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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 10:12

 


 

 

 


 

vissotski3.jpgEn 1978 ou 79, vissotski donna quelques concerts à l’Éysées Montmartre. La salle était petite et le public était placé tout contre une scène minuscule. Un petit homme est entré, d’apparence timide, presque engoncé. Il marmonna quelque chose au micro, puis se mit à chanter. Imperceptiblement une sorte de long envoûtement nous pris tous lentement, y compris vissotski qui s’emblait prendre de l’assurance et se précipiter, s’engouffrer définitivement dans ce qu’il chantait…il y avait quelque chose de « narcotique. » J’y suis retournée le lendemain. Cette chanson « Les chevaux» que Vissotski interprète dans ce vidéogramme de 1979, exprime cette lancinance fatale.  

 

 

 

  ____________

Vladimir Vissotski   / Владимир Высоцкий

                                 Les chevaux / Кони                                                      

Voila, maintenant une chanson un peu plus légère, peut être. Cette chanson s’appelle « les chevaux » Cette chanson je l’ai écrite dans une sorte de stylisation de vieilles mélodies russes… Il y a aussi un peu de la romance tsigane... Voila…….C’est le matin chez nous, tu comprend ...c’est pourquoi…cela ne marche pas encore    

Le long du précipice, le long de l’abîme, sur le bord même
Je cravache mes chevaux avec le fouet
On dirait que je manque d’air, je bois le vent, j’avale le brouillard
Je pressens avec un funeste enthousiasme que je me perds, je me perds !

 
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement
N’écoutez pas le fouet nerveux
Mais on dirait que j’ai eu des chevaux capricieux;
Et je n’ai pas eu le temps de vivre jusqu’au bout.

 
Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 
Je disparais – L’ouragan me balaie comme un flocon de la paume
Et en traîneau on m’entraînera au galop sur la neige au matin
Passer à un pas moins empressé, mes chevaux
Ne serait-ce qu’un peu, vous prolongerez le chemin vers le dernier refuge
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement
Le knout et le fouet ne sont pas vos précepteurs !
Mais on dirait que j’ai eu des chevaux capricieux;
Et je n’ai pas eu le temps de vivre jusqu’au bout.

 

Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 

Nous sommes arrivés à temps : en visite chez le bon Dieux il n’y a pas de retard<
Alors, pourquoi les anges chantent avec des voix ci méchantes ?
Est-ce la clochette qui s’est engourdie à force de sangloter ?
Ou bien, est-ce moi qui crie à mes chevaux pour qu’ils n’emportent pas si vite le traîneau !

 
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement !
Je vous en supplie, ne vous envolez pas au galop
Mais on dirait que j’ai des chevaux capricieux
Si je n’ai pas eu le temps de vivre. Alors, au moins, je chanterai jusqu’au bout !

 
Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 
Traduction : Bïa Krieger 1977 + arrangements SPS.
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 22:16

1723aed1c7d9fa9cd8e38d9978036758.jpgL'auteur de ce poème, Vera Mikhaïlovna Inber (1890 Odessa – 1972 Moscou) est un écrivain russe – soviétique. La mère de Véra Inber, Irma Bronstein, était la cousine de Lev Trotski.
Les premières publications de V. Inber datent de 1910. Elle vécu à Paris et en suisse de 1910 à 1914, puis déménage à Moscou où elle fera partie durant les années 20 du « cercle littéraire constructiviste » durant cette époque elle travaille comme journaliste et collabore à de nombreux journaux et revues.
Durant la grande guerre patriotique, elle sera à Leningrad où son mari dirige un hôpital, et vivra le siége de la ville. Elle écrira des textes et des poèmes parlant de la vie et de la lutte des léningradois durant cette terrible période.
Véra Inber a traduit en russe Taras Chevtchenko, Paul Eluard ainsi que le poète hongrois, Sàndor Petöfi.
Sur le videogramme ci-aprés, « la fille de Nagasaki » est interprété par Vladimir Vissotski.

 

Девушка из Нагаcаки  / La fille de Nagasaki 

Vera Inber / Вера Инбер

Il est capitaine
et sa patrie est Marseille.
Il aime les discutions bruyantes et la bagarre.
Il fume la pipe, boit de l’alcool fort
Et aime une fille de Nagasaki.

Elle a des traces de lèpres sur les mains,
Des emblèmes tatoués sur son corps
Et tous les soirs, la gigue dans les bars,
Danse la fille de Nagasaki.

Elle a une si petite poitrine
Et ses lèvres, ses lèvres sont rouge pavot...
Le capitaine s’en va au long cours,
Il aime la fille de Nagasaki.
 

Des coraux rouge sang,
Une veste de satin kaki,
Un amour passionné et bouillonnant,
Rapporte le capitaine à Nagasaki.
 

Le capitaine revient de son lointain périple
Et il apprend qu’un gentleman en queue de pie,
Un soir, d’hachisch enfumé,
A poignardé la fille de Nagasaki.
 

Elle a une si petite poitrine
Et ses lèvres, ses lèvres sont rouge pavot...
Le capitaine s’en va au long cours.
Il aime la fille de Nagasaki.


Traduction Sarah P. Struve 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 13:36

В тот вечер я не пил, не пел : « Ce soir là, je ne buvais pas, je ne chantais pas » est l’une des chansons de Vladimir Vissotski parlant de la vie des bas quartiers de Moscou ou de Saint Petersbourg, Cette chanson est interprétée, ici, par Diana Arbenina.

Ce soir là je ne buvais pas, je ne chantais pas
Je la fixai aveuglément
Comme regardent les enfants, comme regardent les enfants.
Mais celui qui était avec elle avant
M’a dit que je m’en aille
M’a dit que je m’en aille
Que ce n’était pas pour moi.


Et celui qui était avec elle avant
Il m’insultait, il me menaçait,
Moi je me souviens de tout, je n’étai pas saoul.
Et lorsque j’ai décidé de m’en aller
Elle m’a dit - Te dépêches pas !
Elle m’a dit - Te dépêches pas !
Il est encore trop tôt.


Mais, celui qui était avec elle avant,
Ne m’a, semble t’il, pas oublié
Et par hasard un jours d’automne, et par hasard un jours d’automne,
je m’baladais avec un pote et que ce que je vois,
Ils étaient là, alignés et silencieux,
Ils étaient là, alignés et silencieux,
Ils étaient huit.


J’avais un couteau et me suis dis : - Bon.
On ne m’attrape pas si facilement
Tenez vous bien fumiers ! Tenez vous bien fumiers !
Pourquoi disparaître gratuitement ?
Alors, j’ai frappé le premier,
Alors, j’ai frappé le premier,
C’est ainsi qu’il le fallait.


Mais, celui qui était avec elle avant
cette mayonnaise, c’est lui qui l’a monté
très sérieusement, très sérieusement.
Quelqu’un s’est accroché à mes épaules,
Valioukha criât : - Attention à toi !
Valioukha criât : - Attention à toi !
Mais il était trop tard.

Pour huit malheurs - une seule réponse.
y a également une infirmerie en prison,
J’y ai traîné, J’y ai traîné,
de long en large, le médecin m’a charcuté,
Il me disait – Tiens l’coup, frérot !
Il me disait – Tiens l’coup, frérot !
Et je tenais.


La séparation s’est faite en coup de vent,
Elle ne m’a pas attendue,
Mais je pardonne, je la pardonne,
Bien sur que je lui ai pardonné,
Mais, celui qui était avec elle avant,
Je ne l'ai pas excusé.


Bien sur que je lui ai pardonné,
Mais, celui qui était avec elle avant,
celui qui était avec elle avant,
Je le retrouverai !


Traduction Sarah P. Struve

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 16:35
Texte & musique Vladimir Vissotski - Interpretation: Diana Arbenina

 

Je portai mon malheur
Sur la glace printanière
La glace se rompit, l’âme s’est arrachée,
Telle une pierre dans l’eau, elle s’est enfoncée.
Et le malheur, bien que lourd,
Aux bords acérés de la glace s’est accroché.

Depuis ce jours, le malheur,
De par le monde me poursuit.
Des bruits, des rumeurs courent avec lui.
Que je ne sois pas morte,
Seuls, le saule dénudé,
la caille et sa nichée, le savaient.

Qui donc l’a dit
A mon Monsieur,
A peine quelqu’un a parlé, à peine m’a-t-on trahi,
Et lui, d’effroi, hors de lui,
À ma recherche est parti,
le malheur et la rumeur l’ont suivis.

Il m’a retrouvé, m’a rattrapé,
M’ayant embrassé, il m’a prise dans ses bras,
Dans son dos, le malheur ricanait…
Il ne pu rester
Plus d’une petite journée,
Le malheur, quand à lui, pour l’éternité s’est accroché.

Je portai mon malheur
Sur la glace printanière
La glace se rompit, l’âme s’est arrachée,
Telle une pierre dans l’eau, elle s’est enfoncée.
Et le malheur, bien que lourd,
Aux bords acérés de la glace s’est accroché.

Traduction Sarah P. Struve

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 21:56

Voici la traduction de la chanson « Je n’aime pas » de Vladimir Vissotski. Dans la courte présentation qu’il en fait, il explique qu’elle exprime en partie son credo, ce qu’il n’aime pas.

vissotski.jpegCe texte pourrait être également l’expression de la Russie à l’encontre de l’occident bien pensant et de sa médiocratie médiatique, au prétexte ethnocentrique que seul l’occident détient « LA » vérité.

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Владимир Высоцкий - Я не люблю / Vladimir Vissotski - Je n’aime pas

Vladimir Vissotski. - J’ai commencé à écrire pour mes amis, comme cela pour la compagnie, pour rester assis, prendre une guitare et chanter. Avant, j’écrivais beaucoup de chansons, elles étaient sans malice, très simples, mes proches amis les écoutaient pour leur humour et pas seulement pour cela et puis très rapidement je les ai entendus venant d’autres sources, retranscrites sur des bandes magnétiques. Les textes de mes chansons ont commencé à circuler parmi les gens et un beau jour beaucoup, beaucoup de gens connaissaient mes chansons et j’ai été dans obligation de continuer cette affaire et cela avec plaisir.

Vous m’avez demandé mon credo, Je pense que cette chanson que je vais vous chanter, pas sur scène mais, ici, à la maison, cette chanson qui s’appelle « je n’aime pas. » Il y a au moins un aspect de ce que je n’aime pas qui apparaît très précisément en elle.

 

Je n’aime pas l’éclipse fatale des jours,
De la vie, je ne me lasserai jamais.
Je n’aime pas n’importe quel période de l’an,
Où de chansons, je ne puis chant
er.

Je n’aime pas le cynisme froid,
En l’enthousiasme je ne crois pas.
Je n’aime pas qu’un étranger lise mes lettres,
Jetant un regard de par derrière mon d
os.

Je n’aime pas quand les choses sont à moitié,
Ou lorsque l’on interrompt une conversation,
Je n’aime pas quant on tire dans le dos,
Je n’aime pas non plus le tir à bout porta
nt,

Je déteste les supputations et les commérages.
Le doute des vers de terre, l’hommage médaillé,
Où lorsqu’on se frotte tout le temps contre de la laine,
Où que l’on gratte du fer sur du ver
re.

Je n’aime pas la suffisance rassasiée,
Je préfère encore que lâchent les freins.
Dommage que le mot « honneur » soit oublié
;Et que derrière ce mot se cachent des calomn
ies

Lorsque je vois des ailes brisé,
En moi, il n’y a aucune pitié,
Je n’aime pas la violence et l’impuissance,
Seulement, Je plein le christ crucif
ié.

Je ne m’aime pas quant j’ai la trouille,
lorsqu’on frappe des innocents, je suis peiné
Je n’aime pas lorsque l’on squatte mon âme,
En particulier quand c’est pour y crach
er.

Je n’aime pas les manèges et les arènes,
Pour eux, des millions se monnaient pour un rouble.
Qu’il y ai, devant nous, de grands changements,
ça, jamais, je ne l’aimera
i !

Traduction Sarah P. Struve

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  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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