Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 10:29

On tente de transformer la ville de la gloire russe en rempart de l’indépendance ukrainienne.

Par Igor Elkov; (Rossiiskaia Gazeta 22/05/08)

Marcher au pas et danser

sebastopol-1.jpg

- Je ne m’imagine pas comment je vais continuer à vivre sans le poste N°1, - se désole Nastia avec une franchise désarmante. – Demain c’est la dernière fois que j’y monterai la garde. Ici se sont seulement les écoliers qui montent la garde et moi j’ai terminée l’école…

A Sébastopol, on appelle le poste N°1, la garde d’honneur que montent de jeunes écoliers en uniforme dans le centre de la ville, sur la place Nakhimov. Pour cette garde d’honneur, à coté du mémorial pour la défense héroïque de Sébastopol durant les années 1941 – 42, on ne laisse venir que les meilleurs des meilleurs. Chaque heure, au pas cadencé, avance la relève de la garde.

Nastia, l’une des factionnaires. Parle de son « service » passionnément, comme parleraient ses camarades de Moscou à propos d’une expédition dans les magasins. Au premier regard on a le sentiment que la jeune fille ne fait que répéter des mots appris par cœur : De la fierté, de l’honneur, de la confiance. Et puis, brusquement tu comprends qu’elle veut y croire, le cynisme des mégapoles n’a pas encore englouti toute la Crimée.

- Nous sommes le visage de toute la ville – dit, convaincue, la jeune fille. – Et ce que tu ressens à ce poste, tu ne peux pas l’exprimer simplement avec des mots. Pour être franche, rester en faction sans un frémissement, marcher au pas, ce n’est pas facile. Mais vous ne me croirez pas, mais je ne fatigue pas du tout ! C’est une sensation féerique !

Sébastopol et tous ce qui se passe actuellement dans cette ville, on a coutume de le voir à travers le prisme de la dissension entre slaves. Cette ville de légende est, pour beaucoup, orienté vers la Russie, cela dérange Kiev qui essaye de réécrire l’Histoire… Dans la réalité, les choses ne sont pas si simples…

La mère de Nastia Gara vient de Russie, de la république des Komis, elle travaille dans une compagnie pétrolière russe. Son papa est d’Ukraine occidentale, c’est un constructeur. Son grand-père a été au front, sa grand-mère était une partisane. Son grand-père est parti combattre en 41, en 42 il a été fait prisonnier, il a été en camps de concentration. Ce sont les Français qui l’ont libéré et l’ont remis au pouvoir soviétique. Arrivé chez lui, il a été tout de suite dans un camp de filtration et, delà, directement en république de Komi, travailler comme bûcheron. Nastia dit : On l’a désigné comme traître et on l’a envoyé dans un bataillon disciplinaire. En réalité c’était un bataillon disciplinaire de travail. C’est la-bas qu’il a rencontré la grand-mère de Nastia. Ils n’avaient pratiquement rien à manger et la grand-mère travaillait aux cuisines, elle leur apportait des épluchures de pomme de terre. Le grand-père à été bûcheron en Sibérie jusqu’en 1956, tant qu’il n’a pas reçut son passeport intérieur. Toute la famille a déménagée à Novaia Kakhovka sur le chantier d’une centrale électrique et plus tard, en Crimée…

J’imagine que l’histoire de la famille de Nastia, c’est une véritable prise de tête pour les politologues et historiens dessebastopol-nastia.jpg deux pays. D’après son passeport elle est ukrainienne. Par sa façon de penser, c’est une patriote de Sébastopol, ni de Russie, ni d’Ukraine, tout simplement de ce morceau de chois qu’est Sébastopol, dont l’image est restée chez les gens de l’ancienne génération, un brin soviétique. C’est comme cela.

Nastia ne s’intéresse pas à la politique ; il y a deux choses qu’elle aime particulièrement : danser et marcher au pas cadencé. Elle s’intéresse un peu à la littérature, elle écrit des vers et rêve de rentrer à la faculté de droit. Pas obligatoirement en Crimée ou en Ukraine. Il n’est pas exclu qu’elle tante sa chance dans la patrie historique de sa mère, en Russie.

- Peut être que je deviendrais juge d'instruction, - pense la jeune fille. – ou, peut être même procureur.

Déjà après notre départ de Crimée, une nouvelle est tombée sur le téléscripteur : « A Sébastopol on faîte l’anniversaire de l’union des organisations de jeunesse de la ville héros, dans le défilé prennent part plus de 10 milles écoliers. »

 

Tout est compris

 

Mais, d’un jour à l’autre, par les villes et les chemins de Crimée « défilerons » d’autres personnages. La saison thermale va commencer. L’an dernier, plus de cinq millions de vacanciers ont visités la Crimée.

Cette année, d’après les pronostiques, pas moins de six millions de visiteurs sont attendus.

Il est attendu cette saison plus de gens venant de Russie. Mais le touriste principal, d’après le ministre du tourisme et du thermalisme de Crimée, Vladimir Savelev, se sont les Ukrainiens. Les prix vont augmenter mais, cela n’arrêtera personne. Il est attendu des touristes de l'étranger : les Allemands omniprésents, des Anglais, des Français et, si étrange que cela puisse paraître, des Turcs. La Turquie étant considérée comme la principale destination touristique, concurrente de la Crimée.

- Cela fait déjà beaucoup d'années d’affilés que nous venons nous reposer en Crimée, - disent Léna et Marat, un couple de la région de Moscou. – On a été en Turquie, on a plutôt aimé. L'avantage principal de la Turquie – les prix où tout est inclus. Par contre la Crimée a deux avantages important et concurrentiels. Primo : on y va par le train. C'est important pour ceux qui ont peur en avions. Et le billet est assez bon marché : Dans un wagon à places réservées, de Moscou jusqu'à Simféropol, cela coûte 1300 roubles (moins de 40€.)

Deuxièmement : Et la langue et la mentalité sont les mêmes. Et puis les commerçants ne sont pas harcelants.

Léna et Marat louent une chambre dans ce que l’on appèle le secteur privé. Ce plaisir revient à 30$ par jour en début de saison (l’année dernière c’était 20$.) Au mois de juillet le prix monte jusqu'à 40$. Les prix en Crimée sont considérés comme mesurés. Pour 40 ou 50 Grivnas ( 1 grivna = 0,135€) on peut manger correctement. La bière, c’est le même prix qu’en Russie (4-5 Grivna) Un trajet en « marchroutka » (sorte de taxi collectif, appelé en Crimée « Topik ») coûte 1,5 grivna (…)

Les autorités veulent très sérieusement amener le confort et les services au niveau des standards occidentaux. Une tâche ambitieuse, mais en principe faisable. Mais pour l’instant ce n’est pas tant l’amélioration du service qui réussit mais d’organier les vacances selon les règles occidentales. Par exemple, cette année il est interdit de se faire photographier avec des animaux sauvages. Les défenseurs des animaux ont convaincu les autorités que les photographes de rue commettent des atrocités : En enroulant avec du scotch la gueule des crocodiles, en droguant les guenons, et rendent les chouettes aveugles à cause des flashs.

Une attention particulière à été donnée à l’écologie et à la sécurité. Les plongeurs du ministère des situations d’urgence contrôlent les plages de Crimée à la recherche d’objet dangereux et notamment des obus.

 

Les Yankees dans le jardin

 

A propos de bombes. La veille, « en passant, » la frégate américaine lance-missiles ; John L. Hall, est venue jeter un coup d’œil. Formellement, l’Américain est venu pour le 9 mai, jour de la victoire, malgré tout, ce sont des alliés de la deuxième guerre mondiale, mais après la fête de la victoire, le navire n’a pas repris la mer, s’invitant jusqu’à la parade de la flotte de la mer noire.

sebastopol-srapeau-marib.jpgPour cette frégate on a réuni des conditions spéciales de sécurité et étudié soigneusement les fonds marins de la baie pour éviter des mines.

Le fait est que l’année dernière, lors d’une visite analogue des Américains,il fallut vivre des heures désagréables : En raison d’une conjoncture étrange, non loin de leur navire, a émergée dans la baie, une vieille mine marine... Ce à quoi vous pensez maintenant semble très clair. Mais on n’a pas trouvé de preuves de ce qu’un méchant projet se préparait. C’étaient simplement des échos de la guerre.

Mais pour cette fois, pour les Yankees leur visite en Crimée s’est même passée sans sport extrême : Soit toutes les mines furent repêchées, soit les Américains ont eux simplement de la chance. Les organisations locales de vétérans ont d’abord voulus faire des piquets devant la frégate, mais ont finis par changer d’avis.

Pour l’anniversaire de la victoire sur le fascisme, les marins américains ont organisés une grande réception sur leur frégate. La flotte russe « ne fut pas remarquée » par les Yankees, les congratulations pour le jour de la victoire s’adressaient exclusivement aux alliés ukrainiens.

- La frégate à voile « Pallada » faisait un tour du monde – a raconté aux correspondants de « R.G. » son capitaine, Nikolaï Zortchenko. – Pour pouvoir arriver à temps à Sébastopol, nous avons remis notre escale à Alger et, il s’est trouvé que nous nous sommes amarrés en voisin de la frégate américaine.

- c’est pour cela qu’ils nous ont invité, - continu Dmitri Teslenko, L'officier en second de la « Pallada. » - Il aurait mieux valut que nous n’allions pas sur le navire américain. Au début se fut simplement gênant, puis ce fut carrément répugnant. Nous sentions que nous n’étions pas à notre place. Les Yankees et les militaires ukrainiens s’encensaient mutuellement. Nous étions tout simplement ignorés.

On peut pardonner aux américains, leurs connaissances historiques sont plutôt succinctes. Mais les officiers ukrainiens ne devaient pas avoir encore oublié leur Histoire.

- Finalement, quand la partie officielle s'est achevée, les diplomates et le commandant de la frégate se sont approchés de nous, - continue le second de la "Pallada". – ils nous ont dits qu’ils ne nous avaient, simplement, pas remarqué, et se sont excusés d’avoir oublié la Russie. Aucun Ukrainien ne s'est approché de nous.

Il est possible que cela soit par jalousie. Leur flotte, comme leur armée, vit des temps difficiles Le ministère de la défense à décidé de réduire le nombre d’appelé à 150 milles militaires ( il y a peu, ils étaient 245 milles.) Il est vrai qu’on à jeté un peu de sous aux militaires ; Les contractuels du rang touchent 850 grivnas (114€) les lieutenants 1700 grivnas (228€.)

Sur les navires, la paye est plus généreuse. Le matelot contractuel touche à partir de 1100 grivnas plus une prime appréciable au moment de la signature du contrat, un uniforme gratuit, quatre repas par jour, un hébergement en collectivité au sol. Le temps de travail est réglementé : 5 jours travaillés de 7h20 à 17h50.

Le militaire de l’armée de terre ukrainienne a parfois la chance financière de combattre en Irak. Dans ce cas l’homme de troupe perçoit 700$ et les officiers perçoivent jusqu’à 1200$. Il y a pas si longtemps, le vice-ministre Alexandre Kouzmouk à conseillé de payer au contractuels pas moins de 3000 grivnas, aux lieutenants entre 4500 et 5000 grivnas, aux colonels, 7000 grivnas et aux généraux et aux amiraux jusqu'à 9000 grivnas.

Mais ce ne sont que des perspectives. Pour l’instant la réalité est que 48 milles officiers sont sans logement alors que les amiraux n’ont que quelques navires capables de prendre la mer. On n’arrive pas à réparer depuis plusieurs années l’unique sous-marin « Zaporizhia. »

La flotte russe de la mer noire, en vérité, a connu de meilleurs temps. Mais la parade pour les 225 ans de sa création, a montré qu’il y a encore de la poudre dans les poudrières; et que des navires de la classe du croiseur lance-missiles « Moskva,» il n’y en aura jamais chez les collègues ukrainiens. Le ministère de la défense d’Ukraine a décidé de ne pas construire de navires plus importants qu’une corvette.

Pour ne pas déranger inutilement les marins ukrainiens, le commandement de la flotte russe de la mer noir a confidentialisé les données concernant le niveau matériel des officiers. On peut dire que nos officiers ont de meilleurs appartements et qu’on les paye mieux. Mais le plus important, c’est qu’ils sortent en mer plus souvent. Ce qui veut dire qu’ils ont le droit de se faire appeler de véritables marins.

 

Après le bal

 

- Sébastopol est une ville étonnante – reconnaît le capitaine de la « Pallada » Nicolaï Zortchenko, - Et les gens ! On ne sebastopl-marin-photo.jpgtrouve pas partout de tels patriotes de la Russie. Ils sont intérieurement et dans leur apparence des Russes. Grâce à eux, Sébastopol est la ville la plus russe et pas seulement de Crimée mais aussi de Russie.

- Vous demandez de quoi nous, habitant de Sébastopol, avons besoin de la part de la Russie ? - Hausse des épaules Boris Vassilevitch, un marin sébastolite de souche nous ayant organisé une visite sur un navire de secours de la flotte de la mer noire. - Mais, rien de particulier. Simplement, essayez de conserver cette parcelle de Russie, qu’il y a ici.

Boris Vassilevitch a 59 ans, dont 58 passés en Crimée. D’après lui, beaucoup de gens qui ont applaudis Loujkov (le maire de Moscou) ne l’ont pas seulement fait parce qu’il peut ou veut changer le statu de la Crimée. Les gens ont du plaisir à constater que les hauts fonctionnaires de Russie se souviennent d’eux. Cela n’est déjà pas si mal.

Après l’intervention enflammée du maire de Moscou à la parade de la flotte, les passions en Crimée se sont exacerbées. Rien de grave ne s’est passé. Simplement les habitants prorusses demandent encore plus activement la tenue d’un referendum afin d’annuler le départ de la flotte russe prévu en 2017. Parallèlement leurs adversaires proposent de montrer la porte à la flotte étrangère sans attendre la date prévue.

En même temps tous comprennent qu’aucun de leur projet n’est réellement réalisable. Le référendum sera interdit, et la flotte ne partira nulle part avant la date prévue. Dans le cas contraire les suites en seront catastrophiques ; Sans compter les milliers de militaires qui dépensent leur revenu là où ils résident et sans prendre en compte, que l’alimentation des militaires de la flotte de la mer noire et achetée en Ukraine, comment peut on simplement ignorer les gens travaillants pour la flotte. Ils sont vingt cinq milles, c’est comme ci demain un sébastopolite sur dix se retrouvait sans travail. L’économie de la presqu’île résisteras-t-elle ?

Et puis, il y a eu quelque chose de semblable en 1995 lors du partage des biens de la flotte de la mer noire. Les forces maritimes d’Ukraine reçurent un projet top secret dit « projet 825 GuéTS » Dans la falaise à côté de Balaklava de 1957 à 1961, à la suite d’efforts titianesques, on a creusé une usine militaire. Un canal souterrain de 380 mètres pouvant contenir sept sous-marins. L’installation pouvait résister à une frappe nucléaire et continuer à fonctionner pendant trois ans, tout en hébergeant la population de Sébastopol. Il y avait une boulangerie, des entrepôts, un hôpital.

Une caverne aux miracles a été vite inventée pour cette installation, comme une digne application civile. Créer un musée de "la guerre froide" : avec un hôtel et un vrai sous-marin. Mais jusqu'à aujourd’hui il n’y a ni hôtel, ni sous-marin. Et tout a été pillé. Dans la presse locale le projet ne fut plus appelé autrement que comme "un loupé à la façon de Balaklava.»

Il est fort possible que cela soit une anticipation de ce qui attend les bases de la flotte en cas du départ hypothétique de celle-ci.

Traduction: Sarah P. Struve

05865738875f7fceade178ce5887fcfd.jpg

Partager cet article
Repost0
31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 23:45

Youri Chevtchouk est née en 1957 dans la région de Magadan dans une famille d’instituteurs. En 1964 la famille déménage à Naltchik, capitale de la Kabardino-Balkarie. Très jeune Chevtchouk travaille le dessin. A Naltchik, Youri commence à prendre des cours de musique. En 1970, La famille déménage à nouveau, cette fois à Oufa. Chevtchouk entreprend des études de peinture à l’école des beaux arts de Bachkirie et obtient son diplôme, parallèlement il étudie divers instruments de musique et s’intéresse au rock’n toll, pratiquant la musique dans le cadre de la maison des pionniers  

En 1980 Chevtchouk crée un groupe qui sera bientôt connue sous le nom de DDT. A cette époque Youri commence à écrire de la poésie qu’il interprète à la guitare. Son premier recueil de poésie, « Les défenseurs de Troie » paraîtra en 1999.

La chanson "Qu’est ce l’automne" vient de l’album parut en 1993 "Чёрный пёс Петербург" ( le chien noir Pétersbourg.)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Youri Chevtchouk / Юрий Шевчук    

Что такое осень  / Qu’est ce l’automne    

(1993)  

Qu’est ce l’automne, c’est le ciel,
Le ciel larmoyant sous les pieds.
Dans les flaques, avec les nuages, se dispersent les oiseaux,
Automne, cela fait longtemps que je n’ai été avec toi.
Dans les flaques, avec les nuages, se dispersent les oiseaux,
Automne, cela fait longtemps que je n’ai été avec toi

Automne, dans le ciel on brûle les vaisseaux.
Automne, je voudrais quitter la terre,
Là, où se noie la tristesse dans la mer,
Automne, lointaine obscurité.

Qu’est ce l’automne, ce sont les pierres,
C’est la fidélité au dessus de la Neva
noircissant.
L’automne rappelle l’essentiel à l’âme,
Automne, je suis à nouveau privé de sérénité.
L’automne rappelle l’essentiel à l’âme,
Automne, je suis à nouveau privé de sérénité.

Automne, dans le ciel on brûle les vaisseaux
Automne, je voudrais quitter la terre,
Là, où se noie la tristesse dans la mer,
Automne, lointaine obscurité.

Qu’est ce l’automne,. C’est le vent
Qui joue à nouveau avec ses chaînes déchaînées.
Automne, , arriverons nous,
jusqu’à la réponse, à nous traîner ?
Qu’adviendra-t-il de notre patrie et de nous?
Automne, arriverons nous à nous traîner, à survivre jusqu’au point du jour ?
Automne, demain qu’adviendra-t-il de nous?

Automne, dans le ciel on brûle les vaisseaux
Automne, je voudrais quitter la terre,
Là, où se noie la tristesse dans la mer,
Automne, lointaine obscurité.

Telle une meute, la ville se dissipe dans la brume
Automne, que savais-je de toi ?
Combien de temps va flamboyer ton feuillage ?
L’automne a éternellement raison.

Traduction: S. P. Struve

Partager cet article
Repost0
28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 10:42
55a4d634bdc8609a449a7efd8393f752.jpg

Le groupe : L’idée de créer le collectif « Bul-bul » s'est formée à Moscou durant l'été 2005.

"Бюль-бюль" (Bul-bul en azerbaïdjanais "gorge de rossignol") se dit en langue Altaï : " Top-top" C’est le nom d'un chant folklorique rituelle de l'Altaï, il est chanté le jour, où l’enfant fait ses premiers pas. C’est l’une des chansons préférées du groupe, raison pour laquelle, il a été décidé l’appeler ainsi.

Le collectif tente de faire la synthèse des sons de musiques de diverses cultures et ethnies. C’est la combinaison du chant de gorge de l'Altaï avec le folklore ancien et contemporain russe, des chœurs géorgiens et des chants cosaques, le son des instruments de l’'Altaï et de Touva avec les instruments africains, arabes et européens

Ce projet est, en quelque sorte, un laboratoire ethno-musical, où se passent des expériences de danses, des expériences sonores, rythmiques et stylistiques de cultures de différents pays du monde.

Le groupe est composé de : Boulat Gafarov, responsable du projet et musicien, Inna Lykitcheva : chant, Roustem Karimov : chant, Rouben Aganezov : percutions, Nogone Choumarov : chant de gorge.

________________________

 

Le chant de gorge: ou encore chant diphonique est une technique de chant permettant de produire plusieurs sons à la fois et donc, de faire du chant polyphonique au moyen d'une seule voix. Un bourdon grave est produit avec la gorge tandis que des harmoniques aiguës sont produites simultanément par résonance.

Le chant diphonique mongol (xoomeï) est particulièrement célèbre. Différents styles y sont représentés, et se retrouvent dans les pays  voisins : Touva, Bouriatie, République de l'Altaï, etc. Il existe de nombreuses autres traditions de chant de gorge de par le monde — Xhosa en Afrique du Sud, Inuits, etc.(source wiki)

Partager cet article
Repost0
24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 11:06

Andreï Vadimovitch Makarevitch est né à Moscou, en 1953. Il est auteur-compositeur et chante ses textes depuis plus de trente ans. Makarevitvh est l’un des créateurs du groupe « Machina vréméni. » (La machine à explorer le temps.) Sa sensibilité, sa langue, en fonts l’une des figure de la poésie russe contemporaine. Makarevitch est également peintre.
« У Ломбарда - Ou Lombarda » (Aux mon de piété.) est issue de l’album du même nom paru en 1994.

u lambarda

У Ламбарда  / Au mont de piété

Андрей Макаревич  Andreï Makarevitch

Au mont-de-piété, le matin, il y a du monde,
Près du comptoir c’est la presse, la cohue.

Ce sont ceux pour qui c’est vraiment dur,
Ceux qui misent sur le dernier cheval.

Moi, je ne me mens pas, c'est un mauvais numéro,
Et puis l'espoir - connerie, faut pas y croire!
Hier, juste encore un peu, je serai mort,
Ils ont saoulé leur poteau. Leur mère…

Oh, tortueux, tu ai mon sentier,
J’ai peur et de moi et de Dieu.
je me lève timidement vers le guichet,
Je demande que l’on prenne en gage mon âme.

J’entends que l’on m’annonce le prix,
El le silence est tel, on entendrai une mouche voler,
Je regarde le reçu, comme à travers un mur :
Pourquoi est-ce si peu cher, chez vous ?

Alors quoi, elle a des nerfs en bois,
Ou bien la graisse l’a aveuglée.
Ne peut elle discerner, la salope,
Le filon d’or de mon âme ?

La seule chose que j’entends ; « Citoyens, moins fort !
Vous faites trop de bruit, vous avez perdus la tête.
C’est le barème d'aujourd’hui.
Apparemment, le prix des âmes, a baissé. »

J’ai serré dans mon poing la piécette en cuivre,
J’irai dans ce monde qui m’étouffe,
Je ne suis pas si pauvre,
Je suis même parfois joyeux.

Et le reçu, au vent, je le laisserai aller,
Je ne reviendrais pas chercher mon âme, laissez tomber.
Puisqu’elle ne coûte que cinq kopeks.
Vraiment, Je n’en ai rien à faire !

Et de toute façon, seul le ver ronge,
On a craché dans ma gueule. pas la force de me battre...
Ne suis-je pas aussi humain, mon Dieu,
Mais pourquoi sont-ils avec nous ainsi, frères...

Traduction : Sarah P. Struve.

Partager cet article
Repost0
22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 11:12


En 1978 ou 79, Vissotski donna quelques concerts à l’Élysée-Montmartre. La salle était petite et le public était placé tout contre une scène minuscule. Un petit homme est entré, d’apparence timide, presque engoncé. Il marmonna quelque chose au micro, puis se mit à chanter. Imperceptiblement une sorte de long envoûtement nous pris tous lentement, y compris Vissotski qui semblait prendre de l’assurance et se précipiter, s’engouffrer définitivement dans ce qu’il chantait… il y avait quelque chose de « narcotique. » J’y suis retournée le lendemain. Cette chanson « Les chevaux » que Vissotski interprète dans ce vidéogramme de 1979, exprime cette lancinante fatale.  

 

  ____________

Vladimir Vissotski   / Владимир Высоцкий

                                 Les chevaux / Кони                                                      

Voilà, maintenant une chanson un peu plus légère, peut être. Cette chanson s’appelle « les chevaux » Cette chanson je l’ai écrite dans une sorte de stylisation de vieilles mélodies russes… Il y a aussi un peu de la romance tsigane... Voilà……. C’est le matin chez nous, tu comprends... c’est pourquoi… cela ne marche pas encore    

Le long du précipice, le long de l’abîme, sur le bord même
Je cravache mes chevaux avec le fouet
On dirait que je manque d’air, je bois le vent, j’avale le brouillard
Je pressens avec un funeste enthousiasme que je me perds, je me perds !

 
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement
N’écoutez pas le fouet nerveux
Mais on dirait que j’ai eu des chevaux capricieux ;
Et je n’ai pas eu le temps de vivre jusqu’au bout.

 
Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 
Je disparais – L’ouragan me balaie comme un flocon de la paume
Et en traîneau on m’entraînera au galop sur la neige au matin
Passer à un pas moins empressé, mes chevaux
Ne serait-ce qu’un peu, vous prolongerez le chemin vers le dernier refuge
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement
Le knout et le fouet ne sont pas vos précepteurs !
Mais on dirait que j’ai eu des chevaux capricieux ;
Et je n’ai pas eu le temps de vivre jusqu’au bout

Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

Nous sommes arrivés à temps : en visite chez le bon Dieu il n’y a pas de retard
Alors, pourquoi les anges chantent-ils avec des voix si méchantes ?
Est-ce la clochette qui s’est engourdie à force de sangloter ?
Ou bien, est-ce moi qui crie à mes chevaux pour qu’ils n’emportent pas si vite le traîneau !

 
Un peu plus lentement, chevaux, un peu plus lentement !
Je vous en supplie, ne vous envolez pas au galop
Mais on dirait que j’ai des chevaux capricieux
Si je n’ai pas eu le temps de vivre. Alors, au moins, je chanterai jusqu’au bout !

 
Je donnerai à boire à mes chevaux, je terminerai mon couplet
Je resterai encore au moins un instant sur le bord...

 
Traduction : Bïa Krieger 1977 + arrangements SPS.
Partager cet article
Repost0
21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 21:54

 

 

5c438742538aaeb6cb59375a5bc94941.jpg

En 1967, Okoudjava donnât un concert à la salle Pleyel. Nous étions toute une bande d’adolescents d’origine russe qui étions venus l’écouter. Une camarade, lors de l’entracte, demandât au chanteur pourquoi, pour lui, Dieu avait les yeux verts. Il lui répondit avec un plissement malicieux des yeux : « les yeux de ma femme sont verts."

S.P. Struve.

 

 

___________

 

Boulat Okoudjava
Молитва Франсуа Вийона ~ La prière de François Villon

Traduction: Le chant du monde

Tant que la terre tourne encore, tant que la lumière est vive,
Seigneur, donne à chacun ce qu'il n'a pas:
Au sage une tête, au poltron un cheval,
A l'heureux de l'argent... Et ne m'oublie pas.
 
Tant que la terre tourne encore - Seigneur c'est en ton pouvoir!
Donne à ceux qui veulent le pouvoir de régner à loisir,
Donne à souffler au généreux, au moins jusqu'au soir,
A Caïn donne le remords... Et ne m'oublie pas.

Je le sais : tu peux tout, je crois en ta sagesse,
Comme un soldat tué croit vivre en Paradis,
Comme chaque oreille croit à tes doux propos,
Comme nous croyons nous-mêmes, ne sachant ce que nous faisons!

Seigneur, mon Dieu, mon doux Seigneur aux yeux verts!
Tant que tourne encore la terre, et cela paraît bien étrange,
Tant qu'il lui reste encore du temps et du feu,
Donne à chacun un peu... Et ne m'oublie pas.

Partager cet article
Repost0
19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 11:23
  Boulat Okoudjava ~ Lenka Korolev 
  Окуджава Булат  ~  Ленька Королев

Traduction : Le chant du monde

"Soixante ans, c'est vraiment beaucoup. J’ai toujours eux l’impression que j’avais trente ans et puis d’un seul coup ce fut la soixantaine. Je ne m’y suis pas vraiment préparé."
B. Okoudjava.
_________________________
Lenka Korolev

Dans la cour, où chaque soir jouait le tourne-disque,
où les couples dansaient, soulevant la poussière,
les jeunes respectaient beaucoup Lenka Korolev
et lui décernèrent le titre de roi.

C’était un roi, comme tous les rois, tout-puissant, et si un ami
était dans le malheur ou avait la guigne,
il lui tendait sa main royale,
sa main fidèle et le sauvait.

Mais un jour que les " messerschmidts ", comme des corbeaux,
déchirèrent le silence à l’aube,
notre roi, comme un roi, mit sa casquette, en guise de couronne,
sur le coin de l’oeil et s’en fut à la guerre.

De nouveau joue le tourne-disque et le soleil est au zénith,
et il n’y a personne pour le pleurer.
Parce que le Roi était seul - excusez,
il n’avait pas eu le temps de prendre reine.

Mais où que j’aille, quelque objet qui m’occupe,
que ce soit pour affaire ou pour me balader,
je crois toujours qu’au premier carrefour
tout à coup je vais le retrouver.

Parce que s’il est bien vrai qu’à la guerre on tue,
la terre glaise n’est pas pour Lenka,
parce que je ne peux me figurer Moscou;
excusez, sans un roi comme celui-là.

 

Partager cet article
Repost0
16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 11:28

Poète russe de père géorgien et de mère arménienne, ses parents furent arrêtés durant les répressions staliniennes de 1937. Son père qui fut commissaire politique, fut fusillé et sa mère, fonctionnaire du parti, fit 18 ans de camps.

Boulat Okoudjava et l’une des figures les plus signifiante avec Galitch et Vissotski, parmi ceux que l’on a coutume d'appeler « les bardes russes. »

Okoudjava est parti volontaire combattre l’envahisseur nazi, Il fut à plusieurs reprise blessé durant les combats. Son œuvre exprime, entre autre, son horreur de la guerre.

~~~~~~~~~~~~~~~~

Chanson de la piétaille / Простите пехоте

Boulat Okoudjava / Булат Окуджава.

Traduction "Le chant du monde."

Pardonnez à la piétaille
D'être parfois si déraisonnable.
Toujours nous partons
Quand sur la terre explose le printemps.
D'un pas mal assuré
Sur l'escalier branlant. Et point de recours.
Et seul les saules blancs
Comme de blanches soeurs nous regardent partir.

Ne croyez pas au temps,
Quand il fait tomber la pluie interminablement.
Ne croyez pas aux fantassins,
Quand ils chantent des chants allègres.
N'y croyez pas, n'y croyez pas
Quand les rossignols dans les jardins font leur vacarme...
La vie avec la mort
N'a pas réglé tous ses comptes encore.

Le temps nous l'a appris:
Vis comme au bivouac, laisse ouverte la porte !
Camarade homme,
Il est pourtant attirant ton métier:
Toujours en campagne;
Et seule une chose nous ôte le sommeil !
Pourquoi donc partir
Quand sur la terre exulte le printemps?

 

Partager cet article
Repost0
10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 23:41

Cette chanson « Это всё, (Eto vsio) » est issue de l’album éponyme parut en 1994.  Sur la vidéo, Youri Chevtchouk est Accompagné par orchestre symphonique Tchaïkovski, sous la direction de V. Fedoseev

~~~~~~~~~~~~~~~~
ДДТ / DDT
Это всё / C’est tout

Musique & paroles : Youri Chevtchouk

Les feuilles pâlies de la fenêtre
Se couvrent de la transparence de l’eau,
L’eau n’a pas de mort, ni de fond.
Je te fais mes adieux
Une poignée de chaleur après un long hiver
Nous porterons. Cinq minutes avant le matin
Nous survivrons. Notre océan de fautes
S’enfuit à travers le temps-précipice.
   

C’est tout ce qui restera après moi
C’est tout ce que je prendrai avec moi

La mémoire est avec nous à table
Et dans sa main la flamme luit.
Tu fus tellement belle
Regardes moi, ne te tais pas.
Les cris d’une mouette sur un mur blanc
Cerclés de lune noire.
Dessines moi quelque chose sur la fenêtre
En guise d’adieux, chuchotes moi longuement.

C’est tout ce qui restera après moi
C’est tout ce que je prendrai avec moi

Deux rêves et un verre de tristesse
Ayant ressuscités, nous l'avons bus jusqu’à la lie
Je ne sais pourquoi, t’est donné
Le pouvoir de me conduire, route-lune.
Ne pleure pas, si tu peux, pardonnes.
La vie n’est pas du sucre, ni la mort du thé
Je dois continuer ma route
Au revoir ami, et adieu.

C’est tout ce qui restera après moi
C’est tout ce que je prendrai avec moi

Traduction : Sarah. P. Struve
Partager cet article
Repost0
10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 13:55

 Michka l’Odessite est une chanson qui fut interprétée par Léonid Outessov et son jazz-band entre 1942 et 45, voici donc un vidéogramme avec l'interprétation de cette chanson par Diana Arbenina.


~~~~~~~~~

Одессит Мишка  ~ Michka l'odessite  
Paroles: Dykhovitchnyi  ~ Musique: Volovats

Larges lagunes, verts marronniers, un chaland se balance dans la rade bleutée
Dans la belle Odessa un gamin sans culotte, déjà nourrisson, était considéré en vrai marin
Et si une amère offense l’atteint, le gamin ne le montrera pas et si il le montre, sa mère lui dira
Tu est un odessite Michka, et cela veut dire que ni le chagrin ni le malheur ne te fonts peur
Tu es un marin Michka et un marin ne pleure pas et ne perd jamais courage

Larges lagunes, verts marronniers, La belle Odessa est sous le feu ennemi
Avec sa mitrailleuse brûlante, un jeune gars en caban de marin, sans arrêt monte au quart
Et cette nuit, comme le jour précédant, se passe dans le bruit et la fureur
Le p’tit gars n’a pas peur, et ci la peur vient il se dira à lui-même:<
Tu es un odessite Michka, et cela veut dire que ni le chagrin ni le malheur ne te fonts peur
Tu es un marin Michka et un marin ne pleure pas et ne perd jamais courage

Larges lagunes, marronniers brûlés, Et le triste chuchotement devant les étendards abaissés<
Dans un profond silence, sans trompettes, ni tambours
Le dernier bataillon quitte Odessa
Il avait le désire de se coucher, recouvrir les pavés de la chaussée, il eu l’envie de pleurer mais le commandant le pris par l’épaule
Tu es un odessite Michka, et cela veut dire que ni le chagrin ni le malheur ne te fonts peur
Tu es un marin Michka et un marin ne pleure pas et ne perd jamais courage

Les larges lagunes, les verts marronniers, ont entendus à nouveau le bruissement des emblèmes que l’on retourne
Quand de sa démarche cadencée, est revenu dans la belle Odessa, le bataillon de la garde,
Et ayant laissé tombé des roses en signe de retours chez soi, notre Michka n’a pu retenir une larme mais là, personne n’a rien dit
Quoique Michka soi un odessite, et cela veut dire que ni le chagrin ni le malheur ne lui font peur
Tu es un marin Michka et un marin ne pleure pas et ne perd jamais courage

Traduction : Sarah P. Struve

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : STENGAZETA - ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
  • : Le mot « Stengazeta » est un acronyme voulant dire « journal mural ». Stengazeta de Paris publie des traductions de chansons russes contemporaines et/ou populaires, de poésies, ainsi que des articles d'opinions. Il m’a semblé utile, de faire percevoir à travers ce blog, la Russie et ses cultures, hors du prisme propagandiste et réducteur que véhiculent les pouvoirs politiques, économiques & médiatiques occidentaux. S. P Struve
  • Contact

 

 

Recherche

Pages

Catégories