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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 14:18

"Glorieuse mer, Baïkal sacré ~ Славное море – священный Байкал, ~ Slavnoe morié, sviachtchenyi Baïkal," Est une chanson populaire, adaptée d'un poème du poète sibérien, Dmitri Davydov (1811 ~1888,) «Думы беглеца на Байкале ~ Doumy begletsa na baïkalié ~ Pensée d'un fugitif, sur le Baïkal.» Ethnographe, poète et enseignant et, par ailleurs, neveux du décembriste, Vassili Davydov. Ce poème de Dmitri Davydov, alors surveillant de l'école du chef lieu de Verkhneoudinsky, fut publié en 1858 dans le journal Pétersbourgeois, "Zolotoïе rouno," (la Toison d'or.)

Dmitri DavydovDmitry Davydov est venu à Irkoutsk à l'âge de dix-huit ans pour passer, en tant qu'externe, des examens, afin de devenir enseignant du secondaire. Montrant des connaissances brillantes, il obtient le titre de professeur. Ses capacités en mathématiques lui ouvraient l'entrée à l'université de la capitale, mais Davydov était attiré par la Sibérie profonde. Le poète dans ses notes écrira : «je me suis consacré à l'étude, de ce que je considérais comme ma vocation et, j'ose penser, que mes efforts pour la diffusion de l'instruction élémentaire, l'adoucissement des mœurs et le développement des esprits de mes élèves, ne sont pas restés vains.»

Dans un avant-propos à son poème, toujours dans le journal "Zolotoïе rouno," l'auteur raconte l'origine de son texte : « Les fugitifs des usines et des établissements pénitenciers, sont, en général, connus sous le nom de "passants (prokhogie)" … ont un courage extraordinaire, lors de leur fuite, ils surmontent les embûches naturelles du terrain. Ils passent par les crêtes des montagnes, à travers marais, traversent des rivières immenses sur quelques troncs d'arbre et, il arrivait qu'ils prennent le risque de traverser le Baïkal sur des tonneaux, que l'on trouve parfois sur les bords de mer. »

On pense que se sont des bagnards des mines de Nertchinsk qui sont à l'origine de la mélodie – cette chanson est devenue en quelque sorte, l'hymne du lac Baïkal. Du texte original de Davydov, des longueurs, ainsi que des rimes inadaptés, furent enlevé. "Glorieuse mer, Baïkal sacré," fut classé en tant que chanson populaire. Le compositeur, Youri Arnold (1811 Saint-Pétersbourg ~ 1898 Karakach, Crimée,) formalisera en 1897, cet hymne au Baïkal.

http://www.baikaltur.com/fairytales#lightbox[]/6/

Dans le texte, il est question du Bargouzine ; c'est un vent venant du nord, soufflant sur le Baïkal. L'omoul est un poisson de la famille des salmonidés, une des principales ressources alimentaires pour les riverains de cette véritable mer intérieure. 

" Il y a très longtemps deux vents, des preux, le Koultouk et le Bargouzine étaient des amis intimes. Ces géants aimaient à se rendre mutuellement visite, s'amuser et jouer. Pour cela ils avaient un jouet préféré ; un magnifique tonneau à Omouls. Ce tonneau avait un pouvoir extraordinaire : à l'endroit où il allait flotter, là, les Omouls se précipitaient, comme s'ils demandaient au tonneau la permission d'entrer dedans. Ce jouet amusait les géants et, dès que ces géants, se rencontraient, ils jetaient leur tonneau à Omouls,  regardant, lequel de ces tonneaux attrapera le plus de poissons (...) "

Deux vidéogrammes illustrent ce chant. Dans le premier, "Glorieuse mer, Baïkal sacré" est interprété par Boris Grebenchikov; dans le second, par le chœur "Okolitsa" de la ville d'Odintsovo.

~~~~~~~~~~~~~~~~~

Славное море – священный Байкал /Glorieuse mer, Baïkal sacré.
Texte : Dmitri Davydov ~ Musique populaire

 

Glorieuse mer, Baïkal sacré,
Un brave navire, un tonneau d'Omoul.
Eh, Bargouzine, remue la haute vague,
Le gaillard n'a pas loin à voguer.

De lourdes chaînes, longtemps, j'ai remué,
Dans les monts Akatouï, longtemps, j'ai airé.
Un vieux camarade, à m'enfuir, m'a aidé,
j'ai repris vie, humant la liberté.

Chilka et Nertchinsk, maintenant, ne m'effraient plus ;
La garde de montagne, ne m'a pas attrapé,
les bêtes voraces, dans l’impénétrable forêt, ne m'ont pas touché,
La balle du tireur ne m'a pas même effleuré.

En plein jour, au cœur de la nuit, J'ai marché,
Contournant les villes ; de tous les côtés, je regardais.
les paysannes, de pain, me nourrissaient,
Les gars, en tabac, m'approvisionnaient.

Glorieuse mer, Baïkal sacré,
Un brave navire, un tonneau d'Omoul.
Eh, Bargouzine, remue la haute vague,
Le gaillard n'a pas loin à voguer.

Traduction : Sarah P. Struve

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 08:39

Au début de la première guerre mondiale, l'écrivain et journaliste Vladimir Guiliarovski, écrivit le texte de la "marche des tirailleurs sibériens." sur une mélodie datant de la guerre russo-turque (1877-1878,) dont l'auteur reste inconnu. Les deux dernières strophes de cette chanson furent écrites et rajoutés durant la guerre civile. Durant celle-ci, deux autres textes furent composés sur le thème de la mélodie initiale ; la plus connue de ces marches est le « Chant des partisans de l'Amour,» dont les paroles furent écrites par Piotr Parfionov, en 1919. Le second texte qui sera l'hymne du régiment Drosdovski qui combattait du côté de l'armée blanche, fut écrit par le commandant P. Batorine.

 

~~~~~~~~~~~~~~

Марш Сибирских стрелков / Marche des tirailleurs sibériens (1915)
Vladimir Guiliarovski

Depuis la taïga, la taïga profonde,
depuis l'Amour, depuis le fleuve,
Silencieux, nuages orageux,
les Sibériens vont au combat.

La silencieuse taïga,
Les a élevée âprement,
Tempête orageuses du Baïkal,
Et neiges de Sibérie.

Ni fatigue, ni effroi,
Combattants le jour, combattants la nuit,
Seule apparaît la grise papakha,
Rabattue sur l'oreille, crânement.

Eh, Sibérie, Sibérie natale,
Pour toi, nous résisterons.
Aux vagues du Rhin et du Danube,
Ton salut, nous transmettrons

Saches, Sibérie, que dans les méchantes années,
En mémoire du glorieux pays,
Tes fils, défendrons
L'honneur d'un peuple immense.

La libre Rus' ressuscitera,
S’enflammant de notre foi
Et, entendrons cette chanson,
Les murailles de l'antique kremlin

Traduction: Sarah P. Struve

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 16:03

Le 20 avril 1916, les premiers soldats du corps expéditionnaire russe débarquaient à Marseille. Pendant la Première Guerre mondiale, quatre brigades sont venues prêter main forte à l'armée française. Cette chanson de Victor Léonidov, parle du combat en champagne, de ce corps expéditionnaire, de la commune de Mourmelon dans le département de la marne, près du cimetière russe de Saint-Hilaire-le-Grand, où nombre de soldats du corps expéditionnaire russe, reposent.

L'auteur de cette chanson, Victor Leonidov, est né à Moscou, en 1959. Il s'est passionné dès l'enfance pour l'histoire, après l'achèvement du lycée, il est entré à l'institut d'État de Moscou d'archives historiques, qu'il a fini en 1981. Après le service militaire, il fait un doctorat à l'Institut de

l'histoire de l'URSS. En 1989, l'académicien Dmitry Likhatchev, l'a invité à travailler au Fond Soviétique de la Culture. Leonidov a été l'une des figures centrales participant au retour de l'héritage russe à l'étranger, dont notamment, le poète Nikolaï Touroverov ; lorsque des dizaines d'émigrés russes ont commencé à offrir au Fond de la Culture, les reliques familiales qu'ils avaient gardés précieusement. Léonidov a créé la première bibliothèque d'archives de l'émigration russe. À la même période il a commencé son activité de retour à la culture soviétique, des poètes oubliés et des peintres de l'émigration. Il a publié des articles et a participé à des émissions de radio et de télévision où, hors l'interprétation de ses chansons à la guitare, il lisait les poètes russes de l'émigration. Son cycle de reportages télévisés sur la chaîne "Kultura: "Тут шумят чужие города ~ Tut chumiat tchujye goroda ~ Ici bruissent les villes étrangères," jouissait d'une grande popularité. Victor Leonidov anime l’émission de radio «Берег Русский ~ Bereg rousski ~Rivage russe» à  «Радио России ~ Radio rossii» Dans ces émissions, il raconte et chante les poètes et les peintres oubliés russes. Les anciennes émissions, peuvent être écoutés sur la page de « Staroe radio. »

~~~~~~~~~~~~~~~~~

 

Русские бригады / Les brigades russes
Виктор Леонидов / Victor Leonidov

 

Cœur stupide, arrête de battre
Á l’unisson de pensées précipitées,
Là-bas, sous Reims, en France,
Se cache la ville de Mourmelon,
Où pour l’honneur, non pour les décorations,
Des brigades russes, se battaient,
Défendant la province Champagne.

Et en 16, l’année maudite
Le long dun chemin de croix,
De Russie, des soldats s'en venaient
Afin de sauver la France.
Et l'Europe, pour sa joie,
S'étonnait de leurs attaques à la baïonnette.
Les brigades russes,
se battaient,
Pour, de leurs corps, protéger Paris.

Ici, tout est simple et journalier
Le grondement de la guerre, il y a longtemps, s'est tu
Seule une chapelle domine le cimetière,
repose un brave régiment d'infanterie.
L
es obus ne grondent plus
La terre a enlacé les soldats.
L
es brigadess russes se battaient,
Pour les champs français.

Le temps apaise la mémoire;
Dieu merci, nous sommes en vie,
Le pays natal est immence,
Où, se souvenir de tout, nous pouvons !
Nous ne nous tranchons pas les veines de dépit,
Nous n'inondons pas de tristesse, notre faute,
De ce que ces brigades soient délaissées,
De cette lointaine guerre oubliée.

Seulement, quelque chose geint et tenaille,
Pas moyen de s'endormir.
Vers les champs dorés de Champagne;
Le sort en est jeté; alors, en route,
Là, où l'âme du légionnaire,
Ne résonnera pas telle une corde;
De ce que les tombes de Saint-Hilaire
Soient notre guerre commune !

Cœur stupide, arrête de battre
Á l’unisson de pensées précipitées,
Là-bas, sous Reims, en France,
Se cache la ville de Mourmelon,
Où pour l’honneur, non pour les décorations,
Des brigades russes, se battaient,
Défendant la province Champagne.

Traduction: Sarah P. Struve.

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 14:54

L'auteur du poème « Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad ~ Ved my jè s toboï leningratsy ~ Ведь мы же с тобой ленинградцы,» est Max Dakhie (1932 ~ 1996,) Max Dakhie était un poète, journaliste, cinéaste, ainsi qu'un auteur de livres pour enfants. Nombre de ses poèmes ont été mis en musique par des compositeurs célèbres et sont devenues des classiques de la chanson russe.

Victor Plechak a composé la musique de la chanson, il est né en 1946, à Leningrad. Il est l'un des compositeurs russes les plus demandés. Maitre émérite des arts de la Fédération de Russie, lauréat du prix du gouvernement de Saint Petersbourg, président de la section musique populaire de l'union des compositeurs de Saint Petersbourg.

L'interprète de "Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad," Guerman Orlov, est né en 1929 au village de Krasnaïa dolina, dans l'Oblast' de Voronej (actuellement Oblast' de Koursk.) En 1934, son père intégrant les rangs de la marine de guerre, la famille déménage à Kronstadt. De 1941 à 1945, Orlov se retrouve dans Léningrad assiégé. Il sert au théâtre des armées de la flotte de la Baltique et sera blessé en novembre 41. Orlov a pris part, en tant qu'artiste, aux concerts donnés sur des navires de guerre, des aérodromes, dans la légendaire forteresse « Orechek » de la ville de Chlisselbourg, ainsi qu'à l'arrière des lignes allemandes, sur l'île de Lavasaari. Guerman Orlov est décoré de l'ordre de la Guerre patriotique du I° degré.

Dans l'après-guerre il est devenu l'un des artistes principaux de l'estrade soviétique. Il Travaille au "Lenkontsert," actuellement « Petersbourg-Theatre,» il a interprété des rôles dans plusieurs films. Guerman Orlov est décédé à Saint Petersbourg, le 7 décembre 2013.

Le siège de Leningrad dura 872 jours, du 8 septembre 1941, au 27 janvier 1944. Il fit 1 800 000 victimes, dont aux moins 500 000 soldats soviétiques et 1 200 000 civils.

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Ведь мы же с тобой ленинградцы ~ Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad

Texte : Max Dakhie ~ Musique : Victor Plechak

Te rappelles-tu, te rappelles-tu camarade,
Bien que le souvenir en soit lourd,
Comme la tempête à travers les reflets d’incendies
Soufflait le long des rues mortes ;
A mort, nous savions nous battre,
Buvant le malheur jusqu'à la lie,
Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad,
Nous savons ce que guerre signifie.

Te rappelles-tu : les ruines qui fument
Et, de quelqu'un, le crie interrompu...
Mais ici, tout le monde était de Leningrad,
L'enfant, le vieux et le soldat.
Du blocus, l'immortelle fraternité,
Qui paya notre dette pleinement.
Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad,
Nous savons ce que guerre signifie.

Nous nous souvenons à travers les années
L'horizon noyé d'explosions
Et comme depuis les usines gelées
Nos tanks grondants, s'en allaient au front,
Ne laissant pas les âmes se courber,
Nous croyions, qu'avec nous était le pays.
Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad,
Nous savons ce que guerre signifie.

Nous connaissions le désespoir et le courage
Dans les nuits du blocus sans feu,
L'essentiel était, que très fort, nous desirions
Survivre jusqu'au jour victorieux,
Avec cela, nous ne pouvons, à jamais, nous en séparer
En nous, reste fidèle la mémoire de l'exploit.
Ne sommes-nous pas des gens de Leningrad,
Nous savons ce que guerre signifie.

Traduction : Sarah P. Struve

 

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 09:34

"Дед Агван ~ Grand-père Agvan," est un poème d'Igor Rasteriaev, que StengazetA a déjà présenté. Rasteriaiev, l'a consacré au soixante-dixième anniversaire de la victoire du 9 mai 1945, victoire appartenant à tous les soldats soviétiques. le grand-père de Rasteriaev était Arménien, mais il aurait pu tout autant être Azéri, Kazakh, Ouzbek, ou bien de n'importe quel autre peuple frère de l'espace soviétique.

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Дед Агван ~ Grand-père Agvan
Un poème d'Igor Rasteriaev

Je n'ai pas connu mes grands-pères
Les voir, je ne le pouvais.
Les deux sont morts
Avant que  je
ne vienne sur terre,

Mais, par le destin, je n'ai pas été abandonné
Je suis, de toute façon, heureux,
A côté de moi et, même s'il était adoptif, il y avait un grand-père,
Il était, profondément aimé,

Il n'était pas russe ; c'était un arménien,
Du peuple , de la campagne:
Agvan Tigranitch Grigorian
Né en 1926.

C'était un héros, un vétéran,
Comme sorti tout droit d'un livre
Et moi, je lui glissais
Dans son col, des glaçons.

Je savais tout depuis mon enfance, sur la guerre,
Car, sans aucune retenue, grand-père,
Chaque jour, me l'enseignait,
Avec une assiette de brouet.

Tout s'était passé ainsi : il paissait paisiblement
Des brebis au pied de l'Ararat
Quand brusquement, sur nous est tombée
L'essaim allemand,

Afin qu'il n'y ait plus,
Ici, dans la nature, ni russes, ni arméniens,
Mais là, est arrivé grand-père Agvan,
Et il était sacrement contre tout cela.

Il est vrai qu'il n'est pas venu seul...
Telles des rivières, affluaient là-bas,
Des milliers de Géorgiens,
De kazakhes, d'Azeris, d'Ouzbeks...

Foule aux langages bigarrés,
Ils se sont installés dans les tranchées.
Et toute cette troupe, dans ces tranchées,
S'est, instantanément, russifiée.

Cette fois là, à la place des agneaux,
Il y avait de tout autres animaux.
Grand-père, dans sa visée,
Paissait des « Tigres, » faisait tourner bourrique des « Panthères »...

La conversation avec lui, se faisait en russe,
Au début, pas idéalement,
Mais la phrase « la tourelle a été arrachée »
Il là comprenait littéralement.

Avec grand-père je pouvais manger
Jusqu'à trois assiettes de cette bouillie,
Écoutant comme ils sont partis,
Vers l'ouest, marchant à pied.

Et, comme toujours, pour l'énième fois,
Ils en ont foutu...
Et après, suivait cette histoire,
Comme dans un feuilletons sentimental :

« Berlin, avril, la terre tremble,
Les obus, les balles, en grêle... »
Et grand-père le long d'une rue, court
Avec une mitraillette prise à l'ennemi

Des maisons détruites, tout autour,
Telles les crêtes des monts caucasiens.
Avec lui, grand-père à cinq grenades
Et puis, brusquement, là, sur un tas de brocaille,

Couché et geignant de terribles blessures,
Seul, tel dans la tempête, une paille,
Un jeune gars, lui ressemblant,
Mais, en uniforme allemand.

Il montre à grand-père, une fenêtre,
Expliquant avec ses mains,
Qu'il meurt et est couché,
Au pied de son foyer.

Qu'il y a ses parents, là-bas,
Qu'il est un local, un Berlinois,
Que la guerre l'a ramené
Jusque devant son entrée.

Et grand-père, par-dessus son barda,
Bien qu'il ne soit pas, lui-même, très fort,
Le chargea et, à l'étage le monta,
Là-bas, où il y avait maman et papa,

Où, après une explosion, une poutre s'était affaissée
Là, où une veilleuse luisait :
« Accueillez, Frau,
Votre soldat allemand... »

Grand-père, parlant de cet instant ;
Brusquement, devenait différant :
Parlant du terrible cri maternel,
Racontant, comment il est resté là-bas.

Comme, dans la cuisine, où brûlait un chandelier,
De l'eau, on lui a réchauffé,
Comme de la boue et de sa haine, il s'est lavé,
Accumulée depuis tant de semaines et d'années,

Comme il a dormi dans des draps blancs,
Au milieu de la guerre et de l'enfer,
Rêvant des jours de paix
Au pied de l'Ararat, dans la vallée,

Comme le matin, à nouveau, il s'en est allé
Vers la date proche de la victoire,
Entendant derrière lui « Dankeschöne, »
Lui, il répondit : « Adieu... »

Là, toujours, je l'interrompais,
N'écoutant ce qu'il disait, qu'à moitié :
« Papy, qu'est-ce que c'est, que ces bêtises ?
Allez, raconte comment vous avez tiraillés ! 

Raconte comme dans le feu, tu brûlais,
Comment sur une mine, tu as presque sauté... »
Cela ne m'intéressait pas,
L'histoire sur les draps Berlinois.

Mais grand-père, je ne sais pourquoi, se taisait
Et, il allait chercher du rab de brouet,
Que dans ma bouche, il fourrait,
Afin, que de mûrir, je puisse me dépêcher...

Il n'est plus là
Et enfin, brusquement j'ai réalisé :
Ce jour-là, ce fut le principal des combats,
Un combat pour le titre d'être humain.

Traduction , adaptation: Sarah P. Struve.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 13:13

"Летят утки ~ letiat outki ~ Passent les canards," est une chanson populaire de Russie centrale. Elle n'a pas d'auteurs connues. En voici deux interprétations.

Dans le premier vidéogramme, la chanson est interprétée par le Chœur populaire russe de Voronej.
Le second vidéogramme reprend une audio rare, où cette chanson est interprétée par Boulat Okoudjava.

~~~~~~~~~~~

Летят утки ~ Passent les canards

Chanson populaire

Passent les canards, passent les canards, ainsi que deux oies.
Oh, celui que j'aime, celui que j'aime, je ne l'attendrai pas

Toute jeune, me suis énamourée, me suis énamourée,
Oh, à savoir, ma destinée, à savoir, ma destinée est là …

De Voronej, mon aimé est parti, mon aimé est parti, loin.
Oh, maintenant, maintenant rien ne le fera s'en retourner.

Quand donc, mon aimé, quand donc, mon aimé, laisseras-tu tomber,
Oh, les contes … ne conte pas ce que tu sais.

Oh, comme c'est difficile, oh, comme c'est difficile de se séparer ;
Oh, les yeux regardent, les yeux regardent, laissant les larmes couler.

Fleurit l'épi, fleurit l'épi, vers la terre, s'est penché,
Oh, pensant à mon aimé, à mon aimé, mon cœur geint.

Traduction:  Sarah P. Struve.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 14:28

 

L'auteur de "Мир такой кромешный ~ Mir takoï kromechny ~ Le monde est si sombre," David Markish, est un écrivain russe, né à Moscou en 1938. Son père, Peretz Markish, poète de langue Yiddish, originaire de Volhynie, a été membre du comité antifasciste juif et, à ce titre, fut fusillé en 1952. David Markish est l'auteur de nombreux romans, plusieurs d'entre eux, ont été traduits en français. Voici un extrait d'un entretien que Markish accorda à Mark Tsibulsky :

(...)M.T. - Je sais, que Vissotski a chanté deux chansons sur vos textes.
D.M. – Oui, "Metchitsa strelka spidometra ~  l'aiguille du compte-tours,
s'agite," et "Mir takoï kromechny ~ Le monde est si sombre." Ces textes se trouvent sur internet, mais comportent de nombreuses inexactitudes ; et puis, Volodia les chantait, lui-même, pas tout à fait comme je les avais écrits. Volodia m'a demandé le texte de "Le monde est si sombre," que j'avais déjà écrits plus tôt, alors qu'il me demanda d'écrire pour lui, le second texte. Il chantait cette chanson , le plus souvent, dans des rencontres semi-clandestines . Il la chantait dans différentes maisons municipales, dans des clubs non officiels, où venaient des officiers. Il me racontait qu'il interprétait cette chanson principalement, dans ces endroits. (…)

 

la vidéo, ci-après, reprend un audiogramme, peut être l'unique de cette chanson, qui date, selon les avis, soit de 1961, soit de 1962.

_______________________

Мир такой кромешный ~ Le monde est si sombre
Texte: David Markish ~ Musique: Vladimir Vissotski

Le monde est si sombre,
Été comme hiver, il est enneigé,
Un homme marche de par le monde,
Un homme bon, un pauvre pécheur,
Qui est ton Dieu, quel est ton idole ?
Toi-même, tu ne le sais
Et, tu souffres en chemin,
Mon cher être humain.
 
Écoute, gamin Vania,
Ce monde est tel les Gitans,
Fleurira, puis se fanera
Et à nouveau refleurira.
Peut-être, laisseras-tu un fils sur cette terre,
Peut-être, est ce ainsi, qu'aux ténèbres, tu retourneras,
Telle une paire de pavots bleus,
S'épanouiront, à nouveau, tes yeux.
 
Traduction : Sarah P. Struve

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 09:30

Cette chanson populaire casaque daterait de l’année 1783 et raconte dans sa première version l’affrontement des cosaques du Don avec la cavalerie Nogaïs. Elle a dû résonner également dans le Paris de 1814.

- Durant la guerre civile, elle serait devenue la chanson de la bataille qui eu lieu en janvier 1920, entre la cavalerie cosaque blanche du général Pavlov et la première armée de cavalerie rouge de Boudionov, sur le fleuve Manytch, dans le sud de la Russie. Le nombre de cavaliers cosaques, tant du côté blanc que du côté rouge s’élevait réellement à prés de quarante milles hommes. Les blancs perdirent cette bataille et durent reculer à travers la steppe gelée vers Novorossiisk pour, au mois de mars de la même année, une terrible traversée de prés de 300 kilomètres, afin atteindre la Crimée.

- Il existe un couplet qui fut chanté par les cosaques restés fidèles au gouvernement provisoire : Aussi, commémorerons frères, nos frères fidèles / Nos frères en Christ du Terek et du Kouban. / Le Juda Trotski et le Juda Sverdlov, / Ont Crucifiés lâchement sur la croix, la mère-Russie. 

- Cette chanson fut également l’une des préférées de l’anarcho-communiste, Nestor Makhno, qui devait la ressasser dans son exile français, entre son travail de peintre en bâtiment, son logement de Vincennes et le café-tabac où il venait les dimanches, jouer au tiercé.

Voici deux interprétations de cette chanson. Dans le premier vidéogramme, elle est chantée par Pélagueia et le chœur des cosaques du Kouban  , chœur existant depuis 1811. Dans le second vidéogramme, la chanson est interprétée par Jeanna Bitchevskaia .

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Любо, братцы, любо…
Il fait bon, frères, il fait bon…

Chanson populaire cosaque

Il fait bon, frères, il fait bon,
Il fait bon vivre, frères !
Avec notre ataman*, On n’a pas à s'apitoyer ! (bis)

Ceux que l’Ataman choisi, il les connait.
- Escadron à cheval ! Et moi, on m’a oublié.
Il leur est échu la destinée cosaque et la liberté,
Moi, il m’est échu la terre poussiéreuse et brûlée.

Il fait bon, frères, il fait bon,
Il fait bon vivre, frères !
Avec notre ataman, On n’a pas à s'apitoyer ! (bis)

Et la première balle, et la première balle,
Et la première balle, mon cheval à la patte, blessa.
Et la seconde balle, et la seconde balle,

Avec notre ataman, On n’a pas à s'apitoyer ! (bis)

Ma femme s’attristera,
Épousera un autre,
Un de mes camarades, elle m’oubliera.
Dommage seulement pour la liberté
Dans le vaste petit pré,
Dommage pour mon cheval isabel et mon sabre aiguisé.

Il fait bon, frères, il fait bon,
Il fait bon vivre, frères !
Avec notre ataman, On n’a pas à s'apitoyer ! (bis)

Et la pluie froide, et la pluie froide,
Et la pluie froide, mes os, lavera.
Et le noir corbeau, et le noir corbeau,
Et le noir corbeau, mes cheveux, béquètera.

(Variante du dernier couplet chanté par les cosaques du Don)
Mes boucles blondes, mes yeux clairs,
Les herbes folles et l’absinthe sauvage envahiront.
Mes os blancs, mon cœur fier,
Rapaces et corbeaux, dans la steppe disperseront.

Il fait bon, frères, il fait bon,
Il fait bon vivre, frères !
Avec notre ataman, On n’a pas à s'apitoyer ! (bis)

Traduction : Sarah P. Struve.

* - Le terme « Ataman » d’après certainnes versions, vient du terme Guéîtman lui-même dérivé du mot anglo-saxon et scandinave ; « Headman » qui signifie « capitaine » Ce mot aurait transité par la Pologne avant de s’encrer en Russie. Selon une autre version, Ataman est issu de deux mots turcs, « ata » qui signifie « père » et « taman » ou « temen » qui veut dire « dix mille." C’est ainsi que les cosaques désignent le chef de la « stanitsa – village » élut par eux, qui, pendant les périodes de service et de guerre, est en même temps le commandant du régiment formé par les hommes de la stanitsa.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 15:52

Durant la Grande guerre patriotique, dans la Région de Briansk, ou Brianchtchina, sous l'occupation des troupes nazies, un important mouvement partisan composé principalement de jeune, vit le jour. Voici un extrait de l'article illustrant le projet du site officiel de la Région de Briansk sur la résistance dans cette région durant cette période. ~ Le mouvement partisan dans la région de Briansk (1941 ~1942) ~

Ce sont 139 détachements de partisans, réunis en 27 brigades comptant soixante mille combattants et

commandants rassemblés à la jonction de trois Républiques ; la République socialiste fédérative soviétique de Russie, la République socialiste soviétique d'Ukraine et la République socialiste soviétique de Biélorussie. Les territoires de la Brianchtchina, tenus par les partisans ont fortement contribué au renforcement de la fraternité des peuples, Russes, Ukrainiens et Biélorusses, de toutes les ethnies et nations de l'Union Soviétique, dans la lutte contre l'ennemi commun, le nazisme.

Durant les années de la grande Guerre Patriotique, dans la Briantchina, épaule contre épaule, combattaient des patriotes soviétiques de quarante-deux nationalités différentes, ainsi que des antifascistes, Hongrois, Autrichiens, Allemands, Roumains, Polonais, Tchèques, Slovaques, Bulgares, Espagnoles.

Dans les rangs des partisans de la Bryanchtchina, la grande union de la jeunesse représentait 80% et plus, des combattants. Les partisans komsomols et toute la jeunesse, que commandaient Vladimir Ryabok (Diatkovo), Philippe Strelets (circonscription de Navlinski,) Mikhaïl Belov (circonscription de Souzemski,) Luttaient courageusement. Des détachements semblables se trouvaient à Troubtchevski ainsi que dans d'autres circonscriptions.

Le rétablissement du pouvoir soviétique dans les régions libérées par les partisans, aidait à maintenir parmi la population s'étant momentanément retrouvé en territoire occupé et qui ne vivaient pas seulement dans les circonscriptions libérées, mais également par delà celles-ci, un haut niveau de force morale et de mobilisation. D'octobre 41 à septembre 43, suite aux actions des partisans de Briansk : plus de 100 000 soldats et officiers hitlériens furent mis hors d'état de nuire, dans la région. 1040 trains militaires furent plastiqué, 226 tanks et blindés, 120 avions, furent détruits. Quatre-vingt-dix-neuf ponts de chemins de fer ainsi que 4226 ponts en bois, furent plastiqués. Près de trois cents kilomètres de voies ferrées furent mis hors service, etc.

Sous le commandement de Markian Popov les partisans de Briansk ont pris une part active dans le cadre du Front de Briansk, à la libération de leurs villes et villages natals.

Après la libération de la région, près de vingt mille partisans de Briansk, intégrèrent les rangs de l'armée rouge et continuèrent le combat jusqu'à la victoire. D'autres, nombreux, se sont joints au travail de reconstruction de la région ravagée par la guerre ; ce qui a cet instant, était particulièrement urgent et important.

« Chanson des partisans de Briansk ~ Песня Брянских партизан ~ Pesnia Brianskikh partisan » dont la musique fut écrite par Dmitri Kabalski et les paroles par Lebedev-Koumatch, relate le difficile combat et les faits d'armes de ces jeunes partisans.

Voici deux vidéogrammes de ce chant. Le premier est interprété par Evgueni Beliaev et Alexeï Sergueiev. Les interprètes du second vidéogramme ne sont pas connus.

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Chanson des partisans de Briansk ~ Песня брянских партизан

Musique : D. Kabalevski ~ Texte : V. Lebedev-Koumatch

Dans les bois sombres et profonds,
Un jeune partisan
S'est embusqué avec son détachement.
Sous la pluie d’automne
L'ennemi, nous l'attendrons,
La vermine fasciste, nous l'écraserons !

Ni nos sœurs, ni nos femmes,
Près de la fenêtre, ne nous attendent,
Nos mères ne dresseront pas le couvert
Nos familles sont parties,
Nos maisons ont été incendiées,
Seul hurle le vent dans les ruines...

Vole, au-dessus du pays,
Ce vent familier,
Comptant les blessures et les larmes,
Afin que durant la nuit,
Aux bourreaux, on puisse faire payer,
Pour les enfants et les pères des partisans.

Dans les bois sombres et profond,
La lune ne brillait pas,
Dans le ciel clair, l'aube s'effaçait
Le convoi fasciste, Là-bas,
Dérailla, se renversa,
Sur ses propres mines, sauta.

Dans les bois sombres et profonds,
Un jeune partisan
S'est embusqué avec son détachement.
Sous la pluie d’automne,
L'ennemi, nous l'attendrons,

La vermine fasciste, nous l'écraserons !
(1943)

 

Traduction : Sarah P. Struve.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 19:20

Le 2 mai 2014, à Odessa des militants ultras et des fanas de foot, attaquaient la maison des syndicats de la ville, l'incendiant avec ses occupants. Ceux qui essayaient de s'extirper des flammes et qui ne mouraient pas étouffés en un instant, par un gaz à ce jour inconnu, se faisaient froidement tirer dessus ou tabassé à mort, à leur sortie de l'édifice. A ce jour on compte quarante-huit morts officielles, assassinés par des hommes de main de la junte de Kiev. Cependant, le nombre exact des morts, est, à ce jour, inconnu. Certains parlent d'au moins 150 morts. Saura-t-on un jour le nombre exact des martyrs de ces « premiers faits d'arme » de la junte de Kiev ? Pour mieux comprendre, il est recommandé de voire le documentaire sur ces événements, d'Arkadi Mamontov, pour la chaine «Rossia 1 (VGTRK.)» «Ожог ~  Ozhog ~ Brûlure. » (avvec VPN.)

Voici une chanson du barde arménien Aram Guiurdjian parlant de ces tragiques événements qui précédèrent l'agression fratricide de la junte de Kiev et de ses bataillons ultra et néo-nazis, sur le Donbass et les milliers morts que cette guerre civile entraîna et continue à faire.

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Не забудем ! Не простим ! ~ Nous n'oublierons pas, ni ne pardonnerons !
Aram Guiurdjian

Dans la gorge, durcit en boule, la colère;
L’amertume hache le cœur;
La canaille crâne, s'étant enhardie;
Brisant des destins, tels des portières.

Dormez tranquillement Frères et Sœurs;
Nous n'oublierons pas, ni ne pardonnerons !
Nous ne plierons pas, ni, devant la mort, ne tressaillirons
Vous êtes tombés pour nous - pour vous, nous tiendrons !

Nous n'oublierons pas, ni ne pardonnerons !

Le vol de centaines de vie, s’est brisé
Des centaines de printemps furent tués
La marche de l’histoire s’achemine vers le passé,
Des bandits, tels des héros, sont encensés.

Dormez tranquilles, Frères et Sœurs;
Nous n'oublierons pas, ni ne pardonnerons !
Nous ne plierons pas, ni, devant la mort, ne tressaillirons
Vous êtes tombés pour nous - pour vous, nous tiendrons !

Nous n'oublierons pas, ni ne pardonnerons !

Traduction: Sarah P. Struve

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, de poésies, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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