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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 20:45

Dans la nuit du huit au neuf mai 1945, il y a 67 ans de cela, était signée la capitulation de l’Allemagne nazie. Le fascisme semblait terrassé pour toujours. Les soldats, ceux qui avaient survécu, pouvaient penser à rentrer bientôt chez eux. Parmi ces soldats, il y avait Alexeï Fatianov, l’auteur du texte de cette chanson.

fatianov.jpgAlexeï Fatianov (1919 – 1959), est issue d’une famille d’importants commerçants de la ville de Viazniki dans l’oblast de Vladimir. En 1937 après avoir suivi les cours de l’acteur et metteur en scène Alekseï Dikiy, il intègre en tant qu’élève l'école d'art dramatique du théâtre Central de l'Armée rouge. À partir de 1940 il joue dans les spectacles de l’ensemble de la région militaire d’Orlov. En juin 1941, après l’invasion de l’URSS, l’ensemble rejoint le front. Fatianov y sera blessé. En 1943 il intègre un bataillon disciplinaire. Il sera blessé une deuxième fois lors des combats pour la libération de la Hongrie.

Fatianov est l’auteur de nombreuses chansons d’après guerre, sa poésie est faite de mots simples et essentiels. Outre le fait d’être poète, il chantait, jouait du piano et de l’accordéon. Décédé brutalement à l’age de 40 ans, il repose au cimetière de Vagankovo à Moscou.

Vassili Soloviov-Sedoï (1907 – 1979)  l’auteur de la musique, est un célèbre compositeur soviétique, auteur, entre autre,solviov sidoi de la musique de la chanson « les nuits de Moscou » plus connue en France sous le titre « le temps du muguet. » Les parents de Solovïov-Sedoï étaient d’origine paysanne. Sa mère originaire de la région de Pskov, connaissait nombres de chansons populaires russes et, aimait à les chanter. Ce sont ces chansons qui jouèrent un rôle déterminant dans la structuration musicale du futur compositeur.

Solovïov-Sedoï, auteur de nombreuses chansons populaires, ainsi que de musiques de film, a été récompensé de plusieurs titres honorifiques et décorations.

Voici deux vidéogrammes de cette chanson. Sur le premier, dénichée sur le net, sur fond de photos tirées de film et d’archive, c’est Olga Arefeeva qui en est l’interprète. Olga Arefeeva est née dans l’Oural en 1966. Après deux années d’études à la faculté de physique, elle intègre l’école musicale Tchaïkovski de Sverdlovsk. Arefeeva est l’auteur interprète de plus de trois cents titres dont les sonorités vont du reggae à la balade , elle est par ailleurs écrivain.
Le second vidéogramme et celui de la très belle interprétation faite par Oleg Pogoudine et Evgueni Dïatlov lors d’un concert à Saint-Pétersbourg le 17 décembre 1999.
Diatlov est né en 1963 en extrême orient russe à Khabarovsk, il est acteur, chanteur et musicien.
Pogoudine, dont Stengazeta a déjà publié une interprétation, est né en 1968 à Leningrad et est un chanteur, acteur. Il a joué dans plusieurs films musicaux. Depuis 2007 il enseigne la musique à l’Académie des arts du théâtre de Saint-Pétersbourg.

Saint george

__________________________

Давно мы дома не были/ Il y a longtemps que nous n’avons été à la maison
Musique : V. Soloviov-Sedoï – paroles : A. Fatianov (1945) 

 

Se consume la mèche de la chandelle,
Gronde le combat proche.
Verse-nous, l’ami, un godet,                   
De ceux que l’on sert au front,
Verse-nous, l’ami, un godet
De ceux que l’on sert au front,
Sans perdre inutilement notre temps,
Ensemble, nous parlerons.
Sans perdre inutilement notre  temps,
Amicalement et simplement,
Ensemble, nous parlerons.

Il y a longtemps que nous n’avons été à la maison…
Là où il y a des sapins,
Cela fait combien d’années que nos beautés
Se promènent sans garçons.
Cela fait combien d’années que nos beautés
Se promènent sans garçons.
Il semble aux filles, que sans nous,
Les étoiles ne flamboient plus.
Il semble aux filles, que sans nous,
Se couvre de suie, le croissant de lune
Et que les étoiles ne flamboient plus.

À quoi leur servent, les aubes précaires
Si les gars sont à la guerre,
En Germanie, en Germanie,
Dans un lointain pays.
En Germanie, en Germanie,
Dans un lointain pays.
Envole-toi, rêve de soldat
Et souviens-toi de moi.
Envole-toi, rêve de soldat,
Vers la  fille la plus tendre
Et souviens-toi de moi.

Il y a longtemps que nous n’avons été à la maison…
Fleurie le sapin familier,
Comme dans un conte irréel
Au bout du monde.
Comme dans un conte irréel
Au bout du monde.
Sur lui, les aiguilles sont neuves,
Sur lui, les aiguilles sont de miel.
Sur lui, les aiguilles sont neuves,
Et les pommes de pin,
Sur lui, sont de miel.

Où donc se répandent  les aiguilles des pins,
Où sont donc les sapins,
Cela fait combien d’années que nos beautés
Se promènent sans garçons
À quoi leur servent, les aubes précaires
Si les gars sont à la guerre,
En Germanie, en Germanie,
Dans un lointain pays.

Se consume la mèche de la chandelle.
Gronde le combat proche.
Verse-nous, l’ami, un godet,
De ceux que l’on sert au front;

Traduction : Sarah P. Struve

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Published by Sarah. P. Struve - Сара Струве - dans Chansons de & sur la Grande Guerre Patriotique
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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 18:38

Dmitri Kantor est connu comme auteur compositeur depuis le début des années 90. Il alterne les concerts de rythme & blues électrique et des concerts acoustiques en duo avec différents musiciens tels que Olga Arefeeva. En 1998 olga Arefeeva enregistre sur son album « Сторона От – Storona Ot » plusieurs de ses compositions. Dmitri Kantor chante « Мне приснилась - J’ai fait un rêve » dans son premier album paru en 2000 « Круги над водой – Krugui nad vodoï - Cercles au-dessus de l’eau »

kantorSur le vidéogramme ci-après, Lisa Strambrand, déjà présentée par Stengazeta, interpréte, comme toujours, magnifiquement, cette chanson.

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Мне приснилась  /  J’ai fais un rêve

Dmitri Kantor

J’ai fait un rêve de silence et de paix…
Ce rêve ne se réalisera jamais.
Loin, loin, mes pensées,
Dans ton sillage, se sont enfoncées.

D’apparence, aucune route ne mène à toi,
Dans mon cœur, ton image se défait.
La vie, au fil de brumeuses pensées,
Passe au loin de moi.

Et par la fenêtre, regarde la lune, comme auparavant,
Celle qui, pour nous deux, brillât
Et, rit de moi, le printemps,
De ta sonnante voix.

Mais, vers toi, mes routes ne mènent pas,
Dans mon cœur ton image se défait.
La vie, au fil de brumeuses pensées,
Passe au loin de moi.

Traduction : Sarah P. Struve

Écouter Dmitri Kantor interpréter « J’ai fait un rêve » (mp3) 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 23:01

Iouri Vizbor (1934 – 1984) était un auteur compositeur de chanson, faisant partie de la fameuse pléiade des bardes russes avec Vissotski, Okoudjava et d’autre qui éclaira l’Union Soviétique à partir des années 60. Vizbor était également acteur au cinéma, journaliste, alpiniste, scénariste et écrivain. Iouri Viszbor est l’auteur de plus de 300 chansons.

Yuriy Vizbor with pipeEn 1993, cette chanson devient la chanson d’un film éponyme, avec comme acteur principal Alexandre Zbruyev, film inédit, comme de coutume, en France et ce, malgré ses nombreuses récompenses.

Le vidéogramme découvert sur la toile, reprend  la chanson sur des documents d’archives personnelles.

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Ты у меня одна / Tu es mon unique

Iouri Vizbor

Tu es mon unique,
Telle la lune dans la nuit,
Tel dans la steppe, un pin,
Tel, dans l’année, le printemps.
Il  n’y a pas d’autre pareille à toi,
Par-delà aucune rivière,
Par-delà les brouillards
Et les pays lointains.

Sur le givre des fils électriques,
Dans la pénombre de la ville.
Voilà qu’une étoile s’est levée
Pour, toujours, briller.
Pour, dans le blizzard, brûler.
Pour faire un lit.
Afin de bercer toute la nuit,
Au près du berceau, notre fille.

Voilà, quel tournant 
Prend le cours d’un courant,
Tu peux briser la tranquillité,
Tu peux laisser tomber,
Tes dettes, tu peux les payer,
D’autres, tu peux aimer,
Tu peux t’en aller,
Seulement, brille, brille.

Traduction : Sarah P. Struve

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:40

"Ключи от моих дверей – Kliutchi ot moïkh dverei – Les clefs de mes portes" Boris Grebenchikov publia pour la première fois en 1984 dans l’album « Ихтиология – Ikhtiologuia – ichtyologie. » Akvarium-ikhtiologuia.jpg

Plus tard elle fut réédité dans trois autres album du groupe Akvarium. Le vidéogramme ci-après, est issu d’un concert donné par Grebenchikov, le 3 avril 2011, au palais de la culture de la ville de Domodedovo, près de Moscou. Il est ici accompagné, entre autre, par Boris Rubekine,

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Ключи от моих дверей / Les clefs de mes portes

Boris Grebenchikov

Entre celui que je fus
Et celui que je suis devenu,
S’étend un chemin infini ;
Mais j’ai marché toute la journée
Et je suis fatigué,
Et j’ai eu, de m’endormir, l’envie.
Elle ne m’a pas demandée qui je suis
Et pourquoi, ai-je frappé à sa porte,
Elle m’a dit : "prend avec toi
Les clefs de mes portes."

Entre celui que je fus
Et celui que je suis devenu,
Il y a sept heures avant le matin.
Je suis parti avant l’aurore et j’ai oublié
Quel visage, hier
,  je portai.
Et elle ne m’a pas demandée où je suis parti,
Vers le nord ou vers le sud ;
Elle m’a dit : "prend avec toi
Les clefs de mes portes. "

Je claironnai  dans une trompette en fer blanc, ces jours-là,
Je jouai avec une couronne d’épine,
Et mes huit cordes me semblaient
Tantôt de l’air, tantôt du plomb ;
Et des dizaines d’amis
Voulaient me concocter
Une soupe de mes animaux ;
Elle m’a dit : "prend avec toi
Les clefs de mes portes."

Et lorsque j’ai décidé, qu’il n’y avait personne pour chanter,
Je me suis mis à me taire et me suis enroué ;
Et quand j’ai décidé qu’il n’y avait pas d’humain
Entre le cochon et le poisson,
Et quand j’ai décidé, que seul, est resté
Mon joker parmi leurs atouts,
Elle m’a dit : "prend avec toi
Les clefs de mes portes."

Traduction : Sarah P. Struve

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 10:14

Timofeev"За окном черемуха колышется – Za oknom tcherïomoukha kolychytsa - Sous la fenêtre, le merisier bruit" est une  romance dont le texte original fut écrit en 1926 par Boris Timofeev (1899-1963)  plus connu  comme un « poète – satiriste. » il est, cependant, l’auteur de nombre de poèmes qui devinrent des romances. Le texte  même de cette chanson, est une variation de l’auteur autour de son poème.

  Le nom du compositeur de la musique n’apparaît dans aucun recueil de chansons soviétique où fut publiée cette romance. Il Prozorovski soldat zoomest plus que probable, que l’auteur en soit Boris Prozorovski, dont Stengazeta a déjà parlé et qui travailla souvent avec Timofeiev. 

La vidéo ci-après,  trouvée sur le net, reprend l’une des plus belles interprétations de cette chanson, celle du cœur académique populaire russe de l’Oural.

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За окном черемуха колышется / Sous la fenêtre, le merisier bruit

Paroles : Boris Timofeev – Musique Boris Prozorovski

Sous la fenêtre, le merisier bruit,
Ses pétales, répandant.
De derrière la rivière, une voix familière s’entend,
Là-bas, les rossignols chantent toute la nuit.

Mon cœur de jeune fille s'est mis à battre joyeusement …
Comme il fait  doux, comme il fait bon dans le jardin!
Attends-moi, mon joyeux, mon aimant,
À l'heure intime je viendrai à toi.

O, pourquoi mon  cœur, par toi, fut arraché ?
Pour qui donc, maintenant, brille ton regard ?
Je ne regrette pas que tu m'aies quitté,
Je regrette seulement que les gens parlent trop.

Droit vers la rivière, s’enfonce, le sentier,
Le gamin dort, il n’y est pour rien.
Je ne vais ni pleurer, ni m’attrister,
Le passé ne reviendra jamais.

Sous la fenêtre, le merisier bruit,
Ses pétales, répandant.
De derrière la rivière, la voix familière ne résonne plus,
Là-bas, les rossignols ne chantent plus.

Traduction : Sarah P. Struve

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:16

Vissotski-1977.jpgVoici une  chansons de Vladimir Vissotski qu'il a dédiée à Boulat Okoudjava.  Le vidéogramme ci-après, glané sur le net, reprend l’intégralité du texte sous le titre de «Притча о Правде и Лжи - Pritcha o Pravde i Lzhy - Parabole sur la Vérité et le Mensonge» la traduction quant à elle reprend une version raccourcie et ramassée de ce texte et qui, à mon goût, est plus puissante et intense. Cette seconde version s’intitule «Бала да о Правде и Лжи - Balada o Pravde i Lzhy - Balade de Vérité et de Mensonge  Chacun comprendra sa vérité en écoutant cette chanson, du moins autant que nos propres mensonges nous le permettrons. Pour conclure, mensonge et vérité, sont deux mots, qui sont en russe, du genre féminin,  ce qui fait que la connotation du texte n’est pas exactement  la même dans le texte original que dans la traduction en français.

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Балада о Правде и Лжи  / Balade de Vérité et de Mensonge 

Vladimir Vissotski (1977)

"Voilà une chanson qui s’appelle « en imitation de Boulat Okoudjava » Je l’aime beaucoup, il est mon père spirituel, j’ai commencé à écrire à cause de lui, alors, voilà, pour lui, j’ai inventé  cette chanson." V. Vissotski.

Une tendre Vérité aux beaux atours se promenait,
S’étant attifée pour de miséreux et bienheureux estropiés,
Un grossier Mensonge attira chez soi, cette Vérité :
Reste donc chez moi afin que je puisse t’abriter.
Et la Vérité crédule s’endormit tranquillement.
Salivant dans son sommeil, elle souriait, 
Le rusé Mensonge tira la couverture à lui,
S’agrippant à la Vérité, il ressentit un grand contentement.

Et il se leva et lui tailla une gueule de bouledogue,
Une bonne femme comme une autre, pourquoi donc l’épargner
Il n’y a aucune différence entre le Mensonge et la Vérité,
Si, bien-sûr, on déshabille l’un et l’autre.
Il détressa habilement, des nattes, les rubans dorés,
Attrapa des vêtements, les essayant au jugé.
Il prit l’argent et la montre et encore les papiers,
Cracha, invectiva grossièrement et ficha le camp.

 C’est seulement au matin que la Vérité s’aperçut de cette perte
Et s’étonna s’étant, avec attention, regardée
Quelqu'un ayant trouvé quelque part de la suie noire,
Avait badigeonné la pure Vérité, à part cela, ça allait.
Lorsqu’on jetait sur elle des pierres, La Vérité riait
« Le Mensonge c’est tout et,  mes atours sont faits de Mensonge. »
Deux bienheureux estropiés établissaient un procès-verbal,
En là traitant de tous les noms.

Ce procès-verbal se terminait par une tirade blessante,
Rendant la Vérité responsable d’affaires ne la concernant pas,
A ce que l’on dit une certaine ordure s’appelant Vérité,
s’est saoulée et a cuvée complètement dénudée,
Longuement elle vagabonda, malade, désargentée
Et, sur ses longues et fines jambes, se sauva.

Un original combat, à ce jour, pour la Vérité,
Il est vrai que dans ses discours, de vérité, il n’y a que morceaux éparpillés,
La pure Vérité, avec le temps, pourra triompher,
A condition qu’elle fasse la même chose que le Mensonge consommé.
Souvent, 170 grammes pour un frère, ayant versé,
Tu ne sais, pas-même, par qui tu te feras abriter.

Traduction : Sarah P. Struve

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 12:49

"На улице дождик - Na oulitsé dozhdik - Dans la rue, la pluie" est une chanson populaire russe datant certainement, au plus tard du début du XIX° siècle. Le nom des  auteurs de cette chanson, reste inconnu.

Sarah-P-Struve-na-ulitse-dozhdik.jpgL’une des plus belles interprétations, est celle de Lidia Rouslanova, (1900 – 1973) Lidia Rouslanova est  une célèbre chanteuse populaire russe. Originaire d’une famille de vieux croyants, elle était avec Clavdia Shulchenko, le prototype de ces chanteuses russes qui ponctuèrent le XX° siècle soviétique.

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На улице дождик / Dans la rue, la pluie
Chanson populaire

Dans la rue, la pluie
Tombe à verse
Tombe à verse
Rabattant la terre
Rabattant la terre
Un frère, berce sa sœur
Oï, liuchenki lïuli
Un frère berce sa sœur
Un frère berce sa sœur
Il lui dit
Dépêche toi de grandir,
Et sois plus sage.
Tu deviendras grande
En mariage, on te donnera
Oï, liuchenki lïuli
En mariage, on te donnera
En mariage, on te donnera
Dans un village étranger
Oï, liuchenki lïuli
Dans une famille ne voulant pas de toi.
Dans la rue la pluie
Tombe à verse
Rabattant la terre
Rabattant la terre
Un frère berce sa sœur.

Traduction ; Sarah P. Struve

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 19:23

L’auteur de "За окном зима и ночь - Za oknom zima i notch - Derrière la fenêtre, l’hiver et la nuit," écrite en 1992, est Vassili Mokhov. Voici ce que dit de lui l’interprète de cette chanson, Igor Rasteriaev :
Vassili-Mokhov-copie-1.jpg« Vassili Fiodorovitch Mokhov est un ami très proche de mon père, son pays de Rakovka (region de Volgograd). Il est le parrain de ma sœur et mon père est le parrain de sa fille, c'est à dire qu’ils sont compères. Par ailleurs, Vassili Fiodorovitch  est le président du club de bania. C’est un club d’amis qui, tous les vendredis, vont à la bania et puis ensuite, ils s’assoient quelque part en se reposant  d'une façon civilisée;  mélangeant la boisson modéré, la guitare et les discutions intimes. Dans les meilleurs moments du club, les années 80 et 90, la bania était fréquentée par près de vingt personnes de tous milieux sociaux et de toutes professions. Il y avait des peintres et des médecins, des artistes du théâtre Dobine et des dockers,  des musiciens… Ensuite tous allaient à l'atelier de papa et de son collègue, oncle Vadim Suris, et alors, commençait la tablée … Ces banias, ces tablées, ont mis en moi, comme je le comprends maintenant, nombre de choses de ce que je suis aujourd'hui. L'oncle Vassia prenait sa guitare et se  mettais à chanter … C’est lui que je considère comme mon professeur, au même titre que les bardes, les rockers et mon poteau, Gricha de Glinichtcha, qui, malheureusement, n’est plus, en raison de l'alcool. »
Dans cette chanson, il est question de la "Belomor." c'est le nom abrégé de Belomorkanal qui est une marque de "Papirosses" cigarettes russes au long filtre de carton. La marque Belomorkanal fut crée en 1932 à Léningrad. Elle porte le nom du canal de la mer blanche.

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За окном зима и ночь / Derrière la fenêtre, l’hiver et la nuit
Vassili Mokhov (1992)

Derrière la fenêtre, l’hiver et la nuit,
Dans la cour, la neige est tombée,
Ma femme dort, ma fille s’est endormie,
Dans leur sommeil, elles sourient,
J’ouvrirai la porte, doucement,
Silencieux, je sortirai dans le corridor
Et, à la cuisine je m’allumerai
Une Léningradoise Belomor.

Derrière le mur, l’obscurité et le froid,
Le verre de thé est rempli et je suis prêt
À me replonger de la tête,
Dans le monde merveilleux de mes poésies,
S’envoleront mes pensées
Et, en elles, je m’emporterai,
Peut être bien trente ans en arrière,
Peut être bien trente ans en avant.

Là-bas, au printemps, chante l’étourneau
Et fleurie le jardin derrière la maison,
Là-bas, le père est toujours en bonne santé
Et maman a le regard clair,
Dans le monde entier, il n’y a plus de guerre,
Le dernier combat s’en est allé,
À mon épouse, j’offre des fleurs
Et mon ami est encore vivant.

Avec moi-même, je parlerai
De ce que j’ai su faire et ce que je n’ai pu,
Bien que je me rende compte, tout à fait,
De ces lignes, toute la naïveté,
Et, à travers la vitre embuée,
Derrière laquelle, il y a une cour noire,
Je regarde par la fenêtre toute la nuit
Et je fume ma Belomor.

Traduction : Sarah P. Struve
 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 12:59

L’auteur, interprète de la chanson "Русская Дорога – Rousskaïa doroga - La route russe " s’appelle Igor Rasteriaev. Cette chanson est issue de son premier album, au nom éponyme,  paru en février 2011. Igor Rasteriaev est né en 1980 à Leningrad, acteur tant au cinéma qu’au théâtre, Il a commencé à être connu en interprétant ses chansons toutes filmées sur téléphone portable puis postées sur YouTube. Sa première vidéo mise en lige en  février 2010 n’attira, les six premier mois, que 300 visiteurs mais, brusquement en août 2010, elle sera visionnée près de 300 000 foix. Rasteriaev est l’auteur de la plupart de ses textes. À la fin de l’année 2011, ses vidéos avaient été regardées plus de deux millions six cents fois.Le chemin russeEn juillet 2011 il participe au festival "Нашествие – Nachestvie." Cette même année il est nominé pour le prix musical "Степной волк – Steppnoï volk - le loup des steppes" créé par la Maison centrale de l’artiste de Moscou et le critique musical, Artïom Troïtski.
Dans la chanson il est question de Soussanine. Ivan Soussanine est un héros russe du temps des troubles. Enrôlé de force durant l’hiver 1612 - 1613 dans un détachement polonais,  afin de le mener à travers forêt au Tsar Michel, premier des Romanov, près de la ville de Kostroma. Soussanine égara le détachement polonais qui disparu à tout jamais dans la forêt russe. Ivan Soussanine paya de sa vie ce geste héroïque. soussanine.jpg

Русская дорога / Route russe
Igor Rasteriaev

Ne sentant plus ses bottes, de part la terre éplorée, 
S’éloigne de l’ennemi, notre détachement saigné à blanc ;
Se nourrissant de feuilles d'oseille, tout en marchant,
Couchant dans des ravins, sous les buissons d'obier.

Nous ne pouvons nous reposer – plus vite, plus vite, plus vite,
Et nos prétendus amis se sont installès derrière une butte,
Regardant comme on nous bat, sans pouvoir en arracher leurs yeux
Et seules les longues routes sont entièrement avec nous.

Essuie tes larmes, repose toi un peu, je suis la route russe,
Recule, et moi, je te recouvrirai de boue et d’eau.

De la boue jusqu’aux oreilles, dans l'eau jusqu'aux yeux,
Au bout d’un moment les ennemis nous ont rattrapés à nouveau
Et, ils nous battent encore plus fort, juste un instant et, ils gagneront
Mais, se précipitent  à notre secours, les froids rigoureux.

Attends, essuie  tes larmes brûlantes, nous sommes les froids russes,
Nous les frigorifierons, de cafard, les recouvrirons, leur rappelant Moscou.

À la guerre, la nature elle est comme notre propre mère,
Il y a un temps pour s’enterrer et il y a un temps pour attaquer
Et très vite, dans les bourgs ennemis, nous nous fîmes annoncer
Et on s’est mis à tout détruire à l’entour, les battants à plate couture.

On les a mis en pièces, transformés en vieux débris
Et, en les achevant, on expliquait aux ennemis gémissants :
Retenez notre énigmatique tactique -
Lorsque nous reculons c’est que nous allons en avant !


Ensemble avec les froids et les forêts, devant nous Soussanine.
Simplement Dieu nous a légué la route russe,
La route russe, la route russe, la route russe…

Traduction : Sarah P. Struve

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 14:18

Elena Vaènga nous apporte de son nord natal et de l’influence pétersbourgeoise, sa poésie et sa musique à l’éclatante beauté boréales et à la force d’un folklore encore non corrompu par la machine broyeuse mondialiste. Voici « Косы – Kossy – Les nattes » cette chanson au style rock-folk et issue de l’album « Absenta - Абсент » édité en 2007.

Absente.jpgLa chanson sera reprise en 2009 lors de l’enregistrement de l’album live « Желаю солнца – Zhelaïu solntsa – Je désire du soleil » Le vidéogramme ci-après, a été enregistré lors de ce même concert, tenu à l’auditorium « МИР – MIR » située à Moscou.

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Косы / Les nattes 

Elena Vaènga

Est-ce arrivé ou pas,
Ce n’est pas à moi, maintenant,
d’en juger,
Apparemment,  en  vain me suis-je consumée,
Le cœur est douloureux,  une bête sauvage.

Mes  tresses noires, j’ai dénoués,
Ma peau blanche.
Au seuil - mes vingt ans,
Qu’ai-je donc faits ?

Tu m’as volé tel un corbeau noir,
Déchirant  par les coutures, ma robe blanche
Et moi, j’y ai cru, je t’ai  suivie,
Courageuse…  Courageuse que je suis.

Jettera en tas,
La mémoire des jours lointains,
D'étain  ou d’'or,
Les anneaux des fiançailles.

Mes  tresses noires, j’ai dénoués,
Ma  peau blanche.
Au seuil - mes vingt ans,
Qu’ai-je donc faits ?

Et toi, Tu m’as volé tel un corbeau noir,
Déchirant  par les coutures, ma robe blanche
Et moi, j’y ai cru, je t’ai  suivie,
Courageuse…  Courageuse,  que je suis.

Est-ce arrivé ou pas,
Ce n’est pas à moi, maintenant,  d’en juger,
Apparemment,  en  vain me suis-je consumée,
Le cœur est douloureux,  une bête sauvage.

Mes  tresses noires, j’ai dénoués,
Ma peau blanche.
Au seuil - mes vingt ans,
Qu’ai-je donc faits ?

Tu m’as volé tel un corbeau noir,
Déchirant  par les coutures, ma robe blanche.

Et moi, j’y ai cru, je t’ai suivie,
Courageuse…  Courageuse,  que je suis.

Traduction : Sarah P. Struve
(Pour D. A.)

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  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
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