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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 13:36

Boris Aléxndrovitch Almazov  est né le 5 août 1944 à Leningrad. Il est issu d'une vielle lignée de cosaques. On retrouve les traces de sa famille dès 1632. Ses parents - le père est fils d'officier et petit-fils d'Ataman (chef cosaque élu), la mère d'origine noble est fille de prêtre - doivent fuir en 1932 la région du Don où sévit la famine et les répressions, pour Leningrad.  Du fait de ses origines, son père fait la guerre dans un bataillon disciplinaire, il sera tué en participant au déminage de Kaliningrad. La mère de Boris Aleksandrovich, termine la guerre avec le grade de lieutenant du service médical, décorée par six fois, elle revient du front invalide.
Dès l'âge de 16 ans, alors qu'il vient de terminer sa  neuvième classe (équivalent russe de la seconde), Boris  commence à travailler à l'usine pour nourrir sa famille, tout en continuant simultanément ses études à l'école de la jeunesse ouvrière, Il sera à tour de rôle,  tourneur, serrurier,  docker, géologue. Boris Alexandrovich fait son service militaire dans les troupes aéroportées. En 1962 il entre à l'institut théâtral d'état de Leningrad où il étudie la musique et la cinématographie. A la fin de ses études, en 1968, il  enseigne l'histoire de l'art.

Boris Almazov est membre de l'union des journalistes depuis 1974 ainsi que de l'union des écrivains depuis 1980. Parallèlement il participe activement à la renaissance du monde cosaque. Auteur de livres pour enfants  dont " le plus bel étalon." Ses livres sont, à ce jour, inédits en français. Almazov est venu naturellement à la chanson. Il fait parti de ce groupe de bardes  au quel participaient également Vissotski et Okoudjava. A travers certaines de ses chansons, il tente de réconcilier la mémoire de ces jeunes gens qui moururent " les un en Boudïonovka, les autres en blanc. "  Ses textes, dont certains sont en accès libres de droits, sont imprégnés de la guerre civile, de l'absence du père, de l'histoire tragique de sa famille ainsi que de sa nostalgie de la vie paisible que menaient avant la révolution, les cosaques de la région du Don, vie parfois si semblable à l'Amérique rurale de Mark Twain. Sa lumineuse chanson " Little-Game " est comme un pont entre ces deux mondes.

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Лител-гейм / Little-game
Борис Алмазов / Boris Almazov

En chaussettes rayées, gilet ajusté,
Une casquette neuve vissée sur le crâne
Ce dimanche matin, je m'en allais
À la foire de Little-Game.
- J'vais à Little-Game, j'vais à Little-Game,
À la foire de Little-Game !

Et là, où d'entre les pierres rigolait la rivière,
De mon visage, la poussière, j'ai lavé.
Prés du pont, un vieux j'ai rencontré
Au bord de l'onde, il pêchait
- J'vais à Little-Game, j'vais à Little-Game,
À la foire de Little-Game !

L'eau s'argentait, une perche sautait
dans le seau qu'à l'ombre il avait posé
- Eh! Fiston, où vas-tu si tôt?
J'ai répondu: -à Little-Game,
À la foire de Little-Game !

-Ainsi donc il y a encore une foire!
Je me souviens, dans le temps j'y dansais
une gamine, j'y ai rencontré
et, là, dans la foule, l'ai perdue.
Comme les années courent! Oh, comme les années volent,
elles coulent comme l'eau d'entre les doigts.
Mais ces yeux gris
jamais je ne les oublierai.
O Little-Game, O Little-Game,
ma jeunesse, Little-Game !

- Vieux, ne cafarde pas les années passées,
Oublie les vieilles passions.
Si tu veux, j'irai vendre ton poisson
Et t'acheter quelque chose.
J'vais à Little-Game, j'vais à Little-Game
Et vais t'acheter quelque chose.

- Mon gars t'as raison, cafarde ou pas
L'instant passé, tu ne peux le rattraper,
Achète-moi donc un peu de jeunesse
Je fatigue d’être vieux.

Comme le temps court ! Oh, comme le temps vole !
Mais, il me semble que si je pouvais rejeter les années
Je retrouverai cette foire
Et ne le regretterai jamais
O Little-Game, O  Little-Game,
ma jeunesse, Little-Game !

En chaussettes rayées, gilet ajusté,
Une casquette neuve vissée sur le crâne
Ce dimanche matin, je m'en allais
À la foire de Little-Game.
- J'vais à Little-Game, j'vais à Little-Game,
À la foire de Little-Game !

Traduction : Sarah P. Struve

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 10:51

"Можжевеловый куст  - Mozhevelovyi koust – Le buisson de genévrier," a été écrit par le poète Nikolaï Zabolotsky (1903 – 1958) et a été mis en musique par Alexandre Soukhanov qui l’interprète dans le vidéogramme ci-après. A. Soukhanov est un barde et un mathématicien. Il  est né en 1952 à Saratov, dans l’enfance Soukhanov a étudié la musique et plus particulièrement le violon. En 1974 il termine des études de mathématiques mécaniques; depuis 1981 il travaille à l’Université d’Eta Lomonossov. À partir de 1969, Alexandre Soukhanov commence à mettre en musique tant ses propres poèmes que ceux d’autres auteurs, de Pouchkine à Vertinski.

 

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Можжевеловый куст  / Buisson de genévrier

Un poème de Nikolaï Zabolotsky (1957)

J’ai vu en rêve un buisson de genévrier,
Au loin, un craquement métallique, J’ai discerné,

Le son de baies améthyste,  j’ai entendu
Et dans mon rêve, au creux du silence, il m’a plu.

Au creux de mon rêve, l’odeur de la sève, J’ai humé
Ecartant les branches peu élevées
Dans l'obscurité broussailleuse, j’ai remarqué
Le semblant de ton sourire, à peine, il vivait.

Buisson de genévrier, buisson de genévrier,
Le murmure figé de lèvres trompeuses,
Le murmure léger, à peine audible, de ta sève,
Qui, pareil à une aiguille mortelle,  m’a transpercé!

Derrière ma fenêtre, dans les cieux dorés,
Les nuages, l’un après l’autre, s’en vont,
Survolant mon jardin sans vie,  à l’abandon …
Que Dieu te pardonne, buisson de genévrier !

Traduction : Sarah P. Struve 

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 12:53

Sur la bande magnétique d’un mauvais enregistrement, apparu par on ne sait quel miracle, au creux des années soixante du siècle passé, dans le milieu de l’immigration russe; la chanson de « La déesse komsomole», suivait la chanson « Marche sentimentale ». Il fallait parfois faire un effort, afin de discerner dans la voix d’Okoudjava déformée à force de copies, le texte. On devinait plus que l’on ne comprenait les paroles, l’imagination faisait le reste… Les boulangeries parisiennes, se trouvant souvent par un  hasard étrange, elle aussi, à l’angle d’une rue; les jours d’été venteux, devenaient involontairement, les vortexs de celle-ci et, une fois les portes franchies au son du carillon, on se retrouvait propulsé magiquement dans le Moscou des années de guerre...

komsomol

Комсомольская богиня
La
déesse komsomole 

B. Okoudjava (1958)  

Je regarde une photographie :
Deux nattes, un regard sévère.
Un blouson de garçon,
Et, tout autour,  les amis.

Derrière la fenêtre, toujours, la pluie tinte:
Là-bas, dehors, c’est l’intempérie.
Et, d’un geste habituel les doigts fins
Ont effleurés l’étui du révolver.

Voila, bientôt elle abandonnera sa maison,
Bientôt, tout autour, les combats éclateront,
Mais la déesse komsomole…
Oh, frérots, c’est autre chose ! (bis)

A l’angle, prés de la vieille boulangerie,
Là, où l’été balaie la poussière.
En T-shirt bleu clair,
S’avance, la petite komsomole.

Sa natte a été coupée,
Elle traine chez le coiffeur
Et, juste une boucle rousse,
Tremble sur sa tempe.

Et on ne voit pas la couleur d’un Bon Dieu,
Seulement, le tonnerre tout autour.
Mais la déesse komsomole…
Oh, frérots, c’est autre chose ! (bis)

Traduction: Sarah P. Struve

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 13:03

Les parents de Boulat Okoudjava étaient, tous deux, communistes. Son père fut nommé, peut de temps après la naissance de son fils, commissaire de la division géorgienne de l'armée rouge. En 37, ses deux parents furent arrêtés lors des purges, son père fusillé. Sa mère ne reviendra des camps qu’en 1955. Okoudjava s'engagea volontaire à l"age de 17 ans, pour combattre l'envahisseur nazi.

okudjava.jpgLa chanson « Сентиментальный марш – Marche sentimentale » fut écrite en 1957 et est dédiée au poète Evgueni Evtouchenko. Elle fut chantée en 1965 par Okoudjava dans le film de Marlen Khoutsiev : «Мне два́дцать лет – J’ai vingt ans ». Dans la premiere version du poéme Okoudjava parle de « cette lointaine (guerre) Civile » alors que dans le film de Khoutsiev, il chante « Cette seule Civile » La veuve d’Okoudjava interrogée à ce sujet, explique cela par le fait, qu’au début, lorsque Okoudjava interprétait ses textes, il improvisait et changeait souvent les mots. Le mot "seule" remplaça définitivement celui de "lointaine". C’est ainsi qu’elle est chantée maintenant ainsi que sur le vidéogramme ci-après.

En 1966, Nabokov traduisit ce poème en anglais et l’adapta plus tard dans son roman « Ada ou l'ardeur » modifiant en jeu de mot, le sens des strophes tout en sous entendant le texte original d ‘Okoudjava ; « Nadezhda, I shall then be back / When the true batch outboуs the riot… » Le clairon se dit en russe « troubatch » le mot « otboï » signifiant « retraite » en russe, sonne comme « outboys ».
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Сентиментальный марш / Marche sentimentale

Boulat Okoudjava ~ Булат Окуджава 

Nadejda, je reviendrai quand le clairon sonnera la retraite.
Lorsqu’il rapprochera la trompette de ses lèvres, relevant son coude pointu.
Nadejda, je resterais entier, la terre humide n’est pas pour moi.
Pour moi, il y a tes inquiétudes et le doux monde de tes attentions.

Mais si tout un siècle passe et que tu te fatigues d’espérer.
Nadejda, si la mort déploie ses ailes au-dessus de moi,
Ordonnes alors, que le clairon couvert de blessures se relève
Afin que la dernière grenade ne puisse m’achever.

Mais si brusquement, un jour, je ne peux me protéger,
Qu’une nouvelle bataille n’ébranle le globe terrestre,
De toute façon, je tomberai pendant l'unique, la Civile,
Et des commissaires aux casques poussièreux, s’inclineront silencieux au-dessus de moi.

Traduction : Sarah P. Struve

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 18:48

La chanson "Loups et Corbeaux" a été pour la première fois publiée en 1991 dans l’album « Русский альбом – Rouskii album - L’album russe » et reprise dans plusieurs autres albums dont « Письма капитана Воронина – Pisma kapitana Voronina - Les lettre du capitaine Voronine »

Le vidéogramme qui suit, a été glané sur le net, vidéo qui mixe avec bonheur cette chanson de Grebenchikov ainsi que des images du film de Tarkovski : "Andrei Roubliov." Voici ce qu’en dit l'auteur du vidéogramme : « Cette vidéo en forme d'hommage, n'est pas une présentation du film, ni une illustration spécifique pour cette chanson de Boris Grebenchikov. C’est un encouragement en forme de collage pour découvrir deux chef-d'œuvres russes. Les deux ont des vibrations très similaires. Le film d’Andreï Tarkovski : "Andrei Roubliov," et la chanson de Boris Grebenchikov "Loups et Corbeaux" »

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Волки и вороны / Loups et Corbeaux

Boris Grebenchikov - Борис Гребенщиков

Est-ce Dieu, est-ce simplement cette nuit qui sent l’encens.
Tout autour une haute forêt, sombre et moussue.
Serait-ce la béatitude, ou bien notre encerclement ;
Un courant d'air à l'âme, d'apparence joyeux.

Voila, ils viennent avec des effigies, avec des effigies inconnues,
Et se reflètent des lanternes de dessous l’eau sombre,
Je ne me souviens pas comment nous nous levâmes, comment nous sortîmes,
Je me rappelle seulement qu’il faille que nous allions jusqu'à l’étoile de chaleur…

Voici qu’il y a un haut temple, et sous son dôme, l’obscurité.
Tous les regards scrutent, seulement, il n’y a pas moyen de voir.
J’aurai bien mis un cierge, mais tous les cierges ont été achetés.
J’aurai bien allumé de l’alcool dans ma main, mais où le trouver ?

Et les neiges s’étalent alentour, aux quatre points cardinaux.
Il est aisé de marcher pied-nu dans la neige, si l'âme est pure.
Nous nous serions égarés définitivement, si il n’y avait pas eu les loups et les corbeaux ;
Ils nous demandèrent : « où donc allez-vous ? Ne serait-ce pas vers l’étoile de chaleur ?... »

Nous recouvrîmes d’or toutes les croix, les fichant au hasard,
Échangeant l’une d’elle qui fut offerte, pour du vin,
Et au matin, dégrisés, nous allâmes vers la rivière à la recherche de l’eau,
Et là-bas, au lieu de l’eau – le mongol Shoudan.

Nous voulions donner un joyeux signe aux anges,
Mais, en effaçant leurs traces, les avons perdus de vue.
Aussi, chacun aurait eu pour son compte,
S’il n’y avait pas eu la lumière de cette pure étoile.

Que devons nous donc faire, comment chanter, si ce n’est pour cette main vide ?
Mais si nous ne chantons pas, c’est comme brûler dans le néant,
Et chanter sans pouvoir terminer, alors viendrons me chercher des aiglons,
Le long de l'eau trouble, des aiglons aux yeux blancs.

Qu’ils viennent, je suis moi-même un oiseau noir
Regarde, je n’ai nulle part où fuir : Encore un mètre, et ce sont les glaces ;
Je vous couvrirai, et vous en ferez de même pour moi, loups et corbeaux,
Afin qu’au moins quelqu'un, arrive jusqu’à cette pure étoile…

Mais qu’avons-nous à faire de ce que l’obscurité règne sous le dôme,
Qu’avons-nous à faire de ce qu’il n’y ait pas moyen de voire ?
Qu’avons-nous à faire de ce que tous les cierges aient été achetés
C’est que, si il n’y a pas de feu, nous savons où le prendre.

Peut être est-ce vrai, qu’il n’y ait pas d’autre voies, hors les chemins battus,
Et qu’il n’y ait de mains pour les miracles, sauf celles qui sont pures,
De toute façon, seuls les loups et les corbeaux nous réchauffèrent,
Et nous bénirent jusqu'à la pure étoile…

Traduction : Sarah P. Struve

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 13:24

Ah, guerre, qu’as-tu donc fait, lâche !
Nos cours sont devenues calmes.
Nos garçons ont redressé la tête,
ils ont mûri plus tôt.
On distinguait à peine leurs silhouettes sur la route,
ils sont partis - un soldat derrière l’autre...
Au revoir, les garçons !
Les garçons,
essayez de revenir vivants !
Non, ne vous cachez pas, soyez grands,
n’épargnez ni les balles, ni les grenades,
ne vous ménagez pas, mais quand même
essayez de revenir vivants !
Ah, guerre, qu’as-tu donc fait, lâche !
A la place des noces - des séparations et de la fumée.
Nos filles ont fait cadeau de leurs robes
Blanches à leurs petites soeurs
Les bottes...Comment ne pas les voir !
Et les ailes vertes des épaulettes...
Vous vous ficherez des cancans, les filles,
nous leur réglerons leurs comptes ensuite !
Qu’ils affirment que vous ne croyez en rien,
que vous allez à la guerre comme ça...
Au revoir, les filles !
Les filles,
essayez de revenir vivantes !

Traduction: Université de Toulouse Le Mirail

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 11:12


En 1978 ou 79, Vissotski donna quelques concerts à l’Élysée-Montmartre. La salle était petite et le public était placé tout contre une scène minuscule. Un petit homme est entré, d’apparence timide, presque engoncé. Il marmonna quelque chose au micro, puis se mit à chanter. Imperceptiblement une sorte de long envoûtement nous pris tous lentement, y compris Vissotski qui semblait prendre de l’assurance et se précipiter, s’engouffrer définitivement dans ce qu’il chantait… il y avait quelque chose de « narcotique. » J’y suis retournée le lendemain. Cette chanson « Les chevaux » que Vissotski interprète dans ce vidéogramme de 1979, exprime cette lancinante fatale.  

 

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Vladimir Vissotski   / Владимир Высоцкий

                                 Les chevaux / Кони                                                      

Voilà, maintenant une chanson un peu plus légère, peut être. Cette chanson s’appelle « les chevaux » Cette chanson je l’ai écrite dans une sorte de stylisation de vieilles mélodies russes… Il y a aussi un peu de la romance tsigane... Voilà……. C’est le matin chez nous, tu comprends... c’est pourquoi… cela ne marche pas encore    

Le long du précipice, le long de l’abîme, sur le bord même
Je cravache mes chevaux avec le fouet
On dirait que je manque d’air, je bois le vent, j’avale le brouillard
Je pressens avec un funeste enthousiasme que je me perds, je me perds !

 
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement
N’écoutez pas le fouet nerveux
Mais on dirait que j’ai eu des chevaux capricieux ;
Et je n’ai pas eu le temps de vivre jusqu’au bout.

 
Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 
Je disparais – L’ouragan me balaie comme un flocon de la paume
Et en traîneau on m’entraînera au galop sur la neige au matin
Passer à un pas moins empressé, mes chevaux
Ne serait-ce qu’un peu, vous prolongerez le chemin vers le dernier refuge
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement
Le knout et le fouet ne sont pas vos précepteurs !
Mais on dirait que j’ai eu des chevaux capricieux ;
Et je n’ai pas eu le temps de vivre jusqu’au bout

Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

Nous sommes arrivés à temps : en visite chez le bon Dieu il n’y a pas de retard
Alors, pourquoi les anges chantent-ils avec des voix si méchantes ?
Est-ce la clochette qui s’est engourdie à force de sangloter ?
Ou bien, est-ce moi qui crie à mes chevaux pour qu’ils n’emportent pas si vite le traîneau !

 
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement !
Je vous en supplie, ne vous envolez pas au galop
Mais on dirait que j’ai des chevaux capricieux
Si je n’ai pas eu le temps de vivre. Alors, au moins, je chanterai jusqu’au bout !

 
Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 
Traduction : Bïa Krieger 1977 + arrangements SPS.
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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 21:54

 

 

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En 1967, Okoudjava donnât un concert à la salle Pleyel. Nous étions toute une bande d’adolescents d’origine russe qui étions venus l’écouter. Une camarade, lors de l’entracte, demandât au chanteur pourquoi, pour lui, Dieu avait les yeux verts. Il lui répondit avec un plissement malicieux des yeux : « les yeux de ma femme sont verts."

S.P. Struve.

 

 

___________

 

Boulat Okoudjava
Молитва Франсуа Вийона ~ La prière de François Villon

Traduction: Le chant du monde

Tant que la terre tourne encore, tant que la lumière est vive,
Seigneur, donne à chacun ce qu'il n'a pas:
Au sage une tête, au poltron un cheval,
A l'heureux de l'argent... Et ne m'oublie pas.
 
Tant que la terre tourne encore - Seigneur c'est en ton pouvoir!
Donne à ceux qui veulent le pouvoir de régner à loisir,
Donne à souffler au généreux, au moins jusqu'au soir,
A Caïn donne le remords... Et ne m'oublie pas.

Je le sais : tu peux tout, je crois en ta sagesse,
Comme un soldat tué croit vivre en Paradis,
Comme chaque oreille croit à tes doux propos,
Comme nous croyons nous-mêmes, ne sachant ce que nous faisons!

Seigneur, mon Dieu, mon doux Seigneur aux yeux verts!
Tant que tourne encore la terre, et cela paraît bien étrange,
Tant qu'il lui reste encore du temps et du feu,
Donne à chacun un peu... Et ne m'oublie pas.

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 11:23
  Boulat Okoudjava ~ Lenka Korolev 
  Окуджава Булат  ~  Ленька Королев

Traduction : Le chant du monde

"Soixante ans, c'est vraiment beaucoup. J’ai toujours eux l’impression que j’avais trente ans et puis d’un seul coup ce fut la soixantaine. Je ne m’y suis pas vraiment préparé."
B. Okoudjava.
_________________________
Lenka Korolev

Dans la cour, où chaque soir jouait le tourne-disque,
où les couples dansaient, soulevant la poussière,
les jeunes respectaient beaucoup Lenka Korolev
et lui décernèrent le titre de roi.

C’était un roi, comme tous les rois, tout-puissant, et si un ami
était dans le malheur ou avait la guigne,
il lui tendait sa main royale,
sa main fidèle et le sauvait.

Mais un jour que les " messerschmidts ", comme des corbeaux,
déchirèrent le silence à l’aube,
notre roi, comme un roi, mit sa casquette, en guise de couronne,
sur le coin de l’oeil et s’en fut à la guerre.

De nouveau joue le tourne-disque et le soleil est au zénith,
et il n’y a personne pour le pleurer.
Parce que le Roi était seul - excusez,
il n’avait pas eu le temps de prendre reine.

Mais où que j’aille, quelque objet qui m’occupe,
que ce soit pour affaire ou pour me balader,
je crois toujours qu’au premier carrefour
tout à coup je vais le retrouver.

Parce que s’il est bien vrai qu’à la guerre on tue,
la terre glaise n’est pas pour Lenka,
parce que je ne peux me figurer Moscou;
excusez, sans un roi comme celui-là.

 

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 11:28

Poète russe de père géorgien et de mère arménienne, ses parents furent arrêtés durant les répressions staliniennes de 1937. Son père qui fut commissaire politique, fut fusillé et sa mère, fonctionnaire du parti, fit 18 ans de camps.

Boulat Okoudjava et l’une des figures les plus signifiante avec Galitch et Vissotski, parmi ceux que l’on a coutume d'appeler « les bardes russes. »

Okoudjava est parti volontaire combattre l’envahisseur nazi, Il fut à plusieurs reprise blessé durant les combats. Son œuvre exprime, entre autre, son horreur de la guerre.

~~~~~~~~~~~~~~~~

Chanson de la piétaille / Простите пехоте

Boulat Okoudjava / Булат Окуджава.

Traduction "Le chant du monde."

Pardonnez à la piétaille
D'être parfois si déraisonnable.
Toujours nous partons
Quand sur la terre explose le printemps.
D'un pas mal assuré
Sur l'escalier branlant. Et point de recours.
Et seul les saules blancs
Comme de blanches soeurs nous regardent partir.

Ne croyez pas au temps,
Quand il fait tomber la pluie interminablement.
Ne croyez pas aux fantassins,
Quand ils chantent des chants allègres.
N'y croyez pas, n'y croyez pas
Quand les rossignols dans les jardins font leur vacarme...
La vie avec la mort
N'a pas réglé tous ses comptes encore.

Le temps nous l'a appris:
Vis comme au bivouac, laisse ouverte la porte !
Camarade homme,
Il est pourtant attirant ton métier:
Toujours en campagne;
Et seule une chose nous ôte le sommeil !
Pourquoi donc partir
Quand sur la terre exulte le printemps?

 

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  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, de poésies, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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