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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 13:00

"Когда мы покидали свой любимый край~ Kogda my pokidali svoï lioubimyi kraï ~ Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée" a était écrit en une résonance directe de la libration de Rostov-sur-Don en 1943, par les troupes de l’armée rouge.
Les auteurs de ces vers étaient deux littérateurs d’un journal du front : М. Talaèvski et Z. Katz. Modeste Tabatchnikov, leur camarade de combat et  directeur artistique de l’ensemble de danses et de musique de la deuxième armée de la garde, en écrivit la musique. Cette chanson régulièrement jouée et chantée sur le front, était particulièrement populaire au quatrième front Ukrainien.

"Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée" est ici interprétée par Garik Sukatchev et Piotr Todorovski.

~~~~~~~~

Когда мы покидали свой любимый край / Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée
Musique : M. Tabatchnikov ~ Paroles: М. Talaèvski, Z. Katz 

Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée,
Et, silencieux, vers l’est, nous reculions,
Au-dessus du Don paisible,
Sous notre vieil érable,
Longtemps, ton fichu, se profilait.

Je n'ai pas entendu tes mots, mon aimée,
Mais je savais que dans ta tristesse, tu m’attendrais.

Ce n’était pas les feuilles vermillon,
Mais nos plais,

Qui, sur le sable du fleuve, brûlaient.

Labourée par les obus, la steppe gémissait,
S’élevait au-dessus de Stalingrad, une noire fumée.

Et longtemps, très longtemps,
Au bord du fleuve Volga, grondant,

Le Don et, au-dessus de lui, toi, Je voyais.

À travers les tempêtes de neige, les bourrasques ; février
Est apparu pareil à une fête conquise au  combat.

Et à nouveau, nous voilà
Devant les remparts de Rostov
Dans notre cher pays aimé !

Aussi, mon amour grisonnant, bonjour.
Que virevoltent et tombent les flocons neigeux

Sur les berges du Don,
Sur les branches de l'érable,

Sur ton fichu rapiécé.

À nouveau nous quittons notre contrée aimée.
Non plus vers l'est, mais vers l'ouest, nous allons,

Vers le Dniepr et ses escarpements,
Vers les sables mouvants.

Maintenant c’est aussi sur le Dniepr, qu’est notre maison.

Traduction : Sarah P. Struve

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 11:40

"Позабыт-позаброшен ~ Pozabyt pozabrochen ~ Oublié, abandonné" est une chanson populaire russe dont les auteurs sont inconnus. La chanson a de multiples versions, chacun chantant sa version sur des mots oubliés.  Il est vrai, qu’une source dit que l'écrivain Vadim Saphonov affirme dans son livre "Гранит и синь ~ Granit i Sin' " publié en 1979,  qu'il a écrit cette chanson durant les années de guerre civile, lorsque enfant, il vagabondait de par la Russie. Il semble impossible d'affirmer ou non la véracité des dires de Saphonov. Cependant, il semble que cette chanson soit apparue un peu avant, encore dans la Russie impériale, que sa popularité est venue peu à peu en lien avec les évènements révolutionnaires et surtout la guerre civile qui s’ensuivie. Elle était particulièrement rependue dans ses différentes variantes parmi les enfants-vagabonds les "Bezprizorniki" littéralement "sans surveillance" durant les années 20 et 30 du siècle dernier. Ces enfants-vagabonds se comptaient par centaines de milliers, sinon par millions, à travers toute la Russie ravagée par la guerre civile.

" Oublié, abandonné" a été chantée dans le premier film sonore fait en U.R.S.S.  "Le chemin de la vie" (1931) contribuant aussi à sa popularité. Pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, la chanson est revenue de nouveau dans la rue. À cette époque, il y avait beaucoup d'orphelins sans foyer  - leurs maisons ayant brûlé, leurs parents, morts ou disparus - ces adolescents errants faisaient  l’aumône, en chantant des chansons.
 

Pour ma part, j'ai entendu cette chanson dès mon plus jeune âge ; le beau-père de ma mère, pour moi, c'était mon grand-père ; Guèorgui Pavlovitch Sleptsov, un autodidacte musical de génie, la jouait au piano et la chantait de sa voix de velours. Cette chanson était pour lui de l’ordre du vécu : Lui-même, enfant originaire du kraï de Stavropol, s’était retrouvé à l’âge de huit ans, durant la guerre civile, à vagabonder à travers le sud de la Russie, jusqu'à ce qu’un officier « l’adopte » et qu’il rejoigne l’Europe avec les restes de l’armée blanche, pour s’installer finalement à Paris où il rencontra ma grand-mère maternelle de beaucoup plus âgée que lui. Il vécut avec elle jusqu’à la mort de celle-ci. De cette voix magnifique, malheureusement, il n’a été fait aucun enregistrement.

    - La première vidéo est celle de l’interprétation d’Oleg Pogoudine. Je l’ai choisie, car la voix de Pagoudine semble la plus proche de celle de Gueorgui Sleptsov, bien que pour moi, la voix de mon grand-père fut incomparable.

  - Le deuxième vidéogramme est issu de ce premier film sonore soviétique : «Путевка в жизень ~ Poutiovka v jyzen’ ~ Le chemin de la vie »

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Позабыт-позаброшен / Oublié, abandonné

Chanson de rue   

Là-bas, dans le jardin, auprès de la vallée,
Un rossignol assourdissant chantait,
Et moi, le gamin perdu à l'étranger,

Des gens, j’ai été oublié.

Oublié, abandonné,
Depuis mes jeunes années

Et moi, le gamin, l’orphelin,
De bonheur, je n’en ai point.

Je ne suis pas des leurs, à l'étranger
Et je vis sans famille,

Et de coin familier,
Nulle part, je ne trouverai.

Voilà que j’ai trouvé un abri
Mais, ce n’est pas plus mon pays,

Derrière les barreaux d’une maison de correction,
Derrière des murs de briques.

Ils m’ont amené, ils m’ont enfermé,
Et moi je pensai qu’ils plaisantaient

Et au matin ils m’ont annoncé :
Tu seras fusillé.

Voila qu’ils me tueront, je serai enterré,
Et je disparaîtrai,

Et personne ne saura,
Où ma tombe se trouvera.

Sur la tombe, sur la mienne,
Personne ne viendra,

Seule annonçant le printemps,
Le
rossignol chantera.

Il chantera, gazouillera,
Et de nouveau s’envolera,

Et ma pauvre petite tombe,
Solitaire
restera.

Chez les autres, sur leurs tombes
Il y a toujours des fleurs et des couronnes;

Chez moi, chez l’orphelin,
Que des souches desséchées.

Là-bas, dans le jardin, dans la vallée,
Un rossignol assourdissant chantait,

Et moi, le gamin, perdu à l'étranger,
Des gens, je suis oublié.

 Traduction: Sarah P. Struve
Памяти Георгия Павловича Слепцова.

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 21:22

"Не гляди назад ~ Ne gliadi nazad - Ne regarde pas en arrière" est une chanson du barde Evgueni kliatchkine (1937 – 1994.) Sur une musique de Mikhaïl Ziv ( 1921 - 1994.) Elle résonne dans le film "Баллада о солдате - La ballade du soldat" de Grigori Tchoukhraï (1959.)

Evgueni kliatchkine est né à Leningrad. Sa mère  décédée en 1942, durant le siège de la ville, son père combat, alors sur le front. Âgé de huit ans, E. Kliatchkine est évacué hors de la ville, comme nombre d’enfants restés seuls pendant le siège et sera élevé dans un orphelinat de la région d’Iaroslavl jusqu’en 1954, année où son père de retour, viendra le reprendre.

De formation ingénieur, il écrit la musique de sa  première chanson en 1961,  puis quelque temps plus tard, il se met à écrire lui-même, les textes de ses chansons. En 1990, il par en Israël.  En 1994, il revient en Russie pour quelques concerts. En juin de cette année-là, il meurt d’un arrêt cardiaque durant une baignade au bord de la méditerranée.

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Не гляди назад / Ne regarde pas en arrière
Musique : Mikhail Ziv / Texte : Evgueni kliatchkine

Ne regarde pas en arrière, ne regarde pas, change simplement de place les noms.
Dorment dans tes yeux, dorment les pluies. Ne les garde pas pour moi.
Accroche tes clés plus loin, change d'adresse, de maison.
Et maintenant tais-toi le plus longtemps, c’est pour moi.

Tout cela m’est tellement indifférant, indifférant. Je m’en ferais une raison.
Tout semble décidé pour nous. Le destin nous vole continûment,
Seulement, tu ne crois pas au destin, alors jette les clefs, simplement.
Je rentrerai chez toi par la fenêtre et maintenant, tais-toi.

Traduction : Sarah P. Struve

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 05:00

Voici une romance dont le texte fut écrit par Boulat Okoudjava et la mélodie par Issak Shwarts, pour le film « Законный брак – Zakonnyi brak - Un mariage légitime »  sorti en 1985. Okoudjava apparait dans ce film et chante  cette romance. Un mariage légitime  raconte comme un acteur de théâtre, évacué durant la guerre en Asie centrale, avec toute la troupe de son théâtre, rencontre une compatriote   malade. Il contracte avec elle un mariage blanc afin qu’elle puisse rentrer avec lui à Moscou et c’est, peut-à-peut,  qu’un véritable amour s’installe entre eux, jusqu’au jour où il est appelé à rejoindre le front.

Voici deux vidéogrammes :
Le premier reprend l’extrait du film, où Okoudjava chante cette romance,
  le train  emportant dans la nuit, les personnages de ce film, vers Moscou et leurs destins respectifs obérés par la guerre. On peut visionner le film en V.O. en cliquant sur l'affiche ou le titre du film en russe.
Dans le second vidéogramme, c'est Elena Frolova qui chante cette romance

~~~~~~~~~
Счастливый жребий  / Le sort heureux
Boulat Okoudjava / Isaak Shwartz

Après la pluie les cieux paraissent plus vastes,
L’eau,  plus bleue, le cuivre, tellement plus  vert.
Dans le parc municipal, des flûtes et  des cors d'harmonie.
Le chef d’orchestre semble s’envoler.
Dans le parc municipal, des flûtes et  des cors d'harmonie.
Le chef d’orchestre semble s’envoler.

Ah, comme me reviennent à l’esprit les orchestres anciens,
Non pas les militaires, mais ceux des années de paix.
S'est déversée  dans les ruelles environnantes,
Cette mélodie mais, personne n’est  là pour la chanter.

Avec nous, sont les femmes, elles sont d’une grande beauté,
Et les merisiers  ont  tous fleuri.
Peut-être bien que sera heureux, le sort qu’on aura  tiré,
Nous nous retrouverons à nouveau dans ce parc fleuri.

Mais du passé, de la tristesse des anciens temps,
Que je ne  me plaigne, que je ne sois suppliant,
Se  déverse, en noirs affluents,
Cette musique, droit  dans mon sang.

Traduction: Sarah P. Struve

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 15:00

"Таганка ~Taganka," cette romance dont l’auteur reste à ce jour inconnu, date de 1906. Une version dit que les auteurs de cette romance sont des voleurs récidivistes, une autre version affirme que cette romance fut créée par Fiodor Chaliapine, chanteur d’opéra à la basse proverbiale qui y donna en 1906, un concert pour les détenus.  La prison de la Taganka fut construite en 1804, dans les faubourgs du Moscou de l’époque, près de la place de la Taganka dont elle porte le nom et, non loin du monastère Novospassky. Elle fut définitivement fermée en 1958. 

taganka copierPlusieurs interprètes ont chanté et continuent à chanter cette romance, tels Arkadi Severny, Mikhail Shoufoutinski, ou encore Djemma Khakid  mais, à mon sens le plus signifiant fut Vladimir Vissotski qui travailla la plus grande partie de sa vie au théâtre de la Taganka, sous la direction de Youri Lioubimov. Lors d’un concert, il avait raconté : "Je travaille au théâtre sur la Taganka (…) Taganka est une place célèbre, cela, vous le savez. Sur elle, beaucoup de chansons furent composée, plus précisément sur la prison qui se trouvait là. Il y avait une chanson "Une tsigane, un jeu de carte, une route lointaine…" Ce n’est pas ma  chanson, c’est une chanson populaire. (…)"
Voici donc un vidéogramme de cette romance de prisonniers, interprété par Vladimir Vissotski.

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Chanson populaire 
Таганка ~Taganka

Une route lointaine, Une route lointaine...
Une bâtisse municipale.
C’est, peut être, la vieille prison centrale
Qui, moi, le petit gars, à nouveau m’attend.

Taganka
Tes nuits sont pleines de feux.
Taganka
Pourquoi m’as-tu détruit ?
Taganka
Je suis ton éternel prisonnier.
Dans tes murs,
Jeunesse et talent, ont péries.

Ma douce,  je sais,
Que nous ne nous reverrons plus jamais,
Des routes lointaines nous sont dévolues.
À nouveau, les vendredis, Il y aura les rendez-vous
Et  les larmes  amères de la parenté.

Taganka
Tes nuits sont pleines de feux.
Taganka
Pourquoi m’as-tu détruit ?
Taganka
Je suis ton éternel prisonnier.
Dans tes murs, jeunesse et talent, ont péri.

Traduction : Sarah P. Struve

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 11:07

« Уходили мы из Крыма ~ Ukhodili my iz Kryma ~ Nous quittions la Crimée » est une romance dont le texte a été écrit à la fin des années 20 du XX° siècle par un jeune officier cosaque, ayant immigré à la fin de la guerre civile; Nikolaï Touroveroff (1899  Oblast' de Rostov - 1972 Paris). Voici ce qu’en dit Natalia Beliakova sur le site « Росийское казачество ~ Rossiiskoe kazatchestvo ~ Cosaques de Russie »
Touroverov.jpg « Essenine du Don,»  « chantre des cosaques de Russie » - Longtemps, ces appréciations flatteuses du talant de Nikolaï Touroveroff, ne raisonnaient qu’à l’étranger. Et si « le poète en Russie, est plus qu’un poète, » il est alors difficile d’estimer le rôle de ce cosaque du Don dans la vie de ceux qui durent se retrouver dans une émigration obligée et douloureuse.

Un rassembleur infatigable de l’héritage cosaque et un gardien dévoué de ses traditions, symbole pour l’européen, du cosaque russe; Voilà seulement quelques traits du portrait de Nikolaï Touroveroff, qui a su dans sa créativité, refondre sa douleur personnelle en un âpre élixir dilué de larmes, des traditions ethniques et de la fierté cosaque.
En novembre 1920, lorsque dans la rade de Sébastopol, on porta à bord d’un bâtiment, le lieutenant du régiment Ataman, gravement blessé, accompagné de son épouse et de son frère cadet, il était l’un des derniers cosaques des cinquante mille du corps du Don du général Vrangel, à embarquer. Savait-il qu’il voyait sa patrie pour la dernière fois ?
Nikolaï Touroveroff va continuellement revenir dans sa poésie, au tragisme de l’exode des gardes-blancs. La Crimée fut un tournant non seulement pour sa destinée d’homme, mais également pour sa créativité. Pour ce jeune officier à peine sortie de l’école des cadets du régiment Ataman, de ne pas tomber dans un désespoir sans fond, l’aida le désir de mettre en rimes, de conserver pour les contemporains et, peut-être aussi, pour leurs descendants, ce qui s’appelle « mémoire nationale. » Se sauvant par sa créativité, par elle, il exaltait aussi les autres. A l’étranger, il subsistait, faisant les emplois les plus obscures, d’abord en Serbie, puis en France.

Engagé dans la légion étrangère, il combattra l’envahisseur fasciste en Afrique du nord.

En 1928, Touroveroff présente son premier recueil de poésie sous un nom simple et contenant : "Путь ~ Pout’ ~ La voie" Dans ce recueil, il y avait des textes sur cette déchirure fatale, que fut la Crimée, pour les blancs (dont le texte de "Nous quittions la Crimée".»)IzkhodLe poème - ironie du destin - sans le nom de l’auteur, était également populaire dans la Russie soviétique et le thème sur l’adieu d’un officier de la garde blanche à sa monture, a même trouvé un reflet au cinéma : En 1988, sort sur les écrans : «Служили два товарища ~ Slougyli dva tovarichtchia ~ Deux camarades, servaient » Le héros du film ;  Broussentsov (interprété par Vladimir Vissotski) n’arrive finalement pas à abattre son cheval, préférant se tirer une balle dans la tempe.»

Voici un vidéogramme où Alexandre Smyrnov interprète cette romance qu'il a lui-même mis en musique. 

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Уходили мы из Крыма / Nous quittions la Crimée

 Nikolaï Touroveroff 

Nous quittions la Crimée
Au milieu du feu et de la fumée,
Depuis la poupe, en visant mal,

Je tirais sur mon cheval.

Et lui, il nageait, n’en pouvant plus,
Derrière la poupe élevée,

Ne sachant pas, ne croyant toujours pas
Que, ses derniers adieux, il me faisait.

Combien de fois, une seule sépulture,

Dans les combats, nous était  destinée.
Perdant ses forces, mon coursier nageait

Toujours, croyant en ma fidélité.

Mon ordonnance ne tirait pas à côté,

L’eau avait rougie légèrement…
La côte de la Crimée s’éloignant,

Jamais,  je ne pourrai l’oublier.

Traduction : Sarah P. Struve

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 19:42

Il y a 72 ans  de cela, Le 22 juin 1941, les troupes hitlériennes  attaquèrent le territoire soviétique,  Les peuples d’Union  Soviétiques se levèrent en masse et finir, après de meurtriers combats, par  raccompagner  l’envahisseur nazis chez lui. En souvenir de tous les anciens combattants qui participèrent à cette délivrance, voici  une chanson: "Спой ты мне про войну ~ Spoï ty mne pro boïnou ~ Chante-moi sur la guerre," qui fut écrite pour un film en deux épisode de 1966  du réalisateur Alexeï Guerman  "Рабочий поселок ~Rabotchii posiolok ~ La cité ouvrière."  Ce film parle du retour difficile des combattants chez eux et comme la solidarité entre anciens frères d’armes peut redonner espoir et vie à ceux qui furent mutilés durant la guerre.
L’auteur du texte de la chanson est le poète et scénariste, Guennadi Chpalikov. La musique fut écrite par le  compositeur Isaak Schwarz.
Au début  de cette chanson, il est question de l’épouse du soldat. « L’épouse du soldat » est une expression populaire pour designer  le fusil du soldat et, également les compagnes de guerre qu'avaient certains militaires. 

Todorovskiy copier

La chanson est interprétée sur ce vidéogramme par Piotr Todorovski décédé le 24 mai 2013, réalisateur, operateur, scénariste et compositeur ;  il fut également, à partir de 1944, commandant d'une section de grenadiers.  il est accompagné par le chanteur  Garik Sukhatchev déjà présenté par  SengazetA.

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Спой ты мне про войну / Chante-moi la guerre
Isaak Schwarz ~ Guennadi Chpalikov

Chante-moi la guerre,
A propos de l’épouse du soldat,
Moi, les camarades tués,
Je les commémorerai, comme je pourrais.
Toi, Sergueï, de l’autre côté de la Volga, on t’a enterré,
On t'a installé une étoile en contreplaqué.
Mon frère ainé, en Ukraine, fut tué
En quarante et un, quarante et amère année.

Chante-moi la guerre,
Sur ceux qui furent en captivité.
Moi, les camarades tués,
Je les commémorai comme je pourrais.
Ceux n’ayant pas donnés de nouvelles, les portés disparus,
Et, durant la guerre, combien ont disparu !
Tous les gars, les gars n’ayant pas trahi la Russie.
Comme je peux, comme je peux, je les commémorerai.

Chante-moi  la guerre,
à propos du pays soviétique,
Il y a beaucoup de pays au monde,
Pour un seul, je me porte garant.

Il m'a appris, gamin,
Le difficile labeur des champs,
Et à gagner durement mon pain

Tu es seule, seule pour tous, ma Russie
Mon espoir, ma défense, mon destin.


Traduction : Sarah P. Struve

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:45

"Эта женщина ! – Eta genshtchina ! - Cette femme !" est une chanson du barde Boulat Okoudjava. Elle fait partie du cycle des chansons sur l’amour. Voilà ce qu’en dit l’auteur :

"... Le thème de nombre de mes chansons-poésies, c’est l’amour. Longtemps, chez nous, on ne chantait pas à propos de l’amour et, pour certains, il y avait même quelque chose de douteux dans le mot  même de "femme." En raison de mon refus de cette bigoterie puritaine, je me suis décidé à chanter la  femme comme sacrée, de tomber à genoux devant elle.  Je dois reconnaître que là, l’ironie m’a fait défaut. Et si je me moquai, ce n’était que de moi-même, ainsi que des héros de ces chansons, qui reflétaient l’impuissance et la malchance des hommes…"

En 1999,  Boris Grebenchikov, créa un nouvel album ayant l’apparence d’un petit chef-d’œuvre, (mais pour B. G. c'est une habitude déjà très ancienne…) Sur cet album, il chante avec sa sensibilité épurée, certaines des chansons d’Akoudjava  et Parmi celles-ci,  y figure "Cette femme !"

Voici donc un vidéogramme crée par "77malkis," avec l’interprétation de cette chanson-poésie par Grebenchikov, à écouter et réécouter en litanie.  Vous pouvez, par ailleurs, voir l’interprétation de Boulat Okoudjava, ici.

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Эта женщина ! / Cette femme !
Boulat Akoudjava

Cette femme !  Je la vois et j’en deviens muet.
C’est pour cela, comprends-tu, que je ne la regarde pas.
Ni aux coucous, ni aux marguerites, je ne crois
Et, chez les gitanes, tu comprends, je ne vais pas.

Elles prophétiseront : ne l’aime pas, celle-là,
Elles marmonneront : avant l’aube, tu guériras,
Elles Jetteront un sort, vaticinant, interrogeant les coucous…
Alors qu’elle vit dans notre rue !

Traduction : Sarah P. Struve

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 15:38

 

Cette chanson-là, Boulat  Okoudjava l’écrivit pour le film "Белорусский вокзал – Biélarusskii vokzal –La gare de Biélorussie" sortie sur les écrans soviétiques en 1970 ; Histoire de quatre anciens camarades de front et de régiment, de divers milieux sociaux, qui en 1945, s’étaient séparés gare de Biélorussie,  et se retrouvent au même endroit, 25 ans après, pour l’enterrement de l’un d’entre eux.

Belorusskiy-vokzal - plakatDans le premier vidéogramme, extrait du film, la chanson est chantée par Nina Ourgant dans le rôle d’une infirmière, qui, 25 ans plus tôt avait soignée les blessures de ces quatre soldats.

Sur le deuxième vidéogramme , c’est Boulat Okoudjava  qui interprète, ici, sa propre chanson.

Vous pouvez voir le film en V.O. ici

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Здесь птицы не поют / Ici, les oiseaux ne chantent pas

Boulate Okoudjava

Ici, les oiseaux ne chantent pas,
Les arbres ne poussent pas,
Et nous seuls, épaule contre épaule,
Nous nous enracinons dans cette terre.
Brûle et tourne la planète,
Au-dessus de notre patrie s'élève de la fumée,
Et cela veut dire qu’il nous faut une victoire,
Une seule pour tous, nous ne regarderons pas au prix.

Un feu mortel nous attend,
Mais il reste  impuissant.
Loin le doute, s’en va seul dans la nuit,
Notre dixième bataillon de débarquement.

A peine le feu se tait,
Un nouvel ordre résonne
Et le facteur devient fou,
Nous recherchant partout.
S’envole une fusée  rouge,
Infatigable, la mitrailleuse cogne…
Et, cela veut dire, qu’il nous faut une victoire,
Une seule pour tous, nous ne regarderons pas  au prix.

Un feu mortel nous attend,
Mais il reste  impuissant.
Loin le doute, s’en va seul dans la nuit
Notre dixième bataillon de débarquement.

Depuis Koursk et Orel
La guerre nous amena
Jusqu’aux portes même de l’ennemi ;
Telles sont les  affaires, frère.
Un jour nous nous en souviendrons,
Et nous-mêmes, n’arriverons pas à y croire…
Seulement, maintenant, il nous faut une victoire,
Une seule pour tous, nous ne regarderons pas au prix.

Traduction : Sarah P. Struve

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 15:11

"Рябиновый вальс – Riabinovyi vals - Valse du sorbier" est une chanson du barde et écrivain, Boris Almazov, dont StengazetA a déjà parlé. Almazov, originaire d’une vieille famille Cosaque, fut très marqué, tant par les répressions staliniennes que par la grande guerre patriotique, qui touchèrent sa famille. 

Sur le vidéogramme ci-après, la chanson est interprétée par Alexandre Khotchinski .Né en 1944 à Leningrad, Khotchinski  fut un barde et un acteur. Il a surtout travaillé au "Théâtre des jeunes spectateurs" (ТЮЗ- TIOuZ) de Leningrad, puis au "Театре Сатиры на Васильевском – Teatr Satiry na Vassileskom -  Théâtre de la satire sur l'île Vassilevski".  À partir de 1991, il fut acteur pour les studios "Lenfilm'. Alexandre Khtchinski décédera en 1998 à  Saint Petersburg. 

Рябиновый вальс / Valse du sorbier

Boris Almazov

Cet automne tout fut inondé comme par le feu.
Les vieux disent : "les temps semblent à la guerre".
Le long des chemins s’est enflammé, flamboie le sorbier,
Ah, comme me brûle mon cœur,
Ah, comme me  brûlent mes yeux,
Simplement, je n’ai pas de sauveur.

Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Gronde l’orchestre à travers tout le jardin d’été.
Offrez-moi une valse, cédez au moins une fois,
Cette valse pour les fiancées des soldats.

Et elle vous dit : « Mon bon, au fond de mes yeux, l’automne !
Et mes mains, d’un baiser, on ne peut réchauffer ! »
Et vous, vous dites ; « regarde mes tempes, elles grisonnent…
Le sorbier flamboie, mais ne saura se consumer ».

Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Comme le cri des grues, le sanglot des trompettes,
De sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Le gout sorbier-amer de vos lèvres.

Cet automne tout fut inondé comme par le feu.
Ah, toutes les prémices mènent à la guerre, les vieux ont raison.
Le long des chemins de soldats, Tels des cierges, flamboient les sorbiers,
Ah, comme ils me brûlent le cœur,
Ah, comme ils me brûlent les yeux,
Et  je n’ai pas de sauveur.

Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Comme le cri des grues, le sanglot des trompettes,
De sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Le gout sorbier-amer  de vos lèvres.

Traduction : Sarah P. Struve

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  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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