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12 mai 2026 2 12 /05 /mai /2026 13:25

Ce poème du poète daghestanais, Rassoul Gamzatov, (1923 – 2003,) fut écrit en langue avar, l’une des langues de la République du Daguestan ; il fut traduit en russe par Nahum Grébnev et, mis en musique par Yan Frenkel en 1968. la traduction et l’adaptation de ce poème en français, a été traduite de la version russe.

Le vidéogramme reprend un clip d'Agneshka O'Karavec l’interprétation de Mark Bernes, qui fut le premier à chanter ce poème. 

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Журавли / Les échassiers
Poème : Rassoul Gamzatov / Musique : Yan Frenkel

Il me semble parfois que les soldats,
Qui ne sont pas revenus des champs sanglants,
Ne sont pas tombés sur notre terre, autrefois,
Mais, se sont transformés en échassiers blancs.

Depuis nos jours jusqu'à ces lointains temps,
Ils volent et nous font entendre leurs chants.
N'est-ce pas pour cela que, si souvent et si tristement,
Nous restons muet, les yeux levés vers le firmament.

Ils voguent, ils voguent en formation le long de l’empiré,
Ils voguent dans le brouillard du couchant de la journée,
Et dans cette formation, il y a un petit espace,
Peut-être que m’est destinée cette place.

Le jour viendra et avec une volée d’échassiers
Dans la même brume grise, je voguerai,
Depuis le ciel, tel un oiseau, je vous appellerai
Vous tous, que sur terre, j'ai laissés…

Il me semble parfois que les soldats,
Qui ne sont pas revenus des champs sanglants,
Ne sont pas tombés sur notre terre, autrefois,
Mais se sont transformés en échassiers blancs.

Traduction : Sarah P. Struve

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 19:22

«Враги сожгли родную хату – Vragui sozhgli rodnouiou khatou - Les ennemis ont brulé sa maison natale » est une célèbre chanson soviétique. Le poème fut écrit par Mikhaïl Issakovski en 1945 et fut publié pour la première fois en 1946 dans le n°7 du journal « Znamia. » Vladimir Tvardovski poète et rédacteur de la revue « Novy mir » tomba par hasard sur le poème et conseilla au compositeur Matveï Blanter (1903 – 1990) de le mettre en musique. Rapidement après sa création la chanson résonnât à la radio dans une première interprétation du ténor Vladimir Netchaïev (1908 - 1969) mais fut tout de suite interdite de diffusion. Issakovski raconta plus tard :

soldat-pokidait-dom.jpg« Les rédacteurs littéraires et musicaux, n’avaient pas de raison de m’accuser de quoi que ce soit. Mais nombres d’entre eux étaient, je ne sais pourquoi convaincus, que la victoire ne peut qu’exclure les chansons tragiques, comme si la guerre n’avait pas apporté de terribles malheurs au peuple. C’était une sorte de psychose, une hallucination collective. Ce n’était pas de mauvaises gens, sans se consulter entre eux, ils se sont écarté de la chanson, il y en a eu même un qui ayant écouté la chanson, s’est mis à pleurer, essuya ses larmes et dit : « Non, nous ne pouvons pas. » Qu’est-ce que nous ne pouvons pas ? Ne pas pleurer ? Mais en fait c’était de faire passer la chanson à la radio que « nous ne pouvions pas. »

Le poème fut critiqué « pour diffusion d’humeurs pessimistes » et la chanson disparut pour de longues années du répertoire de la chanson soviétique officielle.

Il est probable que la chanson serait ainsi restée enterrée, mais en 1960, Mark Bernes prit le risque de la chanter à un concert. Après les derniers vers de la chanson : « Et sur sa poitrine brillait la médaille pour la ville de Budapest » la salle fit une bruyante ovation et c’est ainsi que cette chanson devînt populaire. Depuis elle a été interprétée par nombre d’artistes, mais c’est l’interprétation de Bernes qui est toujours la plus populaire. (Source wiki)Belogvardeits sourikov

Voici donc deux vidéogrammes ; le premier reprend l’interprétation de Mark Bernes, sur des extraits de films documentaires d'époque. Dans le second, la chanson est chantée par Élena Vaenga, dont Stengazeta a déjà publié des titres. Dans ce vidéogramme Élena Vaenga la chante à un concert qui a eu lieu le 8 mai 2014 et qui nous renvoie aux événements en cours en Novorussie : Odessa venait de perdre nombre de ses habitants assassiné dans l’incendie volontaire de la maison des syndicats et le lendemain, 9 mai, jour de la victoire, le peuple de Marioupol faisait face courageusement aux tanks de la junte de Kiev, ici également nombre de gens périrent assassinés par la Natsgvardia. Ces évènements furent les déclencheurs de l’agression fasciste de l’armée ukrainienne aux ordres de l’OTAN, contre le peuple de Novorussie. L’Histoire est un éternel recommencement et de nouvelles victoires viendront, que de nouvelles chansons éterniseront. Un proverbe russe ne dit-il pas que l’espoir ne meurt qu’en dernier.

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Враги сожгли родную хату  / Les ennemis ont brulé sa maison natale

Parole : Mikhaïl Isssakovski ~ Musique : Matveï Blanter

Les ennemis ont brulé sa maison natale,
Tuant toute sa famille.
Où peut donc aller le soldat, maintenant,
A qui apporter son chagrin ?

Il s'en alla envahi d’une profonde tristesse
Au carrefour de deux chemins,

Et là, il trouva dans un large champ,
Un tertre sous les herbes folles, enfouie.

Le soldat se tient là, et sa gorge
Restait comme nouée.

Le soldat dit : « Accueille, Proskovia,
Ton mari, le héros. »


Prépare à  l’invité une collation,
Dresse une grande table dans l’isba,

Mon jour, ma fête de retour,
Chez toi, je suis revenu fêter… »

Au soldat, personne ne répondit,
Personne ne l’accueillit,

Et seul le vent tiède estival,
Balançait doucement l’herbe tombale.

Le soldat soupira, rajustant son ceinturon,
Il ouvrit son sac de campagne,
Une amère bouteille, il posa

Sur la grise pierre tombale.

 « Ne me juge pas Proskovia,
De ce que je sois venu te voir dans cet état :

Je voulais boire à ta santé,
Et je dois boire au repos de ton âme.

Les camarades et les amis, à nouveau se retrouveront,
Mais
nous rencontrer, pour l'éternité, nous ne saurons … »
Et le soldat buvait dans son gobelet d’airain
Un mélange d’amertume et de vin.

Le soldat, serviteur du peuple, buvait
Et avec une douleur au cœur, il disait

« J’ai mis quatre ans à venir vers toi,
J’ai conquis trois pays… »

Le soldat s’enivrait, les larmes coulaient,
Les larmes des espoirs qui l’avaient laissé en reste,
Et sur sa poitrine brillait

La médaille pour la ville de Budapest.

Traduction : Sarah P. Struve ©

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 13:04

"Хотят ли русские войны ~  Khotiat li rousskiè voïny ~ Les Russes veulent-ils la guerre" est une chanson qui résonna pour la première fois en 1961 dans une interprétation de Mark Bernes. L’auteur en est Evgueni Evtouchenko, poète russe et prosateur, né en 1932. L’idée d’écrire une chanson dans laquelle s’exprimerait une protestation contre la guerre et un appel à la paix, Evtouchenko l’a eu pour la première fois à l’automne de cette année-là, lors de l’un de ses voyages à l’étranger en raison de ce que souvent lors de ses tournées en Europe occidentale et aux États-Unis, cette même et unique question résonnait: "les Russes veulent-ils la guerre ?" A son retour en Russie. Evtouchenko montre son poème au compositeur Édouard Kolmanovski (1923 - 1994.) Une première version de cette chanson ne plût pas à Mark Bernes, qui était pressenti pour l’interpréter, après quoi Kolmanovski écrivit une nouvelle version musicale, qui est devenue la musique définitive de cette chanson.

Voici un vidéogramme en forme de mémorial, trouvé sur la page Youtube de Mirana Monako. Sur la voie de Mark Bernes, cette vidéo reprend des images d’archives décrivant l’occupation allemande et nazie de l’Ukraine; les défilés nationaux-socialistes dans l’ouest de l’Ukraine comme à Lvov (Lviv), Baby Yar dans la banlieue de Kiev, les camps de concentration libérés par l’armée Rouge, les pendaisons à Kharkov et la destruction de Donetsk, le massacre de Khatyne, en Biélorussie, où, comme de nos jours à Odessa, le feu fut utilisé comme arme de meurtre de masse. Enfin, la rencontre sur l’Elbe des troupes soviétiques et américaines. 

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Хотят ли русские войны ~  Les russes veulent-ils la guerre
Texte: Evgueni Evtouchenko  ~ musique Edouard  Kolmanovski 

Les Russes veulent-ils la guerre.
Demandez-le à la silencité des labours et des champs
Aux peupliers, aux bouleaux,
Demandez-le à ces soldats,
Dormant sous les bouleaux,
Leurs fils vous répondront
Les Russes veulent-ils, les Russes veulent-ils;
Les Russes veulent-ils la guerre.


les soldats mouraient  durant cette guerre;
Non seulement pour leur pays
Mais pour que les gens de toute la terre
Puissent dormir tranquillement la nuit.
Demandez-le à ceux qui combattaient;
Ceux qui sur l’Elbe nous enlaçaient;
Nous restons fidèles à cette mémoire.
Les Russes veulent-ils, les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils la guerre.

Oui, nous savons combattre,
Mais ne voulons pas, qu’à nouveau,
Des soldats tombent au combat
Sur leur terre amère.
Demandez-le aux mères,
demandez-le à ma mie,
Et alors, vous comprendrez
Les Russes veulent-ils, les Russes veulent-ils;
Les Russes veulent-ils la guerre.

Le comprendront, le pécheur, et le docker,
L'ouvrier et le  métayer,
Les peuples de chaque pays;
Les Russes veulent-ils, les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils la guerre.

Traduction: sarah P. Struve.

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 19:09

Cette chanson fut écrite pour le film « Два бойца – Dva boïtsa / Deux combattants » du réalisateur Léonid Loukov, d’après la nouvelle de Lèv Slavine « Мои земляки / Mes Payses » Le film a été tourné en 1942, dans les conditions de l’évacuation. Le film parle de l’amitié entre deux soldats ; Arkady Dzioubine, joyeux gars originaire d’Odessa interprété par Marc Bernes et Sacha Svintsov, dit « Sacha d’Ouralmash » un gars de l’Oural.

 Le film exprime avec un grand réalisme, la vie au front. Il est devenu une référence du genre et, a joui d’un immense succès durant plusieurs décennies. « Nuit sombre » ainsi qu’une autre chanson, « Odessa, Kostia! » également interprété par Marc Bernes dans le film, sont devenues des chansons populaires immanquablement associés à la grande guerre patriotique, et à la résistance courageuse des peuples formant alors l’Union Soviétique.
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Темная ночь
Nuit
sombre

Paroles : V. Agatov Musique N. Bogoslovski

Nuit sombre, seules les balles sifflent dans la steppe,
Seul le vent vrombit dans les câbles, les étoiles brillent faiblement,
Dans la nuit sombre, mon aimée, je sais que tu ne dors pas,
Et, auprès du berceau, tu essuies une larme en secret.
Comme j’aime la profondeur caressante de tes yeux,
Comme je voudrais maintenant poser mes lèvres sur eux
La nuit sombre nous sépare, mon aimée,
Et l’inquiétante steppe noire s’est étendue entre nous.

Je crois en toi, en ma chère amie,
Cette foi, dans la sombre nuit, me protégeait des balles,
Le cœur heureux, je reste calme dans ce combat meurtrier,
Je sais que tu m'accueilleras avec amour, quoi qu'il m’arrive,
La mort ne m’effraie pas, plus d’une fois je l’ai rencontré dans la steppe,
Voilà qu’elle tournoie maintenant au-dessus de moi,
Tu m’attends et, auprès du berceau tu ne dors pas,
Et, je sais que grâce à cela, rien ne m’arrivera.

Traduction : Sarah P. Struve

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  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, de poésies, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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