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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:14

 

(Мельница – Melnitsa -Le Moulin) est un groupe de néo-folk rock. Il a été créé en 1999 par Natalia Nikolaïeva-O'shea, chanteuse principale, surnommée (Hellawes) et Alexeï Sapkov (Chus) à partir d'un groupe précédent nommé Till Eulenspiegel. Le groupe joue de la musique acoustique et électroacoustique. Les instruments musicaux sont : le violoncelle, la flûte, la voix, la jaleïka (sorte de flute en corne et instrument ancien russe), la guitare basse, les percutions et la harpe. Les mélodies et les textes des chansons s’inspirent de chansons moyenâgeuses, tant celtiques, scandinaves que russes.

La chanson « travouchka – Petite herbe » dont le texte a été écrit par Alexis (Chus) Sapkov, et la musique composée par Natalia (Hélaves) Nikolaïeva-O'Shea a été publié dans « Зов крови – Zov krovi - L'appel du sang » troisième album du groupe édité en 2006. Le vidéogramme présenté ici, a été enregistré lors du festival « Nachestvié » de 2006 qui s’est tenue prés de la ville de Riazan, sur les bords de la riviére Oka .

~~~~~~~~~~~~~~

Травушка ~ Petite herbe

Texte ; A. Sapkov ~ Musique ; N. Nikolaïeva

          

La petite herbe me contera ce qui adviendra
Elle me chantera une chanson nocturne…
Recouvrira de rosée matinale, mes cils,
Dénouera ma tresse serrée.

Le soleil se lèvera en feu,
M’appellera vers une route lointaine,
Mais je ne peux m'élever,
Ne peux voler vers lui, à sa rencontre…

Combien de fois ai-je vue le cœur de l’incendie,
Combien de nuits n’ai-je connue le sommeil.
Combien de fois, cherchant toujours, mon cœur c’est trompé,
N’arrivant pas à découvrir sa destiné.

Est-ce trop tôt, est-ce trop tard
Pour trouver un autre sentier,
Pour, d’une terre étrangère,
Revenir vers la terre natale…

Prends-moi avec toi, la caille,
Emmène-moi dans un fourré profond.
Je deviendrai un discret oiselet gris – voila tout,
Je ferai fondre cette tristesse glaciale.

La rivière, ma sœur,
Me prendra, me recouvrant de sa vague,
Sera compatissante avec moi,
Me désunira, à jamais, d’avec le malheur.

Traduction Sarah P. Struve.

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 18:22

«Северный Цвет - Sévérnyï Tsvet – Couleur Nordique » est issue de l’album «Сестра Хаос - Séstra khaos - Sœur chaos » qui fut composé de 2001 à 2002. Au début, vingt chansons furent choisies pour sa composition, mais seulement neuf furent retenues.

 

Voila ce qu’en dit B.G : "L’album devait s’appeler « Psaumes » simplement des starets m’en ont dissuadés de lui donner ce nom. L’album représente un psautier. Ce n’est pas en soi un seul psaume, mais neuf psaumes. Je veux dire que suivant l’exemple de mon parent, le Roi David, j’ai écrits neuf Psaumes qui me sont essentiels dans ma vie quotidienne. Pour la première fois de l’Histoire, des Psaumes ont été écrits sur de la musique de polka et de mazurka. »  

  Severny tsvet(Illustration: Darïa Kazharskaïa)

 

Voici donc un vidéogramme du dernier psaume de cet album : « Lumière Nordique » vidéogramme tourné lors du concert que Grebenchikov et son groupe, Akvarium, donnaient en novembre 2003 à la salle Oktïabrskaïa de Saint Petersburg.

 

Северный Цвет / Couleur Nordique
Akvarium & Grebenchikov

De la camarine sur le perron
Dans la maison dort une bête, dans la maison attend un ange;
Dans la maison le matin est encore loin.
De la camarine sur le perron, elle est de l’autre coté de la vitre,
Et je lui aurai bien ouvert,
Si je savais où se trouve, ici, la porte...

La liste des navires
Personne ne la lira jusqu’au bout ; qui donc a besoin
De voire dessus son nom...
Nous allions là-bas, où il y a le mur, là-bas, où doit être le mur,
Mais là-bas il n’y a que le matin
Et les ombres de ton visage.

Arrache-toi de la terre, Couleur Nordique;
Tu sais comment cela doit être à la fin;
Abreuve--moi de la tendresse
De ta terre de fiançailles,
Je ne vois pas de raison d’être précautionneux,
Dans la maison il y a une bête, de la camarine
sur le perron.

Si tu le veux, alors la terre deviendra morte ;
Si tu le veux – Les pierres chanteront ta gloire,
Si tu le veux – enlèves
Cette écume de mon cœur.

Arrache-toi de la terre, Couleur Nordique;
Tu sais comment cela doit être à la fin;
Abreuve-moi de la tendresse
De ta terre de fiançailles,
Je ne vois pas de raison d’être précautionneux,
Dans la maison il y a une bête, de la camarine
sur le perron.

La clef vers le nord, se trouve là, où personne ne cherche,
La clef vers le nord, attend au milieu des battements du cœur.
Je sais pourquoi tu ne peux t’endormir la nuit,
Nous sommes, tous deux, du même sang.

Traduction : Sarah P. Struve

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 18:37

La chanson « Куба - Cuba » a été édité pour la première fois à l’automne 2004, dans l’album « SMS ». après qu’elle ai été chanté par le groupe « Les snipers nocturnes et Diana Arbénina, l’été de la même année à Berlin, lors du festival «Ночь русского рока - Notch rouskovo roka – La nuit du rock russe » à cette époque, Fédor Vassiliev, guitare-basse, et ancien « métalliste » rejoint le groupe.

_________________

Cuba / Куба
Д. Арбенина/ D. Arbenina

Nous étions couchés et fumions dans les yeux d’acier de l’océan
Et n’avions même pas l’envie de penser, on était tout simplement bien
Dans une semaine notre avion, nous nous sommes enfui, envolés
Toute les deux, l’hiver, sept jours.

Tout ici, est familier, on dirait notre pays il y a vingt ans
Un pays aussi rouge que le notre, il y a vingt ans
Il y a de ses voitures, de telles voitures dont on ne se souvenait même pas,
Des camions et des Buick…

Et dans mes chaussures jusqu'à aujourd’hui, il y a du sable cubain.
Ils ne savent pas, comme la neige peut être bonne.
Ils chantent comme j’aurais voulue chanter pour toi.
Ils dansent comme j’aurais voulue danser avec toi.

Avec des étoiles cubaines nous nous griffions le dos et la poitrine
Et jalousions ceux qui pouvaient serrer la main de Jah,
Nous sentions le rhum, nous plongions dans une nuit d'hiver chaude
Nous sentions le rhum, nous aimant l'un l'autre, je dormais au creux de ton épaule...

Et dans mes chaussures jusqu'à aujourd’hui, il y a du sable cubain.
Ils ne savent pas, comme la neige peut être bonne.
Ils chantent comme j’aurais voulue chanter pour toi.
Ils dansent comme j’aurais voulue danser avec toi.

Nous sommes revenus au creux d’une aube concrètement triste.
Et de penser n’avions même pas envie, chacun vers son chez soi.
Je sais, il y a d’autres pays, mais très peu égal
À toi, l’hiver, sept jours.

Et dans mes chaussures jusqu'à aujourd’hui, il y a du sable cubain.
Ils ne savent pas, comme la neige peut être bonne.
Ils chantent comme j’aurais voulue chanter pour toi.
Ils dansent comme j’aurais voulue danser avec toi.

Nous étions couchés et fumions…

Traduction : Sarah P. Struve

 

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 18:48

Le 9 mai 2009, le premier ministre, Vladimir Poutine, c’est entretenu avec les élèves du pensionnat du ministère de la Défense se trouvant à Moscou, ce pensionnat prolonge la tradition de l’institut Smolny où étaient élevées des jeunes filles de la noblesse. Dans ce pensionnat, on enseigne, outre les matières classiques et obligatoires, 3 langues étrangères, l’équitation, ainsi que la danse.

Toutes les élèves de ce pensionnat, sont des jeunes filles de la province russe, leurs pères sont des militaires. Certains d'entre eux sont tombés en faisant leur devoir.

174 élèves, pupilles de la nation, suivent cet enseignement gratuitement.

Ce 9 mai, était prévu, comme tous les ans, une rencontre avec les vétérans de la Grande Guerre Patriotique, venus pour partager avec les élèves du pensionnat, leurs souvenirs et expériences de guerre et de lutte.

Parmi ses vétérans, il y avait Maria Galyshkina qui s’engagea à l’âge de 16 ans dans l’infanterie de marine en tant que sniper. Dans son récit elle parle de ce qu'elle a vue, et qui fit qu'elle s’engagea: « les fascistes sortaient dehors des prisonniers soviétiques blessés qui, une fois alignés, étaient « cloués » au sol d’une balle dans la tête (…) »

Ensuite des étudiantes récitèrent de la poésie et une élève, Katia Kazakova, interpréta de sa belle voie « Землянка–Zemlïanke – Le gourbi » mais, sans doute trop émue, elle se trompa dans les paroles. C’est là, que le premier ministre proposa de chanter cette chanson de la grande guerre patriotique, avec elle.

À la fin de sa visite, le Premier ministre a souligné l’importance de cet institut et a abordé la participation des femmes dans toutes les sphères du pays et de l’État, participation devenant au fil des ans de plus en plus importante, notamment dans un domaine aussi primordial que la défense du pays.

La chanson « Le gourbi » fut écrit par Alexis Sourkov, correspondant de guerre sur le front de l’ouest, près de Moscou, le 27 novembre 1941. En février 42, Sourkov transmit le texte au compositeur Constantin Listov, qui en composât la musique. Elle est l’une des chansons emblématiques de la Grande Guerre Patriotique, Cette chanson accompagnât des millions de soldats soviétiques, qui, jusqu'à la mort, qui, jusqu'à Berlin. Elle fut aussi l’un des fonds musicaux de la vie derrière le front, de ceux qui tout en travaillant pour l’effort de guerre, attendaient avec angoisse des nouvelles de leurs proches aux fronts.

Sur le vidéogramme qui suit, Vladimir Trochine (1926-2008) interprète « le gourbi » sur fond de films d’archives datant de la Grande Guerre Patriotique.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Землянка ~ Le Gourbi

Paroles : А Sourkov – Musique : C. Listov

Le feu danse dans le four étroit
Sur les bûches, la résine est telle une larme.
Et dans le gourbi un accordéon chante
Ton sourire et tes yeux.

À propos de toi, me chuchotaient les buissons
Dans les champs enneigés sous Moscou.
Je voudrais que tu puisses entendre,
Comme cafarde ma voix vibrante.

Tu es maintenant loin, très loin,
Entre nous, il y a des neiges et des neiges.
Te rejoindre ne m’est pas facile,
Et jusqu'à la mort, il y a quatre pas.

Chante, accordéon, afin d’épuiser la tempête,
Afin d'appeler un bonheur égaré.
Moi, j’ai chaud dans ce gourbi glacé,
De mon inextinguible amour.

Traduction: AFP (1° couplet) et S.P. Struve (3 derniers couplets.)

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 19:54

Le 8 mai 1945 à 22 h 43, au Quartier général soviétique à Karlshorst, dans la banlieue de Berlin, l’Allemagne nazie signa l’acte de capitulation ; à Moscou il était déjà 0 h 43, et on était le 9 mai. Pour cette raison dans tout les pays de l’espace poste soviétique, le jour de la victoire contre les forces fascistes est fêté le 9 mai.

Voici une chanson : « Le jour de la victoire » qui aux yeux de tous les peuples ayant, un jour, formés l’Union Soviétique, et ayant combattus au prix de dizaines de millions de morts, représente ce 9 mai 45, ce jour de victoire. Plus de 26 millions de Soviétiques périrent durant cette guerre terrible contre l'idéologie nazie qui, dans sa folie, prétendait que l’humanité était constituée de « races » et que certaines d’entre elles étaient prétendument « supérieures » à d’autres.

Peu de gens savent que cette chanson fut en réalité composée en mars 1975, pour le 30° anniversaire de la victoire. Le poète Vladimir Kharitonov a proposé à David Toukhmanov de créer une chanson consacrée à la Grande Guerre Patriotique. Le pays préparant cet anniversaire, un concours de la meilleure chanson sur la guerre avait été ouvert. Mais la chanson qu’ils créèrent : « Le jour de la victoire » reçut un accueil plutôt mitigé. À cette époque, la politique musicale dépendant de la direction de l’Union des compositeurs, et Toukhmanov étant un jeune compositeur juste connu pour quelques tubes à la mode, Toukhmanov ne semblait avoir aucunement la stature d’un compositeur d’une chanson commandé par l’État.
Ce n’est qu’en novembre 1975, lors d’un concert, que le chanteur Lev Lechtchenko, interpréta « Le jour de la victoire » en directe à la télévision. La chanson fut bissée par le public. Après cela, tout le pays se mit à la chanter. Elle est devenue « LA » chanson du jour anniversaire de la victoire.
Ce vidéogramme, où  Lev Lechtchenko interprète "Le jour de la victoire," a été tourné le jour du 75° anniversaire de la victoire sur le nazisme.

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День Победы / Le jour de la Victoire

Musique : David Toukhmanov  / Paroles: Vladimir Kharitonov

Le jour de la victoire, comme il était loin,
Tel un bout de charbon fondant dans un feu de camps éteint.
Il y avait des verstes de poussière brulées,
Ce jour, on le rapprochait comme on pouvait.
 

Refrain:
Ce jour de la victoire,
Sentant la poudre,
C’est une fête
Aux tempes grises.
C'est une allégresse
Avec des larmes dans les yeux.
Le jour de la victoire !

Jours et nuits, auprès des fours Martin,
Notre Patrie jamais ses yeux, ne fermait.
Jours et nuits, nous menions une bataille difficile,
Ce jour, on le rapprochait comme on pouvait.

Refrain:

Bonjour maman, Nous ne sommes pas tous revenus…
Courir nu-pieds dans la rosée !
La moitié de l’Europe, la moitié de la terre, nous avons traversés,
Ce jour, on le rapprochait comme on pouvait.

Refrain:

Traduction: Sarah P. Struve

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 20:21

Le 24 juin 1941 fut publié, Un poème de V.I. Lebedev-Koumatch « La guerre sacrée » dans deux journaux en même temps ; les « Izvestia » et « l’étoile rouge ». Tout de suite, Alexandre Alexandrov en compose la musique. Le 26 juin 41, en plein Moscou, à la gare de Biélorussie, d’où partaient tous les jours des régiments pour le front, un groupe de chanteur du cœur de l’armée rouge, (cœur Alexandrov, ) qui n’était pas encore, lui, parti au front, interprète ce chant.
Mais, jusqu’au 15 octobre 1941 ce chant ne fut pas souvent interprété, car, il fut perçut comme trop tragique, parlant d’une guerre longue et douloureuse, et non d’une guerre joyeuse et facile. Ce n’est que lorsque les fascistes occupèrent Kalouga, Rjev et Kalinine, qu'il résonnât à la radio tous les matins et dans toute l’union Soviétique.
A partir de ce moment, ce chant acquis une popularité massive sur tous les fronts de la Grande Guerre Patriotique, participant au fort esprit combatif des troupes soviétiques.
D’Odessa jusqu’à Petropavlovsk-Kamtchatski, de Erevan et Tbilissi jusqu'à Riga, les peuples s’étaient levés…

 

 

Священная война

Guerre sacrée
Musique : A. Alexendrov – Parole : V. Lebedev-Koumatch

Lèves toi pays immense,
Lèves toi pour un combat mortel !
Avec la sombre force fasciste
Avec la horde maudite !

Refrain
Que la noble fureur,
Se déchaine, telle une vague !
C’est la guerre populaire,
La guerre sacrée !

Tels deux pôles opposés,
En tout nous sommes ennemis.
Nous luttons pour la lumière et la paix,
Eux, pour le règne de l'obscurité !

Refrain

Nous tiendrons tête aux oppresseurs
De toutes nos idées ardentes,
Aux violeurs, aux brigands,
Aux tortionnaires du peuple !

Refrain

Que n’osent, les ailes noires,
Survoler notre patrie,
Que n’ose, l’ennemi, piétiné,
Ses champs immenses !

Refrain

À la vermine fasciste putride
Nous enfoncerons une bale dans le front !
Aux bas-fonds de l’humanité
Nous clouerons un cercueil solide !

Refrain

Allons-nous battre de toutes nos forces,
De tout notre cœur, de toute notre âme !
Pour notre douce terre
Pour notre grande Union !

Refrain.

Lèves toi pays immense,
Lèves toi pour un combat mortel !
Avec la sombre force fasciste,
Avec la horde maudite !

Refrain

Traduction: Sarah P. Struve

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 20:55
execusion de masseLa deuxième partie du livre de « années de guerre » de Vassili Grossman, se passe dans une ville d'Ukraine durant l'année 42. Le court extrait qui est publié ici, parait comme la quintessence de ce que veut essayer d'expliquer Grossman, de ce rapport de domination violence ; cette échelle qui s'enfonce dans l'entre épouvantable de la bête humaine, cette descente vers l'horreur qui n'a pour autre raison que la reproduction de la violence faite à l'homme par l'homme. Le pire n'est jamais évitable, et nous sommes sur l'intervalle d'un moment, d'une dynamique nourrie par les peurs et les souffrances que l'histoire humaine véhicule depuis la nuit des temps, avec comme seule évolution le progrès technique accompli dans la destruction de l'autre, et donc de soi. Il suffit de voir ce que la machine médiatique arrive à provoquer émotionnellement de quantité de peur, de haine, de certitude de ce qu'en écartant tel où tel autre du monde dit « civilisé » on échappera soi-même à cette destruction jamais évitable. Il suffit de regarder comment certains gouvernants sèment la peur et puis désignent des boucs émissaires comme agneau sacrificiel sur l'hôtel de notre « sécurité » ; nous, humains écervelés du progrès consumériste. En lisant ce court extrait, il faut tenter de changer les noms des victimes et des sous-victimes, des bourreaux, et ainsi entrapercevoir notre monde contemporain dans son évidente horreur.

A défaut d'avoir su ou pu résilier cette violence, des peuples se sont toujours levés, au prix de millions de morts, et apportés un semblant de trêve. Mais cette trêve, cette paix, malgré tout notre désir de la percevoir infinie et, ce sentiment d'allégresse qui s'empare de nous, lorsque nous réalisons que nous avons rejetés l'oppression, n'est jamais éternelle et, la bête immonde toujours se lève quelque part dans la part la plus sombre de notre humanité.
S.P.S.

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vie-et-destin.jpg(...) Les femmes, les vieux, les petits enfants, tous se rendaient fort bien compte de ce qui se passait dans le pays, à quel sort les Allemands vouaient le peuple et pourquoi ils menaient cette guerre affreuse. Une fois que, dans la cour, la vieille Varvara Andréïévna s’approcha de Rosental et lui dit en pleurant : « Qu’est-ce qui se passe donc dans ce monde, grand-père », l’instituteur lui répondit :

- Eh bien, un jour les Allemands vont sans doute organiser le grand supplice des juifs – elle est trop dure, la vie qu’ils font au pays d’Ukraine.

- Et que viennent faire les juifs là-dedans ? Demanda Voronnko.

- ce qu’ils viennent faire là-dedans ? Mais c’est un des principes fondamentaux, répondit l’instituteur. Les fascistes ont créé un bagne européen, universel, et afin de maintenir les bagnards dans la soumission, ils ont dressé une énorme échelle d’oppression. Les Hollandais ont la vie plus dure que les Danois ; Les Français vivent moins bien que les Hollandais : les Tchèques moins bien que les Français ; la vie aux Grecs, aux Serbes, et puis aux Polonais est encore pire : les Ukrainiens et les Russes sont placés encore plus bas. Ce sont là les degrés de l’échelle du bagne. Et à la base de cette énorme prison à multiples étages, c’est un précipice que les fascistes réservent aux Juifs. Leur sort est appelé à semer l’épouvante dans tout l’immense bagne européen, afin que le lot le plus terrible paraisse être un bonheur en comparaison de celui des Juifs. (…) C’est là une simple comptabilité de la sauvagerie, et non haine instinctive.

Vassili Grossman «Années de guerre» éditions Autrement 1993

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 21:53

GrosmanLe 22 juin 1941, débutât l’agression contre l'Union Soviétique des troupes fascistes allemandes, elle débutât d’abord par des bombardements massifs de l’aviation nazi.
Voici un extrait de « Années de guerre » de Vassili Grossman, auteur également de
« Vie et destin.»* Vassili Grossman était durant la Grande Guerre Patriotique, reporter sur le front pour le journal de l’armée rouge : « L'étoile rouge » La première partie de « Années de guerre » se passe durant les premiers jours de l’invasion nazi, dans une ville de Biélorussie. L’espoir qui ne peut mourir, sans que celui qui espère ne meurt lui aussi, porte ses quelques pensées de Grossman. 
S.P.S.

_________________________


La mort d’une ville – Il viendra un jour où le tribunal des peuples ouvrira ses portes ; où le soleil éclairera avec mépris la face astucieuse de Hitler, son front bas et ses tempes creuses ; où l’ataman de l’aviation fasciste, aux bajoues bouffies de graisse, se retournera à côté du « Führer » sur le banc d’infamie.
« À mort ! » Diront les vieilles femmes aux yeux aveuglés de larmes.
« À mort ! » Diront les enfants dont les pères et les mères ont péri dans les flammes.
« À mort ! » Dirons les mères qui ont perdu leurs enfants.
« À mort au nom de l’amour sacré pour la vie ! »
« À mort ! » Dira la terre souillée par eux.

D’ici cent ans les historiens, horrifiés, examinerons les ordres du jour, tranquillement et méthodiquement tracés, adressés par le GQG du commandement allemand à l’armée et aux chefs des escadrilles et des détachements d’aviation. Qui les a rédigés ? Des brutes, des fous ou des êtres inanimés, avec des doigts de fer, des machines à compter et des intégrateurs ?

Le raid de l’aviation allemande commença vers minuit. Les premiers avions de reconnaissance, volant à grande altitude, bombardèrent Minsk, lancèrent des fusées éclairantes, quelques paquets de bombes incendiaires. Les étoiles, pâlies, disparurent quand les globes blafards des fusées, soutenus au moyen de parachutes, demeurèrent suspendus dans l’air. Une clarté morte s’épandait, éclairant tranquillement, de façon minutieuse et attentive, les places publiques, les rues et les ruelles de la ville. Toute la cité endormie surgissait dans cette lumière : La silhouette blanche du pionnier en plâtre, sonnant du clairon ; les vitrines des librairies ; les bocaux de cristal aux reflets roses et bleus, derrière les glaces des pharmacies. Dans le parc, le feuillage tout à l’heure sombre des grands érables se détachait, incisif, de l’obscurité, et les jeunes et sottes corneilles poussaient des cris effarés devant ce brusque lever du jour. (…)

 Assoupie, elle se dressait sous la blanche clarté des fusées, cette ville abritant des dizaines de milliers de vieux, de vieilles, d’enfants et de femmes, ville qui subsistait depuis neuf siècles, où trois cents ans plus tôt on avait fondé un grand séminaire et bâti une église catholique toute blanche – ville habitée par des générations de joyeux étudiants. (...)

* Vassili Grossman « Années de guerre » éditions Autrement 1993

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 22:16

MaraMara - de son vrai nom Marina Vladimirovna Nesterova, nom qu’elle changera officiellement pour celui de Mara Vladimirovna Kana – est née le 25 novembre 1978 à Moscou. D’après sa famille, Mara a commencé à chanter dès ses 2 ans. à l’âge de 10 ans elle intégra à sa demande l’école de musique de la ville d’Ivanteïevka, dans la région de Moscou, en classe de guitare. En 1989, à l’âge de 11 ans, elle écrivit sa première chanson.

Mara a chantée dans une chorale de jazz, participée à tout les radio-crochets possible et imaginable. Mais aucune de ses chansons n’est tombée entre les mains d’un producteur qui aurai pu apprécier son talent à sa juste valeur, jusqu'à ce qu’elle ne rencontre le producteur du groupe « Tchaï F » et coproducteur du festival « Nachestvïé –Invasion, » Dmitri Groïsman.

Apres avoir terminé des études d’économie en 2001, Mara se consacra définitivement et à plein temps à la chanson rock. En 2003 l’une de ses chansons « samalïoty – les avions » restera plusieurs semaines en tête du hit-parade et lancera sa carrière.

« Amour non partagé » a été édité pour la première fois en 2005 dans son second album « 220 V »

   Le vidéogramme qui suit, a été enregistré en aout 2006 lors du festival « Nashestvié 2006 – Invasion 2006 » l’un des plus importants festivals de rock de Russie. En 2006, il s'est tenu prés de la ville de Riazan.

______________

Невзаимная любовь
Amour non partagé

Amour non partagé.
Jeu solitaire.
Depuis le matin, chanson non digérée.
Il faut partir à peine éveillé,
Le long de rues surpeuplées.
Et à nouveau, sera très dure cette journée.

Immersion au fond de soi,
Et plus 
c’est profond, plus il parait évident,
Que jamais il ne serra possible d’être à côté d’elle.
Le marbre rose des songes
Se dissous lentement
Je me perds en lui indéfiniment.

Bats-moi, mords-moi,
Déchires moi d’un rasoir effilé !
Seulement ne t’en vas pas à jamais !
Dans chacune de mes cellules,
Dans l’enveloppe de mon cœur,
Je garderai tes villes.

Je te dissous
Dans les tons orange,
Dans mes songes bergamotes.
Je respire encore de toi,
Et tu coules toujours en moi
Ne te fiant qu’à ma lune !


Bats-moi, mords-moi,
Déchires moi d’un rasoir effilé !
Seulement ne t’en vas pas à jamais !
Dans chacune de mes cellules,
Dans l’enveloppe de mon cœur,
Je garderai tes villes.


Des Poèmes esseulés,
Des mots non partagés
Me déchirent. Me laissant encore vivante.
Replier mes ailes blanches,
Et les laisser sur un pont.
Sans toi, je perds de l’altitude !


Bats-moi, mords-moi,
Déchires moi d’un rasoir effilé !
Seulement ne t’en vas pas à jamais !
Dans chacune de mes cellules,
Dans l’enveloppe de mon cœur,
Je garderai tes villes.

Traduction : Sarah P. Struve

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 19:27
En 1969 sort à Moscou un film qui allait devenir un film culte; Son nom « Le soleil blanc du désert » Ce film fait parti de ce que certains appellent un « Eastern » par analogie au genre « western » le film raconte l’histoire d’un soldat de l’armée rouge, Soukhov, qui après avoir fait son service ,veut rentrer chez lui retrouver sa bien aimé, mais qui se retrouve dans l’obligation, de prendre sous sa protection les femmes de l’harem du baï Abdoulla.
A partir de 1971, ce film est projeté, en un immuable rituel, aux cosmonautes russes ainsi qu’à tous les astronautes qui embarquent pour l’espace depuis Baïkonour.
Le vidéogramme qui suit, reprend sur les images du film, une des chansons du film « Votre noblesse la chance. » La musique est de Isaak Schwars, Le texte de Boulat Okoudjava. Cette chanson est devenue depuis une chanson populaire.

_______________

Ваше благородие, Госпожа Удача
Votre noblesse, Madame la Chance

Votre noblesse, Madame la Séparation,
Nous sommes parents depuis longtemps
Voila quel drôle de truc,
Une petite lettre dans une enveloppe
Attends, ne la déchires pas
Pas de chance dans la mort,
Chance en amour !
Une petite lettre dans une enveloppe
Attends, ne la déchires pas
Pas de chance dans la mort,
Chance
en amour !

Votre noblesse, Madame l’Etranger
Tu m'enlaçais
ardemment,
Bien que tu ne m’aimais pas.
Dans tes filets de tendresse,
Attends, ne m’attrapes pas.
Pas de chance dans la mort,
Chance en amour ! (bis)

Votre noblesse, Madame la Chance
Pour certains tu es bonne, pour d’autre pas.
Neuf grammes de plomb,
Attends, ne m’appelles pas…
Pas de chance dans la mort,
Chance
en amour! (bis)

Votre noblesse, Madame la Victoire
Saches que ma chanson
N’est pas terminée.
Démons, arrêtez
De jurer sur le sang,
Pas de chance dans la mort,
Chance en amour ! (bis)

Traduction : Sarah P. Struve

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Présentation

  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, de poésies, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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