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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:52

prozorovski1La version habituelle sur l’origine de cette chanson, dit que son histoire débute lors d’un spectacle de Meyrhold « La forêt », où était jouée la valse « Dvé sobatchki - deux petits chiens » (La première du spectacle eut lieu le 19 janvier 1924). Ayant entendu cette valse, le poète Pavel Guerman et le compositeur Valentin Kroutchinine auraient décidés de créer une chanson sur l’air de la valse, Guerman écrivit les paroles et Kroutchinine aurait fait l’arrangement musical. Selon une autre version, ils écrivirent « Les petites briques » encore avant la première de « La forêt », en 1923 pour le théâtre de variété « Pavlini khvost – La queue du paon » où elle aurait été interprétée cette même année. Cependant cette version ne s’emble pas coler en raison du style de cette chanson qui ne correspond pas aux style des théâtres de variété. En réalité, lors de première publication de cette chanson, le nom de Kroutchinine n’apparaissait pas comme étant celle de l’auteur de la musique, mais c’est le nom de Boris Prozorovski qui y figurait. Prozorovski fut victime des répressions, et il semble bien qu’il est le véritable arrangeur de cette musique et non Kroutchinine. Boris Prozorovski est né en 1891 à Saint Petersburg, il était médecin de formation, sa famille refusant qu’il soit musicien. Prozorovski est l’auteur de nombreuses romances telles: «Прощай, мой табор! – Prochtchaï moï tabor! - Adieu mon campement tzigane ! » Il fut arrêté en 1933 sous l’accusation de « compositeur petit bourgeois d’origine noble » et envoyé à la construction du canal de la mer Blanche. Il fut fusillé en 1937 en tant que: « élément socialement dangereux ». En 1957, Boris Prozorovski fut réhabilité à titre posthume.

valse-kirpitchki.jpg

Cette belle valse ouvriére propagandiste, est bien dans l'esprit de l'époque. Il est possible qu’une vieille chanson industrielle " Заводы кирпичные – Zavody kirpitchnyi - les briqueteries" ai pu servir à Pavel Guerman de source d'inspiration. Sur la vidéo si après, "kirpitchiki" est interprété par Alla Boyanova.

~~~~~~~~~~~

Кирпичики
Les petites briques

Paroles: Pavel Guerman - Musique: Boris Prozorovski

En ville, quelque part près des faubourgs,
Je suis née dans une famille d’ouvriers,
Tirant le diable par la queue, à l’âge de seize ans,
Dans une briqueterie, je me suis faite embauchée.

Ce fut dur pour moi, les premiers temps,
Mais après, ayant travaillée toute une année,
Pour les petites briques, pour le joyeux bourdonnement,
Cette fabrique, J’ai finie par l’aimer.

A la briqueterie, j’ai rencontré Senka.
Et depuis, dès que j’entends le sifflet,
Je me lave les mains et, mettant mon fichu,
Je coure le rejoindre à l’atelier.

Mais le chômage, comme de coutume,
Soudainement, frappa à la briqueterie,
Senka fut viré et moi à sa suite,
Ainsi que 270 autres vies.

C’est là qu’éclata la guerre bourgeoise,
Le peuple s’est aigrie, il est devenu mauvais,
Et par petite pierre, par petite brique,
La fabrique fut démontée.

Après Smolny et sa folle liberté,
Se releva le peuple ouvrier,
Et, avec Sanka, nous avons décidé,
De jeter un regard sur notre briqueterie.

J’ai retrouvée, là-bas, un bonheur passé,
Pour sa réfection, nous avons dépensé une année,
Et par petite pierre, par petite brique,
Nous avons reconstruits cette fabrique.

Traduction: Sarah P. Struve

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Published by Sarah. P. Struve - dans Romances russes
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 11:38

Cette chanson a été écrie en 1979 par Léonid Serguéev. Journaliste de télévision et barde, Leonid Serguéev est né le 30 mars 1953 à Brest, en Biélorussie. Il a vécu une grande partie de sa vie à Kazan avant de s’installer à Moscou. Serguéev a terminé la faculté d’histoire et de philosophie de l’université d’Etat de Kazan (1975) Il est de formation, professeur d'histoire et de sociologie.

Voilà ce qu’il dit à propos de « Kolokolenka – Le petit clocher » :

Leonid Sergueev« Je suis profondément convaincu qu’il y a des chansons qui se meuvent dans d’autres dimantions et se matérialisent à travers quelqu’un, afin de pénétrer dans cette vie. Et l’auteur, dans ce cas la, n’en est que le messager, le passeur, le révélateur de ce qui lui est prédestiné (…)

Durant mes années d’étude à l’université de Kazan, j’ai été amené a accompagner six fois, dans le cadre de la faculté d’histoire et de philosophie, les « commandos des neiges ». A propos de ce que sont « les commandos des neiges » c’est une autre histoire*. L’important, c’est qu’après chaque expédition sur les lieux des combats, apparaissaient de nouvelles chansons sur la guerre.

Ainsi donc, en 1979, alors que je travaillais déjà au journal «Vetchernïaïa Kazan’ », j’ai pris un congé en janvier pour partir avec la 10° expédition des « commandos des neiges ». Nous avons été dans les pays baltes et dans l’Oblast’ de Kaliningrad (l’ancienne Prusse orientale) et les impressions, le ressenti, ce que j’entendis, ce que je vis plus tard, après l’expédition, se métamorphosa en cette nouvelle chanson  « Kolokolenka »

Les premiers à entendre cette chanson, furent tout naturellement, mes amis. Elle se chantait tant pendant les concerts que lors des réunions avec les vétérans. On la chantait également dans les hôpitaux militaires, à Douchanbé, à Tachkent, à Podolsk…

Je me souviens qu’à l’hôpital de Douchanbé on m’emmena dans une des salles et on me dit ; « Chantes !... ». Et là-bas, il y a couché un gars sans bras ni jambes… Et seules meregardent dimmenses yeux noirs Comment chanter ici ? Que chanter ? J’ai chanté « Kolokolenka »…

En 1986, il y eut à la télévision l’émission « Le ring musicale ». Si l’animatrice n’avait pas été aussi stupide, cela aurait été une émission réussie. Mais elle était déterminée à s'enthousiasmer pour la musique rock et à "étouffer" la chanson d'auteur. A un moment donné, j’en ai eu assez et juste après une parodie ridicule, j’ai tout de suite enchainé avec« Kolokolenka ». Il fallait voir les regards étonnés des gens … Comme les sourires s’effaçaient des visages … Il y eut un tel silence à la fin de la chanson … Et Sacha Rozenbaum s'est levé et chanta encore une fois «La route de la vie».

Pour résumer, au matin, je me suis réveillé célèbre… Mais cela n’est pas l’essentiel, à ma stupéfaction et à mon effroi presque mystique, les héros de cette chanson ont commencés … à reprendre vie. Bien sur pas au sens propre. Mais, tout d'abord à la radio où je travaillais, est arrivée une lettre d'Afghanistan, dans laquelle l'auteur, par ailleurs lieutenant, écrivait que : «nous avons refait votre chanson et nous la chantons ainsi : « … est sur le petit champ… notre section de commando-parachutistes… ». Puis une lettre de la famille d’un certain Kroupenikov porté disparu durant la dernière guerre mondiale … Entendant cette chanson, ils avaient pensé que l'auteur savait peut-être des choses sur leur grand-père … Ce fut un choc ; ce personnage inventé prenait vie … pas celle que nous vivons, mais une vie dans la mémoire d’autrui. Tout cela n’était que le début.

A la fin des années 90, une famille est venu à l’un de mes concerts que je donnais à Saint Petersburg… C’était la famille dumonument aux mort talinnsergent Mokhov. Sa veuve et son fils avec sa famille…Et je vis pour la première fois mon héros que j’avais créé. Sur la photographie, un jeune homme coiffé d’une boudionovka ; le sergent chef Léonid ( !) Mokhov, porté disparu en 1942, dans les marais de Pinsk. Les lettres aux archives, les fiches signalétiques, les réponses… Jusqu'à ce jour, ces copies se trouvent chez moi. Jusqu'à ce jour il y a des recherches le concernant.

Mais l’histoire de cette chanson continue son cours. Il y a quelques années, durant le festival d’hiver de Grouchinsk, à Samara, Dima Biktchentaev et Valera Bokov, s’approchent de moi et ils me racontent : « Nous nous sommes produit, à l'hôpital du coin, devant des blessés. Et un garçon a demandé que nous chantions "Kolokolenka" ». Ils ont alors dit que l'auteur était ici à Samara … Le lendemain je me suis rendu à cet l'hôpital. On m‘amène dans une salle ; il y a couché là, un gars ; Le capitaine Slava Eguine, cela fait longtemps qu’il est couché là, gravement blessé à la tête sur la place Minoutka à Grozny… Je lui ai chanté la chanson. Il est resté silencieux puis a dit : « …Il y est arrivé ? » J’ai réfléchi, réfléchi et je lui dis « Je ne sais pas… » Il a réfléchi et il m’a dit « … Normalement il n’a pu y arriver. L'endroit est dégagé, la mitrailleuse sur une hauteur Il ne peut y arriver ». J’ai réfléchi longuement et je lui dis : « je ne sais pas… » Il a encore réfléchi et me dit : « Moi, je n’y suis pas arrivé. C’était aussi un endroit dégagé… » C’est un sniper posté dans un immeuble qui l’a atteint, lorsqu’il traversait en courant cette place. Je suis parti continuer à chanter dans les autres salles de l’hôpital. »

- Voici donc, pour les âmes qui l’habitent, le vidéogramme de cette chanson enregistré lors de l’émission« Le ring musicale ».

_________________________

Колоколенка
Le petit clocher

Leonid Serguéev / Леонид Сергеев

Sur la montagne, sur la petite montagne il y a un petit clocher.
Depuis là, le long du petit champ, cogne une mitrailleuse.
Et, couché dans le petit champ, les bottes tournées vers le petit soleil,
Avec grande nonchalance, traîne notre héroïque section.

Nous happons la petite terre de nos doigts crochus,
Les balles comme de petits moineaux folâtrent dans la poussière…
Mitri Gorokhov et le sergent Mokhov,
Ces petits moineaux que voila, ont finis par trouver.

C’est là que l’adjudant-chef Kroupennikov me dit doucement,
Que je prenne la petite mort pour le bon peuple,
Qu’en haut du petit clocher, je me noie de mon petit sang
Puisqu’il est ainsi, ce sacré fils de pute.

À mon petit fusil, j’ai fixé vigoureusement la baïonnette.
Dans ma botte, j’ai fourré un vieux Nagan.
Dans ma poche gauche, j’ai enfoncé profondément
Ma médaille de troisième classe, ainsi que celle de la Valeur.

On m’a donné du biscuit, on m’a passé un clope
L’adjudant chef Kroupennikov m’a vidé une flasque,
Je l’ai gouté, me suis rappelé ma propre maman
Et, le long du champ, du petit champ, j’ai vite couru.

Et, sur le petit clocher, le fils de pute s’est énervé,
S’est mis à me viser, pour à coup sur.
On aurait dit qu’une petite poussière, qu’un petit grain de sable
Etait tombée dans l’œil du forcené, sa main bougea.

J‘ai laissé tomber le fusil et me suis affalé derrière un petit rocher
Pour que l’ennemi pense qu’il m’a apparemment accroché
Mais fallait croire qu’il s’y connaissait, il ne m’a pas cru tout de suite.
Et, derrière la pierre, la petite pierre, il m’a longuement coincé.

Mais, visiblement ce n’était pas mon destin de gouter les balles,
L’adjudant-chef Kroupennikov s’est levé comme à la parade,
Tout de suite, du petit clocher, pépiant joyeusement,
Les moineaux s’envolèrent droit dans sa poitrine, le rejetant en arrière.

Petites montagnes – petits monts, clochers – clochetons…
Qui recevra quoi, à qui est-ce le tour ?
Blessure non cicatrisée, mémoire vivante,
Le petit soleil, le petit champ et l’
héroïque section.

Traduction : Sarah P. Struve

_____________________

* - Il est communément admis qu’entre 22 et 27 millions de soldats soviétiques ont péris durant la Grande guerre Patriotique. Jusqu'à aujourd’hui, des équipes de volontaires vont chaque année sur les lieux des combats pour rechercher les traces et les restes de ces combattants afin de leur donner une sépulture descente. Les « Commandos des neiges » fonts partis de ces volontaires, ils ont été initiés en 1965, peut après le 20° anniversaire de la victoire sur le nazisme, par des étudiants de la République du Tatarstan.

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 11:53

Sur la bande magnétique d’un mauvais enregistrement, apparu par on ne sait quel miracle, au creux des années soixante du siècle passé, dans le milieu de l’immigration russe; la chanson de « La déesse komsomole», suivait la chanson « Marche sentimentale ». Il fallait parfois faire un effort, afin de discerner dans la voix d’Okoudjava déformée à force de copies, le texte. On devinait plus que l’on ne comprenait les paroles, l’imagination faisait le reste… Les boulangeries parisiennes, se trouvant souvent par un  hasard étrange, elle aussi, à l’angle d’une rue; les jours d’été venteux, devenaient involontairement, les vortexs de celle-ci et, une fois les portes franchies au son du carillon, on se retrouvait propulsé magiquement dans le Moscou des années de guerre...

komsomol

Комсомольская богиня
La
déesse komsomole 

B. Okoudjava (1958)     

 

Je regarde une photographie :
Deux nattes, un regard sévère.
Un blouson de garçon,
Et, tout autour,  les amis.

Derrière la fenêtre, toujours, la pluie tinte:
Là-bas, dehors, c’est l’intempérie.
Et, d’un geste habituel les doigts fins
Ont effleurés l’étui du révolver.

Voila, bientôt elle abandonnera sa maison,
Bientôt, tout autour, les combats éclateront,
Mais la déesse komsomole…
Oh, frérots, c’est autre chose ! (bis)

A l’angle, prés de la vieille boulangerie,
Là, où l’été balaie la poussière.
En T-shirt bleu clair,
S’avance, la petite komsomole.

Sa natte a été coupée,
Elle traine chez le coiffeur
Et, juste une boucle rousse,
Tremble sur sa tempe.

Et on ne voit pas la couleur d’un Bon Dieu,
Seulement, le tonner tout autour.
Mais la déesse komsomole…
Oh, frérots, c’est autre chose ! (bis)

Traduction: Sarah P. Struve

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:03

Les parents de Boulat Okoudjava étaient, tous deux, communistes. Son père fut nommé, peut de temps après la naissance de son fils, commissaire de la division géorgienne de l'armée rouge. En 37, ses deux parents furent arrêtés lors des purges, son père fusillé. Sa mère ne reviendra des camps qu’en 1955. Okoudjava s'engagea volontaire à l"age de 17 ans, pour combattre l'envahisseur nazi.

okudjava.jpgLa chanson « Сентиментальный марш – Marche sentimentale » fut écrite en 1957 et est dédiée au poète Evgueni Evtouchenko. Elle fut chantée en 1965 par Okoudjava dans le film de Marlen Khoutsiev : «Мне два́дцать лет – J’ai vingt ans ». Dans la premiere version du poéme Okoudjava parle de « cette lointaine (guerre) Civile » alors que dans le film de Khoutsiev, il chante « Cette seule Civile » La veuve d’Okoudjava interrogée à ce sujet, explique cela par le fait, qu’au début, lorsque Okoudjava interprétait ses textes, il improvisait et changeait souvent les mots. Le mot "seule" remplaça définitivement celui de "lointaine". C’est ainsi qu’elle est chantée maintenant ainsi que sur le vidéogramme ci-après.

En 1966, Nabokov traduisit ce poème en anglais et l’adapta plus tard dans son roman « Ada ou l'ardeur » modifiant en jeu de mot, le sens des strophes tout en sous entendant le texte original d ‘Okoudjava ; « Nadezhda, I shall then be back / When the true batch outboуs the riot… » Le clairon se dit en russe « troubatch » le mot « otboï » signifiant « retraite » en russe, sonne comme « outboys ».
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Сентиментальный марш
Marche sentimentale

Boulat Okoudjava Булат Окуджава 

Nadejda, je reviendrai quand le clairon sonnera la retraite.
Lorsqu’il rapprochera la trompette de ses lèvres, relevant son coude pointu.
Nadejda, je resterais entier, la terre humide n’est pas pour moi.
Pour moi, il y a tes inquiétudes et le doux monde de tes attentions.

Mais si tout un siècle passe et que tu te fatigues d’espérer.
Nadejda, si la mort déploie ses ailes au-dessus de moi,
Ordonnes alors, que le clairon couvert de blessures se relève
Afin que la dernière grenade ne puisse m’achever.

Mais si brusquement, un jour, je ne peux me protéger,
Qu’une nouvelle bataille n’ébranle le globe terrestre,
De toute façon, je tomberai pendant la seule, la Civile,
Et des commissaires aux casques poussièreux, s’inclineront silencieux au-dessus de moi.

Traduction : Sarah P. Struve

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:18

« Là-bas, au loin, de l'autre côté du fleuve » est surtout connue comme l’un des plus beaux chants bolchevik. Il existe plusieurs versions sur l’origine de ce chant, ainsi que différentes paroles.

Dans la biographie de l’auteur de la version bolchevik, Nicolaï Martynovich Kool (1902/3 -1974), il est dit que Kool aurait écrit ce texte en 1924 dans la ville de Koursk, Les fenêtres de son logement donnaient sur le fleuve « Seïm » et se serait la vue sur la Seïm qui l’aurait inspirée pour les premières strophes du chant.

N KoolKool est né à Belgorod de père Estonien. Durant la guerre civile, Il fut membre de la Tcheka et plus particulièrement des TchON (ЧОН) «Части Особого Назначения - Unités à destination spécial » crées pour éliminer les contre-révolutionnaires. Ces unités étaient réputées pour leur cruauté et les façons expéditives qu’elles utilisaient contre toute personne considérée comme « contre-révolutionnaire », et la liste en était longue. Mais Kool est plus particulièrement connu pour sa traduction en russe de l’épopée estonienne appelée : « Kalevipoeg », Kool fit la traduction de « Kalevipoeg » essentiellement durant les années de la Grande Guerre Patriotique, où il fut d’abord commandant de compagnie, puis, plus tard, commissaire de bataillon dans le corps d'armée Estonien. Kool racontait qu’il traduisait l’épopée de nuit, à la lueur d’une lampe à mèche fabriquée avec une douille d’obus. Cette Traduction publiée dans l’après-guerre (1949), fut en URSS, un important évènement littéraire.

En fait, à ce que l’on sait maintenant, la mélodie de « Là-bas de l'autre côté du fleuve », avait déjà eu une existence autonome des paroles de Kool, pendant plus d’un siècle et avait servie à nombre de textes. Il existait par exemple sur cet air, une chanson de bagnards dont l’un des couplets disait à peu prés ceci : « C’est seulement en Sibérie / Que s'active l'aube, / Dans le village le peuple s'éveille. / Sur la cour d'étape / On entend le tintement des fers / Ce sont les déportés qui se rassemblent pour la route... »

Quand à la thèse disant que Kool fut inspiré pour les premières strophes de son texte par le fleuve « Seïm », celle-ci est contredite par une version antérieure datant de la guerre russo-japonaise (1904 – 1905) guerre que la Russie perdit et dont – d’après nombre d’historiens et comme le raconte Oleg Pagoudine - la conséquence principale fut la révolution russe, la guerre civile et le cortège de terreur et de famines qui s’en suivit.

Durant cette guerre, alors que la marine russe coulait le Variag pour qu’il ne tombe aux mains des Japonais, les troupes russes se bâtaient en Mandchourie contre les troupes du soleil levant: Décembre 1904 en Mandchourie. La chance militaire est du côté des Japonais. La Russie ne compte aucune victoire depuis le début des combats. Une mauvaise nouvelle brise les espoirs de l’armée Russe de Mandchourie - Port-Artur est tombé. Port-Artur a capitulé ! Les Japonais transfèrent leurs troupes de Port-Artur vers le nord, afin de défaire définitivement l’armée russe. C’est justement durant ces jours tragiques que le commandant de la brigade des cosaques de Transbaïkalie, le major général Pavel Michtchenko reçoit l'ordre d’organiser un raide de cavalerie à l'arrière de l'ennemi, de prendre la ville maritime d’Yingkou et de mettre hors service la voie ferrée sur le tronçon Liáo hé - Port-Artur.

guerre du japon

Michtchenko ne prend que des cosaques qui se portent volontaires, les prévenant que : "les blessés et les malades, en dérogation à la règle, seront abandonnés sur place pour ne pas ralentir inutilement le détachement(…)".

Le 26 décembre (9 janvier selon le calendrier grégorien) les Cosaques volontaires de Michtchenko, ayant enfoncés le flanc gauche des japonais, traversèrent le fleuve Liáo hé ( le nom exacte est Liào, hé voulant dire "fleuve"). Au soir du 31 décembre 1904 (13 janvier 1905 N.C.) les cosaques s’approchent d'Yingkou à l'embouchure du fleuve. Les fantassins japonais attendent déjà au fond de leurs tranchées. Pour ne pas s'égarer dans la nuit, le commandement ordonne d'allumer des feux de camps repères dans les villages des environs de Yingkou. ; Finalement ces feux de camps eurent un rôle fatal dans cette nuit du nouvel an russe. Ne connaissant pas le terrain, les troupes cosaques font fausse route, ne sachant vers quels feux se diriger.

Les Japonais derrière leurs fortifications, fusillent calmement les cosaques à une distance de cent pas. Les sabres sont impuissantsgeneral.jpg face au feu roulant des mitrailleuses japonaises. Trois fois de suite les détachements cosaques partirent à l’attaque, trois fois de suite, ils furent repoussés. Yingkou ne fut pas prise par les cosaques.

Voici donc les traductions de ces deux chants ; l’un, celui de Kool datant de 1924 , et l'autre celui sur la bataille de Yingkou, à l'embouchure du Liáo hé, la nuit du nouvel an russe. L’auteur de ce dernier chant n’est pas connu, mais c’est bien ces paroles là et le fleuve Liáo hé, qui inspirairent Nicolaï Kool.

Reste que dans la mémoire collective, et non seulement en Russie, la très belle version de Kool est la seule qui soit connue et reconnue.

Voici deux vidéogrammes où on peut entendre ces deux chants:

- Le premier vidéogramme glanée sur la toile, reprend « De l’autre côté du fleuve Liáo hé » sur des photos et des dessins d’archives de la guerre russo-japoonaise.

- Le second vidéogramme extrait du film : « Как закалялась сталь – Et l’acier fut trempé », d’après une nouvelle éponyme de Nikolaï Ostrovski. reprend l’extrait du film où la version de Nikolaï Kool est chantée à deux voix à peine portées par le son d'un accordéon.

__________________

De l’autre côté du fleuve Liáo hé
За рекой Ляохэ

De l’autre côté du fleuve Liáo hé, s’allumaient des feux
Grondait menaçant le canon
Une centaine d'aigles vaillants
Des régiments cosaques
Au gallot partaient à l’attaque de Yingkou.

Les cosaques avançaient nuit et jour,
Dépassant montagnes et steppes.
Soudain au loin, près du fleuve,
Se mirent à briller des baïonnettes,
C'était les chaînes japonaises.

Et sans peur le détachement galopa vers l'ennemi,
Vers une bataille terrible et sanglante,
Et, de ses mains, le sergent,
Soudain laissa tomber sa lance:
Le cœur du fier gaillard était transpercé.

Il tomba sous les sabots, dans cette attaque audacieuse,
Inondant la neige de son sang chaud
Toi, mon petit cheval moreau,
Transmets, mon ami,
À ma Cosaque, qu’elle ne m'attende plus.

De l’autre côté du fleuve Liáo hé s’éteignaient les feux
Là-bas, dans la nuit, Yingkou finissait de brûler.
S’en retournant de l’attaque
Revenait le détachement
Seulement, de cosaques, il en restait peu.

Traduction : Sarah P. Struve

____________________

Там вдали за рекой
La bas au loin, de l’autre côté du fleuve

Nikolaï. Kool

La bas au loin, de l’autre côté du fleuve, se mirent à briller des lumières,
Dans le ciel clair, le crépuscule finissait de se consumer.
Une centaine de jeunes combattants des troupes de Boudionnov
Partaient en reconnaissance, galopant à travers champs.

Ils avancèrent longuement dans le silence nocturne
A travers la large steppe ukrainienne.
Soudain au loin, prés du fleuve, se mirent à briller les baïonnettes
S’étaient les chaines de la garde blanche.

Et sans peur, la compagnie galopa à la rencontre de l’ennemie,
S’engagea un combat sanglant.
Et le jeune combattant, inclina sa tête brusquement:
Un cœur komsomol était transpercé.

Il tombât auprès des sabots du cheval moreau,
Et ferma ses yeux bruns,
Toi mon petit cheval moreau, transmet mon ami,
Que j’ai périe honnêtement pour les travailleurs…

La bas au loin de l’autre côté du fleuve, s’étaient déjà éteintes les lumières,
Dans le ciel clair l’aurore s’enflammait.
Des goutes de sang épais, de la jeune poitrine,
Dans l’herbe verte, s’échappaient.

Traduction : Sarah P. Struve

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 16:31

Comme beaucoup de ces enfants nés durant la Grande Guerre Patriotique; Iouri Arkadievitch Borissov, l’auteur de cette romance, a eu une enfance difficile et tumultueuse. Sa famille originaire de Leningrad est évacuée en Extrême-Orient russe, où il nait en 1944 dans la ville d’Oussourisk. Sa mère musicienne, joue de la guitare à 7 cordes et de l’accordéon, mais travaille, entre autre, comme conductrice de tramway, iouri borissov.jpgson père est marteleur. La famille Borissov revient à Leningrad en 1946. Iouri fut élevé principalement à l’orphelinat du quartier de l’Ile Kamenyi. À l’âge de 14 ans il commence l’apprentissage du métier de tourneur. Mais, pour des faits de délinquance, il purge alors 3 ans de colonie pour mineur, plus tard il sera à nouveau condamné et incarcéré pour vol. À sa libération, à l’âge de 18 ans, il intègre une école de coiffeur mais ,il n’exercera pratiquement pas ce métier pour ne pas abimer ses mains. Iouri Borissov, encore adolescent, a appris à jouer de la guitare. Dans le milieu des années 60 il s’inscrit par correspondance à l’institut culturel de Moscou pour étudier la musique. Il commence alors à écrire des morceaux pour guitare, tout en étudiant le solfège et la composition musicale. Plus tard, il sera professeur de guitare. Borissov écrivit de la poésie des son enfance, essayant de la publier sans succés. A l’âge adulte il se met à écrire des textes de chansons. Il fut également luthier, il fabriqua quelques guitares. L'une d'elles fut utilisée par le chanteur Valérie Agaphonov, ami d’adolescence et de dérives de Borissov. De 78 à 79,  Borissov vécu encore une année de relégation en Asie centrale.

Iouri Borissov écrivit au début des années 80 « L’aurore s’effaça derrière le bois » pour le téléfilm "Личной опасности не гарантирую ~ Je ne peux garantir de danger personnel » romance chanté dans le téléfilm par Agaphonov. Iouri Borissov écrivit une série de romances appelées « cycle de chants des gardes-blancs » dont "L’aurore s’effaça derrière le bois" fait partie. Ces poèmes, via la Finlande, furent propagées en occident. Iouri Barissov est mort de la tuberculose le 18 juin 1990.

- La rivière Kat’ (Кать) dont il est question dans cette romance, est une rivière du nord de la Russie européenne, affluant de la rivière Mologa dans la quelle, elle se jette non loin du village Péra. - Voici un vidéogramme de l’une des plus belles interprétations de cette romance, chanté par Jeanna Bitchevskaia,.

_____________

Закатилася зорька за лес
L’aurore
s’effaça derrière le bois

Iouri Borissov / Борисов Юрий Аркадьевич

L’aurore s’effaça derrière le bois, comme disparaissant.
Un ciel, pareil à un froid saphir, s’avança.
Peut être bien que le frère de
Caïn, lui demanda grâce,
Seulement, nous ne pouvions trahir notre uniforme d’officier.

La rivière s’est dissimulée sous de bas nuages,
S’est mise à murmurer l’inquiétante et noire Kat’.
Je n’ai pas eu l’occasion de t’écrire de lettre,
Afin de te faire mes adieux, te souhaiter bonne chance.

Et de l’autre côté, c'est la redoute des commissaires: suffit de l’effleurer,
voila que
la mort-mitrailleuse, déchire le silence.
Au cœur de cette sombre nuit, nous passerons de l’autre côté.
Sans pitié pour nous même,
dans cette dernière attaque.

Et le serment semble plus fidèle, et la prière plus ardente,
Lorsque le combat est désespéré et que tu ne peux attendre de miracle.
D’une baïonnette glacée, mon cœur ardant,
Sans pitié pour l’uniforme, assaille-le, refroidi-le.

Résonnera l’aurore de coups de feu et de plaintes.
Se renversera dans l’herbe, le cornette d’hier.
Sur le mort, une capote avec des épaulettes dorées,
Le coûteux drap cachera la trace du sabre.

Et me pardonneront tout ce que, de mon sang, je salirai,
Ceux, pour qui ma mémoire est chère.
Lorsqu'une larme coulera sur ma photographie
Et une main chère, fermera l’album.

Traduction : Sarah P. Struve.

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 23:06

Cette chanson est parue en 1982 dans le deuxième album du groupe: « Свинья на радуге – Svinïa na radougué – Un cochon sur l’arc-en-ciel »

cochon sur arcenciel.jpg

Le vidéogramme a été enregistré lors du festival « Нашествие – Nachestvïe » de 2001, qui s’est tenue dans la ville de Ramenskoïe, dans l’oblast’ de Moscou.

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Дождь ~ La pluie

Юрий Шевчук ~ Iouri Chevtchouk

La pluie, d’un voile sonore, a emplie le ciel,
Pluie de mai.
Le tonnerre s’est mis à gronder au-dessus des toits,
Effrayant tous les chats, le tonnerre.
J’ai ouverts la fenêtre, et un vent joyeux
Balaya tout sur la table :
Des vers stupides, que j’écrivais dans un étouffant
Et mélancolique vide.

Eclata le tonnerre de mai, et une gaité impétueuse,
Telle une vague enivrante,
Déferla : "Hé, lève-toi et sautes à ma suite"
Sort dans la coure et cours à travers les flaques,
Au moins, jusqu’au petit matin.
Regarde comme joue la sainte
Et drôle marmaille.

Des gouttes sur le visage… C’est simplement la pluie,
Ou, peut être, est-ce moi, qui pleure.
La pluie a tout nettoyée et, l’âme pataugeant,
Brusquement, s’est détrempée.
Coulant en ruisseau, hors de la maison, vers les prés ensoleillés, embroussaillés,
Se métamorphosant en vapeur,
Avec le vent, elle s’est envolée vers des mondes inexplorés.

Et je me suis imaginé : la ville inondée
Soudainement de gens joyeux.
Ils sortaient sous la pluie, chantants quelque chose en cœur
Et dansaient : Que diantre!
Oubliant la gêne et le danger
De tomber, avec des complications, malade.

Sous la pluie, les gens saluaient le tonnerre, tel un feu d’artifice,
Le premier tonnerre printanier…

Traduction : Sarah P. Struve

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 13:45

Victor Tsoï est né à Leningrad en 1962. Il fait ses études secondaires dans un lycée artistique, où avec un ami, il crée un groupe musical « Salle N°6 ». Après son exclusion du lycée, il entreprend un apprentissage comme sculpteur sur bois. A cette époque il fréquente les milieux musicaux underground et punk de Leningrad, tout en restant passionné d’arts martiaux orientaux. En 1981 il crée avec deux camarades, un nouveau groupe « Garine et les hyperboloïdes » qui deviendra le groupe « Kino » Le premier album est enregistré sous la direction de Boris Grebebchikov, qui soutient et parraine Tsoï.

Tsoi.jpg

Le 15 août 1990, Victor Tsoï se tue dans un accident de la route.
La chanson « Кукушка - koukouchka - Le coucou » est issue du dernier album du groupe « Чёрный альбо́м – Tchornyi al’bom – L’album noir ». Enregistré peu de temps avant sa mort. Il est paru en décembre 90.

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Кукушка / Le coucou
Виктор Цой / Victor Tsoï

De chansons encore non écrites, combien y-en-a-t-il,
Dis-le-moi coucou, chante-le-moi.
Dois-je vivre en ville ou bien de hameau en hameau
Dois-je rester couché telle une pierre, ou brûler telle l’étoile, l’étoile.
Mon soleil, jette un regard sur moi;
Ma paume s’est métamorphosée en poing.
Et s’il y a de la poudre, donne-moi du feu.
C’est ainsi...
Qui ira de par les traces solitaires ?
Les forts et les courageux ont couché leur tête au combat.
Peu nombreux sont ceux qui restent tête lucide;
Sain d'esprit, mains fermes, dans le rang, dans le rang.
Mon soleil, jettes un regard sur moi;
Ma paume s’est métamorphosée en poing.
Et s’il y a de la poudre, donne-moi du feu.
C’est ainsi...
Où es-tu donc maintenant mon libre arbitre ?
Avec qui rencontres-tu, la tendre aurore;
Réponds-moi.
Je me sens bien avec toi et mal sans toi;
La tête et les épaules restent impassibles sous le fouet, le fouet.
Mon soleil, jette un regard sur moi;
Ma paume s’est métamorphosée en poing.
Et s’il y a de la poudre, donne-moi du feu.
C’est ainsi...
Mon soleil, jette un regard sur moi;
Ma paume s’est métamorphosée en poing.
Et s’il y a de la poudre, donne-moi du feu.
C’est ainsi...


Traduction : Sarah P. Struve

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 14:15

J’ai appelée « entrelacement » (en russe « Pérépléténié ») cette interprétation originale de Diana Arbenina et Sergueï Trophimov, faite d’un extrait d’un poème d’Alexandre Kotchetkov et d’une chanson, aux strophes entrelacées. Le vidéogramme est extrait de l’émission « Dvé Zvezdy – Deux étoiles » du 1° kanal.

kochetkov.jpg

Le poème s’appelle « Баллада о прокуренном вагоне – Ballada o prokourinom vogonie – La ballade du wagon enfumé » il date de 1932. La chanson « Я спросил у ясеня - J’ai demandé au frêne », dont le texte est de Vladimir Kirshon et la musique de Mikael Tariverdyév, a été écrite pour le téléfilm « L'ironie du sort » et date de 1975.

(Vous pouvez entendre la lecture de l’intégralité du poème « Ballade du wagon enfumé » ainsi que lire l’intégralité de la traduction ici.)

-Les extraits de « La ballade du wagon enfumé », sont en vert.

-Le texte de la chanson « J’ai demandé au frêne », est en bleu.

 

 

Entrelacement / Переплетение

- Comme il est douloureux ma douce, comme il est étrange,
Lié à la terre, entrelacé d’avec les branches,
Comme il est douloureux ma douce, comme il est étrange,
De se dissocier sous la scie.
Ne guérira pas la plaie au cœur,
Coulera telles de pures larmes,
Ne guérira pas la plaie au cœur,
Coulera telle de la poix enflammée,

- Tant que je serai vivante, je serai avec toi
L’âme et le sang ne sont pas séparables
Tant que je serai vivante, je serai avec toi
L’amour et la mort sont toujours ensemble.
Tu porteras partout avec toi,
Tu porteras partout, mon aimé,
Tu porteras partout avec toi,
La terre natale, la maison aimée.

J’ai demandé au frêne, où était mon aimée
Le frêne ne m’a pas répondu, hochant de la tête
J’ai demandé au peuplier : « Où est mon aimée ? »
Le peuplier m’a recouvert d'un feuillage automnal.

J’ai demandé à l’automne : « Où est mon aimée ? »
L’automne m’a répondu par une pluie battante.
A la pluie j’ai demandé, où est mon aimée,
La pluie versa longuement des larmes sous ma fenêtre.

J’ai demandé au croissant de lune: « Où est mon aimée ? »
Le croissant de lune se cacha dans un nuage et ne me répondit pas.
J’ai demandé au nuage : « Où est mon aimée ? »
Le nuage s'effaçât dans le bleu céleste...

- Cahotant dans un wagon enfumé,
Il devint errant et résigné,
Cahotant dans un wagon enfumé
Pleurant et dormant à moitié
Quand le convoi sur une pente glissante,
Prenant une terrible bande, soudain se pencha,
Quand le convoi sur une pente glissante
Ses roues, des rails, arracha.

- Une force surhumaine,
Mutilant tout dans un pressoir,
Une force surhumaine
Jeta la terre par dessus terre.
Et ne protégea personne,
Au loin, la rencontre promise,
Et ne protégea personne
Cette main appelant au loin.

Mon seul ami: où est mon aimée ?
Dis moi, où elle s’est cachée, sais-tu où elle est ?
Mon ami fidèle a répondu, mon ami sincère a répondu
Elle fut ton aimée, elle fut ton aimée,
Elle fut ton aimée, mais, mon épouse, est devenue

Ne vous séparez pas des êtres aimés !
Ne vous séparez pas des êtres aimés !
Ne vous séparez pas des êtres aimés !
De tout votre sang germez en eux !
Et à chaque fois dites adieu pour l’éternité !
Et à chaque fois dites adieu pour l’éternité !
Et à chaque fois dites adieu pour l’éternité !
Lorsque vous quittez l'espace d'un instant !

J’ai demandé au frêne…

Traduction Sarah P. Struve

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 14:33

Dmitri Medvedev c’est déplacé ce samedi 8 août 2009, à Vladikavkaz rendant visite pour une cérémonie de décoration à l’état-major de la 58° armée, dont certains des détachements, ont été les premiers à être entrés dans Tskhinval. Le Président était attendu par les soldats et les officiers qui, il ya un an, se sont fait remarqués durant ce conflit par leurs actes de courage. Il c’est adressé à eux. Voici certains extraits de son discours :

medvedev 2Dmitri Medvedev : « le 8 août est une date tragique de l’Histoire contemporaine. Il y a juste un an, il y eu l’agression barbare sur les habitants de l’Ossétie du sud ainsi que sur les soldats de la paix russes. La ville de Tskhinval à été agressée, des civiles ont été tués, des milliers d’habitant sont devenus les victimes d’une catastrophe humanitaire. Des vieillards, des enfants, des femmes, se sont retrouvés sans toit.

Vous n’avez pas permis que cela soit faits, sauvant des gens en rien coupables, repoussant l’agression armée. En remplissant leur devoir, des soldats et des officiers, nos camarades de combat, ont péris. Nous garderons leur mémoire dans nos cœurs (…)

Le peuple de Russie a pleinement soutenu l’action des dirigeants du pays et de l’armée russe engagés dans la défense de la paix au Caucase. Nous avons obtenus une victoire militaire. Je suis convaincu qu’au moment voulut, ceux qui ont donnés ces ordres criminels, recevrons une punition juste et sévère, un châtiment exemplaire leur sera destiné (…)

L’agression armée contre l'Ossétie du Sud a de fait prédéterminée la transformation de la carte politique de la Transcaucasie. Et la décision de la Fédération de Russie de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie était la seule possibilité. C’était Seulement ainsi que nous pouvions assurer la sécurité des gens et la stabilité dans le Caucase.

Je soulignerai, que cette décision n'est pas susceptible de révision.

Actuellement nous apportons au peuple de l'Ossétie du Sud une assistance maximale dans la reconstruction de l'infrastructure socio-économique, et sur la base des accords bilatéraux, le contingent militaire russe déployé dans cette république proche de nous, assure la protection contre n'importe quelle menace extérieure. Le peuple de l'Abkhazie peut compter aussi sur l'application de toutes nos obligations en tant qu’alliées. Une vie tranquille, normale et paisible des personnes dans cette région reste notre priorité absolue. (…)

Je voudrais souligner également que notre appréciation du régime de Saakashvili ne concerne en rien le peuple géorgien. Nous avons avec ce peuple des liens proches et fraternels depuis plusieurs centaines d’années. Et nous les chérissons. Nous ferons tout notre possible pour leurs rétablissements et leurs développements. Par ailleurs, en Russie même, vivent plus d’un million et demi de géorgiens qui considèrent notre pays comme leur maison ». (…)

Intégralité du discours en russe.

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