Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 20:44

 

deb36a070b76d2ae86628f3400e95d0f.jpgRue Taitbout - Joinville-le-pont - rue des Abbesses - tu es fraction d'un tissement de toile - le chauffeur volontaire/involontaire t'accompagne au creux de cette nuit de brouillard - d'une encoignure cervicale s'extirpe - presque timide - Babouchka Katia. - Elle coupe aux ciseaux - du coins de ses lunettes rosée de jeune fille presque timide - des Gauloises vertes... - "Da niet ! Da niet ... Niëékhatchïou !" avec le "nië" bien appuyé et le "tchïou" comme presque boudé - l'abat-jour diffuse un touffementjaune/or/orangé. - Max Meynier signale qu'une Mércèdés bleu...nuit métallisée s'est enfuie dans les bras d'un voleur de grand chemin - 12 BAM 75 - A qui l'aurait aperçue prière de me téléphoner - ainsi qu'à nos amis les FLiiiiiiiiiiiiiiiiKs ! - Des chauffeurs routiers - jaunes - cire fondue - se sont penchés d'un sourire cruel sur l'opalescence verdâtre de "Blau punkt" riant sous cape - les taxis ont relâchés l'accélérateur - leurs phares tournent doucement de gauche à droite - de droite à gauche - et leur conversation est devenue comme presque lente - distraite - aux aguets - quelque part quelqu'un s'est arrêté - sortant lentement un Mauser de son étui - il scrute la lune et attend... - Yvette Horner chante " les routiers sont sympas" sur l'air d'une vielle marche nazi - "Paris Berlin" se termine . - A Strasbourg une année passa d'oubli - certains regards perçoivent encore - se reflétant en trompe-l'oeil sur les murs de la cité - trente mille gardes mobiles - un vieux monsieur digne murmurait: - "Freihat.... Vous connaissez ?"


Extrait de; "Axane" Sarah P. Struve

Repost 0
15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 21:42

16e1b6d34e2a6dd6e3b861b171b6cc6f.jpg

5° mouvement.


Mâchonnement durant toute une nuit - lune d'argent translucide - désir de faire quelque chose - n'importe quoi ! - Lumière en perception instinctive - luciole des largeurs cosmiques - la main gratouille des méandres... - De la colombienne sur le balcon - météo négative - la plante ne sait plus à quel saint se vouer - farandole de sons blonds - enchaînement - torpeur... - FLATCH...

Entre deux vies

                              Un fleuve.

Entre deux clichés

                                                Obturateur fermé.


La ligne veuve chemine solitaire, triste et jalouse de sa comparse inférieure - désespérance d'après l'orgasme - incapacité de transcrire les diamants musicaux - détonateur sous pression - la tête dans des poumons de sable mouvant - rien n'est éternel... - Brusque aperçu - chaire de poule - de ta ridicule solitude - fuite étoile file raclante - courts circuit enchaînés

Sans fumée

                 Sans feux



Reste cinq minutes d'avant les huit heures manquantes à la mi-nuit - le contacte est coupé - l'autre moitié - j'ai essayé de la réintégrer - d'avant la fumée - quelque part - quelqu'un a arraché les fils - le contact s'est consumé dans un lent râle inutile.


Extrait de: " Indianité" S.P. Struve

 

Bookmark and Share

Repost 0
20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 21:30

 

Quartet Bond: Chanson du colporteur. ( Коробейник )

 

2° mouvement

 

Trois platanes au cœur d’un chemin engoncé de solitude lunaire

Trois mers

Trois océans.

Dans ta solitude/guitare morte

La lumière s’allume

Et la même eau revient toujours à la source

Là-bas…

Sous le plateau de l’arbre mort. 

Cathédrale de Vendôme

Des pas pierreux…

La paix !

Il la faut à tout prix !

Serait-ce même au prix de l’existence ?

- Vraiment je ne le sais ? – Mais cette fatigue de tout le corps – jambes lourdes mille fois mille ans à perpétuité – les larmes sont inutiles – quelque part, il existe une limite à la tendresse.

Cathédrale de Vendôme

Cathédrale aux vitraux que les bombes ont brisées.

Figé dans l’instant – le bruit s’en va,

La déflagration…

Maintenant silencieuse

Sera toujours.

Eternité de l’horreur dans la paix.

 

Sarah Pétrovna Struve

Extrait de : "Indianité"

 

Repost 0
16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 21:28
 L'auto-immolation sur l'hôtel de la politique politicienne de la « gauche » française dite « socialiste » était inévitable et ce malgré tout le désir (y compris le mien) mis dans l'avenir d'une France participative et, donc, cultivée et intelligente, ne voyant que l'intérêt de la personne et son épanouissement et où le « quant à soi » serait  l'évolution suprême de l'être social. Tout cela c'est effondré, décomposé en un clin d'œil lorsqu'il s'est agit pour nos fiers défenseurs des valeurs humanistes, de trouver une issue à leur désir de pouvoir et d'argent.
D'un coup de baguette maléfique, la gauche française, puis toute la France, s'est métamorphosée en une sorte de chimère à tête BHLo-Glucksmannienne, mi-coq déplumé, mi-chien hargneux, dressée sur ses ergots et aboyant tout son soûl sur le passant étranger aux normes de la pensée dominante et atlantistes.

 

Il apparaît ainsi en creux que le champ social français n'étant plus accessible à cette « gauche » fourvoyée dans le libéralisme mondialiste, il ne lui reste plus que la stigmatisation du politiquement incorrecte supposé chez celui que l'on ne veut, de toute façon, à aucun prix, sien. Alors cette prétendue gauche, moribonde, en une sorte de réflexe pavlovien, s’agite à la façon d'un poulet ayant perdu sa tête et qui continu à courir quand même, sans raison, jusqu'au moment où les afflux bio-électriques ne soient plus perceptibles par les muscles de l'animal sacrifié.


Oui, la France – grâce à l’aide des libéraux, gauche et droite confondue -renfermée dans la tour d’ivoire de ses douleurs identitaires, hoquette et aboie et les caravanes passent, ainsi celle de Monsieur Kadhafi qu'il faut, au passage, remercier pour avoir posé la question des droits humains en France et notamment ceux des citoyens (habitants de la cité) d'origine étrangère.

 

Il aura fallu, dans un élan d’irresponsabilité sociale, hors l’intérêt personnel, un peu plus de 10 ans après le décès de François Mitterrand pour que le parti socialiste, celui qu’il avait bâti de cœur et d’esprit, ne se décompose dans une honte bue jusqu'à la lie. L’absence de sens politique hormis l’aspect politicien, ayant annihilé la pensée même.

 

En son temps, François Mitterrand, dans un souci d’éviter un risque de reprise des guerres civiles européennes, demanda comme préalable à la réunification de l’Allemagne, la reconnaissance par celle ci de la frontière « Oder – Neisse » définie en 1945 par la Conférence de Potsdam. Cette même lucidité politique le mena à s’opposer à l’indépendance de la Croatie qu’il ne put empêcher face aux pressions allemandes. Sa reconnaissance précipitée et ce, hors de tout cadre juridique, fit sombrer la Yougoslavie dans la guerre civile.

 

Cette perception historique de la politique n’est plus de mise aujourd’hui en occident qui, tel le Docteur Jekyll se métamorphosant à nouveau en Monsieur Hyde, n’est plus qu’un loup prédateur sans plus de limites psychiques ni repaires, s’apprêtant à reconnaître « l’indépendance » du Kosovo avec l’appui de son bras armé, l’OTAN.

 

Hoquet historique faisant irrémédiablement penser à l’annexion, en septembre 38, de la Bohême par les troupes hitlériennes sous le prétexte fallacieux de « libérer les Allemands des Sudètes » et à la démission munichoise et honteuse des « démocraties européennes. »

 

La lucidité politique qui prévalut chez certains gouvernants occidentaux, au début des années 90 du siècle passé, ayant disparue, ce qui se nomme encore « politique » n’est plus rien qu’un show émotionnel & « People » à destination d’un public supposé crédule, la politique réelle devenant chasse réservée de lobbies dont les buts finaux relèvent de désirs obscurs et particuliers.

 

A l’image de ce qui prévalu durant la première moitié du XX° siècle, à défaut d’autre idéale que celui de l’argent mondialisé, l’occident ne peut véhiculer que chauvinisme et néo-colonialisme méprisant, aidant ainsi le bon peuple à apaiser ses frustrations de ne pouvoir consommer hors les lavages de cerveau quotidiens et télévisuels dans des instants médiatiques d’intenses mépris et haines vers les restes du monde.

 

Cette « politique de civilisation » disneyenne que nous renvoi la lucarne maléfique des sorciers gouvernants et possédants, cet univers à mi-chemin de celui « d’Alice au pays des merveilles » et du monde d’Orwell, nous mène ainsi, droit vers une confrontation mondiale qu’à force d’iniquité et de mépris des personnes et des cultures ne faisant pas partis du nombril occidental, on finit presque par espérer, afin de rendre les limites à ceux qui abusent et soumettent, de ramener l’empire américain chez lui comme le furent, en leur temps, la France napoléonienne puis l’Allemagne nazie. Et de voir enfin juger les zélateurs collaborationnistes européens de ce nouvel empire millénaire.

 

Sarah Pétrovna Struve.

Repost 0
10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 20:26

Le fait d’avoir été victime ne nous protége pas de devenir un jour bourreau. Au contraire, sans un débriefings, sans un accompagnement, sans un travail de résiliences, sans la relativisation de son rôle d’objet victime, la victime deviendra bourreau, se trouvant un bouc émissaire de remplacement. Il  se peut aussi qu’un groupe s‘empare de la souffrance de ses victimes par assimilation et en partageant d’apparence la même identité, devienne le bras vengeur de L’identité qu’il s’est approprié.

Il est difficile d’écrire sur ce qui se passe au moyen orient, la Palestine sans cesse martyrisée, le Liban - pays que j’ai connu avant la guerre civile, dont j’ai apprécié la gentillesse et la générosité des gens - bombardé. Ma famille, d’origine russe, était étroitement imbriquée  dans la fois chrétienne orthodoxe, elle avaient liés de multiples relations de fraternité et d’amitié avec des libanais et des palestiniens orthodoxes et d’autres confessions, ainsi, mon enfance se passa dans un christianisme orthodoxe écuménique qui portait comme une évidence, l’universalité de la foi, de toutes les religions dans leurs essences mystiques. Judaïsme, Islam, Christianisme et au-delà, tendaient vers le même but, la lumière, vers le même désire, la quête de l’illumination.

Cette enfance se passa aussi, à travers le souvenir de l’engagement de mes parents durant la guerre, avec cette mémoire encore fraîche de l’occupation, du Nazisme, de la Shoa, de la lutte contre l’occupant. Je fus nourrie de la nécessité de se battre pour l’opprimé quoi que cela coûte, quel qu’il fut, de se battre pour défendre la terre et l’esprit de ceux qu’un envahisseur veut piétiner.

La proximité de ma famille avec le moyen orient, me fit découvrir, très tôt, le sort fait au peuple palestinien. Mon enfance est pleine d’histoires de tel ou tel ami palestinien  expulsé de ses terres, de la vie terrible de ceux vivant dans les ghettos appelés pudiquement « camps », de l’exclusion dont ils étaient victimes y compris dans les pays dits « frères. »

Je me souviens d’une personne qui ayant pu aider durant la guerre des personnes désignées comme «juives », il lui avait été proposé la distinction du « juste » ce qu’elle refusa, ne pouvant l’accepter d’une nation qui opprimait et spoliait un autre peuple.

Beaucoup de ceux qui défendent  la politique d’Israël aujourd’hui, qui admirent la puissance et « l’occidentalité » de cet Etat, auraient pu admirés l’Allemagne nazie précisément pour les même raisons. Cette culpabilité qui ponctue la mémoire d’un certain occident aux relents xénophobes fait qu’une certaine droite à la problématique identitaire se reconnaît et se réfugie dans l’admiration d’Israël essayant par-là de s’auto démontrer commodément que sa propre monstruosité ne l’est pas tant puisque, soit descendante d’opprimés, soit amie d’Israël, mais en fait, admirant secrètement cette supériorité propre aux peuples sur de leur droit, que cela soit l’arien face aux juif, ou bien l’israélien face aux musulmans, se délectant de ce mot sans cesse ressassé de « terroriste » pour stigmatiser plus commodément celui qui résiste, défend sa terre et surtout défend son droit à ne pas être désigné comme un être-objet inférieure dépossédé finalement de son humanité et ainsi fait, plus facile à expulser, à exterminer. Les Arabes et/ou les musulmans, sont désignés aujourd’hui avec délectation comme « Terroristes » comme le furent, en leur temps, les juifs, les Tziganes, les résistants. Mais quel que soit le mauvais objet désigné, il s’agit du même processus menant à la stigmatisation de certaines populations, certaines minorités, processus tendant à démontrer que leurs apparences, leurs cultures (le bruit & l’odeur, n’est ce pas…) justifieraient de leur comportement « terroriste et/ou délinquants, » processus permettant de mieux designer des boucs émissaires, afin d’alimenter une haine qu’il vaut mieux porter vers celui qui d’apparence est différant pour mieux étouffer l’effroi, toujours sous-jacent, de sa propre finalité, de sa propre infériorité, de la haine de sa secrète étrangeté.

Nous assistons toujours à la même mise en scène orwelienne et finalement, se massacre perpétuel des innocents finit par nous écœurer tant que nous n’y prêtons plus attention, à peine de perdre tous sens à notre propre petite destinée, c’est ainsi qu’Israël, « grande démocratie » ne se gêne pas de continuer à enlever et emprisonner des palestiniens sous le seul prétexte que se sont des « terroristes » pardon, des « musulmans ! » que finalement le nombre des massacrés quotidiennement égrené en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Liban, les oubliés des prisons otanusiennes, pour ne pas dire etasuniennes, prisonniers sans nombre, sans nom et sans droits, nous importe peu et nous fermons les yeux sur cette insuportabilité empêcheuse de tourner en rond dans notre petit monde sécuritairo-consumériste, nous fermons les yeux sur les comportements de la police française et en premier lieu de son ministre/dictateur face aux expulsés, face aux humiliés, aux fichés parce que ayant « aidés » des « sans papiers » comme fermait les yeux la majorité des gens lorsque l’on déportaient des Juif, des Tsiganes, que l’on confisquaient leurs biens, se consolant de cette frayeur diffuse que cela pouvait engendrer, en se disant qu’on les envoyaient, là bas, à l’est, travailler dans des camps, comme on peut se dire aujourd’hui qu’en Irak la « démocratie » est à l’horizon ! Qu’en Afghanistan les femmes enfin libérées peuvent lire « ELLE  » en langues afghannes ! Qu’en Palestine de toute façon se sont des « musulmans » et donc évidement, avec un fort soupçon de « terrorisme. » Qu’au Liban, au moins, les quartiers chrétiens n’ont pas été touchés par Tsahal magnanime !... Et que de toute façon l’occident envoi de l’argent…

Les insurgés du ghetto de Varsovie étaient aussi désignés comme des « terroristes. » Ils ne défendaient que leur droit - puisqu’il fallait disparaître - de mourir debout. A défaut de pouvoir se libérer physiquement, ils défendaient le droit à se libérer de cette sous-vie, par eux même, comme ils l’entendaient et non à la mode de leurs tortionnaires. Quels regards porteraient-ils sur ceux qui se réclamant d’eux, enferment tout un peuple derrière des murs, puis s’étonnent de son « suicide altruiste » tout en niant l’identité même du peuple arabe lorsque l’acte d’un arabe est désigné absurdement comme « antisémite » privant cet arabe de son identité même !

C’est de l’aboutissement de la folie identitaire des siècles précédent et plus particulièrement des XIX° et XX° siècles, des églises qui voulurent enchaîner la mystique à un territoire, nationaliser la fois, rendre la spiritualité matière, c’est de cet aboutissement qu’est issu l’Etat d’Israël aux dépens non seulement des palestiniens mais aussi de la culture Yiddish, l’une des plus belles cultures d’Europe, maintenant morte, perte inestimable pour le monde, culture assassinée par la folie xénophobe occidentale, matérialisée finalement par le nazisme, la perte de cette culture fut une aubaine pour le sionisme, car sans la destruction de cette culture séculaire, la construction d’Israël ne pouvait se faire. Sur ces terres d’Europe centrale et de l’est où autrefois se tenaient des shtetls, sur les fausses communes que laissèrent les divisions spéciales SS ou n’officiaient pas que des allemands, loin de là, vivent en toute tranquillité, amnésiques de ce qui s’y passa voilà maintenant plus de 60 ans, des populations avec l’accord tacite de tout l’occident qui s’arrange ainsi de ses xénophobies, en les reportant sur les Arabes et/ou les musulmans.

« L’espoir meurt en dernier » dit un proverbe russe. Reste donc l’espérance absurde qu’un jour l’humain ne voudra plus spolier son frère, que tomberont – en lieu et place des bombes - les murs et les frontières effrayantes, que la création baignera enfin dans la lumière…

Sarah. Pétrovna. Struve.

 

P.S. Ce texte est dédié aux habitants passés, présents et futures de Kaa, village libanais frontalier de la Syrie : Que les douaniers de ce village continuent a faire passer la frontière aux nomades, musiciens et sans-papiers, en échange du son joyeux de leurs tambourins, par des chemins de traverse.

Repost 0
1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 21:24

Au nom de « la liberté d’expression », de mauvais « caricaturistes» se permettent d’insulter l’intégrité de ceux qui d’une façon ou d’une autre se sentent rattachés religieusement ou tout simplement affectivement, dans leur structuration d’être à l’islam parce qu’ils sont nés dans cette culture, parce que toucher à cela c’est toucher aux liens affectifs de l’enfance et donc porter atteinte à l’identité de l’être. Pour qu’il puisse y avoir liberté d’expression il devrait y avoir d’abord la possibilité d’une pensée libre, c’est à dire une pensée d’où serait abstrait tout subjectivisme psychorigide issu des multiples traumatismes vécus durant l’existence et en particulier durant  cette part essentiel pour la construction de la personne qu’est l’enfance. Telle personne « bouffeuse de curés ou de mollahs » au nom de la « liberté d’expression » n’exprimera en réalité que sa part de réaction à la violence qu’elle aura subit ou pense avoir subit de la part de personnes ou de systèmes identifiés, à tort ou à raison, comme déistes. Pour pouvoir s’exprimer réellement librement, il faudrait avoir pu faire le cheminement permettant de  relativiser ses propres douleurs/émotions.

L’occident des « libertés dogmatiques » se permet d’humilier, d’insulter cette différence qu’est l’islam au nom d’un athéisme religieux. Affirmer que l’on  ne croit pas en dieux est de l’ordre de la croyance au même titre que de croire en un Dieu. Insulter la croyance de l’autre n’est pas différent de l’intégrisme de ceux qui au nom d’un Dieu imposent leur vision du monde. Aussi, cette « liberté de penser »  semble  autant sujette à caution que ce qu’elle parait vouloir dénoncer.

Le manque de culture, l’absence d’humanisme de ces « caricaturistes » les renvois à leur propre caricature. Cela ne peut qu’être préjudiciable à l’image de cet occident aux prétentions universalistes.  En cela, la France reste égale à elle-même de la révocation de l’édit de Nantes au Vel d’hiv en passant par le sort fait aux noirs esclaves, elle su toujours dénoncer ses minorités, les exclure et les persécuter. Quand au Danemark, il nous avait habitués à plus de fraternité et de courage.

Pour entendre l’autre, ce musulman tellement  différent et tellement semblable à nous, il faut comprendre que représenter le visage du prophète est au même titre un autodafé que la destruction de support ayant comme message la sacralité de l’autre. La représentation du visage de Mahomet est semblable aux croix gammées taguées sur les tombes, au Bouddha de Bâmyân explosé, c’est, au même titre, un acte d’une grande violence destructrice, un travail malsain de profanateurs incapables de voir ce qu’ils tuent en eux en assassinant la sacralité de l’autre.

On peut se demander ce qui est plus obscène ; La haine  bravache de certains « journalistes-pyromanes » et la publication en série de représentation du visage de Mahomet ou bien la violence de « kamikazes ». Tous ses comportements se répondent les uns aux autres et relèvent du même processus pathologique signifiant une perte d’identité menant à la dictature émotionnelle de la non pensée et donc au fascisme.

Il est important aussi de noté que cette vague anti-islamique n’est pas seulement préjudiciable à l’occident mais  met à mal le fragile équilibre que certains peuples, certaines nations multiethniques ont battis douloureusement de siècle en siècle afin de pouvoir vivre ensemble, se comprendre, s’aimer et partager.

Par ailleurs, il faut interpréter cette déferlante dans la presse occidentale à l’encontre du sacré non matérialiste, comme étant l’autre facette du spectre d’une extrême droite qui a toujours eu deux tendances religieuses. L’intégrisme déiste et la déification de la laïcité.

Enfin, Ce ne sont pas les cultures d’essence musulmane qui exterminèrent les Européens de confession juive ou protestante mais bien des assassins sectaires d’Europe. L’occident devrait ne plus transposer sa culpabilité d’avoir voulut exterminer une partie des siens sur des peuples qui ne sont pas liés au fantasme anthropophage Européen sauf à vouloir en faire les prochaines victimes expiatoires, mais de quoi ?... Seule l’occident pourrai, un jour peut être, expliquer sa propre barbarie. A cette fin il pourrait s’inspirer d’un certain christianisme orthodoxe et humaniste porté par ses penseurs et créateurs de l’age d’argent russe qui ont sus  voire comme une évidence que  « l’autre » avec son regard particulier est une richesse supplémentaire ouvrant de nouvelles perspectives vers l’unicité du spirituel, vers cette lumière indicible, unique creuset originel de l’être.

 

Sarah Pétrovna Struve.

Repost 0
1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 21:07

« Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d’étrangers en situation irrégulière cette année. Je constate qu’à la fin du mois d’août, 12 849 étrangers avaient fait l’objet d’une mesure effective d’éloignement : sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq mois pour accentuer l’effort. J’observe d’ailleurs que, d’une préfecture à l’autre, les résultats sont inégaux. » (…) « Il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manœuvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. Vous devez ainsi faire usage des pouvoirs que vous donne le code de l’entrée et du séjour des étrangers, quelles que soient les sollicitations locales. Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu'eux-mêmes.

(…) Mais il vous reste beaucoup à accomplir.     Je pense d’abord aux stationnements illicites de gens du voyage. En attendant l'adoption de la mesure législative que j'ai évoquée en juin pour "encadrer" le délai dans lequel le juge doit prononcer une expulsion, je vous demande d’accorder, chaque fois que possible, le concours de la force publique. Il est parfaitement anormal qu’on s’y refuse au motif qu’il y a trop de caravanes à déplacer. Nos concitoyens en concluent que l’Etat est impuissant à agir, alors que les moyens existent. J’ajoute que cela procure aux fautifs un sentiment d’impunité qui n’est pas acceptable. Vous le savez, un commencement d'exécution suffit très souvent à entraîner le départ de l'ensemble du campement. N'hésitez pas à solliciter les forces de police et de gendarmerie qui doivent engager les moyens nécessaires et qui disposent de techniques éprouvées. De la même façon, je vous demande d'avoir une approche globale mais ferme à l'égard des campements semi-sédentaires qui s'installent le plus souvent en périphérie des villes. Je ne veux pas que l’Etat reste passif face à des situations que les Français n’acceptent pas. »

 

(Discours aux préfets du 9 septembre 2005 de Monsieur Nicolas. Sarkozy)

 

Alors que les supplétifs marocains de la forteresse Europe abattent les candidats au droit de survivre, les égarent dans les sables arides, que des hôtels insalubres et bondés brûlent, ersatz contemporains de l’incendie du Reichstag, que Monsieur Sarkozy, se voulant l’incarnation de  « l’Etat français » à lui tout seul, lance son nouveau mot d’ordre «  surveillons nous les un les autres ! »  Monsieur Papon, l’homme du Vel’div et du Palais des sports, droit dans ses bottes et, apparemment, en bonne santé, se promène toujours en liberté tandis que de hauts fonctionnaires appliquent les directives de Monsieur Sarkozy. On pourrait supposer que si Monsieur Papon était resté en prison, si il avait été jugé plus tôt, ses même haut fonctionnaires auraient regardés à deux fois avant d’appliquer des consignes scélérates.

On pourra dire de notre époque - quand au traitement des « sans papier » et  assimilés la même chose qui a été dit a propos d’autres périodes de l’histoire : « Si on voulait, on pouvait toujours savoir »

Et ci d’aucun doutait encore, trouvant « exagérer » de voire en Monsieur Sarkozy un zélote du fascisme, le file d’Ariane de cette parenté qui le relit aux Horthy, Mussolini et consorts, est cette permanence à travers les siècles de la stigmatisation des gens du voyage côtoyant selon l’époque de multiples autres stigmatisés. (Juifs, homosexuels, arabes, malades mentaux, noirs, communistes, etc…)

Se protéger en se refusant de voir ce qu’il advient, des plus stigmatisés et donc des plus miséreux, n’est qu’illusion. Un jour, ce que la raison nomme « la bette immonde »  frappera peut être aussi à la porte de ceux qui se voilent la face.

Ne pas vouloir se mêler de la politique mené par ce régime policier, aux connotations communautaristes et fascisantes, est, en soit, un acquiescement de cette politique assassine et est de l’ordre de la collaboration passive. Peut être qu’un jour, nous qui collaborons par nos silences, nos non désobéissances, serons-nous amenés à nous expliquer devant les tribunaux de l’histoire.

 

Peut-être, faudrait il, afin de tenter de réduire la reproduction de cette passivité, de cette lâcheté, que l’éducation que nous transmettons à nos enfants, au lieu d’être réductrice de l’identité à une appartenance  de groupe  s’auto identifiant en opposition à d’autre individus ou groupes d’individus, qu’elle puisse être assez courageuse et intelligente pour enseigner le « quant à soi » et le refus de l’homéostasie de la non pensée groupale. En un mot la capacité à être septique même vis-à-vis de sa propre logique, de ses propres traumatismes / émotions. N’oublions pas la leçon qu’a voulu nous transmettre Orwell et ce au moment ou on nous désigne de nouveaux mauvais objets médiatiques.

 

Sarah Pétrovna Struve                           

 

 

Repost 0
1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 20:20

Quelqu’un a subitement coupé l’alimentation des réacteurs et l’avion glisse dans un feulement silencieux.

Est ce nous qui avons faits cela lorsque nos mains déposèrent  dans l’urne le bulletin « NON » au libéralisme sauvage. On veut nous faire porter à tout prix cette prétendue faute afin de laisser s’insinuer, peut à peut, par tous les pores de la société, par tous les discours des médias orweliens, un fascisme banal et quotidien.

Les battements d’ailes d’un seul papillon… Le sentiment que plus rien n’est résistible à la force brutale, que tout est révisable, l’Histoire, l’économie et en corollaire la valeur humaine avec comme seule solution envisageable, l’affrontement.

Peut être est ce l’effet de la dépressurisation brutale mais soudain le cœur se serre, un étrange sentiment d’asphyxie, de rétrécissement brutal du champs des libertés assaille ceux qui encore, en une fraction de seconde, gardent un espace de mémoire, l’instant que ne s’éteignent leurs cerveaux sur fond de musique de supermarché.

Là-bas, en bas, à Marignane s’érige une stèle à la gloire de l’O.A.S.

Là-bas en bas, Monsieur Sarkozy victime victimisante, veut nous faire don de sa personne, à nous qui n’en demandions pas tant. Et les souterrains  londoniens s’éventrent sur nos peurs, en un pale reflet des restes du monde… Pour ceux qui, déjà périrent ce n’est que néant. La douleur, quant à elle, elle s’accroche aux basques des survivants

Là-bas, en bas, Monsieur Hollande dit à propos des « charters groupés pour clandestins « Pourquoi pas, ci c’est d’une façon humaine… »  Monsieur Hollande fait du fascisme comme  Monsieur Jourdain fait de la prose, sans le savoir, un peu comme nous tous à travers nos silences, nos renoncements

Là-bas, en bas, la chasse à l’homme est ouverte et on abat par avance tous ceux qui semblent pouvoir être, un jour ou l’autre, coupables de tout et de rien.

Là-bas, en bas, les âmes se perdent dans les dédales du consumérisme, enfonçant dans les soldes, leurs têtes apeurées.

Là-bas, en bas, la Sauvagerie libérale embrase toute la planète insinuant peu à peu, l’effroi de l’autre et donc de soi pour un repli en des tours d’ivoire assassines

Là-bas, en bas, chaque camp stigmatise l’autre de vocables démoniaques et chacun a son Dieu à ses côtés. Les  marchands d’armes quant à eux, comme toujours, restent ouverts aux arguments de chacun, pourvue que la grande dévoreuse les fassent prospérer.

Là-bas, en bas, d’entre les nuages que déchire l’avion fou, alors qu’il vire majestueusement de l’aile, que le monde tourneboule et  change de base, se devine sur la surface de la terre, une figure énigmatique. Est ce 1984 qui frappe à nos portes ?

L’avion se rapproche de plus en plus vite du sol. Juste avant quelques pensées tentent encore de retenir confusément l’impacte imminent :

Et ci l’inhumanité du libéralisme économique triomphant était le véritable vecteur de cette vague de violence irrédentiste qui peut à peut envahie, bouillonne et monte, sans que plus rien ne puisse la contenir, inondant les bas-fonds de notre monde.

Peut être, faudrait-il que chaque humains, chaque âme, puisse, au moins le temps d’un instant, faire taire la fureur environnante, faisant entrer en soi cette lumière silencieuse qu’est le pardon et la tendresse à travers le champ millénaire des ruines de l’humanité, amour planté au quatre coins cardinaux telle une acupuncture mégalithique à l’encontre de la souffrance, afin que la moindre parcelle de vie soit préservée, soit aimées. Il se peut aussi que quelques sages perdus dans l’immensité terrienne le font depuis toujours dans la simplicité monastique de leur âme dénudée. Que grâce à cela il n’y ai pas plus de malheur et de souffrance que l’on puisse imaginer en cette terre ?

Se peut il que quelque part les héritiers de François d’Assise, des sages soufis, de Séraphin de Sarov, de Gandhi, insufflent de tout leur être le désire d’amour & de paix, le désir de cette véritable liberté qu’est la découverte de soi même afin de mieux savoir aimer l’autre de l’infiniment petit à l’immensité cosmique.

Les battements d’ailes d’un seul papillon…

Sarah Pétrovna Struve.

Repost 0
14 mai 2005 6 14 /05 /mai /2005 20:22

Ma mère (Tatiana Struve, née Lebedeff) est partie dans la nuit du 2 au 3 janvier 2005. Depuis,  j’ai le sentiment d’une rupture, d’une rupture de la mémoire familiale. Son absence  me fait revenir à l’esprit des bribes de souvenirs. Questions sur l’histoire familiale toujours reportés parce que tous simplement lorsqu’il y a la vie, il y a le sentiment qu’on aura toujours le temps…

Durant la guerre, ma grand’mère et ma mère vivaient au 20bis, rue Jouvenet à Paris, dans un H.B.M.* datant de la fin des années 20. Ma grand-mère, après avoir fait plus ou moins tous les hôtels au mois sur Paris, avait finit par décrocher un logement grâce, déjà,  à l’aide de la CIMADE. En tant qu’apatride, les temps étaient aussi durs que pour les demandeurs d’asile sous le règne de Sarkozy et consort. Ma grand-mère, fille et ex femme d’officiers russes, travaillait comme serveuse dans les cafés et les restaurants, bref, une vie d’exilé comme tant d’autres.

 

A cette époque, ma mère était liée à un groupe de résistants.  Elle et sa mère hébergeaient dans leur studio-cuisine, parfois, jusqu’à dix soldats et officiers soviétiques. Ils arrivaient de Cherbourg où existait, à cette époque, un camp spécifique d’internement pour les prisonniers soviétiques. L’un des membres du réseau travaillait comme interprète auprès de la kommandantur du camp. Grâce à cela, il aidait à fuir ceux qui voulaient rejoindre la résistance française. Petite, je m’imaginais dans cet immeuble H.B.M. au murs de papiers, le studio de ma grand mère plein de combattants à l’étoile rouge chantants à tue tête les chansons de la grande guerre patriotique*.

Parmi eux, il y avait celui que ma mère appelait « Michka-bandit. » Il devait avoir 30 ou 35 ans, était lieutenant de l’armée rouge, avait été fait prisonnier quelque part en Ukraine ou en Biélorussie. C’était ce qu’on appelait alors, en Russie, un « biesprizornyi » littéralement, « sans surveillance. »  Autrement dit, l’un de ses millions d’orphelins dont les parents avaient péris, d’une façon ou d’une autre, durant la guerre civile. Michka-bandit, de son vrai nom Micha Antipov, fut apprivoisé par l’armée rouge. La guerre l’avait surpris lieutenant sur un front intenable où Il avait été fait prisonnier. Il appelait ma mère « sistrïonka»,        « petite sœur. »   Ma mère lui avait donnée le sobriquet de Michka-bandit car il avait gardé quelques vieilles habitudes  du temps de sa jeunesse tumultueuse d’orphelin errant ; Il aimait «  faire peur aux bourgeois.» C’est le terme qu’il employait mais il aimait surtout tricher aux cartes. Ayant fuit le camps de Cherbourg, il finit par rejoindre le maquis pour se battre. A la fin de la guerre, ne voulant pas revenir en URSS où il savait que, des camps attendaient ceux qui, pour le régime soviétique,  étaient des déserteurs puisque faits prisonniers, il vivait dans la clandestinité à Paris. Jusqu’au jours ou l’interprète du camp de Cherbourg se fit arrêter pour être jugé comme « collaborateur. »   Cette  arrestation  se fit  « grâce » à d’autres résistants, pour qui,  ceux qui n’étaient pas de leur côté idéologique, étaient des ennemis qu’il fallait éliminer. La fin justifiant les moyens, cet homme avait été  dénoncé  par quelques  « camarades » inspirés. Sans doute se rachetaient-ils des premiers mois d’occupation où ils ne surent trop quoi penser, trop quoi faire. (La question reste posée, à savoir si il leurs arrivait de penser par eux même ou si  le culte de la personnalité, l’effet de groupe annihilaient leurs personnalités. Certains d’entre euxrésistèrent dés la première heure et ce, malgré les consignes que leur hiérarchie idéologique leur faisait parvenir.)

 

Michka-bandit se retrouva face à un dilemme ; Venir témoigner pour sauver la vie de l’interprète et être rapatrié vers l’U.R.S.S et ses camps ou se taire et laisser un innocent se faire condamner. Seulement, pour Micha Antipov, il ne pouvait y  avoir d’alternatives, son honneur d’officier soviétique ne le lui permettait pas.

En une seule nuit, au 20bis rue Jouvenet, dans le studio de ma grand mère, des mains anonymes confectionnèrent un uniforme de lieutenant de l’armée rouge.

Le lendemain, Micha Antipov se présenta au tribunal en grand uniforme. L’interprète fut innocenté.  A la sortie du tribunal, deux émissaires de l’ambassade soviétique attendaient Antipov pour l’emmener au  train de Moscou. Plus tard, ma mère apprit par une tierce personne qu’ayant sauté du train Michka-bandit s’était cassé la jambe, qu’il avait été remis dans le train. Dans ma petite tête d’enfant, j’imaginais les deux fanaux rouges du dernier wagon s’éloigner, une jambe plâtrée dépassant par l’une des fenêtres du convoi. Ma mère racontait - sans doute pour que l’histoire n’est pas une fin trop triste au regard de ses enfants. - Qu’elle avait reçu une lettre de Micha Antipov, de longues années plus tard où il disait « Je suis parti très loin, petite sœur mais maintenant, cela va mieux. » sous entendant que toutes ses années, il les avait passé en déportation.

En 46, ma mère finit par solliciter sa naturalisation. Comme tout bon réfugié, elle s’adressa à la préfecture. Qu’elle ne fut sa surprise lorsque, quinze jours plus tard, elle fut convoquée au commissariat de son quartier pour : « Affaire vous concernant… »  Elle fut reçue par un commissaire qui sans dire un mot déposa sur son bureau un gros paquet de lettres, c’étaient des lettres de certains voisins bien intentionnés, de « bons citoyens » dénonçant « le comportement anti-français » de ma grand-mère et de sa fille qui hébergeaient des « étrangers. »  Le commissaire fit remarquer à ma mère qu’elle avait eu beaucoup de chance, que c’était à lui que l’on transmettait les dénonciations, que sans  cela, elle ne serait certainement plus de ce monde. Ma mère obtint la nationalité française.

Michka-bandit s’est perdu dans l’immensité russienne, ma mère est maintenant partie, le commissaire doit avoir, à l’heure qu’il est, lui aussi, quitté ce monde.

-En cette période pré électorale, En ces temps de « Sarkozy nous voilà !» j’avais envie de raconter cette histoire à la mémoire de ma mère et de toutes ces personnes detoutes origines qui résistèrent sur le sol français, non seulement à l’occupant allemand mais aussi au fascisme de l’Etat français.

-J’avais envie de parler de Micha Antipov, afin de rendre hommage, à travers son histoire, aux plus de 21 millions de soviétiques, communistes ou pas, qui moururent au combat pendant cette guerre afin que 60 ans après les libéraux néo-fascistes européens ainsi que leur masse médias soumis, puissent s’amuser à les dénigrer et à nier leur sacrifice.

-J’avais aussi envie de parler de ce commissaire anonyme, pour un hommage à tous ceux de la police française qui surent être objecteurs de conscience à l’heure de la France de Vichy.

-A l’heure des trois grands fléaux que subie aujourd’hui la France - L’idiotisme propagandiste des médias, la dictature de l’ultra libérale misère et celle du nouvel ordre Sarko-Perbenéen - Il me paraissait important que les policiers français n’oublient pas l’exemple de leurs anciens qui surent objecter et  résister et ainsi rendre honneur à leur profession de gardien de la paix et ce malgré la propagande, l’effet de groupe et la peur.

   14/05/2005

 

Sarah Pétrovna Struve

 

Repost 0
1 août 2004 7 01 /08 /août /2004 20:19

Victime de comportements discriminatoires, chaque communauté, chaque minorité, chaque individu se réfugie instinctivement au sein de l’essence de son identité  même.

La tentation est alors grande de s’entourer de fortifications virtuelles ou réelles au risque de se rigidifier autours de cette identité et par là de la dénaturer à l’image du regard porté par ceux qui sont discriminatoires, de l’extraire de son sens premier.

Certaines personnes, certains groupes  ayant été confrontés à un tel  degré de discrimination, de maltraitance et de violence, ont tendance à reproduire cela, s’érigeant d’apparence, en victimes éternelles. Cette « auto victimisation » amène ces groupes ou ces personnes à devenir eux même  bourreaux.

Ce dysfonctionnement est de l’ordre de la reproduction comportementale. Un groupe humain est un organisme au même titre  qu’un individu.  lorsqu’un individu a subit des violences physiques et/ou morales et si un travail d’appropriation et donc de deuil de cette douleur n’est pas entrepris, cette violence subie, l’individu va la retourner contre l’autre fantasmagorique. En l’occurrence celui ou ceux désigné(s) – à tord où à raison - comme fauteur(s) de cette souffrance et ce, dans une dynamique perverse. Se construisent alors des fortifications que l’individu perçoit comme protectrices mais qui en fin de compte se retournent contre lui, étouffant littéralement sa capacité à évoluer, à s’adapter.

A partir de ce moment apparaît un emballement de la machine organisationnelle humaine, menant au rejet systématique de celui (ceux) désigné(s) comme souffre-douleur expiatoire dans une dynamique de déplacement du «  mauvais objet ». Il est donc intéressant de faire un parallèle entre les dysfonctionnements au niveau d’une société et ceux à l’échelle de la personne.

A l’échelle  individuelle, l’enfant maltraité, une fois adulte ne se retournera pas contre l’adulte responsable de cette maltraitance mais fera subir les souffrances que lui-même a vécu à son enfant ou à tout autre être plus vulnérable que lui, en en faisant le bouc émissaire de sa douleur.

A l’échelle sociale, un exemple et particulièrement criant. Ce ne sont pas les européens de culture chrétienne responsables de la shoa qui sont désignés d’une façon épidermique en tant que mauvais objets par les diverses communautés juives, mais « l’arabe » et « le musulman » ; deux identités, elles même plurielles et qui ne se chevauchent pas nécessairement, mais réduites dans le cadre de se rejet à un stéréotype caricatural, comme « le juif » l’a été en occident dans la première moitié du XX° siècle. Par ailleurs il est intéressant de remarquer que la victime expiatoire, « l’arabe musulman » devient face à cet état de fait de plus en plus rigide et univoque s’emparant de la fantasmagorie « anti-juive » occidentale. La résistance palestinienne au début de sa lutte était laïque, souvent marxiste. Face à l’ostracisme de l’Etat israélien, elle est devenue à dominante religieuse avec une nette exclusion de sa composante d’origine culturelle chrétienne. Al quaïda avec sa phraséologie manichéenne est l’expression même  de cette radicalisation d’un certain intégrisme religieux musulman, comme à son tour cette Amérique ne s’exprimant plus qu’a travers la voix violente et guerrière de ses extrémistes judéo-chrétiens de l’ultra droite libérale.

Une fois se regard porté sur l’organisation humaine, il est plus facile de comprendre les violences perpétuelles que s’infligent les humains entre eux

Le communautarisme n’est pas une protection face à cet état de fait, mais au contraire, l’un des moteurs de la violence de par sa dynamique enfermante et excluante, menant tout groupe ou individu à un mutisme suicidaire et assassin.

Pour essayer de briser ce cercle vicieux il n’y a pas de solution immédiate - dans la mesure ou le désir de simplification de nos esprits exige une solution - mais un travail de Sisyphe de débriefing généralisé afin de désamorcer de génération en génération les violences faites par l’être humain à l’être humain.

 

La lutte contre le communautarisme est le combat le plus urgent, un combat contre l’enfermement qui passe par la valorisation de la personne en tant qu’individu et non en tant que sous ensemble d’une communauté. La conscience de ses racines, la valorisation des origines de la personne sont essentielles afin que celle-ci puisse se développer harmonieusement. Encore faut il que cette appartenance n’empêche pas l’individu de prendre son essor singulier, que sa singularité soit reconnue comme une valeur positive et non comme une stigmatisation sociale, une marginalisation.

Nos sociétés mettent de plus en plus en avant l’écologie en tant que valeur essentielle à la vie. Seulement l’être humain de par son regard ethnocentrique oublie sa place  au sein du créé, oublie qu’il ne peut être dissocié de celui-ci. Il serait peut être temps que nous descendions de notre piédestal divin d’ordonnateur de la création, afin que nous portions à nous-mêmes et donc, à nos semblables, autant d’attention que nous portons envers le reste du vivant.

Alors, les mots tel que « racisme » (invention européenne du XIX° siècle), « Antisémitisme » (pléonasme) « Sexisme » et ses corollaires : « Machisme, Homo phobie, Hétéro phobie, Trans phobie etc. » peut être disparaîtront au profit du seul terme désignant ces exclusions : « La xénophobie » autrement dit la peur de ce qui est différant parce que vu inconsciemment à travers le prisme enkysté de nos rigidités identitaires.

Il faut donc que les comportements xénophobes soient reconnues comme symptomatiques d’une pathologie identitaire et à se titre, introduire la notion de soins pour les personnes et les groupes présentant ces symptômes,  La xénophobie étant en soit une addiction à la destruction de l’autre et donc de soi. Ce sera enfin un premier pas vers la paix de l’être, vers un peu de lumière et d’espoir pour l’ensemble du genre humain.

Sarah P. Struve

Sarah Pétrovna Struve

09:10 Publié dans Droits humains, Struve Sarah P. - Струве сара петровна, xénophobie | | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : xénophobie, racisme, antisémitisme, séxisme, struve, communautarisme, social

Repost 0

Présentation

  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
  • Contact

Ruski tchas

 

Recherche

Catégories