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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 13:28

 

L'auteur de "Мир такой кромешный ~ Mir takoï kromechny ~ Le monde est si sombre," David Markish, est un écrivain russe, né à Moscou en 1938. Son père, Peretz Markish, poète de langue Yiddish, originaire de Volhynie, a été membre du comité antifasciste juif et, à ce titre, fut fusillé en 1952. David Markish est l'auteur de nombreux romans, plusieurs d'entre eux, ont été traduits en français. Voici un extrait d'un entretien que Markish accorda à Mark Tsibulsky :

(...)M.T. - Je sais, que Vissotski a chanté deux chansons sur vos textes.
D.M. – Oui, "Metchitsa strelka spidometra ~  l'aiguille du compte tours,
s'agite," et "Mir takoï kromechny ~ Le monde est si sombre." Ces textes se trouvent sur internet, mais comportent de nombreuses inexactitudes ; et puis, Volodia les chantait, lui-même, pas tout à fait comme je les avais écrit. Volodia m'a demandé le texte de "Le monde est si sombre," que j'avais déjà écrits plus tôt, alors qu'il me demanda d'écrire pour lui, le second texte. Il chantait cette chanson , le plus souvent, dans des rencontres semi-clandestines . Il la chantait dans différentes maisons municipales, dans des clubs non officiels, où venaient des officiers. Il me racontait qu'il interprétait cette chanson principalement, dans ces endroits. (…)

la vidéo, ci-après, reprend un audiogramme, peut être l'unique de cette chanson, qui date, selon les avis, soit de 1961, soit de 1962.

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Мир такой кромешный ~ Le monde est si sombre
Texte: David Markish ~ Musique: Vladimir Vissotski

Le monde est si sombre,
Été comme hiver, il est enneigé,
Un homme marche de par le monde,
Un homme bon, un pauvre pécheur,
Qui est ton Dieu, quel est ton idole ?
Toi-même, tu ne le sais
Et, tu souffres en chemin,
Mon cher être humain.
 
Écoute, gamin Vania,
Ce monde est tel les Gitans,
Fleurira, puis se fanera
Et à nouveau refleurira.
Peut-être, laisseras-tu un fils sur cette terre,
Peut-être, est ce ainsi, qu'aux ténèbres, tu retourneras,
Telle une paire de pavots bleus,
S'épanouiront, à nouveau, tes yeux.
 
Traduction: Sarah P. Struve

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 20:00

Boris VakhnioukCette chanson, souvent décrite comme n’ayant pas d’auteur est en fait l’œuvre du poète, journaliste, metteur en scène et barde que fut Boris Vakhniouk : né en 1933  dans la région de Kamene-Podolsk et décédé en 2005 dans un accident de la route. Il repose au cimetière de Kouzminskoe de Moscou, ville où il vivait.
Il fait ses études à l’Université Pédagogique Publique de Moscou et devient en 1959, professeur de littérature et de langue russe.
Correspondant pour la radio «Юность - Yunost’» puis pour le journal « Кругозор – Krougozor. » À partir de 1978 il travaille comme dramaturge et producteur de documentaires.
Guitariste, il met en musique ses poèmes à partir de 1955.                                        
Dans ce vidéogramme de rogovanova60, cette chanson est, interprétée par Vladimir Vissotski et, pour le public, elle évoque immanquablement  Marina  Vlady qui fut sa dernière épouse.

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Глаза то лукаво блестят / Tes yeux brillent malicieux

Boris Vakhniouk 

Tes yeux brillent malicieux,
Tantôt regardent fâchés,
Tantôt cafardent silencieux
Quelqu’un n’est toujours pas oublié.

Je comprends comme c’est étrange
De chercher une réponse dans ces yeux,
Ces yeux pour qui est égale
Que je sois ou non près d’eux

Tes yeux brillent malicieux,
Tantôt regardent fâchés,
Tantôt cafardent silencieux
Quelqu’un n’est toujours pas oublié.

Mais j’attendrai ce jour,
J’attendrai
Ce jour où tu ne pourras vivre sans moi,
Non, tu ne pourras. Mais pour l’instant…

Tes yeux brillent malicieux,
Tantôt regardent fâchés,
Tantôt cafardent silencieux
Quelqu’un n’est toujours pas oublié.

Traduction : Sarah P. Struve

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 14:00

"Таганка ~Taganka," cette romance dont l’auteur reste à ce jour inconnu, date de 1906. Une version dit que les auteurs de cette romance sont des voleurs récidivistes, une autre version affirme que cette romance fut créée par Fiodor Chaliapine, chanteur d’opéra à la basse proverbiale qui y donna en 1906, un concert pour les détenus.  La prison de la Taganka fut construite en 1804, dans les faubourgs du Moscou de l’époque, près de la place de la Taganka dont elle porte le nom et, non loin du monastère Novospassky. Elle fut définitivement fermée en 1958. 

taganka copierPlusieurs interprètes ont chanté et continuent à chanter cette romance, tels Arkadi Severny, Mikhail Shoufoutinski, ou encore Djemma Khakid  mais, à mon sens le plus signifiant fut Vladimir Vissotski qui travailla la plus grande partie de sa vie au théâtre de la Taganka, sous la direction de Youri Lioubimov. Lors d’un concert, il avait raconté : "Je travaille au théâtre sur la Taganka (…) Taganka est une place célèbre, cela, vous le savez. Sur elle, beaucoup de chansons furent composé, plus précisement sur la prison qui se trouvait là. Il y avait une chanson "Une tsigane, un jeu de carte, une route lointaine…" Ce n’est pas ma  chanson, c’est une chanson populaire. (…)"
Voici donc un vidéogramme de cette romance de prisonniers, interprété par Vladimir Vissotski.

~~~~~~~~~

Таганка / Taganka
Chanson populaire
 

Une tsigane, un jeu de cartes,
Une route lointaine, Une route lointaine...
Une bâtisse municipale.
C’est, peut être, la vieille prison centrale
Qui, moi, le petit gars, à nouveau m’attend.

Taganka
Tes nuits sont pleines de feux.
Taganka
Pourquoi m’as-tu détruit ?
Taganka
Je suis ton éternel prisonnier.
Dans tes murs,
Jeunesse et talent, ont péries.

Ma douce,  je sais,
Que nous ne nous reverrons plus jamais,
Des routes lointaines nous sont dévolues.
À nouveau, les vendredis, Il y aura les rendez-vous
Et  les larmes  amères de la parenté.

Taganka
Tes nuits sont pleines de feux.
Taganka
Pourquoi m’as-tu détruit ?
Taganka
Je suis ton éternel prisonnier.
Dans tes murs, jeunesse et talent ont périt.

Traduction : Sarah P. Struve

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 07:37

C’est Achille Levinton (1913 Odessa – 1971 Leningrad) qui écrivit cette chanson inspirée directement d’un certain folklore odessite où se mélange un monde de la petite et grande truanderie et un certain humour sans lequel Odessa ne seraient pas ce qu’elle est. On  appelle souvent  Odessa la Marseille de l’est. Quoi qu’il m’ai toujours semblé que l’on devrait dire le contraire, que Marseille est l’Odessa de l’ouest. Il se trouvera sans doute, des esprits chagrins pour affirmer que ces propos sont présomptueux. Quoi qu’il en soit, ces deux villes ont accueillis dans leurs creusets respectifs de multiples populations, de multiples migrations qui ont su les rendre riches d’imagination et de créativité. En cela ces deux villes sont parentes. Voici donc un bel hommage à "l’Odessa du sud" d’un auteur compositeur né dans la "Marseille de l’est." odessa vory

Achille Levinton fit des études de philologie à Leningrad. Il écrivit cette chanson pour l’une de ses amies, Ruth Zernova, écrivaine russe ayant participé à la guerre civile espagnole. Ils firent, tous deux, partie de la charrette de déportation  en 1949 pour « Diffusion de calomnies antisoviétiques. » c’est là, pour l’anniversaire de R. Zernova, que Levinton écrivit cette chanson. Ils seront, tous deux, libérés et réhabilités en 1954.
Voici donc un vidéogramme de  Vladimir Vissotski  interprètant "Marseille !"

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Марсель ! / Marseille !

Achille Levinton

 J’étais en train de me promener 
 Dans la poche d’un voisin, 
 Lorsque, c’est approché soudain, 
 Un citoyen totalement étranger. 
 Il m’a chuchoté: 
 Où pourrions-nous aller 
 Pour passer un p’tit bout de temps, 
 Le passer, le plus agréablement ?  
 Il m’a proposé de l’argent, 
 Un verre rempli de diamants, 
 Afin que je lui vende, 
 D’une usine, les plans. 
 Et il m’a encore murmuré: 
 Sais-tu qu’à Marseille 
 Il y a des bars! 
 Des filles impossibles! 
 De ces bordels!...  
 Là-bas les filles dansent toutes nues! 
 Les dames portent des zibelines, 
 Les laquais, du vin, 
 Les voleurs, des smokings ! 
 Nous avons livrés ce personnage inconvenant 
 Aux agents du NKVD. 
 Mais depuis ce temps, 
 Dans aucune prison ne l’ai rencontré. 
 Le pouvoir m’a félicité, 
 Même que le procureur m’a serré la main 
 Et puis après, 
 Sous haute surveillance, on m’a enfermé. 
 Depuis ce jour, mes amis, 
 Je n’ai qu’une seule envie, 
 D’une façon ou d’une autre, aller me promener 
 Dans ce Marseille merveilleux et ensoleillé. 
 Là, où les filles dansent toutes nues, 
 Les dames portent des zibelines, 
 Les laquais, du vin, 
 Les voleurs, des smokings ! 
   
 Traduction ; Sarah P. Struve 
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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:16

Vissotski-1977.jpgVoici une  chansons de Vladimir Vissotski qu'il a dédiée à Boulat Okoudjava.  Le vidéogramme ci-après, glané sur le net, reprend l’intégralité du texte sous le titre de «Притча о Правде и Лжи - Pritcha o Pravde i Lzhy - Parabole sur la Vérité et le Mensonge» la traduction quant à elle reprend une version raccourcie et ramassée de ce texte et qui, à mon goût, est plus puissante et intense. Cette seconde version s’intitule «Бала да о Правде и Лжи - Balada o Pravde i Lzhy - Balade de Vérité et de Mensonge  Chacun comprendra sa vérité en écoutant cette chanson, du moins autant que nos propres mensonges nous le permettrons. Pour conclure, mensonge et vérité, sont deux mots, qui sont en russe, du genre féminin,  ce qui fait que la connotation du texte n’est pas exactement  la même dans le texte original que dans la traduction en français.

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Балада о Правде и Лжи  / Balade de Vérité et de Mensonge 

Vladimir Vissotski (1977)

"Voilà une chanson qui s’appelle « en imitation de Boulat Okoudjava » Je l’aime beaucoup, il est mon père spirituel, j’ai commencé à écrire à cause de lui, alors, voilà, pour lui, j’ai inventé  cette chanson." V. Vissotski.

Une tendre Vérité aux beaux atours se promenait,
S’étant attifée pour de miséreux et bienheureux estropiés,
Un grossier Mensonge attira chez soi, cette Vérité :
Reste donc chez moi afin que je puisse t’abriter.
Et la Vérité crédule s’endormit tranquillement.
Salivant dans son sommeil, elle souriait, 
Le rusé Mensonge tira la couverture à lui,
S’agrippant à la Vérité, il ressentit un grand contentement.

Et il se leva et lui tailla une gueule de bouledogue,
Une bonne femme comme une autre, pourquoi donc l’épargner
Il n’y a aucune différence entre le Mensonge et la Vérité,
Si, bien-sûr, on déshabille l’un et l’autre.
Il détressa habilement, des nattes, les rubans dorés,
Attrapa des vêtements, les essayant au jugé.
Il prit l’argent et la montre et encore les papiers,
Cracha, invectiva grossièrement et ficha le camp.

 C’est seulement au matin que la Vérité s’aperçut de cette perte
Et s’étonna s’étant, avec attention, regardée
Quelqu'un ayant trouvé quelque part de la suie noire,
Avait badigeonné la pure Vérité, à part cela, ça allait.
Lorsqu’on jetait sur elle des pierres, La Vérité riait
« Le Mensonge c’est tout et,  mes atours sont faits de Mensonge. »
Deux bienheureux estropiés établissaient un procès-verbal,
En là traitant de tous les noms.

Ce procès-verbal se terminait par une tirade blessante,
Rendant la Vérité responsable d’affaires ne la concernant pas,
A ce que l’on dit une certaine ordure s’appelant Vérité,
s’est saoulée et a cuvée complètement dénudée,
Longuement elle vagabonda, malade, désargentée
Et, sur ses longues et fines jambes, se sauva.

Un original combat, à ce jour, pour la Vérité,
Il est vrai que dans ses discours, de vérité, il n’y a que morceaux éparpillés,
La pure Vérité, avec le temps, pourra triompher,
A condition qu’elle fasse la même chose que le Mensonge consommé.
Souvent, 170 grammes pour un frère, ayant versé,
Tu ne sais, pas-même, par qui tu te feras abriter.

Traduction : Sarah P. Struve

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 19:05

« Песня Марьи  - Pesnïa Mar'i – La chanson de Marie » a été écrite par Vladimir Vissotski en 1974.
Voici un enregistrement de cette chanson interprétée en duo par 
Vissotski et Marina Vlady, actrice et écrivain, qui fut son épouse de 1969 à sa mort en 1980.

Vissotski i vladyLa mauvaise qualité de l’enregistrement provient de ce que l’on nommera plus tard le magnitizdat, c'est-à-dire, un  enregistrement sur magnétophone non professionnel, lors d’un concert ou bien d’une soirée dans un appartement, une cuisine, enregistrement ensuite dupliqué à l’infinie et passant de main en main. En soi, pour ceux qui ont pu connaitre cette époque, c’est précisément ce son si particulier qui porte toute l’émotion.

Le vidéogramme ci-après, provient de la vidéothèque moscovite de Rogovanova60.

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Песня Марьи  / La chanson de Marie

Vladimir Vissotski 

Pourquoi, Mariuchka, dans la rivière, ne t’es tu pas jetée,
Pourquoi donc
,  pour toujours,  ne t’es tu pas tue,
Lorsqu’on a pris ton aimé parmi les conscrits, les conscrits,
Comment est donc parti à l’armée, ton promis ?!

Avec mes larmes amères, la mansarde,  je laverai
Et la porte, je la refermerai pour de longues années,
Je me pencherai sur le lac, tel un saule, tel un saule,
J’y regarderai comme dans un miroir, - qu’adviens-tu.

La petite herbe verte – juteuse, mentholée –
Se casse sans toi, les vents se sont mis à souffler
Petite destinée de soldat - militaire, militaire:
Ta poitrine, par une balle, serait-elle menacée ?!

Je foulerai à travers champ, un profond sentier
Et ma couronne de mariée en provision, je la tresserai,
Ma longue natte de jeune fille, jusqu’au sol, jusqu’au sol,
Perlée de cheveux blancs, je la garderai pour mon aimé.

Voilà que je prendrais dans la coupelle blanche, mon alliance,
La farandole se mettra à tourner en un cercle, tristement,
Que ma divination advienne, advienne,
Que mon promis, un jour printanier, revienne!

Chante gaiement comme avant, toi qui vas vers la maison,
D’un doux mot caressant, Console-moi.
Et son destin de fiancée, tourbillons, tourbillons…
Mariuchka l’attend, Dépêches- toi !

Traduction : Sarah P. Struve

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 11:16

Vladimir Vissotski disparaissait il y a 31 ans de cela, le 25 juillet 1980. Voici l’un de ses plus beaux textes : "банька по-белому – Ban'ka po-belamu - La bania blanche" chanson datant de 1968.

vissotski.jpgDans cette chanson Vissotski parle d’un tatouage d’une certaine « Marinka » il fait ici référence à sa dernière épouse ; l’actrice Marina Vlady.
La bania blanche dont il est question ici, est la forme de bania la plus rependue en Russie.

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Банька по-белому / La bania blanche

Vladimir Vissotski 

Patronne ; chauffe-moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Patronne ; chauffe-moi une bania,
Je m'enfivrerai, m'enflammerai,
Sur le bord même du banc,
En moi, le doute, j’extirperai.

De chaleur jusqu’à l’inconvenance, je me griserai,
Un seau d’eau froide ; et au loin, tout s’estompera,
Et le tatouage de l’époque du culte de la personnalité,
Sur la poitrine gauche, bleuira.

Chauffe moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Combien de fois et de forêts furent abattus,
Combien de malheurs et de chemins furent connus !
Sur la poitrine gauche : Le profil de Staline
Et sur la droite : Le portrait de Marinka

Oh, pour ma foi de charbonnier,
Combien d’années me suis-je reposé au paradis !
Pour une vie sans issue, j’ai échangé
Mon insondable idiotie.

Chauffe moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et à moi, le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Je me souviens comme tôt, au petit matin,
J’ai eu le temps de crier - aide-moi, frère !
Et deux beaux gardiens,
De Sibérie en Sibérie, m’emmenèrent.

Et après dans les carrières ou les marais,
Ayant avalé des larmes et de l’humidité
Nous tatouions son profil plus près du cœur
Afin qu’il entende comment se déchirent nos cœurs.

Chauffe moi une bania blanche,
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Oh, mon corps s’enfièvre de ce récit jusqu’à la nausée,
La vapeur chasse de l’esprit, les pensées,
Du froid brouillard du passé
Je m’engloutis dans un brouillard surchauffé.

Les pensées se mettent à cogner sous mon crane,
Il s’avère, que par elles je fus marqué inutilement,
Et, avec des branches de bouleau, je fouette,
L’héritage des sombres temps.

Chauffe moi une bania blanche
De la lumière blanche, je me suis déshabitué.
Je m’asphyxierai et, à moi le délirant,
Délira la langue, la vapeur me brûlant.

Traduction : Sarah P. Struve

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 09:21

Voici une chanson de Vladimir Vissotski, datant de ses débuts et faisant partie des enregistrements audio publiés dans les années 70 par YMCA Press. Le texte est directement inspiré d’un poème de N. Ognivtsev (1888 – 1932), poète dandy du siècle d’argent russe.

vissotski2

Dans une petite flaque solaire
В маленькой солнечной лужице

Vladimir Vissotski / Владимир Высоцкий

Dans une petite flaque solaire
Sous le regard des Dieux malicieux,
Tel un petit ballon, tourne
Petite boule noire – la Terre.

Pauvre et triste est ta destinée
Avec tes bonheurs et tes souffrances,
Pauvre petite boule – la Terre,
Laisse-moi te bercer.

Ensommeilles-toi, oublies tout,
Laisses-toi porter par les vents solaires,
A travers la brumeuse voie lactée,
Tu voles vers mars, ton mois bien-aimé.

Il ne viendra pas à ta rencontre, ne t’enlacera pas,
Ne te chuchotera pas un amour sans fin
Et toi, toujours aimante, tu repartiras
A l’appel de la voie lactée.

Tu tourbillonnes dans l’intemporalité,
Le long de siècles sans fin,
Tu es vraiment fatiguée d’éternité,
Ô, dors petite terre bien-aimée.

Tu t’es imbibée d’amers malheurs,
Les larmes et les plaintes brûlent ton cœur,
Pauvre petite boule - la Terre,
Laisse-moi t’ensommeiller,
Dors, dors petite Terre.

Traduction : Sarah P. Struve

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 17:41

Cette chanson fut écrite en 1969 par Vissotsky pour le film « Les fils partent au combat » d’âpres le roman d’Ales Adamovitch : « Partisans. » Cette histoire se passe en Biélorussie durant la dernière guerre. Elle raconte comme les fils d’Anna Karzoun , partent rejoindre les partisans pour se battre.

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Он не вернулся из боя

Il n’est pas revenu du combat

Vladimir Vissotski / Владимир Высоцкий

« La chanson que je vais chanter, je pense qu'elle paraitra proche à tous les téléspectateurs yougoslaves, et en particulier à ceux qui ont combattus; car cette chanson qui est issue d’un film sur les partisans, est une chanson à propos de l’amitié de deux personnes, une chanson parlant de quelqu’un ayant perdu son ami avec le quel il a traversé côte à côte toute la guerre: Il n’est pas revenu du combat. » V. Vissotsky.

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Pourquoi rien ne va, apparemment tout est comme avant:
Le même ciel à nouveau bleu,
La même forêt, le même air, et la même eau,
Seulement il n’est pas revenu du combat.

Je n’arrive pas à comprendre qui de nous deux avait raison,
Durant nos ardentes discussions sans sommeil.
Ce n’est que maintenant qu’il me manque,
Depuis qu’il n’est pas revenu du combat.

Il se taisait mal à propos, et ne chantait jamais en mesure,
Il parlait toujours au sujet d’autre chose,
Il ne me laissait pas dormir, il se levait à l’aurore,
Et hier, il n’est pas revenu du combat.

Qu’il y ait un vide maintenant, ce n’est pas le sujet,
Soudain, je me suis aperçu que nous étions deux.
Se fut comme ci un coup de vent souffla le feu de camp,
Lorsqu’il n’est pas revenu du combat.

Aujourd’hui le printemps s’est échappé de captivité.
Involontairement je l’ai interpellé :
- Ami, laisses moi fumer ! Et en réponse: le silence,
Hier, il n’est pas revenu du combat.

Nos morts ne nous laisserons pas dans le malheur,
Nos gisants, sont telles des sentinelles,
Le ciel se reflète dans la forêt, comme dans l’eau,
Et les arbres s’élancent bleus-ciel.

Nous avions amplement la place dans notre gourbi,
Même le temps ne coulait que pour nous deux.
Tout est pour moi seul, maintenant. Il me semble seulement,
Que c’est moi qui ne suis pas revenu du combat.

Traduction: Sarah P. Struve

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 19:13

La chasse aux loups

Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés
Mais aujourd'hui, comme le jour précédant,
Ils m'ont cerné, ils m'ont cerné:
Gaiement ils me rabattent vers les servants,

Derrière les sapins s'activent les fusils à deux coups:
Les chasseurs dans l'ombre sont dissimulés.
Sur la neige tombent les loups,
En cible vivantes transformées.

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions...

Ce n'est pas à armes égales que s'amusent avec les bêtes
Les chasseurs, mais aux yeux ils n'ont pas froid !
Avec les fanions nous coupant la retraite,
Ils tirent d'une main assurée et leurs coups ne manquent pas !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Nos pattes et nos mâchoires sont d'une grande rapidité.
Pourquoi, chef de la meute, réponds, réponds,
Galopons- nous vers les fusils, traqués,
Et n'essayons-nous pas d'enfreindre l'interdiction ?

Le loup ne peut ni ne doit cette loi transgresser...
J'ai fait mon temps :
Celui â qui j'était prédestiné
A levé son fusil en souriant...

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Subir, je n'ai pas voulu. J'ai couru.
Au-delà des fanions, le désir de vivre est plus grand !
Seulement, tout joyeux, derrière moi j'ai entendu
Les hommes pousser des cris d'étonnement.

Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés,
Mais aujourd'hui, ce n'est pas comme le jour précédent !
Ils m'ont cerné, ils m’ont cerné,
Mais les chasseurs sont restés gros-jean !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Traduction d'Hélène Ravaisse 

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