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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 01:00

Alexis Plechtchéev.jpgLe poème « Звуки – Zvouki – Les sons » date de 1846. Son auteur en est Alexis Plechtchéev, (1825 – 1893) poète, traducteur, critique littéraire et théâtrale. Plechtchéev est né à Kostroma, dans une famille de nobles désargentés, dont la ligné comptait quelques écrivains. En 1848, Plechtchev, entiché d’idées socialistes, fréquenta un cercle, que fréquentait également Dostoïevski. Il fut arrêté en 1849 et déporté en Sibérie où il passa près de 10 ans. Après son retour d’exile, il continua son travail littéraire. Nombres de compositeurs connus créèrent plus d’une centaine de romances sur les paroles de ces poèmes. C’est Elena Orlowa qui composa la musique sur le poème « Zvouki », dans le vidéogramme qui suit, elle interprète cette belle romance.

Elena Orlowa est née à Grigoriopol, en Moldavie. En 1980 elle part pour l’Allemagne de l’ouest. Depuis 1990, elle passe la majeure partie de son temps à Las Palmas, aux îles Canaries où elle travaille à une fusion des sonorités russes et espagnoles avec des musiciens hispaniques. Elle est accompagnée sur ce vidéogramme par Charly Daicz : Guitare (Argentine), David Minguillon : Guitare (Espagne). Juan-Carlos Baeza Cardarello : Contrebasse (Uruguay). Cesar Cabrera : Clarinette (Espagne). Tomás Remón Percussion (Espagne).

 

Звуки / Les sons

A. Plechtcheev – E. Orlowa

 

Ne te tais pas, ne te tais pas !
A mon cœur, ces sons sont consolants,
Et même si cela n’est que pour un seul instant,
Dans ma douloureuse poitrine, s’endormiront ces tourments.

L’émotion des jours anciens, lointains
Ta chanson me souvient;
Et coulent de mes yeux, les pleurs,
Et défaille de douceur, mon cœur...

Et il me semble que j’entends,
Chère à mon cœur, une familière voix;
Il arriva, qu’elle m'entraîna
Vers elle, par quelque sortilège violent.

Et il semble qu’à nouveau devant moi,
Tranquille et calme, rayonne ton regard
Et l’âme, en un voluptueux cafard,
S’est emplie d’un enivrent émoi...

Chante donc ! Ma poitrine respire plus doucement,
Et, se sont apaisés les doutes et les tourments…
O, si un jour, je pouvais,
Sous ces sonorités, m’en aller !

Traduction : Sarah P. Struve.

- Le site d'Elena Orlowa

- la chaine musicale d'Elena Orlowa

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 08:53

LopatoLudmila Lopato est née en 1914, dans la famille d’un magna russe du tabac, à Harbin, la plus russe des villes chinoises. En 1929 sa famille quitte la Mandchourie pour Paris, où Ludmila étudie le chant au conservatoire russe Rachmaninov. A l’approche de la guerre, elle quitte l’Europe pour l’Amérique du nord, sur le même navire qu'elle prend,  se trouvent  Ingrid Bergman et Albert Einstein, se sauvant du fascisme.

Elle a chanté dans des cabarets aussi bien en Amérique du nord, qu’à Paris. Les critiques l’appelaient "champagne dans la neige au paprika" ainsi que "La plus russe des parisiennes". Elle était amie avec des émigrés russes tels que le prince Félix Yousoupoff, Theodore Chaliapine, ou Alexandre Vertinski.

En 1950, à Nice, Ludmila rencontre son second mari, Johnny. En 1960, elle crée un restaurant, « Le pavillon Russe,» restaurant que le milieu des critiques appelle à l’époque "le plus princier, le plus chic des cabarets russes de Paris." Entre les années 60 et 80, Ludmilla Lapato enregistre nombres de romances russes.

En 2000, après une vie commune de 40 ans, son mari, Johnny, décède. Elle quitte alors Paris pour la Côte d’azur où, en 2004, elle quittera doucement le cours tumultueux et brillant de sa vie.

bleuet

_______________

 ВАСИЛЁЧКИ ~ LES BLEUETS 

Paroles: P. Shlakat / Musique A. Tchernïavski

Te souviens tu, te souviens tu de cette prairie,
Le petit soleil rouge, les fleurs ;

Dès l’aurore dans la prairie,
Toi et moi, nous nous promenions.

Les bleuets, les bleuets,
Les bleuets bleus-ciel.
Oh, vous mes douces fleurs,
Oh, vous mes petites fleurs.

Cette prairie déversait
Cette couleur bleue veloutée
Des bleuets, je les ramassais
Et tu étais là, avec moi, mon aimé.

Les bleuets, les bleuets,
Les bleuets bleus-ciel.
Oh, vous mes douces fleurs,
Oh, vous, mes petites fleurs.

Nous penchant, nous rions,
Et, malicieux nos regards brillaient,
Et après, comment nous nous embrassions,
Jusqu'à ce jour, je ne l’ai pas oubliée.

Les bleuets, les bleuets,
Les bleuets bleus-ciel.
Oh, vous mes douces fleurs,
Oh, vous mes petites fleurs.

Aujourd’hui, nous sommes séparés,
Ces jours-là, se sont envolés
Et, en mémoire me sont restés
Des bleuets séchés.

Les bleuets, les bleuets,
Les bleuets bleus-ciel.
Oh, vous mes douces fleurs,
Oh, vous mes petites fleurs.

Traduction : Sarah P. Struve

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 10:41

Cette chanson a eu beaucoup d’écho en URSS, parmi des cercles informels, passionnés par l’aspect romantique, de l’épopée de la Garde Blanche, en réponse à la propagande officielle qui représentait celle-ci, d’une façon négative. Elle eu également beaucoup d’écho parmi ce que l’on appelle la troisième vague de l’émigration russe (la première étant celle de la guerre civile et la seconde étant celle que le ressac chaotique de la 2° guerre mondiale, abandonna sur les berges étrangères du monde occidentale) Après la pérestroïka cette romance dite « de ville » commença à être interprétée ouvertement.

Plusieurs personnes ont été présentées comme auteur de cette romance. D’après certains, ce serait Vladimir Romenski qui en serait l’auteur, mais il semblerait que ce dernier n’a fait qu’arranger celle-ci dans une nouvelle version.

Gontcharenko.jpgEn fait, l’auteur en serait le général Youri Gontcharenko, noble né dans une famille de militaire en 1877. Outre l’art de la guerre, Gontcharenko pratiquait l’écriture dont la poésie et la journalistique sous le pseudonyme de Youri Galitch. Il écrivit quatorze livres de nouvelles, de contes et de poésie et publia plusieurs centaines d’articles. La guerre civile le trouva en terre d’Ukraine, où il servait auprès du général Skoropadski. C’est là, à Kiev, qu’il fit la connaissance du lieutenant Konstantin Golitsyne originaire de Saint Pétersbourg, qui lui servi de modèle pour cette romance.

À propos de cet épisode, le journal « Focus » raconte:

« "C'était en janvier 1919, quand en Ukraine, le Directoire « Petlioura / Vinnichenko » gouvernait. La rencontre historique s'est passée dans un cachot de Kiev qui se trouvait quelque part dans la rue Pouchkine. Gontcharenko, identifié comme officier blanc avait été arrêté dans un train près d'Odessa par les gens de Petlioura, et moisissait depuis quelque jours dans ce cachot, lorsqu’on lui amena deux nouveaux compagnons, Belenko, l’ancien directeur de la Nouvelle Banque de Kiev que l’on accusait de détourner de l’argent pour l’armée du général Skoropadski et le jeune lieutenant Golitsyne. Gontcharenko et le futur héros de cette romance passèrent une semaine dans ce cachot, puis au bout de huit jours il fut décidé de transférer les trois prisonniers dans un autre endroit. En guise de garde, on leur désigna un vieux surveillant. Celui-ci s’imaginant que les prisonniers ne s’échapperaient pas sans leurs affaires, les leur avait confisqués. Lorsque cette étrange procession sortie sur l’Avenue Kretchatik, le général s’accroupi pour attacher le lacet de l’une de ses chaussures, le banquier et le lieutenant se jetèrent en avant pour fuir. Le vieux gardien se précipita derrière eux, mais réalisant que Gontcharenko était resté seul, il revint, mais ne voyant que le dos du Général qui s’éloignait d’une démarche rapide, le vieil homme ne pu que secouer d’une façon désespéré, son trousseau de clef. »

Konstantin Golitsyne arriva jusqu'à Odessa et s’engagea dans l’armée des volontaires du général Denikine où il servit en tant que capitaine en second d’une golitsine.jpgcompagnie. Durant un certain temps, servit avec Golitsyne, un autre officier – Youri Gladyrevski - meilleur ami de l’écrivain Mikhaïl Boulgakov, qui devint le prototype du personnage de Chervinski dans le roman « La Garde Blanche ». En aout 19, la compagnie du prince Golitsyne fut la première à entrer dans Kiev, chassant les gardes rouges. Mais, finalement les rouges finirent par reprendre la ville durant l’été 1920. La ville resta bolchevik encore quelques soixante-dix ans. Golitsyne fut fait prisonnier par les rouges sous Odessa. A cette époque c’était la guerre avec les Polonais blancs et l’armée Rouge avait un besoin aiguë de cadres. Le prince fut vite engagé et envoyé au front. Le reste de la guerre civile, le prince Golitsyne, la passa sous l’uniforme de l’armée rouge. Il revint à Kiev, se maria et se mit au service de la municipalité de la ville.

L’affaire №1919 portant instruction sur l’accusation d'activité contre-révolutionnaire de Golitsyne, ex prince, ex lieutenant, ancien de l’armée de Denikine, chef du service municipal « Kievglavproek », resta près de soixante ans dans les archives de l’OGPOU puis de l’NKVD et enfin du KGB.

D’après ces documents rendus publique dans le courant des années 80, Golitsyne fut arrêté de nuit, en janvier 1931, dans le cadre de l’épuration qui frappa l’armée rouge. La condamnation à mort à l’encontre de Konstantin Golitsyne fut prononcée le 20 avril 31. Il fut fusillé onze jours plus tard avec d’autres anciens participants au mouvement blanc. L’endroit exacte de sa sépulture n’est pas connue, Les officiers fusillés dans le cadre de cette épuration qui portait le joli nom de « Vesna – Printemps », étaient enterrés dans des fausses communes au cimetière Kiévien de Loukianov.

Le nom d’Obolensky, le cornette de cette romance, est le nom d’une très ancienne famille noble de Russie, descendante des Riourikides. Certains des Obolensky, dans l’émigration, défendirent leur pays d’adoption durant l'occupation nazie, et cela, aux prix de leur vie.

Quant à Youri Gontcharenko, sa fille, Natalia Gontcharenko, restée en Russie, raconte qu’en 1922 sa mère et elles reçurent des cartes postales, de son père, d’abord de Vladivostok, puis de Nagasaki. En 1923, il s’installa à Riga où il décéda le 12 décembre 1940.

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Поручик Голицын
Lieutenant Golitsyne

Youri Galitch / Юрий Галич

Quatre jours que flambent les villages,
Brûle sous nos pas, la terre du Don.
Lieutenant Golitzine, ne perdez pas courage,
Cornette Obolensky, sellez votre étalon.

Scintillent d’Arbat, des visages familiers,
Par l'allée de la Tzigane, ils entrent au cabaret.
Apportez les coupes lieutenant Golitsyne,
Cornette Obolensky, versez du vin.

Et quelque part, près d’ici, des troïkas passent en coup de vent...
Hélas, nous ne savons pas en quoi est notre manquement.
Lieutenant Golitsyne, ne perdez pas courage,
Cornette Obolensky, sellez votre étalon.

Les chevaux foncent vers le Yar, dans l’obscurité,
Mon jeune cornette, pourquoi donc êtes-vous attristés?
Dans nos salons, sont assis des commissaires
Et,
vers les alcôves, ils emmènent nos hétaïres.

Au-dessus du Don morose, nous avançons en escadron
Au combat, le pays-Russie nous enflamme.
Lieutenant Golitsyne, distribuez les munitions
Cornette Obolensky, mettez vos décorations.

Oh, soleil russe, immense soleil,
Le vaisseau-empereur, tel une flèche, s’est figé…
Lieutenant Golitsyne, peut être devrions nous nous en retourner ?
Qu’avons-nous donc à faire d’une terre étrangère ?

Traduction : Sarah P. Struve

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:52

prozorovski1La version habituelle sur l’origine de cette chanson, dit que son histoire débute lors d’un spectacle de Meyrhold « La forêt », où était jouée la valse « Dvé sobatchki - deux petits chiens » (La première du spectacle eut lieu le 19 janvier 1924). Ayant entendu cette valse, le poète Pavel Guerman et le compositeur Valentin Kroutchinine auraient décidés de créer une chanson sur l’air de la valse, Guerman écrivit les paroles et Kroutchinine aurait fait l’arrangement musical. Selon une autre version, ils écrivirent « Les petites briques » encore avant la première de « La forêt », en 1923 pour le théâtre de variété « Pavlini khvost – La queue du paon » où elle aurait été interprétée cette même année. Cependant cette version ne s’emble pas coler en raison du style de cette chanson qui ne correspond pas aux style des théâtres de variété. En réalité, lors de première publication de cette chanson, le nom de Kroutchinine n’apparaissait pas comme étant celle de l’auteur de la musique, mais c’est le nom de Boris Prozorovski qui y figurait. Prozorovski fut victime des répressions, et il semble bien qu’il est le véritable arrangeur de cette musique et non Kroutchinine. Boris Prozorovski est né en 1891 à Saint Petersburg, il était médecin de formation, sa famille refusant qu’il soit musicien. Prozorovski est l’auteur de nombreuses romances telles: «Прощай, мой табор! – Prochtchaï moï tabor! - Adieu mon campement tzigane ! » Il fut arrêté en 1933 sous l’accusation de « compositeur petit bourgeois d’origine noble » et envoyé à la construction du canal de la mer Blanche. Il fut fusillé en 1937 en tant que: « élément socialement dangereux ». En 1957, Boris Prozorovski fut réhabilité à titre posthume.

valse-kirpitchki.jpg

Cette belle valse ouvriére propagandiste, est bien dans l'esprit de l'époque. Il est possible qu’une vieille chanson industrielle " Заводы кирпичные – Zavody kirpitchnyi - les briqueteries" ai pu servir à Pavel Guerman de source d'inspiration. Sur la vidéo si après, "kirpitchiki" est interprété par Alla Boyanova.

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Кирпичики
Les petites briques

Paroles: Pavel Guerman - Musique: Boris Prozorovski

En ville, quelque part près des faubourgs,
Je suis née dans une famille d’ouvriers,
Tirant le diable par la queue, à l’âge de seize ans,
Dans une briqueterie, je me suis faite embauchée.

Ce fut dur pour moi, les premiers temps,
Mais après, ayant travaillée toute une année,
Pour les petites briques, pour le joyeux bourdonnement,
Cette fabrique, J’ai finie par l’aimer.

A la briqueterie, j’ai rencontré Senka.
Et depuis, dès que j’entends le sifflet,
Je me lave les mains et, mettant mon fichu,
Je coure le rejoindre à l’atelier.

Mais le chômage, comme de coutume,
Soudainement, frappa à la briqueterie,
Senka fut viré et moi à sa suite,
Ainsi que 270 autres vies.

C’est là qu’éclata la guerre bourgeoise,
Le peuple s’est aigrie, il est devenu mauvais,
Et par petite pierre, par petite brique,
La fabrique fut démontée.

Après Smolny et sa folle liberté,
Se releva le peuple ouvrier,
Et, avec Sanka, nous avons décidé,
De jeter un regard sur notre briqueterie.

J’ai retrouvée, là-bas, un bonheur passé,
Pour sa réfection, nous avons dépensé une année,
Et par petite pierre, par petite brique,
Nous avons reconstruits cette fabrique.

Traduction: Sarah P. Struve

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 15:06

La romance « Tu fus balayée par les neiges, Russie », fut écrite par Philarète Tchernov en 1918, et publier dans le journal « Svoboda » la même année. Avec le temps et l’exile, elle devint « l’hymne non officiel de l’immigration russe ». Tchernov qui était resté en Russie, évitait pour cette raison, de trop rappeler qu’il en était l’auteur. Le peintre et poète, Evgueni Kropivnitski, connaissait Tchernov depuis son enfance. Il racontait qu’au début du XX° siècle, Tchernov était brusquement apparut dans le cercle de la famille Kropivnitski ; c’était un homme à cheveux longs, au caractère impétueux. Dans sa jeunesse, Tchernov avait rejoint un monastère, qu’il du, plus tard, quitter discrètement : Un malheur était arrivé ; Les moines s’étaient alcoolisés et Tchernov a dû saisir une hache… Kropivnitski ne se souvenait pas si Tchernov avait ou non tué quelqu’un, mais il du quitter très vite son monastère. Le poète était quelqu’un d’impressionnable. Un jour – racontait Evgueni Kropivnitski - du haut d’un balcon au premier étage d’une maison, il jeta son regard vers un ravin et s’écria en reculant – C’est sans fond ! Tchernov est mort après une énième beuverie.

plevitskaiaLa principale interprète de cette romance de Philaréte Tchernov, fut Nadezhda Plevitskaia née en 1884 dans le village de Vinnikovo dans la région de Koursk, de son nom de naissance, Vinnikova. Nadezhda Plevitskaia ne fit que deux classes à l’école paroissiale de son village avant de rejoindre un monastère où, par amour du chant, elle intégra le chœur et devint novice. Assistant un jour à une représentation d’un cirque embulant; conquise, elle s’enfuie avec les artistes de ce cirque. Plus tard, elle intégra "l’école de spectacles musicaux de Kiev" où elle rencontrera son premier mari, Edmond Plevitsky, un danseur polonais. Elle continuera à porter son nom jusqu'à sa mort.

Plevitskaia devient une chanteuse célèbre et se produit, dans des restaurants comme le « Yar » à Moscou. Elle chante devant la famille impériale ; Nicolas II l’appelle affectueusement « Notre rossignol russe »

Son deuxième mari est lieutenant. Lorsqu'éclate la première guerre mondiale, elle part au front avec lui et devient aide soignante dans un hôpital militaire de campagne. Le lieutenant périra héroïquement et Plevitskaia épousera peu de temps après un autre officier.

Commencent alors les temps troubles de la guerre civile où le nom de Nadezhda Plevitskaia ne fait surface qu’en raison de scandales dûs à ses nombreuses aventures sentimentales. Avec son nouveau lieutenant de mari, Youri Livitski, devenu commandant dans l’armée rouge, ils tombent aux mains des blancs. Elle doit être fusillée, mais un officier, le général Nicolas Skobline, la reconnait. Elle est emmenée au quartier général, où elle donne un concert.

Elle quittera la Russie par la Crimée avec l'armée du général Wrangel, vivant un temps en Turquie où elle épouse secrètement le général Skobline. Le couple finit par s’installer à Paris, où le jeune général (il était alors âgé de 27 ans et plus jeune de son épouse de huit ans) devient un activiste de la ROVS, (Union militaire de l'armée blanche en exil) organisation continuant à combattre le pouvoir soviétique de l’étranger.

Plevitskaia devient à nouveau une artiste connue, elle fait de nombreuses tournées à travers l’Europe et aux Etats-Unis. En 1926 Rachmaninov l’accompagne, lui-même, au piano. A cette époque ce n’est pas vraiment l’aisance matérielle qu’avait pu connaitre la chanteuse en Russie. Pourtant, le couple se retrouve en possession d’une belle demeure de deux étages, d’une voiture, il y a de plevitskaia2l’argent… Des bruis courent que le général et son épouse ont été recrutés par la Guépéou, mais lors d’un tribunal militaire d’honneur, le couple est lavé de tous soupçons. En réalité le général Skobline avait été recruté par l’Oguépéou dès 1930, après qu’il se soit adressée par courrier au gouvernement soviétique pour solliciter l’autorisation de retourner vivre en Russie avec son épouse.

Pour les « tchéquistes », la ROVS était alors l’une des principales menaces. Le Général Koutiépoff chef de l’organisation, avait déjà été enlevé par la Guépéou en plein Paris. Il arriva la même chose à son successeur, le général Miller. Le NKVD , mêla à cet enlèvement, le général Skobline et son épouse. Skobline s’étant enfui en Espagne, c’est seule, que Plévitskaia, en décembre 1938, fut traduite devant la justice française. Elle fut condamnée à 20 ans de bagne et mourut en octobre 40, dans l’indifférence générale, à la prison pour femme de la ville de Rennes.

Que reste-t-il de Plevitskaïa ? Quelques lignes dans l'Encyclopédie Soviétique, où, elle fut de ces, peu nombreux, émigrants russes, qui y figurèrent. Il reste les enregistrements de sa belle voix. Ses chansons... Dont les couplets de la romance de Tchernov qui, encore aujourd’hui, submergent l’âme d’une nostalgie infinie.

Voici donc un vidéogramme découvert sur le net où la belle voix de Plevitskaia interprète cette triste romance, sur des photographies couleurs datant d’avant la révolution et prises par Sergueï Prokoudine-Gorski. L’auteur du clip, "Iris", a trouvé que ces photos de la Russie du début du XX° siècle accompagnaient particulièrement bien la romance chantée par Nadezhda Plevitskaïa.

_________________

Замело тебя снегом, Россия.
Tu fus balayée par les neiges, Russie.

Paroles & musique ; Philarète Tchernov

Tu fus balayée par les neiges, Russie,
Ensevelie sous une blanche tempête.
Et les vents froids des steppes,
Te recouvrent de chants funéraires.

Ni chemins, ni traces dans les plaines,
Le long des congères de neiges infinies.
Sans pouvoir parvenir aux reliques de l’enfance,
Sans pouvoir entendre les voix familières.

Balayant, balayant, tu as ensevelie
Tout ce qui est sacrée, chère tempête.
Tu es une force aveugle et cruelle,
Telle la mort, neiges, vous n’êtes pas vivantes.

Tu fus balayée par les neiges, Russie,
Ensevelie sous une blanche tempête.
Et les vents froids des steppes,
Te recouvrent de chants funéraires.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 17:56

Grigori Leps est né en 1962 à Sotchi . À l’âge de 30 ans, il monte à Moscou afin de conquérir cette ville. Il dit à propos de cette expérience : « Je ne suis pas parti chercher la gloire en tant que telle, simplement je comprenais déjà que si je restais à chanter dans les restaurants de Sotchi, qu’en tant qu’artiste je m’essoufflerai. Je passai des nuits blanches à travailler, et la fatigue, je l’effaçai à coup d’alcool… » Son premier album « la vie entière » est édité en 1997.

Лепс Григорий — «Рюмка водки на столе».jpg
« Un verre de vodka sur la table. » a été publié dans l’album « На струнах дождя..- Na strounakh dozhdlïa – sur les cordes de la pluie » paru en 2002 ; album reprenant certaines de ses chansons déjà populaires, dont « Un verre de vodka sur la table. » le clip de cette chanson sortit la même année.
__________

Рюмка водки на столе

Un verre de vodka sur la table

Grigori Leps – Григорий Лепс

La nuit s’est avancée le long des rues
De la démarche stellaire des tsarines,
La simplicité des nombres, et des mots,
Auprès d’un pont céleste,
A dispersé les plumes des oiseaux.
Ne seront oubliés de personne,
La fête des lèvres, les blessures des yeux.
Emmènes moi en ta captivité,
Embrasser pour la dernière fois,
Cette courbe de genoux.

Sur la table, juste un verre de vodka.
Le vent pleur derrière la fenêtre,
D’une silencieuse douleur résonnent en moi,
Les cris de cette lune nouvelle.

Il n’est pas facile de te rendre,
Aux voiles des vents et des oiseaux.
Peut être même ne plus te comprendre,
Peut être même ne plus te reconnaître,
Parmi mille visages de femmes.
Que se taisent mes yeux,
Regardant la lune, silencieux.
Si quelqu’un attrape ce regard,
Il se dépêchera de revenir.
Je ne sais, moi même, pourquoi.

Sur la table, juste un verre de vodka.
Le vent pleur derrière la fenêtre,
D’une silencieuse douleur résonnent en moi,
Les cris de cette lune nouvelle.

De douleur résonnent en moi
Les cris de cette lune nouvelle.

Traduction : Sarah P. Struve

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 18:01
La romance est arrivée d’Europe en Russie au début du 19° siècle et a occupé immédiatement une place durable dans la culture musicale russe. Les romances étaient jouées à la guitare ou au piano par la noblesse, mais au village le peuple les chantait à sa manière. Etaient surtout populaires au 19° siècle les romances des tsiganes russes, souvent créées d’après des chansons populaires. Au début du 20° siècle à l’époque de la révolution et de la guerre civile en Russie les romances servirent à créer les chansons révolutionnaires. Sous la période soviétique, leurs intonations lyriques se distinguaient des chansons officielles de la Russie Soviétique. Elles étaient souvent écrites sur des rythmes de valse, de tango ou de fox-trot. Les bardes des années 60 du siècle dernier insufflèrent à ce genre une nouvelle vie.
Les romances changent de visage en permanence, et restent, même de nos jours, le genre musical préféré des russes.

 

Voici une célèbre romance, « Снился мне сад - Je rêvai d’un jardin » écrite par Elisabeth Diteriks née à Odessa en 1876. Son père était juge de paix de la ville. Le futur auteur de la musique de cette romance, Boris Borissov, faisait ses débuts de juriste auprès du père d’Elisabeth. La rencontre entre Boris et Elisabeth, réveilla en eux des sentiments romantiques. Pour dire son amour à Boris, Elisabeth écrivit cette poésie. En retour il en écrivit la musique Très vite après cela, Elisabeth se maria, mais avec un autre. En 1917 elle quitta la Russie. Où partit-elle, dans quel pays ? Cette question reste, à ce jour, sans réponse.

Boris Borissov, après le mariage d’Elisabeth avec un autre, abandonna sa jeune carrière de juriste devenant un chanteur avec une certaine renommée.

Cette romance a pratiquement toujours été interprétée par des hommes. L’adaptation contemporaine et son interprétation par Iulia Mikheeva, lui rend la délicatesse de ses origines.

f142cd5e19fdb0efd9bc5f83da11719f.jpg

Снился мне сад

Je rêvai d’un jardin

Parole: Elisabeth Diteriks (1876- ?) - Musique : Boris Borissov (1873-1939)

Je rêvai d’un jardin recouvert d’une parure nuptiale

Dans ce jardin, toi et moi, étions ensemble.

Des étoiles au ciel, des étoiles sur la mer,

Des étoiles dans mon cœur, aussi.

 

Est-ce le bruissement des feuilles, est-ce les bourrasques de vent,

Que je bois de mon âme délicate et insatiable,

Les regards sont profonds, les lèvres silencieuses ;

Mon cher, o mon cher, je vous aime.

 

Les ombres nocturnes voguent dans l’immensité,

La joie et le bonheur se sont déversés alentour.

Des étoiles au ciel, des étoiles sur la mer,

Des étoile dans mon cœur, aussi.

 

Traduction : Sarah P. Struve

 

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 21:41

Monsieur Sarkozy vient d’offrir généreusement à l’OTAN 1000 hommes supplémentaires pour les envoyer en Afghanistan, les sacrifiant sur l’hôtel de la soumission à la « lutte antiterroriste. » d'un occident méprisant qui s'imagine pouvoir mieux faire que Léonid Brejnev en 1979.

Alors que des afghans et des militaires des forces occupantes de l’OTAN meurent chaque jours dans ce pays, pour servir les maîtres étasuniens tout en laissant noyer l’Asie centrale et la Russie sous des tonnes d’opium et d’héroïne que grâce à l’occupation otanienne, les seigneurs de guerre locaux peuvent maintenant cultiver et trafiquer en toute impunité. Alors que le chaos de la violence semble se propager inexorablement au Pakistan voisin, Il m’a s’emblé utile d’offrir en retour à Monsieur Sarkozy cette traduction d’une chanson d’Alexandre Vertinski datant de 1917 : "Ce que je dois dire."

 

Je ne sais pourquoi et à qui est-ce utile,
Qui donc les a envoyés à la mort d’une main ne tremblant pas
Sans pitié aucune, avec tant de méchanceté et d’inutilité,
Les laissant choir dans la paix éternelle

Des spectateurs précautionneux s’emmitouflaient muets dans leurs pelisses
Et une femme d’on ne sait où, au visage déformé,
Embrassait les lèvres bleuies du défunt,
Jetant au visage du prêtre, son alliance

On les recouvrit de branches de pin, on les pétri de boue
Et les gens s’en retournèrent discuter entre eux,
Qu’il était temps de mettre fin à cette horreur,
Que même sans cela, bientôt, nous commencerions à souffrir de la faim.

Mais personne n’a eu l’idée de se mettre simplement à genoux
Et de dire à ses gamins, que dans un pays sans talant
Même les exploits lumineux, ce ne sont que les marches
De précipices sans fond menant à un inaccessible printemps

Je ne sais pourquoi et à qui est-ce utile
Qui donc les a envoyés à la mort d’une main ne tremblant pas
Sans pitié aucune, avec tant de méchanceté et d’inutilité,
Les laissant choir dans la paix éternelle

   Traduction Sarah P. Struve  

Ecouter « Ce que je doit dire » interprété par Boris Grebenchikov.

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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