l’obscurité, 
 De la pauvre ignorance du temps passé, 
 De mes amis, de merveilleux traits  
 Apparaîtront et se dissolveront à nouveau.

 Traduction : Sarah P. Struve. 
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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 17:45

Timofeev-copie-1.jpgBoris Timofeev, l’auteur du texte de cette romance, est né en 1899 à Moscou dans une famille d’ingénieurs. Sa mère était la descendante du Décembriste Mikhaïl Lounine. A partir de 1919, Timofeev commença à publier ses poèmes dans différents périodiques, en 1920, il travaille sous la direction de Maïakovski pour une série d’affiches du nom de "Fenêtres ROSTA", "ROSTA" étant l’acronyme de "Rossiiskoié telegraphnoié aguenstvo – Agence télégraphique russe." En 1921, à Petrograd, sort son premier recueil de poésie "Календы - Calendes. De 1924 et jusqu'à la fin de ses études à l’université de Leningrad, Timofeev travaille comme avocat  tout en continuant à écrire. Timofeev est l’auteur de paroles de romances célèbres, telle la romance Sous la fenêtre, le merisier bruit. Il a, par ailleurs;  traduit de la poésie du géorgien et d’autres langues. Durant la guerre, Timofeev est l’un des organisateurs du collectif de peintre du nom de « Boievoï karandach – Le crayon combattant.» à partir de 1944, il se fait publier dans le journal satirique « krokodil ».

L’auteur de la musique Boris Prozorovski, dont Stengazeta a déjà parlé à plusieurs reprises, est né à Saint-Pétersbourg, en 1891, il a composé nombre de musiques de romances. Il fut arrêté une première fois sous l’accusation de « compositeur petit bourgeois d’origine noble », libéré, il sera arrêté une seconde fois. En 1937 il sera fusillé, puis réhabilité en 1957, à titre posthume.

medevaVoici deux vidéogrammes cueillis sur la toile. Le premier reprend l’interprétation de Vladimir Vissotski. Le second reprend la version  de la chanteuse Natalia Medvedeva. (1958 – 2003) Medvedeva fut chanteuse, écrivain et poète. A l’âge de 17 ans, elle se marie et suis son mari dans l’émigration. D’abord, installée aux USA, elle déménage en 1982 à Paris, avant de retourner vivre définitivement en 1992, dans sa patrie.

 

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Караван / Caravane

Paroles : D. Timofeev – Musique : B. Prozorovski

Nous nous sommes rencontrés d'une façon étrange
Et de même, serons séparés,
Sans un sourire, se termine notre romance
Et si notre mémoire se retourne sur ce passé,
Nous nous dirons: "Ce ne fut qu'un mirage."

C'est ainsi, parfois dans le désert assoiffé,
Je vois des images merveilleuses, d'extraordinaires pays,
Mais ce ne sont que mirages et à nouveau le ciel est bleu,
Alors qu'au loin se traîne une caravane fatiguée.

Que, pour moi, tout soit illusoire et brumeux,
Comme de tes yeux, ce mensonge en creux.
Nous nous rencontrâmes inopinément et tu disparaîtras sans avertir
Comme au loin s'éloigne la caravane.

C'est ainsi, parfois dans le désert assoiffé.
Je vois des images merveilleuses, d'extraordinaires pays,
Mais ce ne sont que mirages et à nouveau le ciel est bleu,
Alors qu'au loin se traîne une caravane fatiguée.

Traduction: Sarah P. Struve

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 15:36

Pavel-Guerman1.jpgL’auteur du texte, Pavel Guerman, est né en 1894 à Kamenets-Podilski , dans le sud de l’Ukraine. Au début de la première guerre mondiale, il déménage à Kiev où est publié le premier recueille de romances reprenant ses vers.

Durant les années de la guerre civile, Guerman écrit pour les théâtres kiéviens, des sketches ainsi que des piécettes humoristiques. Guerman fit partie du célèbre club "ХЛАМ - KhLAM" abréviation en russe de « peintres, Hommes de lettres, Artistes, Musiciens », L’abreviation « Khlam »  voulant dire en elle même « vieilleries ».  Ce club fut décrit par Mikhaïl Boulgakov dans son roman « la Garde blanche » sous le nom de "ПРАХ - PRAKh"  ce qui signifie « cendres». Après la guerre civile Pavel Guerman vécu un temps à Riga, puis à Paris où il publia un recueil de poèmes. Au début des années 30, il revint à Kiev. Pavel Guerman est décédé en 1952.

Stengazeta a déjà publié une romance ayant comme texte un poème de Pavel German : " les petites briques "

Boris Fomine, l’auteur de la musique, compositeur soviétique de romances et de chansons populaires,  est né en 1900 à Boris FomineSaint-Pétersbourg.  En 1919, il rejoint le front dans les rangs de l’armée rouge, puis travaille à rétablir les voies ferrées, enfin,  Fomine donne des concerts sur le front. De retour à Moscou, où son père occupe une place dans l’appareil d’Etat, il continue à composer s’essayant aux ballets et aux opérettes.  En 1929, la romance fut condamnée en tant que genre contrerévolutionnaire, à partir de cette époque l’œuvre de Fomine tombe dans l’oublie. En 1937 il sera emprisonné durant une année. A partir de l’agression hitlérienne contre l’Union Soviétique, la carrière de Fomine reprend un certain élan. Pendant cette période, il compose plus de 150 chansons relatant la vie et les combats des soldats au front. Parallèlement à son activité de composition, il crée le premier théâtre au front "Ястребок – Ïastrebok"  Durant de longs mois, alors que les troupes fascistes sont aux portes de Moscou, ce théâtre est le seul à fonctionner dans la ville.  Après la fin de la guerre, Fomine tomba de nouveau dans l'oublie. Il décéde en 1948 et est enterré à Moscou, au cimetière de la Présentation de la Vierge.

Isabella-Iourevna2.jpgSur ce vidéogramme déniché sur le net, c'est Isabella Iourieva  qui interpréte cette romance. Isabella Iourieva est née dans le sud de la Russie à Rostov-sur-le-Don en 1899. A partir de 1920 elle étudie le piano à Saint-Pétersbour, alors Petrograd. Elle commence à chanter en 1922. Nombre de ses interprétations deviennent les tubes des années 20 et 30. Le premier disque d’Iourieva date de 1937. En 1992, elle sera honorée du titre d'Artiste populaire de Russie. Elle et décédée en janvier 2000 à Moscou.

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Только раз... / Qu’une seule fois...

Paroles : P. Guerman – Musique : B. Fomine

Jour et nuit dans le cœur se déverse  la tendresse,
Jour et nuit la tête tournoie,
Jour et nuit, ému comme par un conte,
Tes mots résonnent en moi.

Qu’une seule fois dans la vie, des rencontres peuvent arriver,
Qu’une seule fois le fil, par le destin, est déchiré,
Qu’une seule fois dans une froide et hivernale soirée,
J’ai tellement envie d’aimer !

Fondent les rayons d’un crépuscule  oublié,
Les fleurs,  de bleu céleste, se sont enveloppées.
Où donc es-tu, il fut un temps, désirée,
Où es-tu en moi, éveilleuse de rêveries ?

Qu’une seule fois dans la vie des rencontres peuvent arriver,
Qu’une seule fois le fil, par le destin, est déchiré,
Qu’une seule fois dans une froide et hivernale soirée,
J’ai tellement envie d’aimer !

Traduction : Sarah P. Struve

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 13:03

slavic-moroz.jpgSlavic (Viatcheslav) Moroz est un auteur-interprète tant en langue russe qu’en langue roumaine. Il a participé à la sélection du concurrent devant représenter la  Moldavie pour l’Eurovision 2009. De par sa profession d’origine, il est journaliste et a, entre autre,  été  conseillé pour l’émission « Kstati – à propos » du canal 11 de Saint Petersburg. Il est également souvent l’invité des télévisions roumaines. Ses chansons sont diffusées par nombre de radios moldaves ainsi que sur les radios tant roumaines que russes. Cette chanson, Slavic  Mopoz l’a écrite à Bucarest, en Roumanie.

 

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Есенинская грусть / Tristesse esseninienne

Slavic Moroz  (Bucarest -2008)

J’ai oublié le verbe russe
Et,  écouter avec  mon âme, j’ai désappris,
Les aubes rouges, je  devrai  les guetter,
Et, il serait  mieux que je m’enivre de rosée.
Disparaitre dans l’immensité russe
Et m’emplir d’ancienne paresse...
La couleur de ma carte, est le carreau,
C’est que dans mon âme pleure Essenine.
La couleur de ma carte, est le carreau,
C’est que dans mon âme pleure Essenine.

Ce n’est  la  faute de personne,
De ce qu’aux routes, je me sois donné.
Mais, avant le plus proche printemps,
Revenir  à mes sources, je voudrais.
Bien sûr, je reviendrai naturellement,
Vers les clairs bouleaux russes,
La vie du poète est pareille à la tristesse maternelle,
Et à une chanson sur les péchés non réalisés.
Seulement, comment  ne pas disparaitre à nouveau
Parmi mes pensées automnales,
La couleur de ma carte, est le carreau,
C’est que dans mon âme pleure Essenine....

Traduction ; Sarah P. Struve

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 14:48

Tsvetaeva« Мне нравится - Mnïe nravitsa – Il me plait » est un poème de Marina Tsvetaieva, l’une des grandes poétesses russes du 20° siècle. Tsvetaieva est née en 1892 à Moscou et, est décédée à Yelabouga (Tatarstan) en  mai 1941. Elle avait alors 49 ans.  Tsvetaieva a dédié ce poème à Mavriki Alexandrovitch, le deuxième mari de sa sœur, Assïa. C’était en 1914, alors que la poétesse avait 22ans.

L’auteur de la musique est le compositeur  russe d’origine arménienne,  Mikaël Tariverdiev ( 1936 - 1996).

Voici un vidéogramme de cette romance interprétée par une certaine Lisa. Le vidéogramme a été  glané sur  la page de DvoinoiBekar. Interrogé sur l’identité de Lisa, DvoinoiBekar n’a pu faire que des réponses évasives et qui, pour le moins, semblaient mystérieuses. Nous laissons donc l’identité de « Lisa » dans la pénombre, pour vous offrir en guise de carte de visite, son éclatant talent.

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Мне нравится / Il me plait…

Texte ; M. Tsvetaieva – Musique : M.  Tariverdiev 

Il me plait que vous ne soyez pas épris de moi,
Il me plait que je ne sois pas éprise de vous,
Que jamais le lourd globe terrestre,
Ne s’effacera de dessous nos pieds.
Il me plait de pouvoir être drôle,
De ne pas jouer des mots et de me laisser aller,
Et de ne pas rougir d’une vague d’étouffement,
Lorsque s’effleurent nos mains, légèrement.

Il me plait aussi, que devant moi,
Vous enlaciez une autre, tranquillement,
Ne me rejetez pas dans le feu de l’enfer,
Brûler, parce que ce n’est pas vous que j’aime,
Et que mon tendre nom, mon tendre, vous
Ne le prononcerez ni le jour, ni la nuit, illusoirement...
Que jamais dans le silence d’un sanctuaire,
Alléluia ! Ne sera chanté au-dessus de nous

Merci à vous du cœur et de la main
De ce que - sans me connaître! - vous
M’aimez tant: pour mon repos nocturne,
Pour la rareté des rencontres aux heures du couchant
Pour nos non-promenades sous la lune,
Pour le soleil, au-dessus des têtes, mais pas pour nous,
Parce que vous êtes épris - hélas! - non pas de moi,
Parce que je suis éprise - hélas! – non pas de vous!

Traduction : Sarah P. Struve

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 23:41

brodsky.jpgNé à Leningrad en 1940, Iossif Brodsky est considéré comme l’un des plus grands poètes russes contemporains. Arrêté en 1964 pour « parasitisme social », il est condamné à cinq ans de camps. Libéré au bout d’un an, il  sera expulsé de son pays en 1972. Brodsky décédera en 1996, à New-York. Voici l’un de ses poèmes "Je rapporterai du futur, une larme versée..." Proposée et traduit par et avec Helène de la plume-de-loin. Ce poème a été mis en musique par Victor Berkovsky (1932 – 2005).

- Dans le vidéogramme qui suit, extrait d’une série télévisée, cette romance est interprétée par l’actrice Polina Agureeva.

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Пролитую слезу /  Une larme versée…

Iossif Brodsky / Victor Berkovsky

Je rapporterai du futur,
Une larme versée,
Dans un petit anneau, je l’enchâsserai.
Si tu te promènes seule,
Passe-le sur...
Sur ton annulaire, bien sûr. 

Et les autres, elles ont leurs maris,
Des anneaux jaunets,
Des boucles d'oreille nacrées.
Et moi, j’ai une larme,
Une turquoise liquide,
Qui sèche au petit matin. 

Tant qu’il est visible de loin,
Porte l’anneau.
Après, il s’en trouvera un autre.
Et si tu te lasses de le porter,
Tu auras quelque chose à laisser tomber
Au fond d’un puits, dans la nuit.

Traduction: Sarah P. Struve

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 16:45

L’auteur de ce poème est le poète Siméon Stromilov (1810 – 1862) peu de choses sont connues à propos de lui. Entre 1830 et 1839, il collabora à nombres de revues littéraires, telle la revue « Московском Наблюдателе –Moskovski nabludatil – L’observateur de Moscou » ou encore « Сын оте́чества –Syn otchtchestva – fils de la patrie » d’abord auteur de poésies patriotiques et rhétoriques, il cultiva par la suite le style des poètes romantiques des années 30, se tournant vers la romance dont le poème « Est-ce la branche qui plie sous le vent » est une illustration typique.

Varlamov.jpgLa musique de cette romance fut écrite par le « compositeur-dilettante » Alexandre Varlamov (1801 – 1848). Issu d’une ligné de nobles d’origines Moldaves, dès l’âge de dix ans il fut choriste à la cour de Saint Petersbourg. Varlamov eut comme professeur un maitre de la musique sacrée russe : Dmitri Bortnianski. De 1818 à 1823, il fut directeur du chœur de l’ambassade russe aux Pays-Bas. De 1832 à 1845, Tout en enseignant le chant par intermittence, il fut maître de chapelle   pour le théâtre impérial de Moscou. Varlamov composa deux ballets, de la musique de scène, des pièces pour piano ainsi que des chansons. Certaines de ces chansons telle cette romance, sont, à ce jour, connues et chantées par tout le monde et font partie intégrante de la chanson populaire russe.

Voici deux vidéogrammes de cette romance :

- Le premier vidéogramme est un extrait de la deuxième partie d’un  film diptyque "Любовь земная - Lioubov zemnaïa -  Amour terrestre / Судьба - Soudba - Destin" de l’acteur, réalisateur et scénariste, Evgueni Matveev qu’il réalisa entre 1974 et 1977.  Dans cet extrait, Olga Ostrooumova et Zinaïda Kirienko,  chantent cette romance.

soudba.jpg- Le second vidéogramme est interprété par le chanteur EvgueniVinogradov (1908 -1980) Vinogradov, né à Kazan, commença à chanter encore enfant, dans un chœur d’église. Il devint l’une des voix de la chanson soviétique.

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То не ветер ветку клонит.  / Est-ce la branche qui plie sous le vent.
Texte : Simeon Stromilov – Musique: Alexandre Varlamov

Est-ce la branche qui plie sous le vent,
Serait-ce, de la chênaie, le bruissement.
Est-ce  mon petit cœur qui se lamente,
Telle une feuille d’automne tremblante.

Je fus exténué par le chagrin,
Ce serpent vipérin !...
Ma flammèche de copeaux, consume-toi,
Je brûlerai avec toi.

Il n'y a plus ici de vie pour moi, sans mon aimée:
Avec qui donc irai-je, maintenant, me marier ?
Serait-ce avec la tombe, que la destinée
M’a condamné, moi le gaillard, à me fiancer.

Entrouvre-toi, terre transie,
Offre au gaillard, l’oublie,
Adopte-moi mère nourricière
Dans une étroite cellule funéraire.

Ce destin m'est devenu odieux,
Le chagrin et la tristesse, m'ont dévoré...
Serait-ce  bientôt, serait-ce avant peu,
Que la dalle tombale m’aura empierrée ?

Traduction : Sarah P. Struve

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 18:20

Petersbursk orchestrei"Утомленноесолнце – Outomlionoïé solntce - Soleil trompeur"- est une chanson russe dont les paroles furent écrites par Iossif Alveka sur la musique d’un tango polonais ("Tо ostatnia niedziela  - " dont le compositeur est Jerzy  Petersburski -  tango très populaire en Pologne dans la période de l’entre deux guerres. - Soleil trompeur fut joué Pour la première fois en Union Soviétique, en 1937, par l'orchestre de jazz d'Alexandre Tsfasman et le chanteur Pavel Mikhaïlov et  éditée la même année sous le titre "Расставание – Rastavaniè – Séparation". Par la suite la chanson fut interprétée par un grand nombre de chanteurs dont Léonid Outiossov et  Iossif Kobson,.

En Russie ce tango de Petersburski eut une grande popularité. À la fin des années trente, pas moins de trois versions de ce tango étaient joués à chaque fois avec des textes d’auteurs russes sans lien avec le texte de la version polonaise.

Cette chanson résonna dans nombres de film dont « trois couleurs – Blanc » de Kieslowski. Elle résonne également dans le film de Nikita Mikhalkov "Soleil  trompeur" auquel elle a donnée son nom.

 Soleil trompeur est, ici, magnifiquement interprété par la chanteuse lituanienne, Alina Orlova. soleil trompeur afiche

Утомленное солнце – Soleil trompeur

Musique J. Petersburski – Paroles : Iosif Alveka

Un soleil trompeur faisait à la mer, tendrement ses adieux
A cet instant là, tu m’avouais qu’il n’y avait plus d’amour.
Cela m’a légèrement attristé.
Sans chagrin, ni cafard.
Nous nous séparons, non, je ne me fâcherai pas,
Nous sommes fautifs tous les deux, en cela.
Un soleil trompeur faisait à la mer, tendrement ses adieux,
A cet instant là, tu m’avouais qu’il n’y avait plus d’amour.
Nous nous séparons, non, je ne me fâcherai pas,
Nous sommes fautifs, toi et moi.
Un soleil trompeur faisait à la mer, tendrement ses adieux,
A cet instant là tu m’avouais qu’il n’y avait plus d’amour.

Traduction: Sarah P. Struve.

 

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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