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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 12:12

soljenitsyne1.jpg(...) Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l'Ouest, de défendre non pas temps les droits de l'homme que ses devoirs.


D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)


L'évolution s'est faite progressivement, mais il semble qu'elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n'a pas disparu à l'Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)


La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (...) Quelle responsabilité s'exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l'encontre de son lectorat, ou de l'histoire ? S'ils ont trompé l'opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l'Etat, avons-nous le souvenir d'un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s'en tirera toujours. Etant donné que l'on a besoin d'une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d'avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s'installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d'opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d'Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l'intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c'est un slogan faux, fruit d'une époque fausse ; d'une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n'a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d'information. (...) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l'Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d'idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d'esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d'intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d'une compétition mais d'une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.


Sans qu'il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d'idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n'ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d'être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l'engouement à la mode. Sans qu'il y ait, comme à l'Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d'apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l'apparition d'un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m'est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes ... peut-être un professeur d'un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l'entendre, car les média n'allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (...)

Lire le discours

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 12:18

kokoyty.jpgMoscou, le 2 août – Ria Novosti. L’Ossétie du sud est prête à décréter la mobilisation générale et à faire appel aux volontaires dans tout le Caucase du nord, à déclaré le président de la république non reconnue ; Edouard Kokoïty.

Dans la nuit de vendredi à samedi, lors de la fusillade dans la zone du conflit Osséto-géorgien, six personnes ont été tuées et quinze citoyens d’Ossétie du sud ont été blessés. Comme l’a annoncé plus tôt à Ria Novosti l’adjoint des forces mixtes de maintien de la paix dans la zone de conflit, Vladimir Ivanov ; La fusillade a été déclanchée par la partie géorgienne.

D’après Kokoïty, la Géorgie continue la guerre dans ses aspects les plus brutaux vis-à-vis de l’Ossetie du sud. Des snipers géorgiens tirent sur les jeunes hommes de la population de la république et l’artillerie géorgienne bombarde les quartiers résidentiels de Tskhinvali, ainsi que d’autres localités.

« Avec l’accort tacite de la communauté internationale, la Géorgie a pu amasser le long de la frontière sud Ossète d’importantes forces militaires, alors que la partie sud Ossète c’est toujours tenue aux accords qui furent signés à la table des négociations. Cependant toute patience a une fin. Les meilleurs fils d’Ossétie périssent, aussi, nous devons prendre des mesures appropriés » A dit Kokoïty dont les propos sont rapportés par le site du comité de la presse et de l’information de la république non reconnue.

« L’Ossetie du sud a toujours essayée de ne pas entraîner dans ses problèmes les peuples du Caucase du nord qui sont toujours prêts à nous accorder une aide fraternelle. Mais, aujourd’hui, la situation est telle que nous avons du mal à retenir l’afflue des volontaires du nord, et nous même, avons du mal à nous retenir. Dans le cas de l’escalade de la tension, nous sommes prêts à décréter la mobilisation générale en Ossétie du sud, et à faire appel aux volontaires du Caucase du nord » a déclaré le président. (Edouard Kakoïty)

Il a souligné que la Géorgie veut la guerre et cela depuis longtemps.

"Nous avons, longtemps et obstinément, tentés d'éviter les hostilités et de continuer le processus des pourparlers, mais la Géorgie ne nous laisse pas le choix. Nous devons protéger notre peuple et notre terre", - a-t-il conclu.

Traduction : S.P.S.

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 18:46

par Albert A. Stahel, Wädenswil, Suisse

Dans la nuit du 21 au 22 août 2008, des unités spéciales américaines et afghanes font l’assaut du village Azizabad. Ce village est situé dans la province occidentale de Hérat et se trouve à proximité de l’ancienne base soviétique qui se trouve sous direction américaine aujourd’hui. Suite à des expériences personnelles, on sait que dans la province de Hérat, il n’y a pas de Talibans. Lors de cette attaque, les soldats américains et leurs aco­lytes Afghans sont soutenus par des avions de combats. Le résultat de cette attaque aérienne est – d’après les données de la représentation de l’ONU à Kaboul – la mort de 90 civils, dont 60 enfants. Le président afghan, Hamid Karzai, proteste contre cette tuerie auprès du général américain McKiernan, qui commande les troupes de l’OTAN et des USA en Afghanistan. Karzai licencie tout de suite le commandant de corps de la région occidentale de l’Afghanistan ainsi que le commandant de l’unité spéciale afghane.
stop-war-in-afghan.jpgLes informations de l’ONU concernant cette tuerie sont confirmées par le ministère de l’Intérieur et les services de renseignements afghans. McKiernan conteste le nombre de 90 civils tués. D’après ses informations, il s’agirait au maximum de 40 morts. Que ce soient 40 ou 90 morts, ce sont tous des civils. Cette tuerie n’est qu’un exemple des actes commis envers les populations civiles du pays. Ce grand nombre de victimes est la conséquence de frappes aériennes exécutées par des avions de combats américains, britanniques et français soi-disant avec une grande précision. En réalité, des bombes de grande puissance explosive sont lancées à partir d’une grande altitude sur des villages, des maisons et des fêtes de noces. L’intensité de cette guerre aérienne a été renforcée ces derniers mois. Avec plus de 70 frappes par jour, la guerre aérienne en Afghanistan est plus intense qu’en Irak.
Mais c’est aussi au sol que – de plus en plus souvent – les troupes terrestres de l’OTAN et des USA tirent sur des civils qui se trouvent dans leurs voitures devant des barrages routiers. Le dernier événement, c’est le meurtre de trois personnes civiles – une femme et deux enfants – par des soldats allemands le soir du 29 août à un barrage dans la province de Kunduz. En plus, ce sont avant tout les soldats américains qui, lors de fouilles dans des villages afghans, pratiquent leur tactique douteuse. On enfonce les portes d’une maison, on crie après la famille présente pour la terroriser et on fouille toute la maison pour trouver les armes supposées. De temps à autre, des voitures civiles sont écrasées dans la rue par des voitures blindées Humwees américaines.
Les troupes de l’OTAN et des USA se comportent en Afghanistan comme une soldatesque agissant dans un espace hors la loi. Il semble que ces troupes et leurs donneurs d’ordre, considèrent l’Afghanistan comme la terre promise où l’on peut tuer à sa guise. Cela rappelle les guerres contre les Indiens du XVIIIe et XIXe siècle où des soldats souvent ivres massacraient arbitrairement des femmes et des enfants indiens dans le but de «débarrasser» le pays de ses Indiens. L’Afghanistan doit-il connaître le même sort, c’est-à-dire d’être «débarrassé des Afghans»? Avons-nous même affaire à un génocide ordonné par l’administration Bush? •

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 12:24

Ah, guerre, qu’as-tu donc fait, lâche !
Nos cours sont devenues calmes.
Nos garçons ont redressé la tête,
ils ont mûri plus tôt.
On distinguait à peine leurs silhouettes sur la route,
ils sont partis - un soldat derrière l’autre...
Au revoir, les garçons !
Les garçons,
essayez de revenir vivants !
Non, ne vous cachez pas, soyez grands,
n’épargnez ni les balles, ni les grenades,
ne vous ménagez pas, mais quand même
essayez de revenir vivants !
Ah, guerre, qu’as-tu donc fait, lâche !
A la place des noces - des séparations et de la fumée.
Nos filles ont fait cadeau de leurs robes
Blanches à leurs petites soeurs
Les bottes...Comment ne pas les voir !
Et les ailes vertes des épaulettes...
Vous vous ficherez des cancans, les filles,
nous leur réglerons leurs comptes ensuite !
Qu’ils affirment que vous ne croyez en rien,
que vous allez à la guerre comme ça...
Au revoir, les filles !
Les filles,
essayez de revenir vivantes !

Traduction: Université de Toulouse Le Mirail

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 18:01
La romance est arrivée d’Europe en Russie au début du 19° siècle et a occupé immédiatement une place durable dans la culture musicale russe. Les romances étaient jouées à la guitare ou au piano par la noblesse, mais au village le peuple les chantait à sa manière. Etaient surtout populaires au 19° siècle les romances des tsiganes russes, souvent créées d’après des chansons populaires. Au début du 20° siècle à l’époque de la révolution et de la guerre civile en Russie les romances servirent à créer les chansons révolutionnaires. Sous la période soviétique, leurs intonations lyriques se distinguaient des chansons officielles de la Russie Soviétique. Elles étaient souvent écrites sur des rythmes de valse, de tango ou de fox-trot. Les bardes des années 60 du siècle dernier insufflèrent à ce genre une nouvelle vie.
Les romances changent de visage en permanence, et restent, même de nos jours, le genre musical préféré des russes.

 

Voici une célèbre romance, « Снился мне сад - Je rêvai d’un jardin » écrite par Elisabeth Diteriks née à Odessa en 1876. Son père était juge de paix de la ville. Le futur auteur de la musique de cette romance, Boris Borissov, faisait ses débuts de juriste auprès du père d’Elisabeth. La rencontre entre Boris et Elisabeth, réveilla en eux des sentiments romantiques. Pour dire son amour à Boris, Elisabeth écrivit cette poésie. En retour il en écrivit la musique Très vite après cela, Elisabeth se maria, mais avec un autre. En 1917 elle quitta la Russie. Où partit-elle, dans quel pays ? Cette question reste, à ce jour, sans réponse.

Boris Borissov, après le mariage d’Elisabeth avec un autre, abandonna sa jeune carrière de juriste devenant un chanteur avec une certaine renommée.

Cette romance a pratiquement toujours été interprétée par des hommes. L’adaptation contemporaine et son interprétation par Iulia Mikheeva, lui rend la délicatesse de ses origines.

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Снился мне сад

Je rêvai d’un jardin

Parole: Elisabeth Diteriks (1876- ?) - Musique : Boris Borissov (1873-1939)

Je rêvai d’un jardin recouvert d’une parure nuptiale

Dans ce jardin, toi et moi, étions ensemble.

Des étoiles au ciel, des étoiles sur la mer,

Des étoiles dans mon cœur, aussi.

 

Est-ce le bruissement des feuilles, est-ce les bourrasques de vent,

Que je bois de mon âme délicate et insatiable,

Les regards sont profonds, les lèvres silencieuses ;

Mon cher, o mon cher, je vous aime.

 

Les ombres nocturnes voguent dans l’immensité,

La joie et le bonheur se sont déversés alentour.

Des étoiles au ciel, des étoiles sur la mer,

Des étoile dans mon cœur, aussi.

 

Traduction : Sarah P. Struve

 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 20:01
Cette chanson du groupe Lioubè (Lubé) est issue de l’album « Полустаночки – Poloustanotchki » parut en 2000.
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Appelle-moi doucement par mon nom,

Abreuve-moi d’eau de source.

Peut-être que répondra le cœur infini,

Indicible, stupide et tendre.

A nouveau, viennent les crépuscules sans sommeil,

A nouveau, les vitres des fenêtres masquent le jour.

Là-bas, le cassis et le lilas me font signe.

Appelle-moi, paisible patrie.

Appelle-moi au couché du jour,

Appelle-moi, mon chagrin, ma tristesse,

Appelle-moi.

Je sais que nos retrouvailles se feronts,

Notre séparation s’est prolongée.

Le croissant bleu de la lune se cache derrière la ville,

Ni le cafard, ni les larmes ne m’envahissent.

Est-ce le son d’une clochette, est-ce un lointain écho,

Seulement, avec toi, nous sommes passés à côté.

Les sabots creusant, soulevant la poussière,

Nous ne discernions pas même la route.

Appelle-moi au coucher du jour,

Appelle-moi, mon chagrin, ma tristesse

Appelle-moi.

Appelle-moi doucement par mon nom,

Abreuve-moi d’eau de source.

Je sais que notre rencontre se réalisera :

Je reviendrais, je tiendrais ma promesse.

Traduction : Sarah P. Struve

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 12:32

talkov3.jpgIgor Talkov est né en 1956, d’une famille d’origine noble ; Son grand-père fut ingénieur militaire et officier de l’armée tsariste. Ses parents furent selon l’expression consacrée : « réprimés » et se rencontrèrent sur leur lieu de détention. Après leur réhabilitation, la famille fut reléguée dans un village ouvrier dans l’oblast’ de Toula où naquit Igor. Au collège Talkov jouait dans un groupe ‘Les guitaristes » Apres la fin de ses études, attiré par le théâtre, il monta à Moscou afin de faire des études théâtrales. À partir de 1973, Igor Talkov commença à écrire des chansons. Il chanta pour la premiere fois ses textes sur scène en 1975.

En 1983 l’avion dans le quel il se rendait avec son groupe à un concert à Tioumen, fut pris dans un orage. Voyant que tout le monde s’inquiétait, il dit : « Ne vous inquiétez pas. Tant que vous êtes avec moi, vous ne mourez pas. On me tuera dans une grande foule, et l’on ne retrouvera pas mon assassin. »Le 6 octobre 1991 à Saint-Pétersbourg durant un concert, Igor Talkov fut abattu. Son meurtrier présumer, se réfugiant à l’étranger, ne pu jamais être extradé, ni jugé.

Igor Talkov, bien que pratiquement méconnu en occident, fut, à la charnière de la fin des années 80 et du début des années 90 du siècle passé, un poète et chanteur signifiant en Russie au moment où celle ci devenait indépendante, et que disparaissait l’URSS. Sa mort prématurée ne lui permis pas de vivre ses nouveaux et douloureux « temps des troubles » qui s’achevèrent avec la venue du nouveau siècle et la renaissance de la Russie.

 

Igor Talkov

Russie ~  Россия

(1989)

Feuilletant le vieux cahier
D’un général fusillé
Je m’efforçais de comprendre en vain,
Comment as-tu pu te laisser,
Par les vandales, écarteler.
De la sombre profondeur des siècles,
Immence, tu te levais,
Ton Pètersbourg réconciliait les ennemis
De par la bravoure héroïque de tes régiments,
Au siècle "d’or" de Catherine.

Russie !

A travers la musique sacrée des temps,
Au dessus de Moscou aux coupoles d’or,
Ruisselait la sonnerie des carillons,
Mais même la plus douce d’entre elles,
A certains, ne donnait pas la paix.
Et les coupoles d’or
Éblouissaient l’œil noir :
Tu excitais les forces du mal,
Tu les as tant importunés,
Qu’elles voulurent t’aveugler.

Russie !

Les cieux s’ouvrirent avec fracas,
Et se jetèrent en glapissant,
Coupant les têtes aux églises
Et glorifiant un nouveau tsar,
Des Judas nouveaux venus.
Ils te ligotèrent d’un étendard pourpre,
Te jettant à genoux,
La hache scintilla au dessus du bourreau,
Et la sentence fut lue
Par le tsar sanglant, l’immense… génie.

Russie !

Feuilletant le vieux cahier
D’un général fusillé
Je m’efforçais de comprendre en vain,
Comment as-tu pu te laisser,
Par les vandales, écarteler.
O, cahier d’un général,
Renaissance d’une vérité oubliée,
Comme il est pénible de te lire
Pour la génération trompée.

Traduction : Sarah P. Struve

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 18:55
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" Moscovite d'octobre " (Московская Октябрьская), est une chanson issue de l'album "Kostroma, mon amour." Datant de 1994. Elle est une réponse triste et sublime à la crise constitutionnelle russe de septembre-octobre 1993, où il y eux des combats de rue, les plus sanglants depuis la putch bolchevique d'octobre 17. Selon les estimations gouvernementales, 187 personnes furent tués et 437 blessés.

 

 

En avant, en avant, troupeaux pelés,
Enfants du régiment et petits fils du sarcophage,
Unissons nous fièrement autours de notre drapeau,
Et que boue l’eau, depuis longtemps, écoulée.

La fonte s’est refroidi sur la tête impétueuse,
Dans les herbes folles, le navire sans capitaine s’est échoué…
Pourquoi, pourquoi dors tu garde, réveilles toi,
Sous peine que le bourreau ne s’insinue dans mon âme.

Le détachement depuis toujours impuissant, s'est réduit à néant,
Et comme exprès, les informateurs n’existent plus,
Les baïonnettes, les boulons et les foreuses, se sont recouverts de lierre,
Et dans le ciel, des bonnes femmes nues volent.

Sur leurs poitrines brillent des ongans français,
Elles se sauvent avec le sans-gêne d'un crocodile.
Brûle, brûle mon lustre chatoyant,
Si non, elles finiront par me dévorer définitivement.

Traduction : Sarah P. Struve

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 20:19

Cette chanson est interprétée par le groupe Любэ - Lioubè avec la participation d’officiers du groupe Alpha. Le groupe Alpha, est une unité Spetsnaz, qui a participée, entre autre, au règlement des prises d’otages du théâtre de la Doubrovka et de celui de Beslan.

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L’illustration photographique est de Anatoli Novak, et est issue du site du peintre Anatoly Kudreavtcev sur le village de Shanévo.

~~~~~~~~~~~~~~

Par les hautes herbes ~ По высокой траве

Lioubè /Любэ

Combien d’hivers, combien d’étés,
Combien d’eau a coulé,
Combien de vies, sans moi, sont passées,
Combien de vies m’ont quitté.

Je suis revenu à la maison.
Mes tempes, dans de lointaines contrées
De gris, se sont poudrées,
Ma poitrine est toute médaillée.

De par les hautes, hautes herbes
De toute ma taille, Je marcherai
À pleins poumons j’aspirerai l'air de ces champs,
Dont j’ai oublié le goût depuis tant de temps.

D’entre les hautes meules de foin,
Les chaumes d’or.
Je me tiendrai nu-pieds,
La chaleur de la terre me caressera enfin.

Après quelques pas,
La terre se souviendra de moi.
Heureux retours, dira-t-elle, à toi,
Heureux retours, mon vieux, chez toi.

De par les hautes, hautes herbes,
De toute ma taille, Je marcherai,
À pleins poumons j’aspirerai l'air de ces champs,
Dont j’ai oublié le goût depuis tant de temps.

Sans feu ni lieu,
Quelqu’un me reprochera,
Tu n’as rien gagné, rien économisé,
Tu n’as fait que servir la foi et la vérité.

Mais plus riche que moi,
Depuis lors, au monde, il n’y a pas,
Depuis que sur ma terre j’ai posé les pieds,
Depuis que, nus pieds, je l’ai foulée.

De par les hautes, hautes herbes,
De toute ma taille, Je marcherai,
À pleins poumons j’aspirerai l'air de ces champs,
dont j’ai oublié le goût, depuis tant de temps.

Traduction: S. P. Struve

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 09:19

Ce Vidéogramme est issu du film « Romance cruelle » d'Eldar Riazanov datant de 1984 d’après l’oeuvre d’ Alexandre Ostrovski. Nikita Mikhalkov joue dans le film le rôle de Sergeï Paratov, riche propriétaire d’une compagnie de navigation et amoureux de Larissa, dernière fille d’une veuve. Mais, Paratov doit bientôt partir afin de régler des affaires. Dans cette Vidéo, Nikita Mikhalkov interprète un poème de Rudiard Kipling : « Et le tsigane va. » Cette chanson est devenue à l’instar d’autres chansons de films russes, une chanson populaire que tout le monde aime, connaît et chante.

Мохнатый шмель (А цыган идёт)
Et le tsigane va.

Paroles de Rudyard. Kipling, adaptation en russe de G. Kroujkov ~ Musique :Andreï Petrov

Un bourdon chevelu, sur l’houblon odorant,
Un héron gris dans les roseaux,
Et la fille tsigane, dans la nuit, à la suite de son aimé,
Héritière de l’esprit nomade,

En avant derrière l’étoile tzigane et nomade
Vers le crépuscule où frémissent les voiles
Et les yeux regardent d’une nostalgie sans attache
Vers les cieux empourprés !

Ensemble le long du sentier à la rencontre du destin
Sans chercher à discerner, ci c’est vers l’enfer ou le paradis
C’est ainsi qu’il faut aller, sans s’effrayer du sentier
Que cela soit au bord du monde, Que cela soit au delà.

En avant derrière l’étoile tzigane et nomade
À la rencontre de L’aurore, vers l’orient
Là où, douce et tendre, rosie l’onde
Du point du jour qui s’écoule tel le sable !

En avant derrière l’étoile tzigane et nomade
Jusqu’aux hurlantes latitudes sudistes
Là où la féroce tempête, tel un ballet divin
Soulève la poussière océane !

En avant derrière l’étoile tzigane et nomade,
Vers le crépuscule où frémissent les voiles
Et les yeux regardent d’une nostalgie sans attache
Vers les cieux empourprés !

Traduction en français de l’adaptation russe: Sarah P. Struve

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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