"Когдамыпокидалисвойлюбимыйкрай~ Kogda my pokidali svoï lioubimyi kraï ~ Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée"a était écrit en une résonance directe de la libration de Rostov-sur-Donen 1943, par les troupes de l’armée rouge. Les auteurs de ces vers étaient deux littérateurs d’un journal du front :М. Talaèvski et Z. Katz.Modeste Tabatchnikov, leur camarade de combat et directeur artistique de l’ensemble de danses et de musique de la deuxième armée de la garde, en écrivit la musique. Cette chanson régulièrement jouée et chantée sur le front, était particulièrement populaire au quatrième front Ukrainien.
"Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée" est ici interprétée par Garik Sukatchev et Piotr Todorovski.
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Когда мы покидали свой любимый край / Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée Musique : M. Tabatchnikov ~ Paroles: М. Talaèvski, Z. Katz
Lorsque nous abandonnions notre contrée aimée,
Et, silencieux, vers l’est, nous reculions,
Au-dessus du Don paisible,
Sous notre vieil érable,
Longtemps, ton fichu, se profilait.
Je n'ai pas entendu tes mots, mon aimée,
Mais je savais que dans ta tristesse, tu m’attendrais. Ce n’était pas les feuilles vermillon,
Mais nos plais, Qui, sur le sable du fleuve, brûlaient.
Labourée par les obus, la steppe gémissait,
S’élevait au-dessus de Stalingrad, une noire fumée. Et longtemps, très longtemps,
Au bord du fleuve Volga, grondant, Le Don et, au-dessus de lui, toi, Je voyais.
À travers les tempêtes de neige, les bourrasques ; février
Est apparu pareil à une fête conquise au combat. Et à nouveau, nous voilà
Devant les remparts de Rostov
Dans notre cher pays aimé !
Aussi, mon amour grisonnant, bonjour.
Que virevoltent et tombent les flocons neigeux Sur les berges du Don,
Sur les branches de l'érable, Sur ton fichu rapiécé.
À nouveau nous quittons notre contrée aimée.
Non plus vers l'est, mais vers l'ouest, nous allons, Vers le Dniepr et ses escarpements,
Vers les sables mouvants. Maintenant c’est aussi sur le Dniepr, qu’est notre maison.
"Позабыт-позаброшен ~ Pozabyt pozabrochen ~Oublié, abandonné" est une chanson populaire russe dont les auteurs sont inconnus. La chanson a de multiples versions, chacun chantant sa version sur des mots oubliés. Il est vrai, qu’une source dit que l'écrivain Vadim Saphonov affirme dans son livre "Гранит и синь ~ Granit i Sin' " publié en 1979, qu'il a écrit cette chanson durant les années de guerre civile, lorsque enfant, il vagabondait de par la Russie. Il semble impossible d'affirmer ou non la véracité des dires de Saphonov. Cependant, il semble que cette chanson soit apparue un peu avant, encore dans la Russie impériale, que sa popularité est venue peu à peu en lien avec les évènements révolutionnaires et surtout la guerre civile qui s’ensuivie. Elle était particulièrement rependue dans ses différentes variantes parmi les enfants-vagabonds les "Bezprizorniki" littéralement "sans surveillance" durant les années 20 et 30 du siècle dernier. Ces enfants-vagabonds se comptaient par centaines de milliers, sinon par millions, à travers toute la Russie ravagée par la guerre civile.
" Oublié, abandonné" aété chantée dans le premier film sonore fait en U.R.S.S. "Le chemin de la vie" (1931) contribuant aussi à sa popularité. Pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, la chanson est revenue de nouveau dans la rue. À cette époque, il y avait beaucoup d'orphelins sans foyer - leurs maisons ayant brûlé, leurs parents, morts ou disparus - ces adolescents errants faisaient l’aumône, en chantant des chansons.
Pour ma part, j'ai entendu cette chanson dès mon plus jeune âge ; le beau-père de ma mère, pour moi, c'était mon grand-père ; Guèorgui Pavlovitch Sleptsov, un autodidacte musical de génie, la jouait au piano et la chantait de sa voix de velours. Cette chanson était pour lui de l’ordre du vécu : Lui-même, enfant originaire du kraï de Stavropol, s’était retrouvé à l’âge de huit ans,durant la guerre civile, à vagabonder à travers le sud de la Russie, jusqu'à ce qu’un officier « l’adopte » et qu’il rejoigne l’Europe avec les restes de l’armée blanche, pour s’installer finalement à Paris où il rencontra ma grand-mère maternelle de beaucoup plus âgée que lui. Il vécut avec elle jusqu’à la mort de celle-ci. De cette voix magnifique, malheureusement, il n’a été fait aucun enregistrement.
- La première vidéo est celle de l’interprétation d’Oleg Pogoudine. Je l’ai choisie, car la voix de Pagoudine semble la plus proche de celle de Gueorgui Sleptsov, bien que pour moi, la voix de mon grand-père fut incomparable.
Evgueni kliatchkine est né à Leningrad. Sa mèredécédée en 1942, durant le siège de la ville, son père combat, alors sur le front. Âgé de huit ans, E. Kliatchkine est évacué hors de la ville, comme nombre d’enfants restés seuls pendant le siège et sera élevé dans unorphelinat de la région d’Iaroslavl jusqu’en 1954, année où son père de retour, viendra le reprendre.
De formation ingénieur, il écrit la musique de sa première chanson en 1961, puis quelque temps plus tard, il se met à écrire lui-même, les textes de ses chansons. En 1990, il par en Israël. En 1994, il revient en Russie pour quelques concerts. En juin de cette année-là, il meurt d’un arrêt cardiaque durant une baignade au bord de la méditerranée.
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Неглядиназад / Ne regarde pas en arrière Musique : Mikhail Ziv / Texte : Evgueni kliatchkine
Ne regarde pas en arrière, ne regarde pas, change simplement de place les noms.
Dorment dans tes yeux, dorment les pluies. Ne les garde pas pour moi.
Accroche tes clés plus loin, change d'adresse, de maison.
Et maintenant tais-toi le plus longtemps, c’est pour moi.
Tout cela m’est tellement indifférant, indifférant. Je m’en ferais une raison. Tout semble décidé pour nous. Le destin nous vole continûment,
Seulement, tu ne crois pas au destin, alors jette les clefs, simplement.
Je rentrerai chez toi par la fenêtre et maintenant, tais-toi.
Voici une romance dont le texte fut écrit par Boulat Okoudjava et la mélodie par Issak Shwarts, pour le film « Законный брак– Zakonnyi brak- Un mariage légitime » sorti en 1985. Okoudjava apparait dans ce film et chante cette romance. Un mariage légitime raconte comme un acteur de théâtre, évacué durant la guerre en Asie centrale, avec toute la troupe de son théâtre, rencontre une compatriote malade. Il contracte avec elle un mariage blanc afin qu’elle puisse rentrer avec lui à Moscou et c’est, peut-à-peut, qu’un véritable amour s’installe entre eux, jusqu’au jour où il est appelé à rejoindre le front.
Voici deux vidéogrammes :
Le premier reprend l’extrait du film, où Okoudjava chante cette romance,le trainemportant dans la nuit, les personnages de ce film, vers Moscou et leurs destins respectifs obérés par la guerre. On peut visionner le film en V.O. en cliquant sur l'affiche ou le titre du film en russe.
Dans le second vidéogramme, c'est Elena Frolova qui chante cette romance
Après la pluie les cieux paraissent plus vastes, L’eau, plus bleue, le cuivre, tellement plus vert. Dans le parc municipal, des flûtes et des cors d'harmonie. Le chef d’orchestre semble s’envoler. Dans le parc municipal, des flûtes et des cors d'harmonie. Le chef d’orchestre semble s’envoler.
Ah, comme me reviennent à l’esprit les orchestres anciens, Non pas les militaires, mais ceux des années de paix. S'est déversée dans les ruelles environnantes, Cette mélodie mais, personne n’est là pour la chanter.
Avec nous, sont les femmes, elles sont d’une grande beauté, Et les merisiers ont tous fleuri. Peut-être bien que sera heureux, le sort qu’on aura tiré, Nous nous retrouverons à nouveau dans ce parc fleuri.
Mais du passé, de la tristesse des anciens temps, Que je ne me plaigne, que je ne sois suppliant, Se déverse, en noirs affluents, Cette musique, droit dans mon sang.
"Таганка ~Taganka," cette romance dont l’auteur reste à ce jour inconnu, date de 1906. Une version dit que les auteurs de cette romance sont des voleurs récidivistes, une autre version affirme que cette romance fut créée par Fiodor Chaliapine, chanteur d’opéra à la basse proverbiale qui y donna en 1906, un concert pour les détenus. La prison de la Taganka fut construite en 1804, dans les faubourgs du Moscou de l’époque, près de la place de la Taganka dont elle porte le nom et, non loin du monastèreNovospassky. Elle fut définitivement fermée en 1958.
Plusieurs interprètes ont chanté et continuent à chanter cette romance, tels Arkadi Severny, Mikhail Shoufoutinski, ou encore Djemma Khakid mais, à mon sens le plus signifiant fut Vladimir Vissotski qui travailla la plus grande partie de sa vie au théâtre de la Taganka, sous la direction de Youri Lioubimov. Lors d’un concert, il avait raconté : "Je travaille au théâtre sur la Taganka (…) Taganka est une place célèbre, cela, vous le savez. Sur elle, beaucoup de chansons furent composée, plus précisément sur la prison qui se trouvait là. Il y avait une chanson "Une tsigane, un jeu de carte, une route lointaine…" Ce n’est pas ma chanson, c’est une chanson populaire. (…)" Voici donc un vidéogramme de cette romance de prisonniers, interprété par Vladimir Vissotski.
Une route lointaine, Une route lointaine...
Une bâtisse municipale.
C’est, peut être, la vieille prison centrale
Qui, moi, le petit gars, à nouveau m’attend.
Taganka
Tes nuits sont pleines de feux.
Taganka
Pourquoi m’as-tu détruit ?
Taganka
Je suis ton éternel prisonnier.
Dans tes murs,
Jeunesse et talent, ont péries.
Ma douce, je sais,
Que nous ne nous reverrons plus jamais,
Des routes lointaines nous sont dévolues.
À nouveau, les vendredis, Il y aura les rendez-vous
Et les larmes amères de la parenté.
Taganka
Tes nuits sont pleines de feux.
Taganka
Pourquoi m’as-tu détruit ?
Taganka
Je suis ton éternel prisonnier.
Dans tes murs, jeunesse et talent, ont péri.
« УходилимыизКрыма ~ Ukhodili my iz Kryma ~ Nous quittions la Crimée » est une romance dont le texte a été écrit à la fin des années 20 du XX° siècle par un jeune officier cosaque, ayant immigré à la fin de la guerre civile; Nikolaï Touroveroff (1899 Oblast' de Rostov - 1972 Paris). Voici ce qu’en dit Natalia Beliakova sur le site « Росийское казачество ~ Rossiiskoe kazatchestvo ~ Cosaques de Russie » « Essenine du Don,» « chantre des cosaques de Russie » - Longtemps, ces appréciations flatteuses du talant de Nikolaï Touroveroff, ne raisonnaient qu’à l’étranger. Et si « le poète en Russie, est plus qu’un poète, » il est alors difficile d’estimer le rôle de ce cosaque du Don dans la vie de ceux qui durent se retrouver dans une émigration obligée et douloureuse.
Un rassembleur infatigable de l’héritage cosaque et un gardien dévoué de ses traditions, symbole pour l’européen, du cosaque russe; Voilà seulement quelques traits du portrait de Nikolaï Touroveroff, qui a su dans sa créativité, refondre sa douleur personnelle en un âpre élixir dilué de larmes, des traditions ethniques et de la fierté cosaque. En novembre 1920, lorsque dans la rade de Sébastopol, on porta à bord d’un bâtiment, le lieutenant du régiment Ataman, gravement blessé, accompagné de son épouse et de son frère cadet, il était l’un des derniers cosaques des cinquante mille du corps du Don du général Vrangel, à embarquer. Savait-il qu’il voyait sa patrie pour la dernière fois ? Nikolaï Touroveroff va continuellement revenir dans sa poésie, au tragisme de l’exode des gardes-blancs. La Crimée fut un tournant non seulement pour sa destinée d’homme, mais également pour sa créativité. Pour ce jeune officier à peine sortie de l’école des cadets du régiment Ataman, de ne pas tomber dans un désespoir sans fond, l’aida le désir de mettre en rimes, de conserver pour les contemporains et, peut-être aussi, pour leurs descendants, ce qui s’appelle « mémoire nationale. » Se sauvant par sa créativité, par elle, il exaltait aussi les autres. A l’étranger, il subsistait, faisant les emplois les plus obscures, d’abord en Serbie, puis en France. Engagé dans la légion étrangère, il combattra l’envahisseur fasciste en Afrique du nord.
En 1928, Touroveroff présente son premier recueil de poésie sous un nom simple et contenant : "Путь~ Pout’ ~ La voie" Dans ce recueil, il y avait des textes sur cette déchirure fatale, que fut la Crimée, pour les blancs (dont le texte de "Nous quittions la Crimée".»)Le poème - ironie du destin - sans le nom de l’auteur, était également populaire dans la Russie soviétique et le thème sur l’adieu d’un officier de la garde blanche à sa monture, a même trouvé un reflet au cinéma : En 1988, sort sur les écrans : «Служилидватоварища~ Slougyli dva tovarichtchia ~ Deux camarades, servaient » Le héros du film ; Broussentsov (interprété par Vladimir Vissotski) n’arrive finalement pas à abattre son cheval, préférant se tirer une balle dans la tempe.»
Voici un vidéogramme où Alexandre Smyrnov interprète cette romance qu'il a lui-même mis en musique.
Nous quittions la Crimée Au milieu du feu et de la fumée,
Depuis la poupe, en visant mal, Je tirais sur mon cheval.
Et lui, il nageait, n’en pouvant plus,
Derrière la poupe élevée, Ne sachant pas, ne croyant toujours pas
Que, ses derniers adieux, il me faisait.
Combien de fois, une seule sépulture, Dans les combats, nous était destinée.
Perdant ses forces, mon coursier nageait Toujours, croyant en ma fidélité.
Mon ordonnance ne tirait pas à côté, L’eau avait rougie légèrement…
La côte de la Crimée s’éloignant, Jamais, je ne pourrai l’oublier.
Il y a 72 ans de cela, Le 22 juin 1941, les troupes hitlériennes attaquèrent le territoire soviétique, Les peuples d’Union Soviétiques se levèrent en masse et finir, après de meurtriers combats, par raccompagner l’envahisseur nazis chez lui. En souvenir de tous les anciens combattants qui participèrent à cette délivrance, voici une chanson:"Спойтымнепровойну~ Spoï ty mne pro boïnou ~Chante-moi sur la guerre," qui fut écrite pour un film en deux épisode de 1966 du réalisateur Alexeï Guerman "Рабочийпоселок~Rabotchii posiolok ~ La cité ouvrière." Ce film parle du retour difficile des combattants chez eux et comme la solidarité entre anciens frères d’armes peut redonner espoir et vie à ceux qui furent mutilés durant la guerre. L’auteur du texte de la chanson est le poète et scénariste, Guennadi Chpalikov. La musique fut écrite par lecompositeur Isaak Schwarz. Au débutde cette chanson, il est question de l’épouse du soldat. « L’épouse du soldat » est une expression populaire pour designerle fusil du soldat et, également les compagnes de guerre qu'avaient certains militaires.
La chanson est interprétée sur ce vidéogramme parPiotr Todorovski décédé le 24 mai 2013, réalisateur, operateur, scénariste et compositeur ; il fut également, à partir de 1944, commandant d'une section de grenadiers. il est accompagné par le chanteur Garik Sukhatchev déjà présenté par SengazetA.
Chante-moi la guerre, A propos de l’épouse du soldat,
Moi, les camarades tués,
Je les commémorerai, comme je pourrais.
Toi, Sergueï, de l’autre côté de la Volga, on t’a enterré,
On t'a installé une étoile en contreplaqué.
Mon frère ainé, en Ukraine, fut tué
En quarante et un, quarante et amère année.
Chante-moi la guerre,
Sur ceux qui furent en captivité.
Moi, les camarades tués,
Je les commémorai comme je pourrais.
Ceux n’ayant pas donnés de nouvelles, les portés disparus,
Et, durant la guerre, combien ont disparu !
Tous les gars, les gars n’ayant pas trahi la Russie.
Comme je peux, comme je peux, je les commémorerai.
Chante-moi la guerre,
à propos du pays soviétique,
Il y a beaucoup de pays au monde,
Pour un seul, je me porte garant. Il m'a appris, gamin,
Le difficile labeur des champs,
Et à gagner durement mon pain Tu es seule, seule pour tous, ma Russie
Mon espoir, ma défense, mon destin.
"...Le thème de nombre de mes chansons-poésies, c’est l’amour. Longtemps, chez nous, on ne chantait pas à propos de l’amour et, pour certains, il y avait même quelque chose de douteux dans le mot même de"femme."En raison de mon refus de cette bigoterie puritaine, je me suis décidé à chanter la femme comme sacrée, de tomber à genoux devant elle. Je dois reconnaître que là, l’ironie m’a fait défaut. Et si je me moquai, ce n’était que de moi-même, ainsi que des héros de ces chansons, qui reflétaient l’impuissance et la malchance des hommes…"
Voici donc un vidéogramme crée par "77malkis," avec l’interprétation decettechanson-poésie par Grebenchikov, à écouter et réécouter en litanie. Vous pouvez, par ailleurs, voir l’interprétation de Boulat Okoudjava, ici.
Cette femme ! Je la vois et j’en deviens muet.
C’est pour cela, comprends-tu, que je ne la regarde pas.
Ni aux coucous, ni aux marguerites, je ne crois
Et, chez les gitanes, tu comprends, je ne vais pas.
Elles prophétiseront : ne l’aime pas, celle-là,
Elles marmonneront : avant l’aube, tu guériras,
Elles Jetteront un sort, vaticinant, interrogeant les coucous…
Alors qu’elle vit dans notre rue !
Cette chanson-là, Boulat Okoudjava l’écrivit pour le film "Белорусский вокзал – Biélarusskii vokzal –La gare de Biélorussie" sortie sur les écrans soviétiques en 1970 ; Histoire de quatre anciens camarades de front et de régiment, de divers milieux sociaux, qui en 1945, s’étaient séparés gare de Biélorussie, et se retrouvent au même endroit, 25 ans après, pour l’enterrement de l’un d’entre eux.
Dans le premier vidéogramme, extrait du film, la chanson est chantée par Nina Ourgant dans le rôle d’une infirmière, qui, 25 ans plus tôt avait soignée les blessures de ces quatre soldats.
Sur le deuxième vidéogramme , c’est Boulat Okoudjava qui interprète, ici, sa propre chanson.
Ici, les oiseaux ne chantent pas, Les arbres ne poussent pas, Et nous seuls, épaule contre épaule, Nous nous enracinons dans cette terre. Brûle et tourne la planète, Au-dessus de notre patrie s'élève de la fumée, Et cela veut dire qu’il nous faut une victoire, Une seule pour tous, nous ne regarderons pas au prix.
Un feu mortel nous attend, Mais il resteimpuissant. Loin le doute, s’en va seul dans la nuit, Notre dixième bataillon de débarquement.
A peine le feu se tait, Un nouvel ordre résonne Et le facteur devient fou, Nous recherchant partout. S’envole une fuséerouge, Infatigable, la mitrailleuse cogne… Et, cela veut dire, qu’il nous faut une victoire, Une seule pour tous, nous ne regarderons pasau prix.
Un feu mortel nous attend, Mais il resteimpuissant. Loin le doute, s’en va seul dans la nuit Notre dixièmebataillon de débarquement.
Depuis Koursk et Orel La guerre nous amena Jusqu’aux portes même de l’ennemi ; Telles sont lesaffaires, frère. Un jour nous nous en souviendrons, Et nous-mêmes, n’arriverons pas à y croire… Seulement, maintenant, il nous faut une victoire, Une seule pour tous, nous ne regarderons pas au prix.
"Рябиновыйвальс– Riabinovyi vals - Valse du sorbier" est une chanson du barde et écrivain, Boris Almazov, dont StengazetA a déjà parlé. Almazov, originaire d’une vieille famille Cosaque, fut très marqué, tant par les répressions staliniennes que par la grande guerre patriotique, qui touchèrent sa famille.
Sur le vidéogramme ci-après, la chanson est interprétée par Alexandre Khotchinski .Né en 1944 à Leningrad, Khotchinski fut un barde et un acteur. Il a surtout travaillé au "Théâtre des jeunes spectateurs" (ТЮЗ- TIOuZ) de Leningrad, puis au "Театре Сатиры на Васильевском – Teatr Satiry na Vassileskom - Théâtre de la satire sur l'île Vassilevski". À partir de 1991, il fut acteur pour les studios "Lenfilm'. Alexandre Khtchinski décédera en 1998 à Saint Petersburg.
Cet automne tout fut inondé comme par le feu.
Les vieux disent : "les temps semblent à la guerre".
Le long des chemins s’est enflammé, flamboie le sorbier,
Ah, comme me brûle mon cœur,
Ah, comme me brûlent mes yeux,
Simplement, je n’ai pas de sauveur.
Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Gronde l’orchestre à travers tout le jardin d’été.
Offrez-moi une valse, cédez au moins une fois,
Cette valse pour les fiancées des soldats.
Et elle vous dit : « Mon bon, au fond de mes yeux, l’automne !
Et mes mains, d’un baiser, on ne peut réchauffer ! »
Et vous, vous dites ; « regarde mes tempes, elles grisonnent…
Le sorbier flamboie, mais ne saura se consumer ».
Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Comme le cri des grues, le sanglot des trompettes,
De sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Le gout sorbier-amer de vos lèvres.
Cet automne tout fut inondé comme par le feu.
Ah, toutes les prémices mènent à la guerre, les vieux ont raison.
Le long des chemins de soldats, Tels des cierges, flamboient les sorbiers,
Ah, comme ils me brûlent le cœur,
Ah, comme ils me brûlent les yeux,
Et je n’ai pas de sauveur.
Couleur de sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Comme le cri des grues, le sanglot des trompettes,
De sorbier, de rubis, triste, désespéré,
Le gout sorbier-amer de vos lèvres.
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Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions.
Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux.
S. P Struve