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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 13:25

L'auteur de "Родина ~ Rodina ~Patrie," s'appelle Sergueï Trofimov; il est auteur-compositeur-interprète, musicien, chanteur, artiste Émérite de la Fédération de Russie. Il est également connu sous le nom de scène de Trofim.

Dans le vidéogramme ci-après, c'est Victoria Tcherentsova, chanteuse et actrice, qui interprète cette chanson lors de la cérémonie de clôture de la finale du III championnat National «Compétences des sages».

~~~~~~~~~~~~~~~~

Родина / Patrie
Сергей Трофимов

 

Les coupoles dorées des églises au-dessus de la rivière.
Fraises mûres avec du lait cru
Je cours sur l'herbe fauchée, et au dessus de moi
Le ciel est bleu et haut...
Je suis un gamin de cinq ans.,
Et ma joie chante, et mon bonheur vole...

C'est tout ce qui m'est proche, c'est quelque part au fond de moi.
C'est la chose la plus sainte qui est resté en moi.
Cela nous garde et nous guérit comme la Grâce du Seigneur.
C'est quelque chose que l'on ne peut acheter, ni enlever.

Contes de grand-mère sur l'Amour et le Courage,
Où le Bien et la Vérité protègent le monde.
Médailles de grand-père "Pour Berlin" et "Pour Prague"
Et le feu d'artifice des fêtes de printemps...
Je sais que nous sommes tous ensemble, un Peuple!
Et ma joie vole, et mon bonheur chante.

C'est tout ce qui m'est proche, c'est quelque part au fond de moi.
C'est la chose la plus sainte qui est resté en moi.
Cela nous garde et nous guérit comme la Grâce du Seigneur.
C'est quelque chose que l'on ne peut acheter, ni enlever.

Passera alentour, le temps, indifférant,
Effaçant les adresses familières,
Nous connaîtrons et le profit et le calcul,
Mais l'un dans l'autre, Nous arrêterons de voir le ciel...
Et, lorsque, pour moi, cela deviendra difficile,
Je me le dirai a nouveau, en dépit des temps...

C'est tout ce qui m'est proche, c'est quelque part au fond de moi.
C'est la chose la plus sainte qui est resté en moi.
Cela nous garde et nous guérit comme la Grâce du Seigneur.
C'est quelque chose que l'on ne peut acheter, ni enlever.

Traduction : Sarah P. Struve

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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 12:38

Cette chanson a été écrie en 1979 par Léonid Serguéev. Journaliste de télévision et barde, Leonid Serguéev (30 mars 1953, Brest, Biélorussie - 5 juillet 2022, Moscou.) Il a vécu une grande partie de sa vie à Kazan avant de s’installer à Moscou. Serguéev a terminé la faculté d’histoire et de philosophie de l’université d’Etat de Kazan (1975) Il est de formation, professeur d'histoire et de sociologie.

Voilà ce qu’il disait à propos de cette chanson, "Kolokolenka – Le petit clocher :"

« Je suis profondément convaincu qu’il y a des chansons qui se meuvent dans d’autres dimensions et se matérialisent à travers quelqu’un, afin de pénétrer dans cette vie. Et l’auteur, dans ce cas la, n’en est que le messager, le passeur, le révélateur de ce qui lui est prédestiné (…)

Durant mes années d’étude à l’université de Kazan, j’ai été amené a accompagner six fois, dans le cadre de la faculté d’histoire et de philosophie, les « commandos des neiges ». A propos de ce que sont « les commandos des neiges » c’est une autre histoire*. L’important, c’est qu’après chaque expédition sur les lieux des combats, apparaissaient de nouvelles chansons sur la guerre.

Ainsi donc, en 1979, alors que je travaillais déjà au journal «Vetchernïaïa Kazan’ », j’ai pris un congé en janvier pour partir avec la 10° expédition des « commandos des neiges ». Nous avons été dans les pays baltes et dans l’Oblast’ de Kaliningrad (l’ancienne Prusse orientale) et les impressions, le ressenti, ce que j’entendis, ce que je vis plus tard, après l’expédition, se métamorphosa en cette nouvelle chanson  « Kolokolenka »

Les premiers à entendre cette chanson, furent tout naturellement, mes amis. Elle se chantait tant pendant les concerts que lors des réunions avec les vétérans. On la chantait également dans les hôpitaux militaires, à Douchanbé, à Tachkent, à Podolsk…

Je me souviens qu’à l’hôpital de Douchanbé on m’emmena dans une des salles et on me dit ; « Chantes !... ». Et là-bas, il y a couché un gars sans bras ni jambes… Et seules me regardent dimmenses yeux noirs Comment chanter ici ? Que chanter ? J’ai chanté « Kolokolenka »…

En 1986, il y eut à la télévision l’émission « Le ring musicale ». Si l’animatrice n’avait pas été aussi stupide, cela aurait été une émission réussie. Mais elle était déterminée à s'enthousiasmer pour la musique rock et à "étouffer" la chanson d'auteur. A un moment donné, j’en ai eu assez et juste après une parodie ridicule, j’ai tout de suite enchainé avec« Kolokolenka ». Il fallait voir les regards étonnés des gens … Comme les sourires s’effaçaient des visages … Il y eut un tel silence à la fin de la chanson … Et Sacha Rozenbaum s'est levé et chanta encore une fois «La route de la vie».

Pour résumer, au matin, je me suis réveillé célèbre… Mais cela n’est pas l’essentiel, à ma stupéfaction et à mon effroi presque mystique, les héros de cette chanson ont commencés … à reprendre vie. Bien sur pas au sens propre. Mais, tout d'abord à la radio où je travaillais, est arrivée une lettre d'Afghanistan, dans laquelle l'auteur, par ailleurs lieutenant, écrivait que : «nous avons refait votre chanson et nous la chantons ainsi : « … est sur le petit champ… notre section de commando-parachutistes… ». Puis une lettre de la famille d’un certain Kroupenikov porté disparu durant la dernière guerre mondiale … Entendant cette chanson, ils avaient pensé que l'auteur savait peut-être des choses sur leur grand-père … Ce fut un choc ; ce personnage inventé prenait vie … pas celle que nous vivons, mais une vie dans la mémoire d’autrui. Tout cela n’était que le début.

A la fin des années 90, une famille est venu à l’un de mes concerts que je donnais à Saint Petersburg… C’était la famille dusergent Mokhov. Sa veuve et son fils avec sa famille…Et je vis pour la première fois mon héros que j’avais créé. Sur la photographie, un jeune homme coiffé d’une boudionovka ; le sergent chef Léonid ( !) Mokhov, porté disparu en 1942, dans les marais de Pinsk. Les lettres aux archives, les fiches signalétiques, les réponses… Jusqu'à ce jour, ces copies se trouvent chez moi. Jusqu'à ce jour il y a des recherches le concernant.

Mais l’histoire de cette chanson continue son cours. Il y a quelques années, durant le festival d’hiver de Grouchinsk, à Samara, Dima Biktchentaev et Valera Bokov, s’approchent de moi et ils me racontent : « Nous nous sommes produit, à l'hôpital du coin, devant des blessés. Et un garçon a demandé que nous chantions "Kolokolenka" ». Ils ont alors dit que l'auteur était ici à Samara … Le lendemain je me suis rendu à cet hôpital. On m‘amène dans une salle ; il y a couché là, un gars ; Le capitaine Slava Eguine, cela fait longtemps qu’il est couché là, gravement blessé à la tête sur la place Minoutka à Grozny… Je lui ai chanté la chanson. Il est resté silencieux puis a dit : « …Il y est arrivé ? » J’ai réfléchi, réfléchi et je lui dis « Je ne sais pas… » Il a réfléchi et il m’a dit « … Normalement il n’a pu y arriver. L'endroit est dégagé, la mitrailleuse sur une hauteur Il ne peut y arriver ». J’ai réfléchi longuement et je lui dis : « je ne sais pas… » Il a encore réfléchi et me dit : « Moi, je n’y suis pas arrivé. C’était aussi un endroit dégagé… » C’est un sniper posté dans un immeuble qui l’a atteint, lorsqu'il traversait en courant cette place. Je suis parti continuer à chanter dans les autres salles de l’hôpital. »

- Voici donc, pour les âmes qui l’habitent, le vidéogramme de cette chanson enregistré lors de l’émission« Le ring musicale ».

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Колоколенка
Le petit clocher

Leonid Serguéev / Леонид Сергеев

Sur la montagne, sur la petite montagne il y a un petit clocher.
Depuis là, le long du petit champ, cogne une mitrailleuse.
Et, couché dans le petit champ, les bottes tournées vers le petit soleil,
Avec grande nonchalance, traîne notre héroïque section.

Nous happons la petite terre de nos doigts crochus,
Les balles comme de petits moineaux folâtrent dans la poussière…
Mitri Gorokhov et le sergent Mokhov,
Ces petits moineaux que voila, ont finis par trouver.

C’est là que l’adjudant-chef  Kroupennikov me dit doucement,
Que je prenne la petite mort pour le bon peuple,
Qu’en haut du petit clocher, je me noie de mon petit sang
Puisqu’il est ainsi, ce sacré fils de pute.

À mon petit fusil, j’ai fixé vigoureusement la baïonnette.
Dans ma botte, j’ai fourré un vieux Nagan.
Dans ma poche gauche, j’ai enfoncé profondément
Ma médaille de troisième classe, ainsi que celle de la Valeur.

On m’a donné du biscuit, on m’a passé un clope
L’adjudant chef Kroupennikov m’a vidé une flasque,
Je l’ai gouté, me suis rappelé ma propre maman
Et, le long du champ, du petit champ, j’ai vite couru.

Et, sur le petit clocher, le fils de pute s’est énervé,
S’est mis à me viser, pour à coup sur.
On aurait dit qu’une petite poussière, qu’un petit grain de sable
Etait tombée dans l’œil du forcené, sa main bougea.

J‘ai laissé tomber le fusil et me suis affalé derrière un petit rocher
Pour que l’ennemi pense qu’il m’a apparemment accroché
Mais fallait croire qu’il s’y connaissait, il ne m’a pas cru tout de suite.
Et, derrière la pierre, la petite pierre, il m’a longuement coincé.

Mais, visiblement ce n’était pas mon destin de gouter les balles,
L’adjudant-chef Kroupennikov s’est levé comme à la parade,
Tout de suite, du petit clocher, pépiant joyeusement,

Les moineaux s’envolèrent droit dans sa poitrine, le rejetant en arrière.

Petites montagnes – petits monts, clochers – clochetons…
Qui recevra quoi, à qui est-ce le tour ?
Blessure non cicatrisée, mémoire vivante,
Le petit soleil, le petit champ et l’
héroïque section.

Traduction : Sarah P. Struve

_____________________

* - Il est communément admis qu’entre 26 et 27 millions de soldats soviétiques ont péris durant la Grande guerre Patriotique. Jusqu'à aujourd’hui, des équipes de volontaires vont chaque année sur les lieux des combats pour rechercher les traces et les restes de ces combattants afin de leur donner une sépulture descente. Les « Commandos des neiges » fonts partis de ces volontaires, ils ont été initiés en 1965, peut après le 20° anniversaire de la victoire sur le nazisme, par des étudiants de la République du Tatarstan

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 13:57

Vladimir Skobtsov est né en 1959 à Donetsk. Il est l'un des poètes et bardes, vivant et travaillant à Donetsk, consacrant ses créations à sa ville et à toute la Novorussie. Skobtsov raconte dans son œuvre, comme dans un Donetsk déserté, renaît une nouvelle vie culturelle et, comme la poésie acquière, en temps de guerre, une nouvelle respiration. Le poème "Le quatrième cavalier" date de 2015.

 

 

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Четвёртый всадник ~ Le quatrième cavalier

Vladimir Skobtsov

 

Sans godaille, ni oraison
Derrière le barrage routier, l'été a éclaté
Vers le sud.

À Noël, la crèche est déserte
Et il n'est pas clair de ce qui adviendra,
Vraiment pas.

Quelque part l'été s'amuse
Et quelque part, le bonheur rit,
Mais pas, ici.

Et, ce n'est pas que je n'ai pas de blé,
j'ai fichu mon billet à la destinée,
Question de dignité.

Au-dessus de la toile de mines tissée,
Dans un ciel, une meute de grues cendrée,
Le soupir de quelqu'un.

Si tu existes, alors écoute,
Comme t’appellent
Nos âmes, Mon Dieu.

L'océan de vie n'est pas sans fin,
Est-ce juste, ou péché,
Je n'ai pas vécu ainsi.

Si on me fourre un couteau dans le dos,
A la douane, je donnerai à Charon,
Une pièce non monnayable de cinq sous.

L'automne mordoré,
Un maraudeur, dans un sac, l'emporte
Vers nul-part.

Derrière la vitre, tremble une feuille jaunie
Dans le viseur se couche l'astre du jour
Pour toujours.

Dans l’immensité bleutée, un coup de feu éclatera...
Je t'ai cherché toute ma vie,
Mais pas au bon endroit.

Pieds nus, tu cours vers moi,
Un pâle cavalier derrière toi,
Te suit pas à pas.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 06:19

Vladimir Vissotski rencontra Marina Vlady en 1968, au théâtre de la Taganka, à Moscou, quinze ans après avoir été fasciné à l'age de dix huit an par celle-ci à travers le film « La sorcière » où Vlady, âgée alors de seize ans, jouait.

Voila comment Marina Vlady raconte sa rencontre avec Vissotski : "je vois un jeune homme de petite taille, mal habillé, qui se dirige vers nous. Je le regarde brièvement, et seuls ses yeux gris clair, attirent mon attention. Mais, les cris dans le public me font interrompre l’histoire et je me tourne vers lui. Il se lève, prend ma main furtivement et l’embrasse, s’assoit devant moi, et ne me quitte plus des yeux. Son silence ne me dérange pas, nous nous regardons, comme si nous nous connaissions depuis toujours. « Je sais que c’est toi,» c’est comme ça que j’ai rencontré Vissotski."

Il fait la cour à la jeune femme durant deux ans. C’est une histoire d'amour fracassante, tout Moscou sait que Vissotski consacre désormais ses chansons seulement à elle. Ils se marient en 1969, année où Vissotski enregistre la chanson « "Poème lyrique (Лирическая)" dans la quelle apparaît la forêt ensorcelée du film "la sorcière."

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Лирическая ~ Poème lyrique
Vladimir Vissotski

Ici, les branches des pins tremblent sous leur poids,
Ici, le pépiement des oiseaux est inquiet.
Tu vis dans une forêt sauvage et ensorcelée,
D’où il est impossible de s’en aller.

Que tel du linge au vent, sèchent les merisiers,
Que les lilas s’affaissent sous la pluie ;
De toute façon, je t’emmènerai d’ici,
Dans un palais, entendre les roseaux chanter.

Pour mille ans, ton univers est dissimulé
De moi et de la lumière, Par les sorciers,
Et, tu penses qu’il n’y a pas plus merveilleux,
Que cette forêt ensorcelée.

Que sur les feuilles, il n’y ait pas de rosée,
Que la lune se querelle avec le ciel nuageux,
De toute façon d’ici, je t’emporterai
Dans une claire tour, au balcon donnant sur la mer.

Quel jour de la semaine, à quelle heure
Sortiras-tu précautionneusement, vers moi ?
Quand donc, t’emporterai-je dans mes bras,
Là-bas, où il est impossible de te retrouver ?

Si ce larcin est à ton goût, je te volerai;
Est-ce pour rien, que tant de force, j’ai dépensé ?
Sois d’accord au moins pour un paradis dans une chaumière,
Si quelqu’un occupe déjà la tour du palais.

Traduction : Sarah P. Struve

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 08:15

À la suite de la percée des Allemands, le front de Leningrad, qui défendait la ville, a été coupé en deux. Le lien entre les forces de l'armée rouge fut perdu. C'est pourquoi, au début de décembre 1941,les commandements des corps qui combattaient dans l'est de la région de Leningrad ont organisé un nouveau front : Le front de Volkov. Sa mission principale était de briser le blocus de Leningrad et de se joindre au front de Leningrad. La première offensive du Front a eu lieu à la fin de 1941. À la suite de cette offensive, l'Armée rouge a libéré la ville de Tikhvin. À cette époque, peu de villes étaient libérées, de sorte que l'offensive de Tikhvin (10 novembre-30 décembre 1941) a été un succès remarquable et, non seulement pour le front de Volkhov. Bien que la distance entre les deux fronts soit faible - pas plus de 16 km - dans cet espace, il n'y avait presque que des marais. "Qu'est-ce que la guerre dans le marais ? Une bagarre pour chaque motte de terre. Et même si cette motte de terre était prise, il fallait encore la tenir. L'ennemi te balayait tellement à coups de mortier, que bonne chance. Personne n'a pu mieux exprimer ce qui se passait là, à part Alexandre Tvardovski, qui a vécu cela" :

Combat dans les bois, dans les buissons, dans les marais,
Où la guerre a fait son chemin,
Où l'eau montait jusqu'aux genoux de l'infanterie, de la boue jusqu'à la poitrine ;
Là où les combattants erraient
Et, en glissant d'un tronc, dans la nuit,
l'artillerie coulait, le tracteur s'embourbaient.

La lutte pour briser le siège de Leningrad durera encore plus d'un an ; Il fut brisé officiellement le 18 janvier 1943. Lorsque les troupes soviétiques de Léningrad et celles du front de Volkhov réussirent après des combats acharnés à ouvrir un corridor au sud du lac Ladoga, par lequel pouvait passer le ravitaillement.

En tout, près de vingt-sept millions de Soviétiques périrent durant la seconde guerre mondiale, dont 17 millions de civiles.

Voici une chanson de Boris Grebenchikov abordant ce thème. Grebenchikov la chanta pour la première fois en septembre 1997. Dans la dernière strophe, il remplaça le mot "résurrection"  par le mot "pardon."

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Болота Невы ~ Les marais de la Neva

Boris Grebenchikov

Mes veines sont des filins, ma mémoire, de la glace,
Mon cœur est un diesel et, semblable à du miel, est mon sang,
Mais, le sort m'a fait vivre, ici, parmi l'herbe grise,
Dans l'évanouissement pénombral des marais de la Neva.

Les maisons, ne sont que façades et, les mots, qu'absence,
Et, cette perspective est la trace de l'étoile calcinée,
Je voulais être tel le soleil, suis devenu une ombre sur un mur,
Et, s'est cramponné à mon dos, un mort endiablé.

Depuis lors, je me suis mis à voir, que nous sommes tous comme enchaînés,
Et, sur les branches des pins, les âmes des soldats trépassés,
Regardaient silencieux, comme nous valsions en rond, par des cierges éclairés,
Chacun avec de la cendre dans la main et un mort sur le dos.

Viendra le jour de la résurrection ; ainsi soit-il, je ne l’attendrai pas,
J'ai trouvé comment m'en aller et, je m'en irai et reviendrai,
Je reviendrai avec cette parole, comme avec la clef de l'empyrée.
Laissez-les rentrer dans leur foyer,
Eux tous, qui dorment dans les marais.

Traduction : Sarah P. Struve

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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 09:29

Il y a 30 ans de cela, disparaissait l'Union Soviétique. Voici, en mémoire, une traduction de la chanson "Слишком короток век ~ Slichkom korotok vek ~ Ce siècle est trop court"  écrite en 1987 par Andrei Makarevitch. Elle est, ici, interprété par Jeanna Bitchevskaia.

~~~~~~~~~~

Ce siècle est trop court... / Слишком короток век...

Texte & musique : A. Makarevitch

Ce siècle est trop court.
De ce qui fut il n'y a rien à regretter,
Le gel n'était pas vraiment glacé
Et les frissons ne nous ont pas fait vraiment frissonner,
Seulement avec chaque printemps,
Plus aiguë était la sensation de la fin de cette petite pièce
Que, visiblement, je n'avais pas écrit.

C'est comme au cinéma
lorsqu'on est dans la salle et en même temps sur l'écran.
À tous est promis un envol
Et, brillent des traits lumineux.
Seulement le temps est venu,
On déverrouille les portes, résonnent les clefs
Et, tout est détruit.
Avec angoisse, tu regardes ta montre.

Qui, ici, à raison, qui a tort.
Je vous en prie, oubliez, n'en discutez pas...
Ce siècle est trop court,
Qu'il ne passe en reproches mutuels.

Nous nous reverrons tous,
Dans un aéroport à l'abandon,
Dans l'espoir d'arriver à temps,
Pour un vol annoncé pour on ne sait quand.

Ce siècle est trop court,
               Ce siècle est trop court...

Traduction : Sarah P. Struve

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 09:22

Sergueï Starostine est né le 1° janvier 1956 dans une famille de musicien. À sept ans il entre dans une école de chant a cappella, puis, il entreprend des études de musique où il étudie les instruments à vent. Il a été clarinettiste. Lors de sa première année d'étude, Starostine a participé à une expédition ethnographique, durant la quelle, il fut fasciné par le chant d'une paysanne de Riazan ; c'est ainsi que commença sa passion pour le folklore russe.

Sergueï Starostine est parti nombre de fois en expédition à la recherche de chants folkloriques ; Il interprète en concert solo ainsi qu'avec des groupes, certains d'entre eux. Starostine écrit également ses propres chansons. La plus célèbre d'entre elles, est "Глубоко ~Glouboko ~ Profondément" que, nous présentons, ici.

Parlant de cette chanson alors qu'il était l'invité de l'émission"Zelionka" que produit le groupe "Otava Yo," Sergueï Starotine, raconte : "Cette chanson n'est pas tant triste, qu'existentielle. J'ai eu une période de vie particulièrement difficile ; pas tant dépressive que difficile. Ceux qui connaissent la station de métro « Plochchad Rtevolioutsii  » à Moscou... lors d'une correspondance, je me tiens sur l’escalier mécanique et descends. Et je pense : « Comme est profonde l'eau sous la terre... Plus profonde est ma désolation » et dix minutes plus tard à l'arrivée de l'escalier mécanique, le texte était composé. Je suis rentré à la maison, ai pris mes gousli et, j'ai composé la mélodie. (…) et cette chanson ; merci certainement au Créateur ! Lorsqu'elle m'est tombée dessus, quand elle s'est déversée en moi, elle m'a permis de dépasser cette période difficile, elle a remplis le rôle d'un médicament contre mes doutes, ma tristesse... "

Sur le vidéogramme ci-après, extrait de l'émission « Zelionka, » Sergueï Starostine, interprète cette chanson, accompagnée par le groupe « Otava Yo »

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Глубоко ~ Profondément
Sergueï Starostine ~ Сергей Старостин

Profonde, profonde
Dans le puits, l'eau
Profond, profond
Sous la terre, le gisement
Plus profonde est ma désolation
Plus profonde est mon affliction
Plus profonde,

Largement, largement
La rivière s'est déversé
Largement, largement
Les près se sont dispersés
Largement, largement
les champs se sont étalés
La lumière de la grâce, bien plus largement.

Loin, loin
S'est sauvé mon étalon
Loin, loin
S'en est allé au galop mon étalon
Loin, loin
le rattraper, je ne le pourrai
Loin, loin
le rattrapé, je ne le pourrai
Plus loin de là, ma désolation
Plus loin de là, mon affliction
Plus loin de là.

Haut, haut
S'est élevé, le faucon
Haut, derrière les nuages,
s’est envolé, le faucon
Plus haut encore, ma joie
Plus haut encore, mon amour
Plus haut.

Traduction : Sarah P. Struve

 

 

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 09:50

L’interprète de ce poème de Sergueï Essenine, Efimytch, de son vrai nom, Oleg Charandanov, est originaire de Volgograd et, vit la plupart du temps à Moscou. De formation, il est ingénieur soudeur, Charandanov raconte dans une interview sur Radio Mayak, que ce surnom d'Efimytch, il l'avait pris un peu comme une blague et puis, la reconnaissance venant, ce surnom est resté mais, comme il le dit lui-même : c’était une idée discutable.

Dans ce vidéogramme, Oleg Charandanov, interprète un poème de Sergueï Essenine, datant de 1924 : « Мы теперь уходим понемногу… ~ Maintenant, nous partons, petit à petit... » Il est, ici, accompagné par son fils Vladislav. On peut entendre les compositions d'Efimytch sur sa page YouTube, ainsi que sur les diverses plateformes musicales.

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Мы теперь уходим понемногу… / Nous partons, maintenant, petit à petit ...

Sergueï Essenine ~ Musique : Oleg Charandanov

Nous partons, maintenant, petit à petit,
Vers ce pays où il n'y a que silence et sérénité,
Bientôt, peut-être, vais-je m'en aller,
Recueillir les cendres de ma vie,

Jolis bouleaux en futaies !
Toi, la terre ! Et vous, plaines asséchées !
Devant cette assemblée qui va s'en aller,
Ma tristesse, je n'ai pas la force de la cacher.

En ce monde, j'ai trop aimé
Tous ce qui fait que l'âme, de chair, soit enrobée.
Le monde des trembles qui, leurs branches déployées,
Se miraient dans les eaux rosées.

Nombre de fois dans le silence, j'ai pensé,
Nombres de chansons sur moi, j'ai composé,
Et, sur cette terre affligée,
je reste heureux d'avoir vécu et respiré.

Je suis heureux d'avoir embrassé des femmes
Froissé des fleurs et, dans l’herbe, traîné
Et, les bêtes, nos frères cadets,
Leurs têtes, n'ai jamais frappé.

Là-bas, je sais, que ne fleurissent pas les bosquets,
Ne tintent pas, les coups de cygne des blés.
Ainsi donc, devant l'assemblée des s'en-allant,
Je reste toujours frissonnant.

Il n'y aura pas dans ce pays, je le sais,
Dans la brume, ces plaines mordorées,
C'est pour cela que me sont chers,
Ces humains qui vivent avec moi, sur terre.

Traduction : Sarah P. Struve

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 08:49

"Песенка об открытой двери ~ Pessenka ob otkrytoï dveri" ~ Cette "Chanson de la porte ouverte," fut écrite par Boulat Okoudjava en 1959.

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Песенка об открытой двери / Chanson sur la porte ouverte
Boulat Okoudjava

Quand la tempête hurle telle une bête
Longuement et sévèrement,
Ne fermez pas votre porte,
Que votre porte reste ouverte.

Et, si une route lointaine, vous attend,
Une route difficile, imaginez,
N’oubliez pas d’ouvrir la porte en grand,
La porte ouverte, laissez.

Et, vous en allant dans la nocturne silencité,
Sans mots superflus, décidez :
Le feu de l’âme avec le feu de genévrier,
Dans le poêle, mélangez.

Que le mur soit tiède
Et le banc, moelleux…
Les portes fermées ne valent pas un clou
Le prix d’un cadenas, cinq sous !


Traduction : Sarah P. Struve

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 09:35

« Chanson sur une balance ~ Песня про Стукача ~ Pesnia pro stoukatcha, » est une chanson sur le mode "chansons de truands," que Vladimir Vissotski écrivit en 1964.

Cette chanson fut reprise par Alexandre Novikov lors d'un concert pour les 60 ans qu'aurait eu Vissotski en 1998 ; on peut entendre cette interprétation, ici.

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Песня про стукача ~ Chanson sur une balance
Vladimir Vissotski

Tout le monde n'entrait pas dans notre cercle étroit.
Et, un satané jour, date maudite.
Je l'ai amené avec moi et ai dit:
"Il est avec moi, buvons, les gars !"

Il buvait comme tout le monde et semblait heureux.
Nous, nous l'avons accueilli tel un frère.
Et lui, il nous a tous vendu le demain.
Je me suis trompé, pardonnez-moi, les gars !

Je ne me souviens pas du procès, je n'étais pas en état,
Puis, une froide baraque, telle une tombe.
Il me semblait que tout autour, c'était nuit noire,
D'autant plus, que c'était le cas.

Je conserverai au moins un reste de forces.
Il pense, que d'ici, il n'y a point de retour,
Il nous a, trop tôt, enterrés.
Croyez-moi les gars, il s'est trompé !

Viendra le jour ; la nuit ne dure pas des années,
Quand l'heure des comptes viendra, je le demanderai :
"Car, c'est bien moi, qui l'ai amené ;
Et, vous les gars, vous me le laisserez !..."
"Car, c'est bien moi, qui l'ai amené ;
Et, vous les gars, vous me le laisserez !..."

Traduction : Sarah P. Struve

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  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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